‹ Beaumarchais et ses œuvres: précis de sa vie et histoire de son esprit, d'après des documentsChapitre 222 sur 338 · La Mère coupable, acte II, se · texte numérisé non relu

La Mère coupable, acte II, se

7. Dans la vive attaque d'un fort où il n'était pas commandé. Acte II, se. 1, p. 240, édit. d'Hcylli cl Marescot. — M. de Lcscurc le tuo spirituellement, mais inexactement, dans « un duel malheureux pour lui et heureux pour Beaumarchais, à qui, etc.. », p. 35, Discours sur Beaumarchais.

2<)4 RKAUMARCHAIS : PARTIE CRITIQUE.

là des circonstances que Beaumarchais a adroitement ourdies pour rendre son héroïne plus intéressante et le pardon moins choquant, sinon plus émouvant.

Ce n'est pas le public de nos jours qui contesterait la moralité de ce dénouement: n'a-t-il pas applaudi depuis lors et hier encore 1 des thèses plus audacieuses? Gudin lui eût fait amende honorable, après avoir écrit avec une indignation fille de l'amitié, à propos de la Mère coupable : « Quand on connaît le théâtre, on sent combien il est difficile de traiter un tel sujet d'une manière pathétique devant un parterre dédaigneux, toujours porté à rire des infidélités des femmes, et qui aujourd'hui affecte une sévérité inconnue du temps de Molière, sévérité nuisible à ses plaisirs, mortelle à l'art du théâtre, pédantesque, et donnant au parterre, si je l'ose dire, bien plutôt l'air d'une assemblée de tartufes de mœurs que d'une réunion de gens d'esprit et de vrais comédiens 2 . »

Il semble d'ailleurs que l'auteur de la Mère coupable ait pressenti les brillants continuateurs que lui réservait l'avenir, car, dans une lettre inédite 3 , où il présente éloquemment la défense de sa pièce, il disait :

Je me suis imposé, Monsieur, ce grand travail, comme une des conceptions les plus fortes qui pussent sortir de ma tête et qui donnât ridée d'une route nouvelle à parcourir à nos auteurs. Ai-je rempli ce bat? C'est la question qui reste à décider, mais l'intention du moins n'en peut être équivoque.

Le ton de tout ce plaidoyer est aussi sincère. Après l'avoir écouté, on sera peut-être moins porté qu'on ne Ta été jusqu'ici à douter de sa parole, quand il affirme dans sa préface que <c ses deux premières comédies ne furent faites que pour préparer » ce drame bien intrigué.

Il prouve d'abord chaleureusement que Léon et Florestine sont étrangers l'un à l'autre par la loi comme par la nature :

La critique est aisée et l'art est difficile, a dit le sage, mais froM Destouches. Toi travaillé vingt ans à composer la situation épineuse q* vous me reprochez comme un inceste , lequel serait horrible à montrer

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