TROISIÈME PARTIE
Centenaire de Beauharnois
( hapitre premier: Les préparatifs du Centenaire 231-242
Art. Ieb: Préparation éloignée 231-232
Abt. IIe: Préparation prochaine 232-242
( hapitre second: Les Fêtes du Centenaire 243-304
ABT. Ikk: Journée du 14 juin 243-253
Ain. IIe: Journée du 15 juin 253-301
Appendice 306
Table alphabétique des noms propres <>t des gravures 307 321
Lettre de Monseigneur Ëmard
Lettre de S. G. Mgr J. M. Émard
Valley field, P.Q., 9 décembre 1920
Révérend Père A. Leduc, O.F.P.
Ottawa, Ont.
Révérend et cher Père,
Je vous ai fait retourner la troisième partie de votre manuscrit que vous aviez eu l'amabilité de me soumettre en primeur, et je vous remercie cordialement pour cette délicate attention envers votre évêque d'origine. J'ai hâte de voir votre livre imprimé, et je n'ai aucun doute que toutes les familles liées de quelque façon à la paroisse de Beauharnois tiendront à l'avoir pour le lire en commun au foyer.
C'est vous dire combien je l'estime intéressant et bien écrit. Après ses fêtes jubilaires, marquées par tant d'entrain et de généreuse harmonie, la belle et noble paroisse de Saint- Clément de Beauharnois a cette bonne fortune de se voir racontée et décrite par l'un de ses fils les plus distingués, et dont elle a le droit d'être le plus fière. Beauharnois est plus qu'une localité dans la vallée du Saint-Laurent. Son nom est un cachet, et son histoire rentre dans celle du Canada et par là se relie directement à celle de France, avec le régime féodal, dont la seigneurie de Beauharnois présente une des applications les plus récentes. Ce n'est donc pas une simple monographie, mais une véritable histoire que vous allez nous donner.
Sans franchir les limites du sujet suffisamment agrandi, vous avez su le rendre captivant par le charme du récit joint à la plus minutieuse exactitude, parmi tant de détails où il fallait prévenir toute erreur et tout reproche. Ce n'est pas un mince mérite. . . Je me félicite qu'un livre si beau et si bon soit dû à la plume d'un de nos anciens élèves, et que le Collège de Valleyfiled ait, comme votre évêque lui-même, à se réjouir d'une production littéraire qui s'ajoute à tous ces ouvrages sérieux publiés par des Canadiens, et qui sont un témoignage rendu à l'enseignement des humanités dans nos Collèges.
Il est juste d'ajouter que dans l'Ordre de Saint-Dominique le talent et la formation première ont vite subi un régime intellectuel qui rend ses membres capables de nous donner sans arrêt, des productions savantes et édifiantes que nous admirons chaque jour davantage, et dont nous faisons tous notre profit.
Veuillez agréer, mon Révérend et cher Père, avec mes félicitations les plus sincères, l'assurance de mon affectueux dévouement en Notre-Seigneur.
f JOSEPH MÊDARD,
Evêque de Valleyfield.
Préface
ni
Préface
TT\EPUIS quelques années, il est de mode,
ÊM au Canada français, d'écrire l'histoire
des paroisses; chaque année s'allonge
la liste des monographies paroissiales. C'est
un mouvement louable pour plusieurs raisons.
Tout d'abord, c'est un hommage à la plus méritante de nos institutions religieuses et nationales. C'est devenu une vérité admise que la paroisse a été le salut de la race canadienne-française: les nôtres et les étrangers en conviennent. Dès lors, faire connaître l'évolution d'une paroisse, c'est, croyons-nous, du patriotisme de bon aloi.
En outre, l'histoire générale du Canada et l'histoire particulière de la province de Québec ne seront parfaitement possibles que lorsque seront connus et dépouillés tous nos dépôts d'archives; il sera difficile d'apprécier à toute sa valeur le rôle de la paroisse canadiennefrançaise, aussi longtemps qu'une histoire impartiale et exacte de chaque paroisse n'aura pas été faite. Que chaque paroisse ait sa monographie, et alors, quel magnifique tableau d'ensemble l'historien pourra écrire!
