COUPLET
iDans son ardeur inquiète, Mille fois elle appela; Mais 1 écho, qui tout répète, Ne redit que ces mots-là :
Vite et fort. I ^"^ **^^* *** ^^ ^ landerirette, ' Que bigre est çàt landerira.
Grave et doux.
8* OOTTLIT.
Le berger entend sa plainte, n accourt entre ses bras :
c Ta douleur s'est peu conb'ainte»
c Car j'entendais de là-bas :
Vite et fort, j * ^"^ ^^^^ "' ^^' landerirette, * « Qui bigre est çà? landerira. >
sa Tieillesse et sa pauvreté ne rexemptent point de ce genre de désagréments : on s'obstine à le supposer riche. Tandis que sa maison et ses meubles sont saisis par ses créanciers^ il est souvent obligé de fermer rigoureusement sa porte aux quémandeurs très-multipiiés qui l'assiègent encore, et il reçoit d'étranges billets dans le genre de celui-ci :
« Ce 9 fructidor an y (96 août 1797).
a Monsieur,
« Je ne puis me dispenser de vous témoigner ma surprise de rimpudence d'un homme de voire extraction qui se permet de laisser chez un portier un militaire en grade, et qui lui fait réponce verbale par Porgane d'un domestique. Vous ne répondrez pas; vous faindrez n'avoir pas reçu la présente, je m'y attends.
a Néansmoins je n'oublie jammais un outrage, et je suis offencé de votre façon de recevoir des personnes honnêtes. Satis. cf C. Dubois Dunilac,
< Commissaire des guerres, rue Trayersière-Saint-Honoré, no 77. >
Singulière façon, s'écrie le vieux Beaumarchais, de faire demander aux portes 1 II aurait pu certainement s'abstenir de répondre; mais comme il lui semblait un peu fort de se voir en pleine république reprocher son exlracUon par un mendiant en ac se disant commissaire des guerres , il ne résiste pas au désir d'écrire deux mots à ce prétendu gentilhomme. Voici sa réponse :
c Paris, ce 10 fructidor an ▼ (97 ao&t 1797).
a Le ton peu décent de votre lettre, Citoyen ou Monsieur, comme vous l'aimez mieux, devrait sans doute me dispenser d'y répondre, ainsi que vous le présumez; mais si je ne vous dois rien, je me dois à moi-même de repousser l'insulte d'un
homme peu délicat. J'ai donné Tordre exprès cbei moi de ne laisser entrer que des personnes connues, pour échapper i toutes les ruses dont mille escrocs, peut-être pis^ se servent dans ces temps fâcheux pour s'introduire dans les maisons. Cette mesure de sûreté générale n'a rien d'offensant pour YouSy que je ne connais pas.
« Vous avez donc, Monsieur^ une extraeUon dont voua pensez pouvoir vous faire un titre pour blesser sur la leur les citoyens paisibles à qui vous écrivez? Je croyais toutes ces misères bien enterrées avec l'ancien régime; mais je vois que j'avais raison lorsque j'ai fait dire au théâtre comme un adage de tous les temps : La soUin et la vanité «iM cempagnes inié' parables.
c Quand on a l'honneur^ croyez-moi, d'être employé sans nul danger dans les braves armées de la république^ on peut avoir quelque fierté de bien exercer son emploi ; mais cette triste vanité d'une extraction gentilhommière n'est qu'une puérilité indigne d'un homme sensé, dans voire état comme en tout autre.
« Recevez mes salutations en réponse à vos invectives. Je ne suis point fâché du tout. Vos parents ne m'ont point chargé du soin de votre éducation. Peut-être êtes-vous jeune encore, et moi j'ai soixante-cinq ans: que peut-il y avoir de commun entre nous, sinon cette leçon qui vaut bien un fromage sans doute, comme a dit le bon La Fontaine? Et moi je vous l'offre gratisy ce qui répond au mot satis par lequel finit votre épître : un peu de latin ne nuit pas, quand on n'écrit que pour briller. « Caron Reaumauchais.
< Citoyen français. >
On ne ec douterait guère de quel travail Tautcur du Mariage de Figaro, assiégé par les huissiers, s occupait dans les derniers jours de ea vie. On pourrait le donner à deviner en mille. Il rédigeait un mémoire au directoire sur l'assassinat des plénipotentiaires français coin-
mis par des hussards autrichiens, le 28 avril 1799, près de Rastadt, et dont la nouvelle, qui venait d'arriver par le télégraphe, excitait en France une explosion de surprise et d'horreur. Le mémoire de Beaumarchais commence ainsi: