CONCLUSION DE CETTE ÉTUDE
L'homme cl l'écrivain : leur place dans l'estime publique et dans la littérature
française.
Beaumarchais aura-t-il gagné à être mieux connu? Nous avons peut-être le droit de poser cette question, et assurément le devoir d'y répondre, après avoir interrogé tant de documents relatifs à son caractère et à son esprit.
c Sur presque tous les grands noms de ce siècle, écrivait-on récemment, la contradiction est au comble '. » A qui mieux qu'à Beaumarchais pourrait s'appliquer la remarque? 11 semble qu'il Tait pressentie lui-même : c Ma prétendue célébrité n'est que du tapage autour de moi * », s'écriait-il dans un jour de lassitude. Serait-il vrai, et n'avait-il conquis, tout compte fait, que la notoriété, ce mirage de la gloire, ou devons-nous répéter avec Bonaparte qu'il fut « justement célèbre 3 »? C'est déjà répondre affirmativement à cette interrogation que de la poser, après un siècle écoulé. D'ailleurs, quand Beaumarchais la provoquait, il voulait avant tout demander une trêve à ses ennemis; il savait bien qu'on ne le prendrait pas au mot et qu'il serait longtemps, selon sa propre expression, t ballotté au scrutin de l'opinion publique 4 ».
Résumons une fois de plus les débats de ce long procès que l'homme n'a pas toujours gagné contre la calomnie et montrons surtout que l'écrivain ne mérite pas les défiances des lecteurs qui c ne se sentent pas à l'aise avec lui 5 >.