Voy. M. Welschinger, p. 195, op. cit
2. Cette variante révolutionnaire, que nous trouvons sur une feuille volante, n'est pas de la main de Beaumarchais Voy. Appendice, n° 27.
3. Ces réserves faites, nous croyons que la boutade suivante de M. Alexandre Dumas, dans le Gaulois du 1 er juillet 1809, renferme en somme plus de vérité que tous les distinguos : « Enfin , si Beaumarchais, en jetant Le Mariage de Figaro au nez de son époque, n'a pas aidé au mouvement des idées et des faits extérieurs au théâtre, s'il n'a pas été révolutionnairc-émcuticr comme un journaliste ou un tribun, comme Camille Desmoulins ou Mirabeau, je ne sais pas ce que je dis. »
4. Voy. la lettre de Louvois et la réponse de Chainpcenelz, Correspondance littéraire. XV. 5 sqq., éd., Tourneux, mars 1787. — Signées d'abord L***, elles avaient été attribuées successivement à Létorière, « le type du roué » suivant les Mémoires secrets, à Langcac, puis Lauraguais qui se serait reconnu parmi les victimes de Figaro, selon les Mémoires secrets, 23 juin 1787.
5. \oy. Correspondance littéraire' de Grimin, etc., février 1785, XIV, édit. Tourneux; Mémoires secrets et Métra, passim, méuw année.
n BEAUMARCHAIS : PARTIE HISTORIQUE
et de lettres anonymes que les défenses de Figaro avaient déchatnée : l'aigre censure que Suard f lança en pleine solennité académique contre la nouvelle pièce et son auteur et que redressa si Gnement, séance tenante, un royal auditeur 5 , fit rentrer en lice le père de Figaro.
Il tailla encore sa plume, celle-là même qui avait écrit les Mémoires, et décocha à ses adversaires la préface du Mariage 3 . Malgré ses audaces aggravantes, elle est bien Tune des plus éloquentes, des plus spirituelles défenses qu'ait jamais rédigées notre infatigable plaideur. C'est merveille de l'y voir s'effbrçant de séparer sa cause de celle des sots, des tartufes et des peureux; dissertant sur la c métaphysique de l'honnêteté des scènes »; enrôlant dans son parti toutes les victimes des Almavivas, et moutrant enfin que ceux qui censuraient sa pièce étaient indignes de goûter Molière. Le tout était tourné de manière à élargir les plaies déjà faites, en affectant de les panser *.
Mais l'adversaire ne désarme pas ; la mêlée s'échauffe et les coups s'égarent 5 . Notre auteur a visé trop haut ; une plaisanterie d'un goût douteux, d'une malignité certaine, atteint un illustre ami d'Horace 6 qui ne l'était pas de Beaumarchais et le disait ou le faisait dire dans le Journal de Paris.
1. Yoy. G ri ni m, 5 juin 1784 cl Mémoires secrets, 15 juin 1784, XIII, 537, sqq,
2. Le comte de llaga, prince royal de Suède. Yoy. Beaumarchais et sou temps, II, 360, et Mémoires secrets, 9 juin et 11 juillet 1784.
3. Il est vrai que la prérace ne parut qu'au commencement d'avril 1785, c'est-à-dire un mois après l'internement à Saint-Lazare (Métra, 7 avril 1785); mais Beaumarchais en avait fait des lectures dès décembre 1784, et Suard y avait répliqué dès février 1785. Voy. ibid., 10 fév. 1785, et Correspondance littéraire, fév. 1785. Métra la désigne même comme une des causes formelles de la détention de Beaumarchais (5 avril 1785).
4. Voy. Métra, 7 avril 1785, et les ripostes enragées de Corsas dans VAne promeneur, op. cit., et surtout dans la Suite de ta queue du sermon de Jocrisse, ibid., p. 272.
5. Voy. Correspondance littéraire, mars 1785, et Mémoires secrets, mars 1785, passim.
6. Voy. en date du 6 mars 1785, la réplique de Beaumarchais au Journal de Paris et à Suard, « frère chapeau » de Monsieur, et aussi le Cantique spirituel (Mémoires secrets, février 1785), qui ne fut pas étranger sans doute à la mesure de rigueur dont Meistcr dit, avec autant de bon sens que d'acre té, en parodiant un mot de d'Alembert sur Lally : c Tout le monde avait le droit de faire Pépigramme la plus cruelle contre le sieur de Beaumarchais, excepté le gouvernement. » — Voy. dans Gudin, Histoire de Beaumarchais, p. 425, le mélancolique épilogue de • la plus grande injustice qui se fût commise sous le règne de Louis XVI », au dire de Gudin.