Édit. Foumier
4. c Si j'avais, disait Rameau à l'abbé Arnaud, trente ans de moins, j'irais en Italie. Pergolèse deviendrait mon modèle, et j'assujettirais mon harmonie à ceUe vérité de déclamation qui doit être le seul guide des musiciens. •
lOt BEAUMARCHAIS : PARTIE HISTORIQUE.
assez connu pour que, sur quelques propos échangés à l'Opéra sur l'opéra, l'auteur à'Alceste l'ait salué par ces mots : c Vous êtes sûrement M. de Beaumarchais 1 . >
Et maintenant que penser du double reproche qu'on lui a fait 1 de n'avoir pas assez loué Pergolèse, Monsigny, Philidor, et surtout d'avoir blasphémé les Noces de Figaro de Mozart? Il est facile d'y répondre.
Puisqu'il était un ramiste ardent, puis un gluckiste notoire, et qu'enfin il se mettait hors de page en prônant lui-même un système d'opéra calqué sur celui de ces deux maîtres et qu'il disait sien pour l'avoir pensé après eux, peut-on lui demander de faire l'éloge de leurs adversaires communs? et enfin s'il n'a pas assez loué la musique des Noces de Figaro , c'est qu'il l'a fort mal entendue, puisque en 1793 il était sourd ou à peu près 3 .
On sait l'histoire de la. collaboration avec Salieri, des tournées préparatoires *, des incidents, des répétitions, des transes de l'auteur, du succès de curiosité qu'obtint l'opéra le 8 juin 1787, et qui se maintint malgré toutes les épigrammes et toutes les parodies 5 , et enfin des métamorphoses de son dénouement auquel on fera porter les cocardes de tous les régimes ; mais ce qu'on sait moins, ce sont les démêlés de l'auteur avec la censure pour être joué, et ensuite ceux avec le ministre pour ne l'être pas.
Voici d'abord la lettre inédite du censeur :
À monsieur de Beaumarchais, en son hôtel, Vieille rue du Temple, à Paris.
Je viens, monsieur, de parapher et de signer votre opéra pour la seconde fois, mais, je l'avouerai, d'une main un peu tremblante, pour