‹ Beaumarchais et ses œuvres: précis de sa vie et histoire de son esprit, d'après des documentsChapitre 305 sur 338 · Voy. Histoire de Beaumarchais, par Gudin, p · texte numérisé non relu

Voy. Histoire de Beaumarchais, par Gudin, p

3. Voy. l'intimité de ses relations avec Wilkes, ci-dessus, p. 73, et dans M. Gaillard et, Mémoires sur la chevalière d y Êon, chez Dentu, pp. 353, 355 etpassim 333 — 372, d'autres preuves irréfutables de son attention à suivre les débats du Parlement, de visu, quoi que prétende d'Éon, et de la sûreté de ses informations sur toutes les faces de l'affaire.

•i. c On remédie à une sédition accidentelle, mais on ne remédie point à un

qu'il en doit résulter pour les uns et les autres ; l'importance extrême dont tous ces événements sont pour les intérêts de la France; ce que nous devons espérer ou craindre pour nos lies à sucre ; ce qui peut nous laisser la paix, ou nécessiter la guerre ; enfin je puis dire des choses si certaines et si claires, que Votre Majesté, sans autre travail qu'une lecture peu amusante, connaîtra l'Angleterre actuelle, son numéraire, ses forces maritimes, le génie de oeux qui gouvernent; de façon qu'à chaque événement politique, Votre Majesté, jetant les yeux sur mon ouvrage, puisse être au fait des motifs de chaque chose et de Vintérêt qui Va fait naître, jusqu'à ce que de nouvelles combinaisons me forcent à me procurer de nouvelles lumières,

c Votre Majesté voudra bien se décider ou pour un coup d'oeil succinct, ou pour un travail beaucoup plus étendu sur tous les objets que je viens d'annoncer.

c La seule récompense que j'oserais désirer, en donnant ces nouvelles preuves de mon zèle pour le service de mon Maître, serait que Votre Majesté daignât ne point m f abandonner au ressentiment, à la haine des ministres ou des courtisans qui feront certainement tous leurs efforts pour me perdre, s'ils apprennent jamais que quelque chose de moi soit parvenu à Votre Majesté sans passer par leur canal 1 . Je sais toute la défaveur qu'ils ont déjà cherché à répandre sur mes travaux passés, dont aucun autre homme peut-être n'eût voulu être chargé, au prix de la moitié de sa fortune, et dont toute mon attention a été d'atténuer le mérite aux yeux de Votre Majesté loin de chercher à m'en prévaloir.

c Mais rien n'éteindra mon émulation si M. de Sartine est chargé par vous, Sire, de me porter votre parole royale que mes travaux secrets seront pour vous seul, et qu'après avoir été agréés, ils n'entraîneront pas ma ruine. Alors je travaille gaiement, sous V espoir que mon âge viril ne sera pas tout à fait sans utilité pour la jeunesse de mon auguste Maître.

c Je finirais ici ce premier extrait, si un objet imprévu n'y demandait place : c'est celui du chevalier Déon.

c Pendant que je travaillais jour et nuit à Londres, cet infortuné, appre-

loulèvement général qui naît invinciblement de la nature des choses, et c'es l'état. actuel de l'Angleterre envers l'Amérique. Cette dernière double sa population en dix-neuf ans. Elle s'est ouvert des passages intérieurs avec les pais du Snd et le golphe du Mexique. Elle peut à la rigueur se passer de la métropole; y a-t-il quelque obstacle à sa séparation aujourd'hui? Elle ne sera que retardée, ce sont les éléments naturels qui l'amènent et non l'esprit de vertige et de trahison. • (Beaumarchais, Pensées inédites.)

1. Cf. Histoire de Beaumarchais, p. 116, sqq. — « Un ministre français a un grand avantage personel sur un ministre anglais par la différence du gouvernement, car il est bien plus facile au fripon audacieux de faire croire au prince qu'on peut tout oser et tout faire qu'à l'autre de persuader au peuple qu'il peut et doit tout souffrir. Maupeou renversa impunément le sisteme de la monarchie française, et la moindre faute dans lord Rochefort force le roi d'Angleterre à le sacrifier au mécontentement du peuple, ou même seulement de l'opposition, t (Beaumarchais, Pensées inédites.)

w ri/i£caor~ £ est vram ane prier d'accoler Fue, en me forçant d'étrt àa»ttsiuurf ùt faatre-

c Larana* jt Zaiealrâa tmmi une je n'avais anale mission qui eût raf- |»f.*-i & itu ù **s* vreesDeat attifé qpe je n'eusse pas été chargé de nefncK? a*** lu sax i tuant en France. Il m a iouftemps y dit-il, qmtp at-aif rrman « m* patrie^ et que le rai aurait reçu tous les papiers flttD":» rrÎÈB-J* « le tamjsaac* «V Losû fanage 1 et qui me doivent pu rscrr em A+p.fZrrre.

