LES SEIGNEURS DE LOTBINIÈRE
(1) Autographe de M. Charrier de Lotbinière (publié avec la bienveillante autorisation de M. Parker, chef de la Chambre des Manuscrits aux Archives nationales.) — (2) Blason de la famille de Lotbinière. — (3) Portrait de M.-G.-E. Charrier de Lotbinière. ! — (4)Carte de la seigneurie de Beauharnois (1793) sous les de Lotbinière (gracieusement fournie par M. Holmden, chef de la
division des Cartes aux Archives nationales.)
La Seigneurie de Beauharnois
d'Allainville. L'acte de vente stipulait que l'acquéreur donnerait des titres de propriété aux colons déjà établis.
Le nouveau seigneur parut vouloir s'occuper sérieusement du développement de son domaine. Un agent, Francis Winter, fut établi, et l'arpenteur William Waller fit un plan général de la seigneurie et la divisa en lots.
Chaque section principale reçut le nom d'un membre de la famille Ellice; toute la seigneurie s'appela Annfield,w et la partie qui va de la rivière Saint- Louis à la ligne seigneuriale de Chateauguay s'appela Annstown, du nom (Ann) de Madame Ellice.
Du nom des enfants on dénomma les autres parties: Marystown désigna le territoire de la rivière Saint-Louis à Saint- Timothée, et en profondeur, entre le Saint- Laurent et la rivière Saint-Louis. Helenstown comprit Saint-Timothée actuel et deux longueurs de terre dans Saint-Louisde-Gonzague. Catherinestown comprit Valleyfield actuel, Sainte-Cécile, la Grande Isle, une partie de Saint-Stanislas et de Saint-Louis. Ormstown comprit le village et une partie d'Ormstown et une partie de Saint - Stanislas. North Georgetown comprit le terrain entre la ligne d'Ormstown et le rang du Quarante et va de la rivière Saint-Louis à la rivière Chateauguay.
Jamestown comprit une partie d'Ormstown
et de Saint-Antoine Abbé, sur les confins d'Huntingdon. South Georgetown comprit à peu près Howick actuel. Williamstown comprit le reste de Howick et partie de Saint-Antoine et de Saint-Urbain. Russeltown et Edwardstown se partagèrent Saint- Antoine, Saint-Jean-Chrysostôme et Sainte- Clotilde.
Alexandre Ellice mourut en 1804; il avait fait diviser la seigneurie, avait établi un moulin à farine à Beauharnois, mais peu de défrichement et de colonisation avaient été faits.
(b) GEORGES
A la mort d'Alexandre Ellice, il semble que son fils aîné, Georges, hérita de la seigneurie; mais le riche héritier s'embarqua un jour pour l'Amérique du Sud et n'en revint pas. Et ce fut alors une période d'inaction presque complète dans la seigneurie.
(c) ROBERT
Vers 1817, Robert Ellice apparaît comme héritier, et les travaux de défrichement recommencent.
(d) EDOUARD
Presque en même temps, entre 1817 et 1820, Edouard Ellice, autre fils d'Alexandre Ellice, (2) est à la tête des intérêts seigneuriaux de sa famille; par achat ou par héritage, tout le domaine seigneurial de Villechauve ou Beauharnois lui écheoit et c'est
(1) C'est à cette époque que la seigneurie cessa de s'appeler Villechauve: dans un acte de concession de terre à Joseph Legros, le 2 février 1798, il est question de seigneurie "Annfield, cydevant Villechauve."
(2) Cet Edouard Ellice a été un personnage considérable du commerce et de la politique. Outre la seigneurie de Beauharnois, il avait de gros intérêts dans la Compagnie de la
Baie d'Hudson. Il fut député au Parlement anglais, secrétaire du trésor, et secrétaire de la guerre; sur la politique coloniale du Canada, il fut ardent promoteur de l'Union des Provinces; il ne fut pas l'ami des Canadiens-français (Garneau Vol. III— quatrième édition— p. 229, etc.) Comme seigneur, il travailla fortement à l'abolition de la tenure seigneuriale, qui ne payait pas suffisamment.
La Seigneurie de Beauharnois
alors que véritablement commence la prospérité de M qui est aujourd'hui le comté de Beauharnois; le moulin est réparé, les terres sont concédées en grand nombre ;(1) des immigrants sont envoyés d'Ecosse et s'établissent à l'intérieur des terres, à Saint-Louis. Ormstown, Howick; des magasins et des moulins sont établis; les chemins s'ouvrent en tout sens.
Quand il prit pos- -ion de la seigneurie, vers 1817, le quart à peu près du grand nombre de t e rrea con cédées étaient défrichées et habitées/13 dont 100 dans Russelltown, 17 dans South Georgetown, 110 dans Williamstown, 95 dans Annstown, 43 dans Xorth Georgetown 47 dans Ormstown, 57 dans Marystown, 61 dans Helenstown, 20 dans Catherinestown.'3' En 1827, 20,000 acres de terres avaient été concédées à 228 personnes; l'année suivante, une société d'agriculture était fondée, et ainsi, lentement, progressa la seigneurie.
Eli 1832, le seigneur Edouard Ellice visita domaines du Canada; en 1838, son fils
i \n recensement de 1932, Saint-Clément a une population fie 1.060, Sainte-Martine 1,306, Saint-Timothée. <388. i'i) Cr. s chiffres Boni donnés par l'arpenteur Bouchette dans sa Description lopoçraphiqtu </>/ Baa-Canada. et constituent le renseignement le plus précis possible sur i'état réel de la
seigneurie en 1816
(8) !>• nombre ralathremenl petit <lcs terrai défrichée! plique par œ fait qu'on refuaail aox habitante lai "titri
06 insécurité de possession.
Edouard séjourna à Beauharnois, au manoir seigneurial construit vers 1810, et fut fait prisonnier lors des troubles du 4 novembre.
4° Scott et London Land Co.
Après la rébellion de 1838, Edouard Ellice, jr., retourna en Angleterre, et suggéra de se débarrasser de la seigneurie, ce qui fut fait en 1839. Un banquier
londonnien, M.Scott, acheta la seigneurie; ne pouvant, à cause de grandes pertes pécuniaires, conserver seul le domaine, il organisa une compagnie, la Lonçfon Land Co., à qui il vendit la seigneurie pour la somme de $750,000, dont $100,- 000 devaient être payées au seigneur Ellice.
5° Ellice
En 1851, la seigneurie dut être rétrocédée aux Ellice, à cause de la mauvaise administration de l'agent Col ville; les Ellice gardèrent leur domaine jusqu'en 1866. C'est durant 1854, que la tenure seigneuriale fut abolie au ( ïanada;(4) par ordre du Parlement, un cadastre fut préparé de toutes les seigneuries; pour la seigneurie de Beauharnois, le commissaire fut Henry Judah, dont le rapport est