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ARTICLE PREMIER— LES DÉMEMBREMENTS

E territoire confié à la sollicitude pastorale de Monsieur Pierre Clément était vaste; ses délimitations ne furent pas précisées dès le commencement, mais le nouveau desservant de Saint-Clément tenait à connaître les bornes exactes et l'étendue de sa mission; à plusieurs reprises, il en fit la demande à l'évêque de Québec; celui-ci répondit qu'il "avait toujours entendu que la mission de Saint-Clément serait bornée au Nord-Est par la ligne seigneuriale de Chateauguay; au Nord-Ouest par la Pointe du Buisson; au front par le fleuve ou lac Saint- Louis, et en profondeur, par une ligne parallèle au fleuve tirée d'égale distance des deux chapelles de Sainte-Martine et de Saint- Clément; Saint-Timothée, prenant de la Pointe du Buisson, doit aller jusqu'à la ligne de God Manchester en comprenant la Grande Ile."

En droit, Saint-Çlément avait donc à peu près ses bornes actuelles; en fait, pour quelques années, il en eut de plus grandes, puisque, de son curé, dépendirent Sainte- Martine et Saint-Timothée.

Saint-Timothée et Sainte- Martine

Jusqu'en 1823, le curé desservant de Saint-Clément régit simultanément les trois groupes de Saint-Clément, de Sainte-Martine et de Saint-Timothée; comme en 1818-1819, avait fait pour Saint-Clément le curé de Chateauguay, ainsi, à son tour, fit pour Sainte-Martine et Saint-Timothée le curé de Saint-Clément.

A la vérité, c'était une tâche délicate de satisfaire ces groupes assez distants les uns des autres: chacun tenait à avoir le plus souvent possible chez lui le prêtre desservant, d'où contestations et rivalités. L'itinéraire de Monsieur Clément n'est pas aisé à reconstituer, il semble avoir varié. Toutefois, la vie paroissiale, dans ces groupes, semble avoir suivi à peu près le mouvement . suivant : l'évêque de Québec avait permis l'érection d'une chapelle à Sainte-Martine, mais les gens de Beauharnois avaient devancé leurs voisins et, selon la promesse épiscopale, avaient, les premiers, reçu un prêtre. Les fidèles de Sainte-Martine, quelques mois plus tard, commençaient à construire une chapelle. Le curé de Chateauguay était chargé de la

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conduite de cette bâtisse, mais, "pour le reste, le curé de Saint-Clément devait considérer cette mission comme faisant partie de la sienne ; les habitants de Sainte-Martine devaient lui payer la dîme, faire chez lui la communion pascale, y porter les enfants au baptême et leurs morts à la sépulture."

Au 1er septembre 1821, la division de paroisse n'est pas encore faite: Monseigneur Lartigue écrit au curé qu'il n'a "à faire mémoire de Sainte-Martine qu'au cas où elle serait divisée de Saint-Clément et seulement dans l'église dédiée à cette sainte. De même jusqu'à cette division, le curé n'est tenu à dire la messe pour les habitants de ce canton que collectivement."

Vers le milieu de l'année 1822, la chapelle de Sainte-Martine est terminée, et la division de mission est faite; le curé de Saint-Clément reste desservant de Sainte- Martine, mais les habitants de la nouvelle mission ont maintenant leurs offices chez eux.

Vers le même temps, le curé Clément est chargé — le 24 septembre — de la desserte de Saint-Timothée. Saint-Timothée a alors, d'après les recensements officiels, une population de 888 habitants, Sainte- Martine 1306, et Saint-Clément, 1069.

Voilà le troupeau confié aux soins de Monsieur Clément.

