M. Bettelheim, p
du c bien malin » à la « veuve du secret de Louis XV », comme elle s'intitule : « Mon pauvre chevalier, ou tout ce qifil vous plaira d'être avec moi..., Londres, 31 décembre 1775 ». Le billel se termine par ces mots : « Je compte aujourd'hui aller manger le chapon avec vous ». Ce document avait échappé à M. de Loménie: c'est pourquoi il a partagé sur ce point délicat l'erreur de M. Gaillardet et de M. le duc de Broglie.
Quoi qu'il en soit, cette fois enfin Beaumarchais trouve le joint, se baisse et se redresse, et de «jockey diplomatique » ne demandant que « du pain pour vivre et des chevaux pour courir l », il se transforme en « petit ministre 2 » soufflant les grands et recevant des millions pour équiper des flottes. L'évolution 3 est curieuse, elle explique, aussi bien que certain Mémoire sur l'Espagne*, pourquoi Figaro confondra la politique et l'intrigue. Dans la minute autographe d'un Mémoire au roi, en grande partie inédit 5 , daté du 27 avril 1775, et antérieur, par conséquent, de cinq mois au premier de ceux que cite M. de Loménie , nous voyons Beaumarchais amorcer l'affaire d'Amérique. L'opinion du roi de France et de ses ministres sur le héros du Lichtenholtz est si différente de celle de sa belle-mère et du chancelier Kaunitz, qu'on l'a chargé officiellement d'une nouvelle chasse aux libelles; il fera coup double et même triple. Il adresse, en effet, simultanément au roi sa « découverte d'un journal secret et scandaleux », avec le moyen de détruire « ce nid de vipères » ; le résultat de ses c recherches politiques » sur le conflit anglo-américain et sur l'état de l'opinion en Angleterre ; et enfin les offres de d'Éon, « cet infortuné », qui est « venu le trouver » et a vivement exprimé « ses regrets qu'il n'eût point de fission ». Il faut donc lui en donner une et l'intrigue est nouée. Comme il la file!
Profiter d'une négociation dont le but officiel est de revêtir d'un