‹ Beaumarchais et ses œuvres: précis de sa vie et histoire de son esprit, d'après des documentsChapitre 291 sur 338 · C ESQUISSE DU PLAN OU ARGUMENT > D'EUGÉNIE · texte numérisé non relu

C ESQUISSE DU PLAN OU ARGUMENT > D'EUGÉNIE

c Esquisse du plan ou argument » (sic) avec les noms accommodés par Beaumarchais, au quatrième mss de notre classement :c Le baron deKerlec, gentilhomme de Bretagne, pauvre, mais d'une très ancienne noblesse, avait deux enfants, Éraste et Eugénie. Le jeune homme servait depuis le commencement de la guerre sans être revenu chez lui ; depuis son départ, sa mère était morte. Elle avait demandé comme une grâce, à sa dernière heure, que sa fille vécût désormais sous les yeux de la sœur de son mari, nommée Rélise, demeurant dans sa terre, ce qui avait été ponctuellement exécuté. Le père, déterminé chasseur, était resté chez lui entièrement livré à sa passion dominante, raison qui, jointe à une humeur brusque et presque intraitable, avait engagé la respectable mère de choisir un asile plus sûr et plus honnête pour sa fille. Depuis qu'elle est établie chez

Me tante, un jeune homme de qualité, très riche, nommé le marquis de osempré, neveu du ministre favori du roi, en est devenu éperdument noureux. La tante, ambitieuse autant qu'inconsidérée, a cru voir, iqs cet attachement, un établissement si brillant pour sa nièce, qu'elle a mente par ses complaisances la mutuelle inclination de ces jeunes gens. s marquis de Rosempré, accoutumé depuis longtemps au commerce cile des femmes de la ville, s'est trouvé engagé si loin par la vertu de i maîtresse, son amour s'est tellement accru, sa vanité s'est si fort ritéepar les obstacles que cette vertu opposait à son attachement, n'au désespoir d'être subjugué par une jeune personne novice et sans rt y il a eu recours à des moyens extrêmes pour la posséder. 11 a donc it entendre à la tante que son unique désir était de s'unir à sa nièce, tais que, dépendant absolument d'un oncle puissant et absolu, qui lui ténageait le plus grand parti du royaume, il était obligé de renoncer à le ou de se marier secrètement en remettant au temps à disposer du iste. B élise, qui connaît le caractère de son frère, sait que rien au inonde e lui ferait donner les mains à une union clandestine, qui semblerait iter du blâme sur sa famille. Flattée d'ailleurs d'être toute seule V inhument de la fortune de sa nièce, elle a non seulement consenti à donsr secrètement cette nièce au marquis, mais abusant de l' ascendant qui; >n autorité lui donnait sur la jeune personne, elle l'a déterminée, malgré ?s répugnances, à épouser le marquis sans en rien dire à son père, opérant qu'après le mariage il n'oserait revenir sur ce qu'elle aurait tit, tant par le profond respect qu'il a pour ses décisions que par la rainte qu'elle ne le déshéritât lui et ses enfants. Le mariage a été élébré dans un des châteaux du marquis, voisin des terres de la tante, lais le jeune scélérat , dont les passions ne connaissent rien de sacré pour v satisfaire, a eu l'indignité de faire déguiser des gens à lui, et de romper l'ambitieuse tante et la nièce ingénue par un faux mariage. Après uelque séjour auprès d'elles, des engagements ou sa légèreté l'appelant

Paris, il a montré des ordres de son oncle, et a quitté sa femme avec romesse de revenir promptement. La négligence qu'il a eue bientôt à onner de ses nouvelles a justement alarmé la jeune personne ; ne pouant soutenir la vivacité de ses inquiétudes, elle est convenue avec sa inte d'aller engager son père de venir avec elles à Paris sous le prétexte e solliciter un procès considérable. Le père, nullement d'humeur de uitter sa chasse et ses chiens, n'a pu cependant refuser d'être d'un oyage que sa sœur a décidé. D'ailleurs on lui a fait extrêmement valoir 5 crédit du marquis de Rosempré, qu'il a vu plusieurs fois chez elle. La mte et la nièce ont écrit au marquis et lui ont envoyé les lettres par Frévont, son valet de chambre, homme dans son secret, et qu'il avait laissé

sa femme. Elles le prient de le faire apprêter une maison et lui îandent qu'elles suivront le courrier d'assez près. Le marquis, au reçu e cette lettre, occupé d'un mariage très brillant que son oncle lui a îénagé à la cour, ne sait comment se tirer d'embarras. Il fait cependant

meubler une de ses maisons, située à une extrémité de Paris très étegnée de toutes nouvelles *, mais il se flatte que sou mariage sera achève i avant V arrivée des provinciales; en conséquence il part pour Versailles et laisse à F rémont le soin de tout disposer et d'attendre les dames, qui arrivent enfin, et apprennent de ce valet que son maître vient de partir dans l'instant, selon Tordre qu'il a eu de le dire à quelque jour qu'elles dussent arriver. C'est ici que commence la pièce.

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