‹ Beaumarchais et ses œuvres: précis de sa vie et histoire de son esprit, d'après des documentsChapitre 290 sur 338 · QUE BEAUMARCHAIS N'EST PAS LE PREMIER QUI AIT DONNÉ LE TITRE DE · texte numérisé non relu

QUE BEAUMARCHAIS N'EST PAS LE PREMIER QUI AIT DONNÉ LE TITRE DE

drame a une pièce de théâtre Gudin (VII, 2-24) induit ici M. de Loménie (I, 198, i* édil.) en erreur. Beaumarchais n'est .pas le premier qui ait eu l'honneur de faire

imprimer une pièce de théâtre sous le titre de drame. Rendons à Baculard d'Arnaud ce qui lui appartient. Son Comminge parut, dès 1761, avec ce titre : c Drame en quatre actes, en vers. > — Corneille sent déjà le besoin d'un terme qui eût cette acception (Don S anche, V, 404, édit. des Grands Écrivains) ; Trévoux le propose, 1 752 ; Diderot l'emploie couramment (VII, 9, 354, 370, 415, édit. Assézat), et même il avait donné ce titre, dès 1761 , selou M. Rosenkrantz, à son c triste drame > de l'Humanité. — Cf. aussi Fréron 1767, VIII, 311. — Desfontaines paraît être un de ceux qui ont lancé le plus hardiment ce néologisme. On lit en effet dans ses Observations, t. XXV, p. 25 : c Tout spectacle sérieux ne doit jamais porter le nom de comédie. Cela posé, je demande la permission de critiquer la nouvelle pièce de M. de La Chaussée, qu'il lui plaît d'appeler comédien Mais pourquoi n'employons-nous pas, pour ces sortes de pièces qui ne sont ni tragiques, ni comiques, et qui sont néanmoins théâtrales, un mot qui est dans notre langue et que nous avons emprunté des anciens : c'est le mot de drame? Ajoutons-y une épithète qui détermine ce terme générique à une espèce particulière, nous qualifierons avec justesse toutes sortes de pièces de théâtre. Nous appelons drame héroïque ce que Corneille a appelé comédie héroïque ; et la Jdélanide de M. de La Chaussée sera intitulée drame romanesque, jusqu'à ce qu'il plaise au public d'adopter le mot nouveau que j'ose lui présenter, c'est celui de romanédie: il est assez analogue, et n'a rien qui doive blesser. > En 1773, le mot et la chose ont fait du chemin, et Mercier écrit dans son Essai sur Vart dramatique, p. 94 : c Ce mot est tiré du mol grec Apà^a, qui signifie littéralement action ; et c'est le titre le plus honorable que l'on puisse donner à une pièce de théâtre, car sans

action, point d'intérêt ni de vie Genre vrai, utile, nécessaire, et qui

aura un jour autant de partisans qu'il a de détracteurs aujourd'hui. » 11 prophétisait vrai, l'auteur de la Brouette du vinaigrier!

N° 8 (voy. p. 39).

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