LE BÀBBIKR DE SÊV1LLE; LE MARIAGE DE FIGARO
Quelle péripétie alors ! L'auteur du Mariage de Figaro jeté à Saint-Lazare comme un des Grieux ! Et cet ordre d'écrou, aussi burlesque que violent, rédigé ab irato par le roi au jeu sur un sept de pique 4 ! C'était une belle occasion pour celui qui en était l'objet de répéter son mot sur les « lettres de cachet sans cachet 2 » et de philosopher une fois de plus sur « son amphigouri de destinée 3 >. On laissait impunies les hardiesses révolutionnaires de Figaro, et un léger écart de plume dans une polémique de presse était châtié d'un emprisonnement infamant !
Mais quelle drôlerie aussi ! Comment se tenir d'en rire avant de s'en indigner ? Ainsi fit-on dans tout Paris 4 .
On n'alla pas pourtant jusqu'à briser, à l'exemple de Londres, les portes de la prison du « Wilkes français 5 * ; elles se rouvrirent d'elles-mêmes. Hais il refusait sa liberté, il fallut lé pousser d'autorité hors de la maison de correction, comme on l'y avait écroué. Dies nigro signanda lapide ! Il venait d'entrer, en passant par Saint-Lazare, dans la troisième phase de sa vie et de son talent, celle de l'impopularité et du déclin, mais non de la décadence.
1. A rapprocher de ce sept de pique historique un six de pique au dos duquel Beaumarchais a écrit le renseignement suivant, reçu sans doute au jeu : a L'abbé Terrasson, chez M. le marquis de Louvois, rue du Mail. Il arrive samedi. // donnera des anecdotes brillantes sur M. Goësman. » Le renseignement était d'abord écrit au crayon par une main étrangère (Terrasson clie* Louvois, rue du Mail).
2. Voy. édit. Gudin, IV, 283; édit. Fournicr, 402; Réponse ingénue, etc.. et M. de Loménic, 1, 278, qui renvoie par erreur aux Mémoires contre Goezman.