‹ Beaumarchais et ses œuvres: précis de sa vie et histoire de son esprit, d'après des documentsChapitre 164 sur 338 · Cf. Beaumarchais et son temps, II · texte numérisé non relu

Cf. Beaumarchais et son temps, II

5. ¥ Cette préférence est peut-être en moi un effet de ces inclinations aveu-

2<tt BEAUMARCHAIS : PARTIE CRITIQUE.

Nous en appellerons cependant de Grimm 1 à La Harpe. « Il y a plus d'art, écrivait le critique du Lycée, dans le dialogue et dans la conduite des Deux Amis que dans Eugénie. » D'où vint donc l'insuccès de la pièce? D'abord de la stérile petitesse du sujet, maleriam superabat opus. La faute n'en est pas toute à l'auteur.

c Dorval. — C'est la condition, les devoirs, les avantages, les embarras qui doivent servir de base à l'ouvrage.

Moi. — N'avons-nous pas de financiers dans nos pièces?

Dorval. — Sans doute, il y en a. Mais le financier n'est pas fait 2 . >

Beaumarchais entreprit donc de faire le financier, « avec ses devoirs, ses avantages, ses inconvénients, ses dangers qui nous le montrent tous les jours dans des situations très embarrassantes ».

En cherchant la crise 3 de cette condition, il fut vite conduit à écrire le drame de l'échéance commerciale.

Certes les alarmes que jette dans une famille l'imminence d'une faillite peuvent fournir un tableau aussi intéressant que l'imminence d'un duel, ou que tout autre accident troublant le cours paisible des relations domestiques; mais il faudra qu'autour de cet accident gravitent des intérêts et des personnages attachants. Or Beau marchais n'avait pas lié assez fortement les amours de Pauline et de Mélac à la faillite d'Aurellv. La menace de cette faillite et la générosité de Mélac ne pouvaient suppléer à ce défaut d'intérêt, et c'est ce que Beaumarchais, préoccupé de c faire le financier » et l'apologie du commerce, ne vit pas. L'auteur fut ici la dupe du négociant. On jugera d'ailleurs, par le passage suivant, combien

glcs qu'ont beaucoup de pères pour quelques-uns de leurs enfants, plus que pour les autres! peut-être y cnlre-t-il un peu d'umour-propie, en ce que cette tragédie me semble être un peu plus à moi que celles qui l'ont précédée, à cause des incidents surprenants qui sont purement de mon invention cVn'avaicnt jamais été vus au théâtre; et peut-être enfin y a-t-il un peu de vrai mérite qui fait que cette inclination n'est pas tout à fait injuste. » Corneille, IV, 420. édil. des Grands Écrivains; et Fontcuclle ajoute avec une sagacité qui explique le cas de l'autour des Deux Amis : t Peut-être préférait-il Rodogunc parce qu'elle lui avait extrêmement coûté ; car il fut plus d'un an à disposer le sujet. » Fontcnclle, Œuvres, 111, p. 105.

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