C'est pour aider à ce travail de construction historique que nous avons écrit l'histoire d'une paroisse, la nôtre.
Nous n'avons pas l'illusion de croire que nous avons tout trouvé sur Beauharnois; mais nous avons conscience de n'avoir rien épargné de ce qui pouvait nous renseigner sur les éléments essentiels de son histoire. La perte du premier registre paroissial des délibérations de fabrique est une lacune que
rien ne peut compenser; nous y avons suppléé autant que possible, par la correspondance des curés de Beauharnois, déposée aux archives diocésaines, et par la correspondance des évêques de Québec.
La composition de cette histoire a été facilitée, d'abord, par un travail de feu M. C.-A. Santoire, ex-vicaire général de Valleyfield lequel, s'aidant de notes, recueillies par feu l'abbé M. Mainville, a écrit un Précis msTORiQUE sur la seigneurie de Beauharnois; ensuite, des notes et statistiques recueillies par M. le curé Nepveu et par l'un de nos exvicaires, M. l'abbé J.-E. Gauthier, nous ont beaucoup aidé. En divers dépôts d'archives, la bienveillance des autorités nous a permis de glaner abondamment: aux archives diocésaines de Valleyfield, l'on a mis à notre disposition la correspondance de la paroisse de Beauharnois; au Palais de Justice de Valleyfield, les greffes de nos vieux notaires Sarault, Leblanc, Léonard et Hainault nous ont été ouverts par Messieurs Brodeur et Lapointe. Aux Archives du Palais de Justice de Montréal, M. Z. Massicotte nous a fait connaître les premières concessions de terres dans la seigneurie de Beauharnois. A Beauharnois même, l'on nous a communiqué les registres de la Fabrique, des Conseils municipaux et scolaires. Aux Archives Fédérales d'Ottawa, tout particulièrement, nous avons trouvé, en M. F.-J. Audet, un guide compétent et dévoué; grâce à lui, nous avons pu avoir accès à des documents originaux d'une très grande valeur, comme l'original des recensements décennaux, l'original des Rapports des Inspecteurs d'écoles du Bas-Canada, vers
Préface
. la correspondance militaire de 1812, Rapports (tunnels <le la milice depuis ': les chefs préposés aux différents services des Manuscrits (M. Parker), des Cartes géographiques {M. Holmderi), des Gravures (M. Kenny), de la Bibliothèque Mille Casey) — avec la bienveillante autorisation du Directeur Général des Archives, M. Doughty, nous ont communiqué tous les renseignements désirables: là aussi, M. A. Daigle et M. Saint-Amour, M. J. Tarte, Melle Bigras et Madame Patry nous ont grandement aidé dans la recherche, la photographie ou la copie des documents.
Au Département des Recensements et Statistiques, M. le Secrétaire E.-H. Saint-Denis a bien voulu nous faire préparer, d'après les recensements décennaux postérieurs à 1861, un état général détaillé (nominal) de la population.
Aux Départements du Secrétariat d'État, des Postes, et des Canaux, nous avons aussi trouvé d'utiles statistiques.
A la Bibliothèque du Parlement, des volumes importants ont été gracieusement mis à notre disposition.
Partout nos demandes de renseignements ont été bien accueillies. A tous ceux qui nous ont ainsi rendu service, nous tenons à exprimer ici notre plus vive gratitude; spécialement à des anciens de Beauharnois, Messieurs Leduc cl Fortin, La pointe, Seers et à Mes-
dames Julien Leduc et D.-A. Saint-Amour, qui ont bien voulu nous communiquer des souvenirs remontant à 1852. Avant tout notre reconnaissance est due à Monsieur le Chanoine Théodule Nepveu, curé de Beauharnois; c'est à son inlassable générosité et à ses incessants encouragements que nous devons d'avoir pu achever ce volume
Nous devons, ensuite, une reconnaissance spéciale à la compagnie Howard-Smith qui a fait don du papier nécessaire.
Merci aussi aux personnes dévouées qui ont bien voulu se charger de l'ingrate tâche de la copie de documents, de la correction des épreuves, et de la confection d'une table alphabétique.
