‹ Beaumarchais et ses œuvres: précis de sa vie et histoire de son esprit, d'après des documentsChapitre 266 sur 338 · Édit. Gudin, III, 327, et édit. Fournier · texte numérisé non relu

Édit. Gudin, III, 327, et édit. Fournier

5. M. D. N isard, Histoire de la littérature française y IV, 250.

3i« BEAUMARCHAIS

Fils dTiorloger, il n'a pas rougi do métier de soo père. Il l'a etercé avec honneur et il en a fait sagement le premier degré de celte fortune prodigieuse qui a accrédité tant de calomnies. Doté de quelques talents d'agrément, il leur a dû d'être retenu, comme musicien et homme d'esprit, dans les salons où il était entré d'abord pour n : ?ler les pendules. Voudrait-on qu'à l'exemple de tel antre fils d'horloger mal appris 1 , il eût bondé le beau monde et la haute vie? c Par malheur, il j élait propre. > C'est dans la bonne compagnie pour laquelle il élait né qu'il trouvait ses moyens*; horlêgerie à part, comme il dit dans ses Mémoires.

La faveur vint, puis la fortune. 11 ne pouvait se refusera leurs avances, et il ne cessait pas d'être bonnête homme, parce qu'il s'élevait au-dessus de sa condition. Il a cultivé de son mieux * le jardin de son avancement 3 > : il est vrai que ce n'était pas celui de Candide. Mille bruits en coururent à sa bonté : qu'en reste-t-il d'inexcusable?

D'abord, il a rempli tous les devoirs que lui imposait sa nouvelle fortune. Il n'a jamais failli au plus sacré de tous, à l'amour de ses proches, dont il a été le « nourricier 4 ». Il s'est hâté de faire marcher de pair les progrès de son esprit et ceux de sa fortune : quoique aynnt déjà su

Apprendre dans le monde et lire dans la vie D'autres secrets plus Gns que la philosophie 5 ,

comme dit un de ses auteurs préférés , il n'a pas hésité à rouvrir les bons livres que les devoirs de sa première profession, et non pas sa paresse, lui avaient fait trop tôt quitter. Et c'est ainsi qu'ayant débuté à la cour dans l'emploi tenu jadis par d'Assoucy, il put remplir à la ville celui de Molière.

Faut-il d'ailleurs en croire d'Éon ou bien Vergennes, Maurepas, de Calonne, Baudin et vingt autres sur ses talents politiques? 11 fut

1. Rousseau. — «On parla tant de son esprit, de son goût, de ses chansons de son art enchanteur en jouant de la harpe, que Mesdames de France partagèrent le désir de l'entendre, » Histoire de Beaumarchais, p. 18.

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