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CONSTRUCTEURS DE L'ÉGLISE ACTUELLE

Poitras, charpentier; 2 — François Branchaud, r 3 — J.-Bte Branchaud, maçon.

Histoire religieuse de Beauharnois

et la fermer, les paroissiens étant prêts à se cotiser de nouveau pour finir l'intérieur;" l'assemblée nommait ensuite "comme syndics ou chefs d'arrondissement pour régler el ordonner les corvées, placer les matériaux et autres objets: MM. H. Bogue, pour le village: Antoine Marchand, pour le bas de Saint-Clément; Célestin Boyer, pour le rang de Saint-François de Beauce; Michel Brossoit, pour le haut de Saint-Clément; Casimir d'Aoust, pour Sainte-Marie; Bénoni M ont petit, pour Saint-Joseph et Sainte- Anne; Louis Trudel, pour le bas de la rivière Saint-Louis depuis le chemin Saint- Laurent; Ignace Laberge, pour le haut de la rivière Saint-Louis; Grégoire Bergeron, pour Saint- Joachim (nord de la rivière); Paul Roy, pour Saint-Georges ; David Viau, pour Saint- Laurent; J.-Bte Bonhomme, pour Saint- Edouard; Louis Laberge, pour Saint-André.

Le 28 juillet, Mgr Bourget répondait favorablement à cette requête et nommait M. Carron, curé, "commissaire à l'effet de désigner la place et les principales dimensions de la future église."

En 1843, M. Carron exécutait sa commission. Le 25 avril, il tenait une assemblée dans la salle publique de la paroisse; il constatait d'abord que les 263 signataires de la requête de juin 1842 formaient bien la majorité des propriétaires de la paroisse; il constatait ensuite "que la chapelle était depuis longtemps trop petite pour loger la foule qui s'y rendait les jours destinés au culte, et que, par suite, une église était devenue depuis longtemps nécessaire."

Quant au site, M. Carron déterminait le plus convenable comme étant "l'emplacement à cinquante pieds environ de la chapelle actuelle, le devant du portail de l'église devant regarder le fleuve, suivant une ligne prolongée du côté sud de la cha-

pelle vers le presbytère; il marquait les dimensions de la future église: 126 pieds d'œuvre sur 60 pieds de largeur et 35 pieds de hauteur hors de terre sur telle fondation que la qualité du terrain rendra nécessaire. Enfin, une sacristie de 46 pieds sur 30, et dont la muraille aurait 18 pieds de haut, serait construite au pignon sud de l'église dont la forme sera un parallélogramme.

Le 29 mai 1843, Mgr Bourget approuvait le procès-verbal et permettait de procéder.

Le 14 août, l'entreprise était confiée à MM. François et J.-Bte Branchaud ; le contrat fut signé devant le notaire Louis Hainault, par les entrepreneurs et par M. J.-Z. Carron, curé; MM. Pierre Leduc, marguillier en charge, Alexis Lebœuf, deuxième marguillier, Hyacinthe Montpetit, Frs Daoust, Etienne Montpetit, Michel Longtin, représentaient la paroisse.

D'après le contrat et le devis annexé, l'église devait avoir 120 par 60 pieds et 35 pieds de hauteur en quarré au-dessus du sol (mesure française); la sacristie devait être de 36 par 30 pieds et 18 pieds de hauteur y compris les fondations. L'église devait avoir sept fenêtres de 17 par 6 pieds "en cintre parfait;" le portail devait être en pierre taillée, avec une ouverture de forme ovale, quatre pilastres de Y ordre dorique simplifié et une porte entre chaque pilastre; la charpente de l'église devait s'appuyer sur sept piliers de chaque côté; la voûte devait être "en cintre parfait;" la colonnade devait être de Y ordre corinthien.

La fabrique s'engageait à faire faire les corvées promises pour le charroyage des matériaux, et à payer aux entrepreneurs 2,050 livres en quatre paiements annuels égaux. De leur côté, les entrepreneurs s'engageaient comme suit: le 1er novembre 1843, l'église serait à la hauteur du bas des

Les Établissements paroissiaux

fenêtres; le 1er novembre 1844, les murailles seraient montées jusqu'au quarré; le 1er novembre 1845, le résidu des ouvrages serait terminé.

Les entrepreneurs Branchaud confièrent, en sous-contrat, une partie de l'ouvrage à M. F.-X. Poitras; M. Poitras devait s'occuper du bois, du vitrage et du "mastiquage;" le bois devait être pris sur les terres non concédées de la Seigneurie. Les entrepreneurs Branchaud s'engageaient à payer à l'entrepreneur Poitras 380 livres; par contre M. Poitras devait "fournir aux sieurs Branchaud, à chacun une sleigh semblable à celle que Joachim Brossoit a eue du Dr Surveyer!"

