DE PERGAME
Télèphb , fils d'Hercule et d'Augé^ exposé sur les flots lors de sa naissance et sauvé par Teuthras , roi de Mysie , passe pour avoir été le fondateur de Fergame. Euripyle , fils de -Télèphe, combattit et tua devant Troie Pénélée^ successeur de Thersandre dans le commandement des Béotiens , et fut ensuite honoré comme un héros. Peu de temps après, Pergamus, fils de Pyrrhus et d'Andromaque, arriva dans la Teuthraîne avec une nouvelle troupe de Grecs, vainquit Arius, dernier roi de ce pays , et fixa son séjour dans la ville à laquelle quelques écrivains disent qu'il donna son nom* D'autres contestent le fait. Quoi qu'il en soit, le nom de Pergama appartenait dans l'antiquité à toutes les citadelles bâties sur des montagnes. Vers la même époque , Esculape vint d'Epidaure dans ces contrées avec une nouvelle colonie , et s'illustra par ses talens en médecine.
Pergame, ainsi que les autres villes de l'A-
i66 sie mineure , se gouverna long-temps par ses propres lois; elle tomba ensuite sous le pouvoir des rois de Lydie , des rois de Perse ,, e^ d'Alexandre. Après la mort de ce conquérant, Pergame subit le joug d'Antigone, et enfin celui de Lysimaque, qui déposa ses trésors dans la citadelle de cette ville et en confia la garde à leunuque Philetserus , qui, effrayé des périls dont le menaçait la tyrannie de son maître, employa les trésors confiés à sa garde à s'assurer l'appui des puissances voisines , et suscita contre Lysimaque , Séleucus , roi de Syrie, qui le tua près de Sardes , dans, une bataille.
Séleucus périt six mois après par la trahison 4e Ptolémée Ceraunus. Philetaerus, libre alors de s'abandonner à ses projets ambitieux , feignit une vive douleur de la perte de Séleucus, 11 racheta son corps , le fit brûler avec pompe et envoya ses cendres à Antiochus Soter, fils et successeur de Séleucus-, le jeune roi, touché ^des honneurs rendus à la mémoire de son père , laissa leunuque en possession de Pergame ; et le roi de Syrie auquel il montra toujours de la déférence , imita l'exemple d' Antiochus Scier. Eumène , neveu de Philetaerus et son successeur, ayifLnt par une adroite politique rangé sous ses lois les villes de l^olide , An-
tiochus , qui • commençait à craindre sa puissance , se rappela que Philelœrus s'était autrefois engagé à livter- Pergame à Séleucus , et prit les armes contre Eumène ; mais il fut défait, et ne survécut que quelques mois à ce malheur*
Euméne laissa le sceptre au fils du second frère de Philetserds ^ qui régna sous le nom d'Attale P'. Les bienfaits que ce prince se plaisait à répandre sans cesse sur les peuples , ses actions nobles et généreuses envers ses alliés, ses triomphes contre les ennemis de son pays , et mente ses revers, qui ne servirent qu'à signaler les grandes ressources de son génie , Totit placé au rang des princes les plus illustres.