L'Auteur.
Ottawa, en la fête de saint Clément, le 23 novembre 1920.
N.B. — Au sujet des photographies reproduites dans ce volume, nous croyons opportun de faire remarquer que pour ne pas augmenter les dépenses déjà énormes de photogravure, nous avons évité des répétitions. Certains portraits devraient se trouver sur plusieurs groupes, les mêmes hommes ayant été p. ex. marguilliers, conseillers, commissaires d'écoles, commerçants, etc.
D'autres portraits, trop détériorés, n'ont pu être insérés.
Introduction
Introduction
OUS avons peu de renseignements sur l'état de Beauharnois avant son érection en seigneurie, en 1729. La présence des sauvages au Buisson est attestée par les tomahawcks ou casse-têtes, les flèches et les divers ustensiles en pierre qu'on y a trouvés; et comme ces instruments ne sont pas en fer, les ethnographes pensent que les peuplades de ces lieux étaient plus anciennes que les Hurons et les Iroquois, que rencontra Jacques Cartier en 1534, et par suite, que leur présence à cet endroit remonte au-
delà de l'apparition des Blancs en Amérique/1*
En outre, un sentier existait autrefois, entre Beauharnois et Valleyfield, et l'on conclut que ce devait être la route suivie par les Sauvages et les Blancs obligés de faire portage à cause des rapides.(2)
Ce sont là des documents qui témoignent, tout autant qu'un écrit, de l'habitation très ancienne de Beauharnois, sans toutefois livrer aucun fait déterminé et précis.
Et voilà comment l'histoire de Beauharnois ne commence guère qu'avec l'histoire de la seigneurie.
(1) La présence des sauvages appelés Mount Builders est attestée par l'invention, à Chateauguay, de cimetières caractéristiques. Les Mount Builders doivent leur nom à la coutume de construire des monticules en terre et en pierre où ils entassaient leurs morts. A Chateauguay, il y a deux de ces monticules, l'un à l'extrémité sud-ouest de l'Ile Saint-Bernard, l'autre en face, sur le littoral.
(2) D'après les notes du Précis historique de M. Santoire.
La Seigneurie de Beauharnois
Pour bien comprendre l'histoire de Beauharnois, il faut la situer dans son cadre, qui est la seigneurie de Beauharnois; c'est d'une partie de cette seigneurie qu'ont été
formés la paroisse, la ville et les villages situés dans la paroisse Saint-Clément, d'où la nécessité d'en retracer au moins sommairement l'évolution.
1° De Beauharnois
Jusqu'en 1729 Beauharnois était domaine royal. Le 12 avril 1729,(1) le roi de France Louis XV concéda au Marquis ( harles de Beauharnois, gouverneur du Canada, et à son frère Claude de Beauharnois, "six lieues de front sur six lieues de profondeur nord-est et sud-ouest, joignant la seigneurie de Chateauguay le long du fie un Saint-Laurent, avec les islets et islots adjacents, pour en jouir conjointement et en total par le survivant des deux, leurs enfants nés en légitime mariage, et leurs héritiers à perpétuité comme de leur propre à titre de fief." C'est donc un domaine de six lieues carrées, à partir de la ligne seigneuriale de Chateauguay, que le roi concédait aux frères Charles et Claude de Beauharnois.
La concession était sous le nom de Villechauve, probablement en souvenir d'un domaine des Beauharnois en Orléanais.12' Elle était aux conditions ordinaires de foy et hommage, de droits de taille de bois
(1) Le texte intégral de l'acte est public dans les Edita, Ordonnances, déclarations et arrêts relatifs à la tenurr seigneuriale (1851), p. 260. Sur la seigneurie de Beauharnois, ce serait tout un volume qu'il y aurait à écrire. M. Robert Bellar, de Huntingdon, I 6en1 sur ce sujet, en 1888, un volume de 584 pages, el enoore ne donnait-il pas le texte dos actes
de OOnoesnon, Disons imr fois pour toutes que nous y avons trouvé de très utiles renseignements. Dans notre travail, nous ur voulons que rappeler les dates et les faits essentiels de l'histoire de. la seigneurie
(2) Il est probable que le nom de Villechauvc, donné aux IWHIIICI— JOUI de 1729 et 1750, est un souvenir de Villechauvc, commune de Loir-et-Cher, en France (Orléanais); comme les Beauharnois étaient originaires de |'< )rléanais, il est possible, d'après M. l'.-(>. Roy, qu'ils aunt été propriétaires de la commune de Villcchauve. d'où le nom donné à leur seigneurie du Canada.