Les ouvriers se mirent à l'œuvre; nous savons qu'à la mort du curé Carron, en juillet 1844, les murs de la nouvelle église s'élevaient à la hauteur des fenêtres. Le curé Viau la fit fermer et couvrir. Le curé Charland la fit terminer telle que le contrat le déterminait. Le clocher, dont il n'était pas question dans le contrat, fut fait par l'entrepreneur F.-X. Poitras, au prix de 150 livres; la croix et le coq du clocher furent donnés par Joachim Brossoit, les bancs furent faits par le même entrepreneur au prix de 210 livres courant.

Le 20 novembre 1845, eut lieu la bénédiction de la nouvelle église. La cérémonie fut accomplie par Mgr Prince, alors coadjuteur de Montréal et plus tard évêque de Saint-Hyacinthe; les prêtres présents furent MM. H.-L. Girouard, L.-D. Charland, J.-O. Archambault, P.-S. Archambault, C. Champoux, E. Blyth, A. Groulx. Le maître-autel fut consacré; les reliques des saints Quirin et Clément y furent insérées. L'évêque consécrateur accorda pour ce jour une indulgence d'un an et une indulgence de quarante jours pour une visite

au jour anniversaire; en outre, une indulgence plénière était concédée pour le jour de la consécration et le jour anniversaire.

L'autel ainsi consacré était déclaré privilégié pour tout prêtre célébrant, séculier ou régulier.

A cette date du 20 novembre 1845, l'église actuelle n'allait que de la sacristie aux portes d'entrée; le portique, les tours et les clochers actuels n'étaient pas faits; à l'intérieur, manquaient les jubés latéraux, les bancs, la chaire, l'autel et toutes les décorations; l'achèvement de ces travaux fut l'œuvre de Monsieur le Curé Charland; cette œuvre se fit lentement, partie par partie.

En 1850, le deuxième jubé, celui de l'orgue, était construit par M. F. Branchaud, au prix de 32 livres. La même année, M. Nicolas Manny sculptait pour 300 livres la chaire, et pour 400 livres l'autel et le tabernacle; en 1859, le même M. Manny faisait tout le travail d'ornementation du chœur; c'est donc à cet habile artiste peintre, sculpteur et architecte, que Beauharnois doit l'incomparable ornementation du chœur de son église/1'

En 1855, d'après un plan de M. Manny, l'on commença les jubés de côté, afin de permettre aux Sœurs du Couvent et à leurs élèves d'assister aux offices paroissiaux.

En 1860, il fut question de construire deux chapelles latérales de 40 par 20 pieds; le coût en eût été défrayé avec les revenus des bancs que l'on eût placés dans cette chapelle. Monsieur Manny fut prié d'examiner la possibilité de réalisation de ce plan; son rapport fut défavorable; la con-

(1) L'artiste Manny avait trouvé un procédé spécial de dorure; lors des travaux de restauration en 1919, les peintres trouvèrent avec admiration qu'après 60 ans, les dorures du père Manny n'avaient pas encore besoin d'être retouchées. Il suffit d'ôter la poussière qui les recouvrait et elles eurent tout leur éclat.

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fection de ces chapelles parut un danger pour la solidité des murs de l'église et on y renonça; les jubés commencés ' en 1855 furent continués et achevés tels qu'ils sont encore aujourd'hui. En 1860 aussi, l'on plaça la rangée de bancs au milieu de l'église; l'acte de fabrique qui autorisait ce travail réservait explicitement au curé et aux marguilliers le droit de faire enlever cette rangée de bancs lorsqu'ils le jugeront utile et nécessaire, ce qui a eu lieu en 1919. En 1860, Beauharnois avait une prospérité sans égale dans son histoire, sa population augmentait considérablement et la fabrique cherchait les moyens les plus efficaces d'assurer aux fidèles l'assistance aux offices divins. C'est l'explication de ces plans d'agrandissement de notre église.

Pendant cinq ans, de 1860 à 1865, aucun travail considérable ne se fit. En 1865, la fabrique autorisa une dépense de

$1,500 pour construire une tour. Le contrat fut accordé à l'entrepreneur C. Content qui bâtit les deux tours, la première, celle de l'est, en 1 866, la seconde, celle de l'ouest, en 1867. La tour est s'élevait à peu près à la hauteur des clochers; la tour ouest ne fut achevée qu'en 1870. Elles ne furent pas construites sans difficultés. L'on craignit qu'elles ne fussent pas solides; ces craintes étaient sans

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