Le pasteur a le désir de satisfaire aux besoins de ces trois groupes; comment y réussir? Sous la direction épiscopale, il adopte un mode de desserte qui, peut-être, n'empêcha pas toute réclamation, mais qui, à distance, apparaît comme raisonnable et équitable: il est entendu que Saint-Clément a la messe tous les dimanches,— c'est justice, puisque c'est l'église principale; Saint-Timothée et Sainte-Martine l'auront de deux dimanches l'un, le

curé binant un dimanche à Saint-Timothée et l'autre à Sainte-Martine; aux fêtes d'obligation, une seule messe alternativement à Sainte-Martine et à Saint-Timothée et aucune messe à Saint-Clément; les jours de fête où le peuple n'est pas obligé d'assister à la messe, les offices se font uniquement à Saint-Clément; aux Rogations, l'office a lieu, à chaque mission, un des trois jours; les baptêmes et les mariages doivent se célébrer à Saint-Clément, et les sépultures dans chaque mission respective, conformément à l'usage du diocèse.

En novembre 1823, Saint-Timothée était confié à la desserte des Cèdres. (1) Le curé de Saint-Clément n'avait plus à s'occuper que de Saint-Clément et de Sainte-Martine ; l'évêque régla que les offices se feraient alternativement, sans biner, à Saint-Clément et à Sainte-Martine, et que les fêtes d'obligation ne se feraient qu'à Sainte- Martine; les jeudi et vendredi saints ensemble se célébreront une année dans la même mission et une année dans l'autre; la procession solennelle du dimanche dans l'octave de la Fête-Dieu, se fera aussi une année dans une paroisse et une année dans l'autre.

Au surplus, chacune des deux missions a sa fabrique administrant, sous la présidence du curé, les biens de la paroisse.

Les choses vont ainsi jusqu'en 1826.

A cette date, Sainte-Martine, à son tour, se sépare de Saint-Clément. A vrai dire, l'idée de séparation n'était pas nouvelle: dès 1820, les habitants de ce territoire demandaient à être détachés de Saint-

(1) Précédemment Saint-Timothée avait été sous la desserte des Cèdres. En 1826, il reviendra pour deux ans, à celle de Saint-Clnncnt ; an 1828, il aura un curé missionnaire résidant; en 1832, de nouveau, il sera sous la juridiction du curé de Beauharnois; cette même année, il sera définitivement érigé en paroisse distincte.

Évolution de la Paroisse

Clément; en 1825, ils faisaient une nouvelle requête et l'autorité diocésaine leur accordait leur demande; en 1826, Sainte- Martine recevait son premier curé, Messire Pierre Mercure, et Saint-Clément continuait, seul, sa vie paroissiale, sous un nouveau curé, Monsieur François Labelle.

Érection Canonique

Dégagée de Saint-Timothée et de Sainte- Martine, la paroisse Saint-Clément a une population d'à peu près 1,300 âmes dont, environ, 700 communiants.

En étendue, elle "comprend tout ce territoire irrégulier qui part de la Seigneurie de Chateauguay sur le fleuve Saint- Laurent et remonte le dit fleuve jusqu'au et compris le domaine du Buisson dans la dite Seigneurie de Beauharnois et qui a dans cette ligne deux lieues et quinze arpents, de là qui suit la ligne sud-ouest du dit domaine du Buisson jusqu'à la rivière Saint-Louis et qui a dans cette ligne cent cinquante arpents, de là qui descend la dite rivière Saint-Louis jusque vis-à-vis la ligne divisant ces deux parties de la dite Seigneurie de Beauharnois connues sous le nom de North Georgetown et d'Annstown, et qui a ici quatre-vingtdeux arpents, de là qui traverse la dite rivière Saint-Louis et suit la susdite ligne de division jusqu'à la ligne ou base de profondeur des terres de la concession du grand marais de la susdite Seigneurie de Beauharnois et qui a dans cette ligne quatre-vingt-deux arpents, de là qui suit la ligne de profondeur des terres de la

susdite concession du grand marais et qui a dans cette ligne quatre-vingt-seize arpents, de là qui suit la ligne de profondeur des terres prenant leur front à la rivière du Loup dite Chateauguay jusqu'à la dite ligne seigneuriale de Chateauguay et qui contient ici soixante-dix arpents, et de là qui suit la dite Seigneurie de Chateauguay jusqu'au point de départ et qui a dans cette ligne quarante-six arpents."

