Êflit. Fournicr
« Mémoire signifie par André-Charles Caron, maître horloger, à Paris, ,ct horloger du roi, et demoiselle Louise Pichon, sa femme, contre Nicolas (îuy, maître chapelier, à Paris, et Antoinette l'Evoque, sa femme, etc.» 11 s'agit d'une chicane de propriétaire à locataire. Beaumarchais tint-il la plume? Ce serait alors son premier Mémoire judiciaire (archives de la famille). — André-Charles Caron était un des quatorze enfants de Caron-
! Daniel, c maître orlogeur » (Jal), à Lizy-sur-Ourcq, diocèse de Meaux, et de Marie Fortin. Dans l'inventaire, après décès du père Caron, par Momu (?) (nom illisible), notaire à Paris, le 7 décembre 1775, figurent encore les litres de propriété « d'un demi-arpent de terre à Lizy ». — Voici les renseignements que nous avons pu réunir sur la généalogie et la descendance de Beaumarchais, à l'aide du dictionnaire de Jal et du
> notaire de la famille : Caron-Daniel mourut en 1708. Une de ses tilles.
Marie, épousa, le 30 septembre 1720, André Gary, maître chandelier. Un autre de ses fils, Caron de Boisgaruicr, mourut capitaine de grenadiers et croix de Saint-Louis. A la deuxième génération, on trouve un des directeurs de la Compagnie des Indes et un secrétaire du roi que Beaumarchais appelle ses cousins. On cousina peu pourtant, comme il résulte de ce curieux passage d'un mémoire autographe et inédit, adressé par Beaumarchais au roi, le 27 avril 1775: « Celle lettre insolente m'a fait changer le projet de rester inconnu en celui de me présenter ouvertement chez un do mes parents, vieux garçon de quatre-vingt-quatre ans, vivant à Londres avec un revenu de 150 mille livres, et de donner pour unique objet de ce court voyage le désir de me rappeler à son souvenir, ce qui a bien mieux marqué mes desseins que si je fusse resté mystérieusement à Londres. » — Revenons à la ligne directe. André -Charles Caron. marié successivement, le 13 juillet 1722, à Marie- Louise Pichon , morte le 17 août 1758, le 15 janvier 1766, àTeanr^c Guichon, veuve de P. Henry, bourgeois de Paris, morte en 1758, à^Suzanne-Léopolde t Jcantot le 18 avril 1775, mort lui-même le 23 octobre 1775, eut de son premier mariage dix enfants : Vùiccn te- Marie, née le 20 avril 1723; Marie-Josèphe . née le 13 février 1725, morte le 21 décembre 1 7 8 i -/Jea n-Marie, né le 17 novembrel726; Augustin-Pierre, né le 9 janvier 1728; François, 1730-39; Marie- Louise, née en 1731, morte avant 1775? PicrrezA ugustin , né le 2 i janvier 1732, mort dans la nuit du 17 au 18 mai 1799; SLadeJeine-FrançoLsCj née le 30 mars 1 7 3 i ; Marie-Julie, 2i décembre 1735-mai 1798; Jcannç- MarguerUe (Toulon). — Voici d'abord la descendance directe de Beaumarchais : marié le 27 novembre 1750 (le contrat est du 22 novembre, au témoignage de Beaumarchais), à la veuve Franquct, demoiselle Aubertin, morte le 30 septembre 1757, sans postérité; le 11 avril 1768, à damoiselle Geneviève Watebled, veuve Lévôquc, morte le 20 novembre 1770, en laissant un lils, né le M décembre 1768, mort le M octobre 1772; eu 1778, à Marie-Thérèse Willermawlas, fille de François Willt'rmawl as, Suisse d'origim», attaché, sous Louis XV, à la grande maîtrise dos cérémonies, née à Lille vers 1757, morte eu 1816. De celte