pour les vaisseaux royaux, de chemins nécessaires pour l'utilité publique, de liberté des grèves aux pêcheurs, de liberté d'occupation pour fins militaires, et d'obligation à faire connaître les mines et minéraux du terrain. Sous ces réserves de droit les seigneurs avaient haute, moyen ne et basse justice, droits de chasse el de pêche el autres droits seigneuriaux, sans aucune indemnité.
Le 14 juin 1750, le roi Louis XV faisait un nouvel acte de concession13' du même territoire dans les mêmes termes et conditions, en faveur de François(4) de Beauharnois, fils de Claude et neveu de L'ancien gouverneur-général et premier concessionnaire de la seigneurie; par cet acte, François de Beauharnois, seul, succédait, avec ses héritiers, aux droits seigneuriaux concédés en 1729, à Charles et à Claude de Beauharnois conjointement.
Les Beauharnois," par ces concession-.' devenaient propriétaires d'un domaine de
(3) Le texte de cette deuxième concession se trouve dans les
Actes île foy si hammam (Série M des Archives fédéral vol. 6e, page 284.
1 1 1 François de Beauharnois, tils de ( 'lande, fut gouverneurgénéral de la Martinique.
(5) Les Beauharnois avaient pour devise Autrt »< sers, et
leur blason se lisait ainsi: "D'argent à une face de table, surmontée de trois merlettes de même." {Bulletin des Recherche* Historiques, vol. 7e, (1901), page 309, article H
(ti) La seconde concession soulève un petit problème d'Instoiie. Klle est laite au sirur de Hctiuhaniois, lirul, ihiiiI dt
vaisstaux, sans plus de précision: queleel ce sieur de Beauharnois? D'après le contrat de vente de la seigneurie aux
La Seigneurie de Beauharnois
vu
324 milles carrés, c'est-à-dire, dix-huit milles de longueur depuis la ligne seigneuriale de Chateauguay, par dix-huit milles de profondeur; donc, en fait, ils possédaient tout le terrain, d'une part, des limites actuelles de Maple Grove à Saint-Stanislas, d'autre part, du fleuve Saint-Laurent au township de Hemmingford.
Les Beauharnois possédèrent la seigneu-
juin) par devant Mtre Chèvremont, le marquis de Beauharnois concède à Pierre Hénault, de l'Ile Perrot, une "concession(1) située dans la seigneurie de Villechauve, au côté du domaine en descendant, contenant 4 arpents de terres de front sur 30 arpents de profondeur"; ce terrain était concédé "à titre de cens et rentes seigneuriales foncières et non rachetables, portant
(1) Autographe du marquis Charles de Beauharnois (publié avec la bienveillante autorisation de M. A. -G. Doughty, Directeur des Archives nationales.) — (2) Blason de la famille de Beauharnois. — (3) Portrait du marquis de Beauharnois.
rie jusqu'au 7 juin 1763. Ils firent quelques concessions de terre. Ainsi, en 1733 (le 2
de Lotbinière, le marquis François de Beauharnois, neveu du gouverneur, se dit le concessionnaire du 14 juin 1750 et son titre est accepté; mais alors, qu'était devenu Claude de Beauharnois, concessionnaire conjoint de la concession d'avril 1729? L'acte de juin 1750 ne le mentionne pas, et ne parle que du marquis Charles dont le neveu, marquis François, devient l'héritier. La solution semble être que Charles de Beauharnois, le gouverneur, étant mort sans héritier, François, fils de Claude, obtint, à titre d'héritier des deux concessionnaires, de 1729, la seigneurie de Beauharnois.