Sur ce territoire, il y a 21 terres de 3 arpents de front sur 60 de profondeur, excepté quelques-unes qui en ont quatrevingts, 18 terres de 4 arpents sur 40, et 149 de 4 arpents sur 25, outre 60 emplacements du village, et deux grands domaines à concéder, l'un en emplacements et l'autre en terres.

C'est ce territoire qui comprend Saint- Clément actuel, plus Saint-Etienne et une partie de Saint-Louis, que, peu après la séparation d'avec Sainte-Martine, les paroissiens de Saint-Clément demandent, à Mgr Panet, d'ériger en paroisse canonique. Ils rappellent que la distance et les mauvais chemins les ont obligés jadis à bâtir une chapelle, que, depuis 1818, le culte divin se fait dans cette chapelle; ils ajoutent qu'ils pourraient fournir annuellement, par leurs dixièmes, pour la subsistance d'un prêtre, la quantité de 300 minots de froment, de 100 minots de pois, de 100 minots d'avoine, et de 10 minots d'orge; pour toutes ces raisons, ils supplient Sa Grandeur de bien vouloir ériger canoniquement, sous l'invocation de Saint-Clément, tout le territoire ci-dessus mentionné. (1)

(1) Les signataires de cette requête furent: Hyac. Montpetit, marguillier 1er, Ant. Leduc, Jos. Marois, Joseph Després, Lambert Palade, Hyac. Lefebvre, J.-B. Gendron, fils, Jos. Daoust, Louis Lefebvre, Joach. Gendron, J.-B. Gervais, Pierre Pelletier, Joach. Gendron, fils, Pierre Leduc, Chs Noël, Pierre Bélair, Louis Labrecque, Ant. Boyer, Jos. Giroux, Gabriel Daoust, Augustin Barrette, Frs Tessier,

J. B. Bougie, Joach. Brossois, Chs Gendron, Frs Bougie, J.-B. Branchaud, Jos. Couillard, Jos. Huneau, Augustin Leduc, Joach. Gendron, f. de Pr., Chs Bougie, Adrien Hébert, f. Basile Matthieu, J.-M. Bergeron, Jacques Bougie, p., Béloni Lafleur, Jos. Bergeron, Jacques Bougie, f., Pierre Leduc, f., J.-B. Monpetit, Pierre Lemai, Jos. Roy, jun., Ant. Léger, Pierre Després, Frs. Dandurand, Marg., Louis

Histoire religieuse de Beauharnois

Cette requête est du 26 juillet 1826; elle fut rédigée par le notaire Ovide Leblanc. Un an plus tard, le 11 mai 1827, Monseigneur Panet donnait à Messire Joseph Marooux, desservant du Sault Saint-Louis, commission "de se transporter à Saint- Clément, de vérifier les faits énoncés en la requête, de dresser du tout un procèsverbal de commodo et incommodo, lequel nous sera renvoyé pour être ultérieurement procédé en ce qui concerne l'érection d'une paroisse au dit lieu."

Ce n'est que deux ans plus tard que M. Marcoux exécuta sa commission. Le 2 avril 1829, il se rendait à Beauharnois, s'arrêtait auprès de la chapelle, dans la salle appelée salle des habitants: il y tenait une assemblée; les allégués de la requête des paroissiens étaient trouvés exacts et le procès-verbal était rédigé en conséquence.(1)

Toutefois, le décret d'érection canonique ne suivit pas immédiatement. Une opposition avait été faite, celle des habitants et propriétaires de terres des côtes Saint- Georges et Saint-Laurent. Se trouvant plus près de Sainte-Martine que de Beauharnois, ayant contribué pour leurs parts aux travaux publics et notamment à l'édifice d'une église et d'un presbytère à Sainte-Martine, ayant de bons chemins pour s'y rendre, ils

déclaraient avoir toujours été, de fait, regardés comme paroissiens de Sainte-Martine; d'où, ils demandaient à ne pas être compris dans les limites de Saint-Clément, mais dans celles de Sainte- Martine, comme d'ailleurs, M. Marcoux les y avait placés en faisant, presque simultanément, une enquête pour l'érection canonique de la paroisse Sainte-Martine. (2)

