‹ Beaumarchais et ses œuvres: précis de sa vie et histoire de son esprit, d'après des documentsChapitre 156 sur 338 · Petit neveu de Rabelais, ajoute le m as., tome I · texte numérisé non relu

Petit neveu de Rabelais, ajoute le m as., tome I

4. Cf. à ce propos, dans la préface de cette comédie (édit. Michel Lévy, 1865, p. 11), la chicane de style qu'un des deux auteurs cherche à l'autre.

quement, en remarquant toutefois que le public ne s'en aperçoit guère, lui que nous avons vu applaudir même à celui de Charles- Quint dans Hernanil mais que Marivaux « pose » mieux une scène que Beaumarchais, voilà ce que nous ne saurions accorder. D'ailleurs, si faire cent lieues sur une feuille de parquet est un mérite rare, il est moindre au théâtre que celui de brûler les planches, et volontiers à toutes les critiques nous répondrions ici par le mot de Démosthène sur l'orateur : « La première qualité est l'action, la seconde encore l'action, etc. » C'est éminemment celle de Beaumarchais, la plus grande au théâtre après celles de Molière.

Ces mérites scéniques ne sont de petites vertus qu'aux yeux de ceux qui n'aiment pas le théâtre, et une des meilleures preuves de son équité qu'ait données le dernier et éminent critique de Marivaux, est dans cette sage restriction : « Marivaux, écrit-il, n'est pas de ces génies accessibles à tous, une élite seule peut le comprendre; c'est là son charme et aussi son infériorité 1 *, surtout au théâtre.

Revenons-en donc au sentiment du public, du moins à celui de nos contemporains. Marivaux, sans doute, n'eût comparu devant ce tribunal qu'avec angoisse *.« Je respecte, comme je le dois, disait-il,ce qu'on appelle le jugement du public; une chose pourtant m'y fait peine : c'est la multitude immense des sots qui contribuent à former l'arrêt, et dans laquelle il y a si peu de gens qui soient de leur avis 3 ; » mais Beaumarchais, disciple encore en cela de Molière 4 , tenait le parterre pour un juge suprême, pourvu qu'on en appelât, comme Damis,

Du parterre en tumulte au parterre attentif 5 .

Depuis cent ans, sa gloire littéraire n'a pas subi d'éclipsé. Les critiques les plus chagrins sont forcés de constater qu'il < est en hausse 6 ». Osons dès maintenant dire toute notre pensée.

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