M. BeLtelbeim, p. 213, sqq
4. Nous voyons Duverney, dans une lettre inédite, refuser l'ad mission par faveur, à l'École militaire, d'un protégé de Mesdames dont Beaumarchais a transmis la requête. Turcaret n'aurait pas eu de ces scrupules, lui qui avait fait de Flamand un capitaine concierge de la porte de Guibray.
5. Voy. Adrien de la Hante, Une famille de finance au dix-huitième siècle, IV, n, et surtout Duclos. « La finance n'est pas du tout aujourd'hui ce qu'elle était autrefois. Le préjugé n'est plus le même à l'égard des financiers. On en fait encore des plaisanteries d'habitude.... La finance est absolument nécessaire dans un État, et c'est une profession dont la dignité ou la bassesse dépend uniquement de la façon dont elle est exercée, etc. » Confession du comte de ***, p. 98, sqq. édit., Jannet.
tî. Voy. Mémoires secrets, 3 février 1770.
7. Voy. Beaumarchais et son temps, I, 510, sur une reprise des Deux Amis.
des Deux Amis se le tint pour dit, il écarta Diderot pour aller à Molière. Nous allons voir ce qu'il gagnait au change.
« Son génie était celui de la gatté * », nous dit Laharpe, juste en ce point, mais qui se trompe en ajoutant : t le succès de ses Mémoires l'en avisa, et c'est la première fois que le génie d'un plaideur annonça celui d'un comique » .
Pour que c la remarque subsiste, comme dit Yaugelas », renversons-en les termes. Nous savons aujourd'hui que la première comédie de Beaumarchais était terminée, approuvée, et, quelques traits exceptés 8 , aussi gaie qu'elle le fut dans le texte définitif, six mois avant l' apparition du premier Mémoire contre Goezman 3 . 11 faut donc rapporter l'éveil du génie comique de Beaumarchais à une autre cause qu'à son procès. Elle est, comme nous le montrerons en détail *, dans le succès de ses parades qui divertissaient périodiquement les invités de H. Lenormand d'Étiolés. Le Barbier de Séville n'est rien moins, en effet, que la dernière transformation d'une parade que notre auteur avait fait applaudir jadis à Etioles. Il l'offrit ensuite aux Italiens, sous la forme d'un opéra-comique dont nous avons retrouvé deux fragments, les seuls qui restent. Les héritiers de Dominique l'ayant refusée, il eut l'art de la faire accepter par ceux de Molière.
Telle est, en résumé, l'histoire ab ovo de l'avènement de Figaro sur la scène française. On le voit, sa destinée fut aussi bizarre que celle de son auteur.
C'est ainsi qu'aiguillonné par la critique et par l'insuccès, obéissant à l'influence secrète de son génie comique, Beaumarchais, suivant sa propre expression, c revient à son vrai caractère ». Il mesure alors d'un regard avide la carrière où il va courir à la
1. Voy. Laharpe, t. XI, p. 596, Lycée, édit. Didot en 16 volumes.