A cela, le curé et les principaux paroissiens de Saint-Clément répondaient: "Accorder aux paroissiens de Saint-Georges et Saint-Laurent leur demande, serait rétrécir beaucoup trop l'étendue non déjà trop grande de Saint-Clément, et en faire une paroisse insuffisante pour la subsistance d'un curé; en outre, les habitants de Sainte- Martine n'ont jamais demandé, comme ont fait ceux de Saint-Clément, à inclure les côtes de Saint-Georges et de Saint-Laurent dans leur paroisse; de plus, la paroisse projetée de Saint-Clément, par sa situation centrale, par son port, par son grand village exposeront toujours le curé à des dépenses extra et quasi inévitables et à un surcroît d'occupation; de plus, la paroisse, trop petite, serait irrégulière dans sa forme et incertaine dans ses démarcations; quant aux opposants, on les accusait de ne considérer que leur commodité privée; oubliant combien il est probable qu'ils ne

Trudel, Ignace Longtin, Augustin Dandurand, Jos. Hénault, p., J.-B. Gendron, p., Frs Léger, Hyac. Héneau, Joseph Poirier, p., Frs Daoust, Michel Brossoit, p., Michel Hénault, Chs Daigneault, Michel Broissoit, f., Michel Lalonde, J.-B. Gendron, Aug. Brossoit, Maurice Quebillon, Paul Daignault, Chs D'Aoust, Michel Longuetin, Michel Roy, p., Ls. Hébert, f., B. Poitras, Michel Roy, f., Frs Beaudoin, Léon Clément, Michel Deschamps, P. Tholin, Jos. Clément, Frs Houle, Jos. Branchaud, Paul Lebœuf, J.-M. Latrémouille, Joach. Faubert, F. Jos. (îendron, J.-B. Poirier, Amant Bébert, Pierre Petit, Joseph Mathieu, Pr. Gendron, Ignace Tessier, p., Jos. Daignault, Paul Hébert, François Petit, (luillaume d'Arpentigny, Adrien Hébert, Michel Labombarde, Joach. Daignault, Chs Roy dit Lapensée, Guillaume Laberge, Pierre Monpetit, Jos. Hébert, Joseph Lebœuf, .I.-B. nontpetit, jun., J.-B. Branchaud, p., Gabriel Ranger, Jos. Dupont, Jacques Goguette, Ignace Tessier, .1. Roy dit

Lapensée, Paul Fournier, Etienne Lebœuf, Mich. Tondu dit St-Onge, Alexis Lebœuf, Frs Laberge, Jos. Leduc, J.-B. Bourdon, Chs Allard, Ign. Pitre, Chs Allard, Léon Bourdon, Frs Tessier, marguillier, Geoffroy Bourdon, Paul A. Sarault, Chs Laberge, p., Antoine Tessier, Philistin Boyer, Ls Hébert, p., Chs Lefebvre, Jos. Dandurand, Pr. Pitre dit Lajambe, Joseph Hébert, P. Fison, Ovide Leblanc, notaire.

(1) Signèrent ce procès-verbal comme témoins: Ignace Bourget, prêtre, alors secrétaire de Mgr Lartigue et futur évêque de Montréal, et Hyacinthe Hudon, curé de Rigaud.

(2) Signataires: ('lis Archambault. Louis Turcot, Jean Leclaire, Paul Grandbois, f., Pierre Poisson, Ignace Poisson, Louis Turcot, f., Nicolas Craite, Amable Lefebvre, Alexis Sauvageau, Ls Dumouchel, Alexandre Grandbois, Michel Lazure, Jean-B. Malette, Michel Laberge, Frs Desgroseilliers, Chs Bergevin, Augustin Mathieu.