Les Gaulois , regardés, comme invincibles , maîtres des villes de l'Hellespont , répandus dans toute la Mysie , faisaient trembler TAsie mineure, et rendaient tous les états leurs tributaires. Attale , à peine encore investi du pouvoir, osa seulfefuser à ce prix leur amitié, et brava leur vengeance. Vainqueur de ces guerriers intrépides , il se contenta de leur défendre le pillage de ces belles contrées , et de les retenir dans les limites qu il leur assigna ; il les appela ensuite sous ses drapeaux pour conquérir sur le roi de Syrie les provinces en-deçà du. mont Taurus. Contraint
i68 plus tard k les évacuer, il prît Cyme , Smyttie , Phooée, Lemnos, Olcos et G)loplion, Âchseus, qui s'était rendu indépendant des Séleucides y ayant attaqué Attale , ce prince se réconcilia avec Antiochus pour détruire un rebelle. Le succès couronna ses efforts; mais un adversaire plus redoutable , Philippe , avant-dernier roi de Macédoine, s'empare des places les plus importantes d» la Thrace , et menace le royaume de Pergame. Attale encourage et secourt les Êtoliens , situés près des états de son ennemi, et forme une triple alliance avec eux et les Romains. Il contraint bientôt Philippe à se tenir sur la défensive *, ensuite il achète l'île d'Egine , dont le port devient un asile et un point d'appui pour les forces navales des peuples voisins. Ame et soutien de la coalition formée contre Philippe , Attale le combat sur mer , le repousse du continent de l'Asie, où ce prince avait débarqué une armée , et détermine la république d'Athènes à se joindre aux peuples déjà confédérés pour. repousser le roi de Macédoine et pour déjouer ses projets ambitieux. Le roi de Pergame réunit sa flotte à celle des Romains , acquiert plusieurs lies de la mer Egée, prête à ses alliés un appui véritable , se fait admirer par sa justice , chérir par ses largesses , et double sa
^gloire en consacrant ses biens et sa puissance au bonheur des peuples. Il formait rkéroïque dessein de rendrç à Ja Grèce son ancienne liberté^ (paand la mort vint terminer sa carxîère. Ce pânce aTait régné 44 ^^^s. Sa famille^ ses sujets et ses alliés le regrettèrent également. Les grands intérêts qu'il eut à ménager , les guerres qu'il [soutint , et des voyages continuels ne détournèrent point Àttale de son goût pour les sciences. 11 les protégea constamment , et les cultiva lui-même ; il composa plusieurs ouvrages, un entre autres sur l'histoire naturelle^ et jeta les premiers fondemens de la bibliothèque célèbre que ses successeurs augmentèrent.
Ce prince illustre par ses vertus , par son caractère et par ses succès, aimait autant les arts qu^ les sciences , ex ne cessa de les encourager. Il fit élever à TraUes un palais somptueux, qu'il orna des ouvrages les plus rares. Pline rapporte qu'Attale paya cent talens un tableau du peintre Aristide.
Les arts de bixe avaient fait alors de grands progrès en Asie : déjà Ton y fabriquait ces jiche;5 tapis , ces étojQTes précieuse» que nos ouvriers les plus habiles n'imitent pas toujours parfaitement. Attale encouragea ces efforts ii'une industrie née dans l'Inde, et que le comi^ 8
merce întériear avait apportée jasqoe sur les côtes de la mer Egée; il ajouta aux produits de 'ces manufactures un nouveau degré de richesse , et les présens qu'il fit aux Grecs et aux Romains en répandirent le goût parmi ces peuples. Sous Theureuse administration d'Altale, ses états s'élevèrent au plus haut point de prospérité. Son souvenir se perpétua long-temps , et les poètes grecs et romains se plurent à le célébrer.
Eumène II, un des quatre fils que ce prince eut d'ÀpoUonias , lui ayant succédé , s'unit aux Romains contre Antiochus-le-Grand. Sa politique Fégara. Après la bataille de Magnésie, où ce prince fit des actions d'une rare valeur, le sénat le reçût à Rome avec des honneurs extraordinaires , et joignit au ^oyau* me de Pergame toutes les contrées de l'Asie mineure' en deçà du mont Taurus, à l'exception de la Carie et de la Lycie, Ce royaume comprit alors la Mysie; la Lydie, la Phrygie et la Lycaonie. Mais bientôt les intrigues dé Prusias perdirent Eumène datis l'esprit de ses orgueilleux aHiés, et il se vit interdire l'entrée de Rome , où il venait pour repousser les accusations dirigées contre lui,
Eumène II accrut tellement la bibliothèque de Pergame , qu'il en fut regardé comme le
véritable fondateur. Elle contenait deux cent mille yol];[mes y lorsque Marc-Antoine en fit présent à Qéopàtpe. ^Quelques historiens rapportent que le roi d*Egypte, voulant jouir seul de ce genre de gloire, défendit de laisser sortir le papyrus de ses états ; mats qu'Eum^ne réussit il découvrir des feuilles plus durables, qu'il employa avec succès et dont, après deux mille ans , le nom atteste que le mérite d'une invention si utile est dû à Pergame, U existe encore dans ce pays des manufactures de parchemin. Polybe dit qu'Eumène U m fut inférieur à aucun des souverains de son aiècle dans les choses ordinaires, et qu'il les surpassa tous dans les grandes.
