‹ Beaumarchais et ses œuvres: précis de sa vie et histoire de son esprit, d'après des documentsChapitre 56 sur 338 · Êdit. Fournior · texte numérisé non relu

Êdit. Fournior

2. Voy. le pamphlet cité ci-dessus : Histoire d'un p.... français, etc, p. Cl.

i. Encore une circonstance où Beaumarchais eut le tort d'avoir trop lu Gil Blas, et surtout les derniers chapitres. Quel diplomate, de son temps du moins, lui eût jeté la pierre? — Voy. M.BetlcIheim, p. 73. Quel réquisitoire! Ne déclamons pas, pesons tout. — Voy. Appendice, n° l!l. Mémoire du 27 avril 1775 et Beaumarchais et son temps, I, i28, sqq.

5. Gudin en donne quelques extraits, Histoire de Beaumarchais, p. iGf», sqq.

r». Beaumarchais et son temps, II, 92.

costume de femme un ex-capitaine de dragons, pour imposer au roi, par correspondance, des considérations politiques sur la nécessité d'intervenir dans le différend qui s'est élevé entre l'Angleterre et ses colonies, quelle bouffonnerie de haut goût! et elle est historique * !

En vain Louis XVI se dérobe aux questions directes, et ne parle que de d'Éon, son interlocuteur devient familier 2 , et, fort des confidences de ses amis Wilkes 3 et le lord Rochford, il détaille ses pronostics sur une révolution anglaise à venir 4 et ses projets d'une alliance entre les Américains et Ayder H al y-Khan, « le roi des iles de la mer des Indes », en attendant celle du roi de France 5 . Se peut-il rien voir de plus plaisant que ce monarque débonnaire, se défendant par le silence, tandis que l'auteur du Barbier de Séville le presse de ses interrogations et s'échappe en incroyables sorties? Avec quelle irrévérence Figaro parle déjà d'Almaviva ambassadeur : « Et la crise une fois passée le plus futile et le plus fastueux de nos grands seigneurs pourrait être envoyé sans risque en ambassade à Londres 6 ». Après avoir adressé cette saillie au roi et à son ministre, en dépit de la gravité diplomatique, Beaumarchais aura bien un peu le droit d'écrire un jour à la Commune de Paris : « Portant partout le dégoût d'avoir vu de trop près la politique de nos cours, j'en ai donné certain portrait qu'on trouvait assez ressemblant 7 ».

Dans cette intrigue en partie double, la victoire devait rester au plus entêté; on sait trop que ce n'était pas le roi. Beaumarchais, d'ailleurs, revint maintes fois à la charge dans le courant de l'année 1775, avec une fécondité d'arguments inépuisable et une

1. Voy. Appendice, n° li), et Beaumarchais et son temps, 1,428, sqq.

2. Voy. Beaumarchais et son temps, II, 102 : « Admettons toutes les hypothèses et raisonnons », dit Beaumarchais à Louis XVI.

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