Évolution de la Paroisse

soient plus propriétaires dans un an ou deux (les nouvelles terres étant sujettes à de fréquentes commutations) et combien il serait du plus grand intérêt, surtout de celui de la religion, que les susdites côtes appartinssent en entier à Saint-Clément. "(1)

Ces raisons triomphèrent et le 1er août 1829, Mgr Panet érigeait canoniquement la paroisse Saint-Clément, "sans avoir égard à la requête des dix-huit habitants des côtes de Saint-Georges et Saint-Laurent," donc, en incluant leurs terres dans les limites de la nouvelle paroisse. Les limites approuvées étaient celles de la requête de 1826; la nouvelle cure et paroisse de Saint-Clément était mise entièrement sous la juridiction spirituelle des évêques de Québec, "à la charge pour les curés ou desservants qui y sont établis de se conformer aux règles de discipline ecclésiastique en usage dans ce diocèse, spécialement d'administrer les sacrements, la parole de Dieu et les autres secours de la religion aux fidèles de ladite paroisse, enjoignant à ceux-ci de payer aux dits curés et desservants les dîmes et obligations telles qu'usitées et autorisées dans ce diocèse et de leur porter respect et obéissance dans toutes les choses qui appartiennent à la religion et qui intéressent leur salut éternel."

En terminant, l'évêque rappelait aux fidèles de Beauharnois qu'ils devaient demander l'érection civile de leur nouvelle paroisse canonique. La reconnaissance civile fut effectivement donnée le 10 juillet 1835, par Lord Aylmer, sous la signature de D. Daly, secrétaire de la province.

Saint-Louis-de-Gonzague

Le territoire érigé sous le nom de paroisse Saint-Clément comprenait une étendue d'à peu près 2 lieues ^ de front sur 3 de profondeur, c'est-à-dire de la ligne seigneuriale de Chateauguay à la ligne ouest du Buisson sur le front, et du lac Saint-Louis à la rivière Chateauguay sur la profondeur. Saint - Clément se trouvait à inclure tout le Beauharnois actuel, plus le territoire s'étendant des limites de Saint-Clément jusqu'au rang du Vingt inclusivement et assez loin sur la rivière Saint-Louis-Nord. Au reste, du territoire qui va jusqu'à Sainte-Barbe, une partie appartenait à Saint-Timothée, une partie n'appartenait à aucune paroisse.

Il en fut ainsi pendant une dizaine d'années. En 1842, 67 habitants de la rivière Saint-Louis demandent à Mgr Bourget d'être séparés de Saint-Clément et réunis en paroisse distincte; Mgr Bourget demande à Monsieur Carron, curé de Saint- Clément, d'envoyer un vicaire, de temps en temps, pour dire la messe et confesser. En 1845, une lettre de Monsieur Viau, curé de Beauharnois, nous apprend que "les habitants du haut de la rivière Saint- Louis se remuent pour avoir une église et même pour former une paroisse. Ladite paroisse se composerait du rang du 'Vingt" faisant partie de la paroisse Saint-Clément, puis des rangs "Trente" et "Quarante" qui n'appartiennent à aucune paroisse; plus d'un rang non encore établi faisant partie de Saint-Timothée, tout près de Roqueville où devrait être placée la nouvelle église; puis enfin, du haut de la rivière Saint-

Ci) Signataires: Paul Roy, Augustin Brossoit, Etienne Montpetit, marg., J.-B. Montpetit, l'ancien, J.-M. Bergeron, Frs Dandurand, ex. marg., Ant. Tessier dit Lavigne, Louis Lemai, Michel Hénault, Deschamps, J.-B. Tondu, Pierre Leduc dit Pilote, J.-B. Poirier, Michel Broissoit, f., Joseph Monpetit, Frs Hénault, Hya. Heneau, Grégoire Bergeron,

Pierre Pelletier, Pierre Matthieu, Michel Leduc, Jos. Poirier, P. Tondu, Chs Bougie, M. Tondu, M. Longuetin, H. Montpetit, anc. m., N. Boyer, P. Petit, J.-B. Gendron, F.-B. Roy, P. anc. m., Ls Trudel, p. anc. m., Basile Matthieu, Ovide Leblanc, not.