Attale II , surnommé Philadelphe y régna «près Eumène , qui l'avait désigné pour s(m successeur, quoiqu'il laissât un fils en bas âge. Attale ne se regarda que. comme le tuteut de son neveu , et sut déjouer la haine de Prusias, l'ambition de Démétrius , ^t la politique des Romains qni comncMnçaient à craindre qu'un roi de Pergame ne devint trop puissant en Asie* Attale U, vainqueur des efforts de Démétrius , rétablit Ariarathe dans le royaume de Gappadoce , contraignit Prusias , qui campait aux portes de Pergame et qui avait déjà pillé le temple d'Esculape , à subir une paix
dictée par les Romains , fonifia le parti de ïficoméde contre Prusias , et affermit ainsi la couronne que sa vertu et sa tendresse conservaient à son neveu.
Le bruit courut qu'Altale lll, avait avancé par le poison la mort de son oncle, et la conduite qu'il tint semble justifier l'accusation. Exerçant des cruautés borribles , ses soupçons continuels étaient toujours suivis de la peine capitale pour ceux qui les avaient innocemment éveillés, 11 sacrifia ses plus proches pa-rens, les amis de son père et ceux de son oncle. Attale ne dédaignait aucune injure, aucune victime; il fit mettre en croix un gram* mairien, parce qu'il avait composé une épigramme contre philetfœrus, mort depuis plus d'un siècle. Ces vers rappelaient que le premier roi de Pergame était fils d'une danseuse.
Justin dit qu' Attale III se livra à l'étude de la botanique afin d'en obtenir des poisons mortels; Columelle et Varron nous apprennent qu'il composa des livres sur le jardinage j Celse et Galien ,. qu'il étudia la médecine ; ils ajoutent qu'on lui doit quelques découvertes dans cette science. Il paraît que vers la fin de ses jours le souvenir de ses crimes aliéna sa raison; il se renferma dans son palais, ne voulut plus entendre parler des affaires publiques et se
livra sans relâche à la culture des arts. Il construisit de ses propres mains un mausolée pour sa mère , et il s'occîupait de fahre couler les figures de bronze dont il se proposait de l'orner ^ quand il fut atteint d'une maladie mortelle ; il écrivit alors ce testament si célèbre que les armes des Romains consacrèrent*
Aristonicus, fils naturel d'Eumène 11^ dis-* puta néanmoins avec vaillance le royanme de ses pères, et il reniporta une victoire éclatante sur le consul Licinius Crassus; mais le prince abandonné par ses alliés, vaincu et faitprison«> nier, servit d'ornement au triomphe du consul Aquilus , et fut égorgé à Rome dans sa prison.
« Ainsi finit, fait observer un voyageur ce* lèbre , cent vingt-six âms avant l'ère chrétienne, avec le dernier des Attalides, le royaume de Pergame qui avait subsisté cent cinquante-trois ans avec gloire , et qui présente le phénomène singulier^ et peut-être unique, d'une suite de rois qui tous, si Ton en excepte Attale III, se distinguèrent par d£S talens, des vertus guerrières et politiques, etl'amoiu: éclairé des sciences et des arts. »
Le gouvernement de Pergame, réduit en province romaine sous le nom de province d'Asie , fut confié à des proconsuls. Cette ville, la plus florissante alors de l'Asie , obtint quel-
qoès formes démocratiques. Elle eut ses magistrats civils et sacrés, connus sous le nom de Prytanes.
La grandeur de Tenceinte de Pergame, sa citadelle , le palais de ses rois , là beauté de ses nombreux édifices, la solennité de se$ jeux, ses temples, sa superbe bibliothèque, son commerce de tapisseries et de parcbemins lui avaient acquis beaucoup de célébrité.
