A. N. MONTPETIT
Avocat, littérateur
bruit des arbres s'abattant avec fracas; le soir venu, on riait, on chantait, on dansait même au son du violon, ou bien on allumait des feux sur quelque éminence pour donner des nouvelles du jour aux parents et amis de l'Ile Perrot. On n'avait que ce seul moyen de télégraphie.
"Pendant que l'homme jouait de la cognée, la femme sarclait, ramassait les branches, faisait des tas et y mettait le feu à la grande joie des enfants ébahis.
Le temps de la récolte venu, elle maniait la faucille à côté de son mari, après avoir déposé son nourrisson sur une javelle dorée, au milieu des souches noircies à demi-brûlées, à portée de sa voix, avec un rameau d'érable pour tout parasol, un vrai berceau canadien.
"Bientôt de nouveaux colons affluèrent de toutes parts.
Il en vint des Cèdres, de la Pointe- Claire, de Vaudreuil, de Québec. Le pre-
plantureux, auquel il rêvaient comme d'une mier Bergevin, dit Langevin, qui s'établit
autre terre promise. Un bon jour, un groupe d'entre eux se décida d'y aller tenter un établissement, et à peu d'années de là on voyait les rives du lac Saint-Louis bordées de nombreusesealmnes, qu'égayaient de jeunes roupies entourée de vigoureux petits enfants. Tout le long du jour on
à mi-chemin entre le Buisson et la chute aux Bouleaux, dans Saint-Timothée, était monté en bateau avec sa famille, de la côte Beaupré au-dessous de Québec. DesAcadiens se groupèrent surlesbords du lac Saint-Louis, où ils ont laissé de nombreux rejetons, ainsi que sur les bords du lac Saint-François.
La Seigneurie de Beauharnois