‹ BeauharnoisChapitre 78 sur 107 · LA GUERRE DE · texte numérisé non relu

LA GUERRE DE

Le 28 mai 1812, quelques jours avant la déclaration de la guerre contre 'les Etats- LTnis, quatre bataillons de milice canadienne furent levés: les Voltigeurs s'organisèrent en quarante-huit heures sous le commandement du major de Salaberry; "au mois de septembre 1812, on tira de la milice du district de Montréal un bataillon appelé les Chasseurs Canadiens, pris dans les comtés de Beauharnois et Chateauguay."(2) A la bataille de Chateauguay, le 26 octobre 1813, les Chasseurs Canadiens sont dans le sixième bataillon, et forment cinq compagnies. A côté de ce corps de Chasseurs est la division Beauharnois, qui comptait quatre capitaines de Beauharnois: Etienne Eneau,(3) Alexis Sauvageau, Charles Archambault, James Milne. Le lieutenant Michel O'Sullivan, de cette division Beauharnois, sert comme aide-major-général de Salaberry.

Les gens de Beauharnois furent à l'honneur en cette glorieuse journée: le capitaine Éneau, de Beauharnois même, et le capitaine Levesque, dit M. Suite, supportèrent sur la gauche les mouvements de Daly, Bruyère et Schiller, au plus fort de la bataille de Chateauguay .(4)

Et du capitaine Joseph-Marie Longtin, de Saint-Constant, mais capitaine dans la milice de Beauharnois, Monsieur Suite a écrit, d'après les documents, ces paroles qui se passent de commentaire: "Le capitaine Joseph-Marie Longtin, de la Milice de Beauharnois, était à la gauche de Louis Juchereau Duchesnay à Chateauguay. Au moment de l'action, il commanda "genoux en

terre" et récita une prière, puis se relevant, il dit: "Nous avons rendu nos devoirs à Dieu, maintenant servons le roi!" et le feu qu'il dirigea mit fin à la bataille. "(5) Ce serait donc, en définitive, à un paroissien de Saint-Constant, milicien de Beauharnois, que serait due, sous le commandement de Salaberry, la victoire de Chateauguay.

De ces deux capitaines de Beauharnois, le commandant en second à Chateauguay — O'Sullivan — a écrit dans son récit de la bataille: "Les capitaines Longtin et Huneau, de la milice de Beauharnois, se sont fait remarquer par leur bonne conduite." (Suite: "La Bataille de Chateauguay", p. 79).

La bataille de Chateauguay est le point culminant de la guerre 1812-1813; toutefois, à Beauharnois même, il y eut quelques mouvements de troupes; pendant quelque temps, Beauharnois fut même considéré comme un point stratégique important que les autorités militaires semblent avoir été préoccupées de fortifier. Le 2 octobre, le lieutenant-colonel Turgeon reçoit l'ordre de dépêcher un officier et vingt hommes "pour faire le devoir au moulin de Beauharnois sous la direction du capitaine Milne." Le 8 octobre 1813, on s'attend au passage de l'ennemi à Beauharnois, et le colonel Deschambault, avec ses compagnies de la rive nord du Saint-Laurent, reçoit l'ordre de lui résister vigoureusement; le 15, Deschambault traverse aux Cèdres; le 10 novembre, le colonel Scott, commandant au fort de Côteau-du-Lac, écrit à Sir Georges

(1) D'après Y H Moire de la Milice Canadienne-française, de M B, Suite (1897), p. 2."). Lu BataMe de Chateauguay, • lu même auteur, les Officiers of llie Iirilish Forces in Canada, de L.-H. Irving (1908), et des documenta des Archives Fédérales.

(2) Suite, Histoire, p. 28.

(3) Le même que Etienne Hainault.

(4) Suite, H Moire de la Milice, p. 50.

(5) Id. ibid.

Beauharnois militaire

Prévost qu'il a un plan pour bloquer le canal Beauharnois ;(1) le lendemain, le travail d'obstruction est presque achevé; le 14 novembre, le lieutenant-général Drummond écrit que l'on continue à fortifier Beauharnois; le 15, des troupes occupent des positions fortifiées à Beauharnois; en janvier 1814, Beauharnois est encore gardé militairement: le lieutenant Perrigo y séjourne avec 136 hommes; le 15 février, la garnison est réduite à 52 hommes. Et ainsi, jusqu'en juin, Beauharnois est poste militaire.

Plusieurs années après la guerre de 1812, les ex-soldats de Beauharnois faisaient des réclamations au gouvernement pour des pensions et en 1877, J.-Bte Charlebois, Louis Hébert, Paul Lebceuf, Antoine Tondu (dit Saint-Onge), Guillaume Laberge, recevaient une pension pour services rendus pendant la guerre.

Sur le passage des troupes à Beauharnois, il y a, aux Archives, un document intéressant. C'est le "retour" du bataillon du colonel Deschambault, daté du camp de Beauharnois, le 23 novembre 1813. Le bataillon avait 10 compagnies: 1ère compagnie tirée de Blainville, de 65 hommes, commandés par le capitaine Charles Porteous; 2ème compagnie tirée de l'Ile Jésus, de 66 hommes, commandés par le capitaine Joseph Lacroix; 3ème compagnie tirée de l'Assomption, de 60 hommes, commandés par le capitaine Archambault; 4ème compagnie tirée de la Rivière du Chêne, de 65

(1) Ce canal n'est pas le canal actuel de Beauharnois; ce terme Beauharnois Channel peut désigner soit le chenal à la tête des Cascades, soit le petit canal ouvert en 1806, à la tête de la rivière Saint-Louis.

hommes, commandés par le capitaine Hyacinthe Saint-Germain; 5ème compagnie tirée de Lavaltrie, de 62 hommes, commandés par le capitaine Barthélémy Joliette; 6ème compagnie tirée de Berthier, de 59 hommes, commandés par le capitaine Maxime Olivier; 7ème compagnie tirée de Longue-Pointe, de 57 hommes, commandés par le capitaine John Sanford; 8ème compagnie tirée de Pointe-Claire, de 48 hommes, commandés par le capitaine Joseph Mailloux; 9ème compagnie tirée d'Argenteuil, de 58 hommes, commandés par le capitaine James Brown; lOème compagnie tirée de Terrebonne, de 60 hommes, commandés par le capitaine Joseph Turgeon.

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