Les habitans de Pergame donnaient un grand éclat à temrs fêtes religieuses , et les ministres du culte y étaient extrêmement révérés. Ils honoraient Jupiter -Nicéphore, Apollon, Minerve, et principalement Esculape. Hs décernèrent dans la suite les honneurs divins à des empereurs, et dédièrent un temple superbe à Auguste et à la ville de Rome. Us en érigèrent aussi un à Thonneurde Trajan; maiç il avait moins de magnificence»
Le plus beau des temples de Pergame était celui d'Esculape.
La province d'Asie qui avait Pergame pour ville principale, commença à être démembrée et divisé^ sous Dioclétien. Les Sarrasins s'emparèrent de Pergame en 7 1 8 ; et les Turcs, sous la conduite d'Orcan, en i336.
Débris conservés à Pçrgame,
Pergame a quelque ressemblance avec Athènes par sa situation. Dans ces deux villes /une citadelle construite sur une hauteur, et couronnée par un temple de Minerve, domine la plaine, enrichie ^t monuiQens. Une petite rivière fournit des eaux trop peu abondantes; le port de chacune se trouve à quelque distance de la ville , toutefois Pergame est pjus éloignée d'Exse , qu'Athènes du Pyrée.
Différens sentiers conduisent jusqu'au sommet de la montagne,, et à l'enceinte de. la forteresse, dont rintérieur est plein de superbes débris. On y remarque principalement ceux dû temple de Minerve victorieuse. Tous les vestiges de ce monument offrent ^empreinte du plus beau style , ses chapiteaux corinthiens, ainsi que l'exécution admirable de toiis les ornemens, attestent qu'il fut construit à l'époque la plus brillante des arts»
JYai>arin,sonpori^
Sur la droite , en entrant au port de Navarin, ou voit s'élever la ville, appelée par les Turcs , Avarin , et par les Grecs , Néo-Castron , qu'on ne découvre parfaitement qu'après ayoir laisse derrière soi deux rochers , compris entre l'ile* de Sphacterie et la terre ferme, qui forment
176^ la passe. La ville est bâtie sur un prômonioir'e situé au pied du uiont Thématliia : il faut pks^ de dix minutes pour arriver du port à sa porte principale, qui est ouverte au nord-est , plus longue que large,. ISfavaria s'étend depuis la passe qu'elle domine , jusqu'à prés d'un quart de lieue vers l'orient. Ses fortifications consistent en quatre bastions réguliers, garnis de canons de fer et sans affût.
La ville, qui n'a que deux porte», domine la mer et le pcxnt :qtt'elle peut protéger ^ ses rues , remplies de bombes et de boulets , sont sales, étroites , hautes et basses, suivant l'inégalité du terrain qui incline à l'ouest, La cour de chaque maison est garnie d'orangers, cou* verts de fruits dans le cœur de l'hiver.
Le port de Navarin, le plus spacieux de tous ceux de la Morée, s'étend depuis Na»varinjusqu'à Pylos, ou Esky -Navarin ( vieux Navarin ) , x;'est-à-dire, à plus de trois lieues^
L'île de Sphaclerie , célèbre dans l'histoire (i) par le massacre des Lacédémoniens qui s'y étaient réfugiés après que les Athéniens les eurent vaincus dans un combat naval, ee connue aujourd'hui sous le «om de Sfagia, est presque à pic du côté de la haute mer, et
(i) Thucydide, liv- iv*
offre seulement quelques ha1)itations de pécheurs sur le revers du port.
Elle est défendue par un fort qui s'élève en terre - ferme , au - dessus de l'ancîennç Pylos , dont le nom s'est conservé jusqu'à nos jours. C'est-là^ sur le penchant du mont Egalée,, au cap Coryphasîum , qu'était bâlie cette ville fondée par Pylos, fils de Gleson. On y chercherait vainement quelques débris du temple de Minerve ; il n'en reste pas de vestiges. Pylos n'est plus qu'un village composé d'une soixantaine de maisons. Au-dessus s'élève un fort dominé lui-même par le sommet du mont Egalée. Cette ville est entièrement habitée par des Grecs ^ néanmoins, quelques soldats turcs occupent le château; les environs de Pylos sont arides et sablonneux.