troisième épouse naît Amélie-Eugénie, 5 janvier 1777-21 juin 1832, qui épouse, le 11 juillet 1796, Louis-André-Toussaint Delarue (Beaumarchais écrit De La Rue dans sa correspondance), l -r novembre 1768-l er juin 1864, mort commandeur de la Légion d'honneur, après avoir été aide de camp de Lafayette en 1789, puis, en 1840, maréchal de camp de la garde nationale. De ce mariage naissent trois enfants : 1° c Palmyre, dame Poncet », dont la fille épouse Charles-Henri Roulleaux-Dugage, né le 26 avril 1802, mort député de l'Hérault et grand-officier de la Légion d'honneur, dont le fils, M. Georges Roulleaux-Dugage, député de l'Orne, décédé le 19 septembre 1887, laisse deux fils; 2° Delarue (Charles-Edouard), 9 octobre 1799, mort commandeur de la Légion d'honneur et général de brigade, qui avait épousé la fille, encore vivante, du baron de Rœderer, l'historien des Précieuses, lequel fut en relations d'amitié avec Beaumarchais, comme en témoigne sa correspondance inédite. 11 joignit, par décret du 25 avril 1853, confirmé par jugement du tribunal de la Seine, 4 novembre 1854, le nom de Beaumarchais au sien. — Deux enfants naquirent de ce mariage : 1° M. Raoul Delarue de Beaumarchais, lieutenant-colonel au 4 e dragons, un de nos glorieux blessés de Sedan, qui a épousé M 11 " Caroline Etcheverry, descendante du brave marin que les Mémoires secrets (20 juin 1787) appellent le Jason des Moluques, De ce mariage sont nés quatre enfants : Marie, Maurice, Renée et Charles ; 2° M me Fouquet du Lusigneul, qui a deux enfants : André et Jeanne ; 3° Delarue (Alfred Henri), 24 mars 1803 — 5 décembre 1880, mort receveur à Paris, chevalier de la Légion d'honneur, sans postérité. — Voici enfin ce que nous avons appris sur les collatéraux : Marie-Josèphe, devenue, en 1772, veuve Guilbert, vint rejoindre, dans le couvent c des Dames de la Croixde-Roye, en Picardie», sa fille qui y était en pension depuis dix ans; elles y vécurent, non sans rendre de fréquentes visites à leurs parents de Paris, sous le nom de M me et M 1 ' 6 de Salzédo. La mère mourut le 21 décembre 1784, elle avait été précédée au tombeau par sa fille en 1779, elle y fut suivie de près par son fils, Eugène de Salzédo, en 1785. Je tire ces dates des quittances de pension payées par Beaumarchais, qui attestent qu'il n'épargnait rien pour procurer à sa sœur aînée une vie aisée ; et à sa nièce et à sa sœur cadette Boisgarnier, compagnes d'étude, une éducation très complète, où aucun des arts d'agrément n'était oublié. — Madeleine-Françoise eut, de Jean-Antoine Lépine, deux ûls, dont l'un marié à M ile Raguet, eut pour fils ; Alexandre Raguet-Lépine, pair de France, qui eut pour fils Fernand-Jules Raguet-Lépine, qui eut pour fille, Anna, décédée sans postérité. — Jeanne-Marguerite, mariée à Octave Jeannot de Miron, avocat au Parlement, etc., eut pour fille Marie-Rosalie, dame Lemolt-Phalary, qui eut pour fils Alexandre Paulin, mort sans postérité. — Quant à Marie- Louise, nous n'avons rien appris, rien découvert sur sa vie après 1764, et, au demeurant, M. Bettelheim ne nous parait pas avoir été plus heureux. Nous croyons qu'il faut renoncer à percer cette obscurité et la laisser flotter, comme un crêpe mélancolique, sur la
mémoire de la louchante héroïne de Favenlure Clavijo. (Voy. ci-dessus, p. 24, une allusion vague de Beaumarchais au sort de sa sœur.) Ainsi les branches collatérales de la famille Caron se sont desséchées; mais, grâce à Dieu , le rameau direct est bien vivace, et, on le voit, le nom de Beaumarchais sera longtemps et bien porté.
N° 2 (voy. p. 10.)