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Louis dont quelques habitants appartiennent à Saint-Clément, les autres n'étant d'aucune paroisse."

Les désirs des fidèles ne tardèrent guère à se réaliser. Le 19 avril, ils faisaient une requête pour l'érection canonique de la nouvelle paroisse. Le 26 mai, ils élisaient des syndics(1) pour les nouvelles constructions. L'église, après une longue discussion fut d'abord fixée au nord de la rivière, à peu près chez M. Elie Léger, et on en commença la fondation. Le 24 septembre, Mgr Bourget permettait d'abandonner le premier site et de bâtir au sud. La chapelle, en bois, fut élevée de septembre 1845 à avril 1846; elle était située dans le parterre actuel du presbytère. Elle fut bénite par Monsieur Charland, curé de Beauharnois, le 21 avril 1847; elle était sous le vocable de Saint-Louis-de-Gonzague. La nouvelle mission, pendant quelques années, 1846-1849, fut desservie par les prêtres de Beauharnois, par M. Groulx en 1846, par Monsieur F.-X. Caisse, de l'automne de 1846 à octobre 1847, par M. Nazaire Hardy, de 1847 à 1850. En 1849, Monsieur Hardy fut nommé curé de la nouvelle paroisse; enfin, en 1851 — le 30 décembre — elle recevait l'érection canonique; son territoire avait 40 milles carrés (10 par 4) et s'étendait du rang du Vingt à Sainte-Barbe actuelle ;(1) ce fut

(1) Monsieur Groulx, vicaire à Saint-Clément et Messieurs Benjamin Leduc et François Leduc.

(1) Voici les limites officielles de la nouvelle paroisse: "La dite paroisse comprendra une étendue d'environ dix milles de long sur environ quatre milles de large, bornée comme suit, savoir: au nord-ouest par la cinquième concession de Helenstown et la quatrième concession de Catherinestown inclusivement; au sud-ouest par le township de Godmanchester, au sud-est de la quatrième concession d'Ormstown inclusivement, et par la ligne longeant et allant jusqu'à l'extrémité des terres de la rivière Châteauguay, dans la paroisse de Sainte-Malachie; et enfin au nord-est par la ligne de séparation entre les première et seconde concessions de North-Georgetown et la ligne de séparation entre les terres des sieurs Louis Gendron et André Roy, sur la rivière Saint-Louis."

donc un démembrement de Saint-Clément et de Saint-Timothée.

Saint-Etienne

Après l'érection canonique de Saint- Louis-de-Gonzague, Saint-Clément de Beauharnois ne comprenait plus que les territoires constituant aujourd'hui la paroisse de Saint-Clément et celle de Saint-Ëtienne ; dans ce territoire une nouvelle paroisse ne tarda pas à se former.

Comme dans toutes les fondations de paroisse, il y eut d'abord des requêtes; l'une des premières, signée par 85 francstenanciers, est du 9 février 1852 et attira les protestations du curé de Saint-Louis, M. Burke et du curé de Beauharnois, M. Charland. En 1855, une nouvelle requête de 104 francs-tenanciers demandait l'érection d'une paroisse sous le vocable de Notre-Dame des Victoires; d'autres requêtes suivirent et aboutirent, en 1863-1864, à la construction d'une chapelle bénite par Monsieur Charland le 1er août 1864, et dédiée à saint Etienne, premier martyr.

De 1864 à 1869, la nouvelle mission fut desservie de Beauharnois. En 1869, elle reçut son premier curé, Monsieur Antoine Giguère, et fut érigée canoniquement par l'évêque de Montréal, d'après les délimitations suivantes: "1° du territoire qui suit, faisant aujourd'hui partie de la paroisse Saint-Clément de Beauharnois, savoir: le rang appelé Saint - Laurent en entier, la première concession de North-Georgetown, depuis le numéro un inclus jusqu'au numéro vingt-cinq aussi inclus, le rang au nord de la petite rivière Saint-Louis, depuis le numéro A inclus, jusqu'à celui actuellement occupé par Grégoire Bergeron et Alexis Hébert aussi inclus, et celui du