€ L m'n foi w>tr a* carre tpmdemce arec MM. de BraqUe * et de Trpmm rt. «2 a eamaanfe enaa aajaat pies de bernes, il m'a prié de b mettra io pieds ne M. le prince de Coati, et tTengager ce prince à le auprès de Titre lyqp.

c Tai n kaaa ixa eeruaer qae M. le prince de Coati, plein de lumières, I

de principes, et ne désirant {ne le bâta, rirai* a!aas tm éloignement pi^u isPikMçme de rcémiutstratiem, eu Votre Majesté ne l'avait point ai«fl f , et ae devrai! anranesneat sortir de son inaction; c'est ce qu'il ■fa «e .TLpwsïbàe de faire entendre à Déon, qui rit as milien d'une nation, cie* Is f * rJe ce fîmes j:>n*t de U pou haute réputation de patrioUsm et *>rv.:/, rt f «1 ranime eu point qu'il est peut-être un des hommes em *t perW de qvL q*cie* ennemie, die prit la plus grande confiance, fi ç+~im rzpsnde em Angleterre emuune Fuouneur du nom français 3 . Aassi Item 11 fil pas tanin me laisser partir sans être chargé d'un paçnrt pwor ce prince, dont il fut aatrefeis le protégé, et d'une lettrt pour Jf. le comte de Bmyfo, qui n'est qu'une prière à ce dernier de a a^aîr rîea de secret sar ses afaires pour M. le prince de Conti, etc.... »

t Je ae veax pis la remettre aaas la permission du roL » (Ext. de l'ext.)

— t Dè*a facile à ramener ea France. > (ExL de l'ext.) — « Déon est femme K > iExl de Text.) — € Ses prétention politiques. > (Ext. de l'ext.)

— c Mes réflexions a ce sujet, > (Ext. de l'ext.)

t - II $*apt du fameux projet de descente ea Angleterre, ourdi par Louis XV, à tt»<* 4e se* minutre*. Beau mare bais en était instruit, et voici une réflexion qui le prxtuv*, tout ea prophétisant f issue de raflai re : c S'il est vrai que le **r* de Oucv avait pour adage favori, ea parlant au roi Charles Y, que le* Ab>:ai$ ne *om jamais si faibles ni si aisés à vaincre que due eux, il en faut exclure que , depuis Couey jusqu'à nous, la France s'est toujours absurdement, 10e; ictueut conduite envers eetle nation dans tous ses différées et qu'un profit é eel e>vrW ne fournit pedker ou* pour être mal concerté et non mal comç*- ' ^Beaumarchais. Prnsêes inédites.)

t» Y*v. |n f rx*jet de destrnte en Angleterre ums Louis XV : U chevelter dh\ms par M. le due de Broglie, Aernedes Deux Mondes, 1« octobre 1878, el« SeiY*l du rxii, Galmano-Lévv, 1878.

3. On voit que Beaumarchais, tout en mêlant la politique à ses missions

secrètes, o\>ublie pas Tamitié.

4. CVst ropiuiou officielle ; nous avons vu ci-dessus (p. 68) que Beaumarchais eu « uue autre.

c Quoiqu'on ne doive pas accorder une grande croyance à

tout ce qui s'imprime dans les papiers anglais, il y a dans celte nation une si grande curiosité pour tout ce qui touche la France, que la moindre annonce venant de Paris y fait toujours la plus vive sensation. La dernière promotion des maréchaux de France m % a paru y avoir excité un mécontentement qui s'est exhalé très-hautement dans les papiers publics l . J'en ai fait traduire un entre autres que j'ai montré à M. de

Sartine. >

t On peut les tourner à l'avantage de la France. > (Ext. de

l'ext.) — c Je m'en expliquerai dans un autre extrait : celui-ci n'est déjà que trop long. Mon but est d'instruire et non 4'ennuyer Votre Majesté. >

(Ext. de l'ext.)

c Je suis arrivé à Paris, le 23 avril, après une traversée de

24 heures, de Douvres à Boulogne. »

c Caron de Beaumarchais, ce 27 avril 1775. >

Voici enûn une lettre du 5 août 1775, à Vergennes, qui note une phase curieuse de ces négociations : c Monsieur le Comte, j'ai cru qu'il était de mon devoir d'extraire tout ce que j'ai fait et dit de relatif au chevalier Déon tant en Angleterre que dans votre cabinet, pour être mis sous les

yeux du roi

Ce tableau plus élémentaire (!) et moins sec que le commun des discussions politiques étant propre au Roi seul (1) j'ai pensé qu'il était plus respectueux à moi de le lui offrir sous cachet, et j'ose espérer de votre bonté que vous voudrez bien le remettre à Sa Majesté vous-même. Ma reconnaissance égalera le très-profond respect avec lequel je suis, Monsieur le Comte, votre très-humble et très-obéissant serviteur. Caron de Beaumarchais. »

N° 20 (voy. p. 70).

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