MESSIRE NICHOLAS DUFRESNE
qui a célébré la première messe dans la première église le 17 décembre 1818.
Fondation de la Paroisse
Beauharnois a un patron, saint Clément, et une chapelle; il aura bientôt son presbytère et son cimetière. Pendant quelque temps, ce ne sera qu'une mission; mais, autour de ce nouveau noyau religieux, puis dans les rangs, des familles nombreuses se grouperont. De Saint-Clément essaimeront des groupes qui deviendront des paroisses, et l'Eglise comptera un nouveau foyer de vie chrétienne.
Mais pourquoi ce foyer a-t-il tant tardé à paraître ? Pourquoi les évêques de Québec ont-ils tant tardé à se rendre aux requêtes si pressantes et apparemment si justifiées des fidèles de Beauharnois ? Pour plusieurs raisons.
Tout d'abord, Mgr Plessis semble avoir craint qu'une desserte à Beauharnois ne nuisît à l'unité paroissiale; le 18 octobre 1813, il écrivait au curé des Cèdres: "Je ne désire pas de chapelle à Beauharnois. Plus il y aura de dessertes, plus l'ouvrage sera multiplié, et la paroisse peu fréquentée."
En outre, il semble que l'évêque ait beaucoup compté sur le don d'un terrain, de la part des Seigneurs; nous le voyons en faire la demande à l'agent Milne, et plus tard, nous le verrons préoccupé d'avoir, en bonne forme, le contrat de cession ou de donation.
Nous constatons aussi que l'évêque accusait d'apathie les habitants de la Seigneurie; à plusieurs reprises, il écrit au curé de stimuler l'ardeur de ses gens, que la première chapelle construite aura le premier desservant.
Enfin, il y avait différence de vues entre les fidèles de Beauharnois et leur évêque, au sujet de la disposition de la chapelle projetée. L'évêque voulait que, dans le presbytère-chapelle, le bas fût la chapelle, et le haut, le presbytère; les paroissiens s'obstinaient à vouloir le contraire* Les choses allèrent au point que l'évêque menaça de ne point donner de desservant et de ne point permettre le culte. Le conflit se termina par un arrangement qui était pour le mieux: l'édifice ne fut qu'une chapelle; tout à côté, les habitants élevèrent un presbytère où bientôt entra le premier prêtre résidant de Saint-Clément, Messire Pierre Clément.
Tels furent les commencements de notre paroisse; c'est la période de sa fondation, c'est l'âge héroïque de notre histoire paroissiale.
Saluons, au passage, la mémoire de ceux dont nous avons, tantôt, donné les noms; ils furent les pionniers, ils sont nos pères; gardons le souvenir de leur attachement à la foi catholique; leurs requêtes révèlent des chrétiens soucieux du salut de leur âme et de l'avenir religieux de leurs enfants; c'est parce qu'ils sont exposés à languir dans la foi qu'ils demandent une chapelle où ils pourront jouir sans obstacles des bienfaits du culte catholique. Que leur ténacité dans la foi nous soit un exemple et une leçon!
Il nous faut, maintenant, suivre l'évolution de cette nouvelle paroisse et ses développements.
Fondation de la Paroisse
Évolution de la Paroisse