Évolution de la Paroisse

sud de ladite rivière, à partir en haut du lot (inclus) actuellement possédé par Israël Laberge, jusqu'à celui actuellement possédé par Jacques Brunel, aussi inclus; 2° du territoire qui suit, faisant aujourd'hui partie de la paroisse de Saint-Louisde-Gonzague, savoir: la seconde concession de North-Georgetown des deux côtés depuis le numéro un inclus, jusqu'au numéro vingt-six, aussi inclus, laquelle dite nouvelle paroisse sera bornée par l'extrémité des susdites paroisses de Saint-Clément de Beauharnois et de Saint-Louis-de- Gonzague ainsi démembrées et par celle de la paroisse de Sainte-Martine."

Ces limites telles que fixées ne plurent pas à quelques cultivateurs de Saint-Clément; à plusieurs reprises, des requêtes, signées par des francs-tenanciers des rangs Sainte-Anne et Saint-Joseph et aussi du sud de la rivière Saint-Louis, furent envoyées à l'autorité diocésaine, notamment en mars 1869, en avril 1871, en novembre 1884; elles demandaient que les terres occupées par les signataires fussent annexées à Saint-Étienne ; les raisons alléguées étaient la distance, le mauvais état des chemins, d'où la difficulté d'assister aux offices divins, d'entendre la parole de Dieu, de recevoir les sacrements, etc.

Chaque fois, cependant, des contre-requêtes furent aussi envoyées. Elles répondaient aux allégations annexionnistes que la paroisse de Saint-Clément était déjà réduite, que les revenus ne seraient plus suffisants, qu'en s'annexant à Saint- Étienne, les habitants devraient faire de nouvelles dépenses pour l'église et le presbytère, que les chemins et ponts étaient déjà faits pour aller à Saint-Clément, qu'au reste les habitants devaient aller à Saint-Clément pour le marché, pour la

vente des grains, pour le palais de justice, pour le commerce, pour le bureau seigneurial, le bureau d'enregistrement, le moulin à farine, pour consulter les hommes appartenant aux professions libérales.

Jusqu'ici, ces raisons et d'autres ont été jugées sérieuses et Saint-Clément n'a subi aucun démembrement depuis l'établissement de la paroisse Saint-Étienne, en 1869.

En résumé, lors de sa fondation, Saint- Clément de Beauharnois comprenait tout le territoire occupé aujourd'hui par les paroisses Saint-Clément, Saint-Étienne, et une partie de Saint-Louis-de-Gonzague; temporairement, ses curés eurent juridiction sur Sainte-Martine et Saint-Timothée ; pendant quelque temps même, les fidèles de Sainte-Martine et de Saint-Timothée vinrent à l'église de Beauharnois, mais, dans l'intention de l'évêque de Québec, des chapelles devaient s'élever simultanément aux trois endroits. Sainte-Martine et Saint- Timothée se détachèrent de bonne heure de Saint-Clément.

En 1829, Saint-Clément fut érigé en paroisse canonique s'étendant jusqu'au rang du "Vingt"; en 1847, Saint-Louisde-Gonzague eut une chapelle desservie de Beauharnois et, en 1851, fut érigé canoniquement. En 1864, Saint-Étienne eut aussi sa chapelle et reçut, en 1869, l'érection canonique.

Depuis cette date, ces trois paroisses n'ont pas été modifiées. Saint-Clément a continué à progresser; ses institutions religieuses se sont développées et en ont fait l'une des plus belles et des plus prospères paroisses du district de Beauharnois.

Nous venons de voir comment notre

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paroisse a été fondée et comment elle a évolué dans son cadre extérieur, dans ses délimitations territoriales. Maintenant, il faut pénétrer à l'intérieur, et rappeler les personnes et les choses qui ont été les

artisans ou les éléments de la vie paroissiale, à Saint-Clément, depuis cent ans.

Les personnes constituent le personnel paroissial; les choses sont les établissements paroissiaux.

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