(1) D'après l'acte notarié, cette concession est la lOème.
profit de lods et ventes;" la redevance exigée était d"'un sol marqué de cens en espèce, d'un demy min. de bled, de trente sols par chacun arpent de front sur 30 de profondeur", en tout, 4 livres et dix sols payables le jour de la fête de Saint-Martin (11 novembre) au Château seigneurial. Le concessionnaire s'engageait, en outre, à faire moudre au moulin de la seigneurie,
La Seigneurie de Beauharnois
lorsqu'il y en aura un; il devait "souffrir tous les chemins que le dit seigneur jugera à propos de faire pour l'utilité et la commodité publique"; il laissait au seigneur le droit ''de prendre le bois pour construire et entretenir des bâtiments seigneuriaux, moulins et autres établissements sans payer aucune chose"; il s'obligeait à tous les travaux ordonnés par Sa Majesté; enfin, il n'avait pas le droit de vendre, hypothéquer, aliéner, sans avertir le seigneur.
Devant le même notaire, en 1734, s'enregistre une concession'1' à Pierre Lupien dit Baron (charpentier, habitant de Villechauve).
En 1760, devant le même notaire de Blanzy, Augustin Lefebvre reçoit à Villechauve, sur la rivière du Loup (rivière Chateauguay) une concession de 3 x 30 arpents. En août également, John Dejerlay reçoit une concession identique, à la condition de payer chaque année "4 livres, 13 sols, et un minot et demi de bled de cens et rentes foncières. "(2)
Par ces concessions, l'on voit que l'accusation ordinaire de n'avoir rien fait portée contre les de Beauharnois n'est pas tout à fait exacte; ils ne firent pas beaucoup, mais c'était un commencement de colonisation, que ces concessions de terres.
2° De Lotbinière
Le 7 juin 1763, le marquis François de Beauharnois vendit la seigneurie de Villechauve, telle que décrite dans les concessions royales du 14 juin 1750 et du 12 avril 1729 (six lieues le long du fleuve sur une profondeur de six lieues dans les terres) à Michel Chartier, seigneur de Lotbinière,(3) pour la somme de 24,000 livres (environ $10,000 de notre monnaie).
Les répertoires des notaires Souste, Watier (de Soulanges) et Chaboillez, indiquent que les concessions continuent/4' et que les mutations de terres entre censitaires sont assez fréquentes.
De Lotbinière fit construire quelques moulins à scie et s'apprêtait à construire un moulin à farine quand il vendit la seigneurie à Alexandre Ellice en 1795. (5)
3° Ellice
(a) ALEXANDRE
Le 30 juillet 1795, la seigneurie de Villechauve changeait de propriétaire pour la troisième fois. Des Lotbinière elle passait
à Alexandre Ellice, négociant anglais, pour la somme de 9,000 livres, 36,000 piastres d'Espagne; la concession était absolue, incluant les 24 arpents de front cédés au sieur
(1) Cette concession est la lôème depuis 1729.
(2) Ces concessions sont données à titre d'exemple; elles ne sont pas les seules; les actes des notaires Chèvremont, de Blazy, Panel en contiennent beaucoup d'autres. Par ces actes notariés, nous apprenons que l'agent des de Beauharnois était Jean Dumas.
(3) Michel Chartier rie lotbinière, seigneur de Villechauve, fut anobli en 1784 par le roi Louis XV; il est le seul Canadien qui ait été fait marquis. Ce de Lotbinière, né en 1723, était
fils cadet de Eustache Chartier de Lotbinière qui, devenu veuf se fit prêtre et fut archidiacre.
(4) Tandis que les concessions des de Beauharnois étaient surtout sur le bord du fleuve Saint-Laurent et de la rivière Chateauguay, les concessions de Lotbinière sont surtout sur la rivière Saint- Louis (alors appelée Catharacoui).
(5) De Lotbinière avait cédé au sieur Michel Allain Chartier, sieur d'Allainville (son fils), une lisière de 24 arpents de front sur toute la profondeur.
La Seigneurie de Beauharnois