Au pied de cette ville antique, on voit un étang d'environ une demi-lieue dans son plqs grand diamètre , il communique avec le port par un canal si étroit , qu'il ne peut admettre que de petites barques, qu'on y fait passer pour chasser les oies et les canards sauvages qui s'y trouvent en très-grand nombre. Une petite rivière nommé Mouderi (i), vient s'y
(i) On ne connaît pas l'ancien nom de cette rivière.
jeter au nord-est. Le reste du port est fermé au nord et k Test par de hautes montagnes sur lesquelles on aperçoit à peine quelques pins.
En 1644) sultan Ibrahim, choisît ce vaste et superbe port , qui pourrait contenir les armées navales les plus nombreujces, pour le lieu du rendez-vous de sa flotte, composée de plus de deux milîe voiles.
Malien de Témathia.
On gravit le mont Témathia , ayant pendant une lieu« le port à maii\ gauche , qu'on voit à deux cents pieds de profondeur. Après une heure et demie de marche, on arrive dans un vallon étroit; les montagnes qui s'élèvent sur la droite , au nord , présentent des masses h pic couronnées de bois ; celles à gauche sont également boisées et à^ pic ; on remarque une magnifique chute d'eau , formée par les torrens , qui s'échappe d'une embrasure naturelle pratiquée entre deux rochers du mont Toméus, situé à gauche. Le fond du vallon est marécageux, et divisé par un petit ruisseau que les pluies entretiennent. Ce canton abonde eh lièvres.
Le vallon est couronné par une petite montagne qui conduit à une vaste forêt, asile du
'79 ^ Mience; elle est garnie de chênes propres a ia constraction y ils produisent la noix de galle et la vallonnée dont on fait un commerce assez considérable. Là, dans le mois de décembre , Fazerolier (cretœgus azœrolus) offre ses fraises odorantes, et de nombreux ruisseaux sont bordés de lauriers roses encore fleuris. On marche au milieu de bois immenses d'oli^ Tiers sauvages, auxquels se mêlent des platanes et des yeuses; l'œil s'y fixe par intervalles sur des bouquets de saules pleureurs, des cytises et des lauriers. A la sortie de ces forêts séculaires gui renferment tant d'arbres de diverses espèces y le pied du voyageur feule des plateaux romantiques, où le parfum d'une foule de myrtes et de romarins embaument les airs. Heureux pays! Fhiver n'y dépouille point la nature de tout son éclat. Tandis que les feuilles des figuiers et celles d'innombrables mùi'iers jaunissent, les oliviers sont encore, pour la plupart, charges de fruits. Ces arbres précieux, plantés à des époques différentes, récompensent chaque année les peines du cultivateur; une partie se couvre de superbes olives, pendant que l'autre , frappée d'une stérilité apparente, élabore les principes des fruits qu'elle doit produire Tannée suivante.
i8o La récolt€ , soit calcul ou hasard , se trouve partagée et demande moins de bras.
Calamaiie.
Cette ville n'est point ainsi qu'on Ta dit , Tantique Tliuria , dont l'emplacement se voit au sommet d un amphkhéàU'e à l'est , où les Turcs ont un petit château qu'ils occupent. Divers voyageurs pensent que Galamatte doit être Calonée , chef-lieu d'un Villaiéti , dont les impôts appartiennent aune sultane. Cette ville s'élève à peu de distance de la rive gauche d'Apsaria, petite rivière qui se jette à une lieue de là, dans le golfe de Messénie, aujourd'hui -golfe de Calamatte ; elle renferme une population de cinq mille habitans, qui font le comm,erce de son territoire , et du canton d'Andréossa. Les yeux aperçoivent presqu'à la fois les douze villages qui composent sa banlieue, placés sur des sites un peu élevés et disposés dans Tordre suivant.
