‹ Beaumarchais et ses œuvres: précis de sa vie et histoire de son esprit, d'après des documentsChapitre 100 sur 338 · Édit. Fournier · texte numérisé non relu

Édit. Fournier

3. « On a gardé nia lettre onze jours à la poste », dit Beaumarchais, édit. Fournier, p. 536. Elle parvint pourtant à son adresse, car son enveloppe porte le timbre du Havre.

<4. Voy. édit. Fournier, p. 54 i, et Histoire de Beaumarchais, p. -428, et ce curieux post-scriptum à l'ordre d'incarcération, publié par M. Tourncux : « ÎSou8 recommandons particulièrement M. de Beaumarchais à M. Dclavaquerie; il peut lui donner plume, encre et papier et le reste. » Cette faveur est la première qu'il avait jadis demandée et obtenue dans la Charlre de Vienne. Menacé, il court à sa plume, d'instinct.

5. Voy. les Six Époques.ci M. Taine, V Ancien Régime. — Des renseignements complémentaires sur toute celte affaire des fusils se trouvent dans un Mémoire

l'affaire comme une spéculation antipatriotique. On crut Beaumarchais brisé par la Terreur ; on lui fit renouveler les offres de rabais; il répondit qu'il ne «traitait pas d'affaires en prison». Cette réponse lui eût coûté la tête si, deux jours avant que les dix-huit petites chambres devinssent dix-huit charniers, Manuel ne l'en eût tiré. On sait qui l'en pria*.

Nous n'insisterons pas à ce propos sur la correspondance du British Muséum. Il n'est que trop vrai que la femme séduisante qui en est l'héroïne inspira à Beaumarchais un amour de vieillard qui ne sait pas ou ne veut pas vieillir. C'est par allusion à celte aventure que c Volontiers il eût dite à l'oreille du bon La Fontaine ou de la bonne reine de Navarre », que Gudin écrit 3 : « Beaumarchais secourait les infortunées au risque de les aimer et d'avoir des aventures plus dangereuses que vos invectives. » Ce fut en effet la plus coûteuse de « ses rédemptions », en prenant le mot au sens de certain personnage de H. Emile Augier 3 . Hais quel autre sentiment que la pitié peut ici se faire jour ? D'ailleurs l'expiation fut dure pour la coupable. Elle subit à son tour toutes les tortures de l'amour sensuel et inassouvi *.

La famille de Beaumarchais dédaigna de racheter cette correspondance, comme il ressort d'une lettre de Gudin que nous allons citer. C'est l'oraison funèbre de cette femme qui avait, « disent de grands hommes, la tête de Ninon, l'àme de Nina 5 , le physique de M"« Dubarry 6 » .

La brochure d'où nous tirons ces détails nous apprend encore qu'elle se piquait de vers et de prose ; elle s'y explique même sur sa morale, qui est celle de la Lélia de George Sand. Il y a pis.

inédit adressé par Beaumarchais, de Hambourg, le 30 avril 1795 au Comité de Salut public. 11 contient, en outre, de curieux aperçus sur les hommes et les choses de la Révolution. Nous le publierons quelque jour.

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