Histoire de Beaumarchais, édit. Tourne ux, p
4. « Et pourquoi ne dirions-nous pas le mot?... d'un bâtard de Voltaire. > M. de Lcscure, Discours sur Beaumarchais, p. 16.
5. M. D. Nisard, Histoire de la littérature française, IV, p. 251 (10* édit.).
fut € sanglant, quelque belle qu'ait été la tragédie en tout le reste ».
Grâce à sa correspondance et à ses Mémoires, nous pouvons suivre notre héros pas à pas dans chacune de ces crises. Résumonsles.
Aux premiers jours de la Révolution, Beaumarchais monte la garde, et, avec un admirable sang-froid, il se dirige sur les « pelotons » d'ouvriers et écoute partir les mots d'ordre terribles des journées révolutionnaires. Il se sait désigné 1 pour troisième victime c lorsqu'on pille les maisons d'Henriot et de Réveillon», gardées pourtant par « quatre cents baïonnettes», et il reste. Le jour où l'on prend la Bastille sous les yeux de Suzanne accoudée à la terrasse de sa maison que vont envahir deux mille hommes *, il continue, rue Vieille-du-Temple, à travailler avec les membres délégués du district des Blancs-Manteaux à la collecte de la capitation. *
Cette « froide résignation 3 » maîtrise la foule ; le flot du faubourg cesse de gronder autour de cette maison qu'on lui ouvrait toute grande et dont il avait pris le luxe pour une bravade.
Mais « la clique Kornman » guettait Beaumarchais ; il lui offrit l'occasion de livrer l'assaut.
« Je briguerai l'honneur d'être un de vos notables », écrivait-il à Calonne en 1787. Deux ans plus tard, laissant Bergasse aller droit à la Constituante, il crut sage de se contenter des honneurs municipaux. Député du district de Sainte-Marguerite 4 , membre de la Commune provisoire de Paris, il se proposait d'entamer le € grand travail municipal », quand «c la clique Kornman » vint lui disputer son mandat, répandant une liste de griefs tels, que si le moindre d'entre eux se fût accrédité, Beaumarchais était perdu. 11 marche droit à ses adversaires, en homme qui sait pousser une explication à la pointe de l'épée 5 ; on se dérobe, il saisit sa