Le premier , appelé Asprochoma , est à une demi-lieue à l'ouest de Calamatte; et dans une direction, une demi-lieue au-delà, on découvre Aïs-Aga. A une lieue au sud-ouest est Cout- Thaoup , éloigné d'un quart de lieue nord de Fourtdjala.
Coutchoucoumani, Asilan-Aga , se trouvent
i8i sur la route de Balliada. A une lîeue , au nordouest de ce hameau, est situé Basta et Dilata; une demi-lieue plus loin, est le terme du canton de ce côté.
Pydima , à une lieue au nord-ouest , dans la montagne; Polianésé, au nord; enfin, Tegeférémini sont les dernières bourgades du canton de Galamatte»
Toute la partie de l'est est indépendante et appartient à la république du Magne. C'est . dans cette direction que se trouve le défilé des portes , qui , de la Messénie , conduit dans la Laconie ; il est à une lieue et demie est de Calamatte , en passant par Janitza , qui commande ce point essentiel» Cette petite ville , chef-lieu d'une capitainerie, contient deux cents tnaisons et dépend de l'évéché de Zarnale.
Andréossa, Coron, le Pamissus.
La ville d'Andréèssa ou Ândroussa est une , ville moderne, adossée à une montagne à pic, qui la couvre au nord-nord-ouest , et que les voyageurs croient être l'Éva , célèbre par les bacchanales , et sur lequel Bacchus fit entendre pour la première fois TEvoé, cri redoutable des bacchantes, lorsque vêtues de peaux de tigre, les cheveux épars et le ^int en-
flammé, elles couraient en frappant la terre de leurs ihyrses. La vue d' Andréossa se prolonge vers Torient , dans un vallon étroit et* riant , où coule à une demi-lieue de la ville , le Pamissas ou Pimarza. Des groupes de cyprès , épars sur des tertres isolés ^ indiquent les nombreux tombeaux des musulmans. La ville ouverte et sans murailles, renferme trois mosquées et un bazar planté de mûriers. Les maisons, petites mais élégantes, sont en harmonie avec la beauté du site d'Andréossa.
Cette ville est le chef-lieu d'un villaiéti et la résidence d'un aga. Elle compte dans sa démarcation territoriale la bourgade de Nîsi, qui est à prés de deux lieues au midi ; Dzori, dans la même direction, mais smr la route d'Arcadia ; enfin, Anaziri, à une demi-lieue au nord, sur le penchant d*un coteau, peut-être dans remplacement deTancienne Andanie; Pipertza, vers le mont Vourcano; Mavromathi, qu'on regarde comme la Messéne des anciens j Lezi au-delà de la Pimazza, à une Ueue et demie au nord , ainsi que Gaidarofori , Carterogli, Lycoirefo, Chastcmi, qiii se trouvent à l'orient du côté de Taygète y dans le rayon d'une lieue et demie. Ces villages sont composés de quarante ou cinquante maisons.
Les habitans d'Andréossa, voleurs de pro-
i83 fessîon, mais braves et fiers jusqii*à Tarrogance , ont dans le pays une grande réputation de méchanceté. La coupe de leur figure est fine et spirituelle ; on voit parmi eux des hommes blonds , quelques autres avec de grands yeux bleus ; ce qui indique le mélange des indigènes avec les Spartiates. Les Turcs qui "habitent cette ville sont^mariés avec des Grecques , et parlent la langue de leurs femmes j ils sont en général d^uiie structure athlétique.
A quelques lieues en-delà, vers Torient, un chemin vaste, large de plus de cent pieds, creusé dans une montagne , et pavé par intervalles, mène à Balhada , l'ancienne Goronée. Gette ville et la bourgade de Nisi , soni habi* tées par des Grecs ; de ce lieu on découvre la ville de Coron (i), située sur l'emplacement de Colonides. Son port , sa force ^ sa population l'ont rendue l'échelle la plus riche du Péloponèse. Elle jouit de lavantage de posséder les consulats généraux des puissances européennes, et d'être le chef-lieu d'un villaiéti, ou
(i) Coronée , fondée par Épimélide , de Coronnéo en BéoUe. On y remarquait les temples de Diane , nourrice 5 de Bactbus et d'Esculape, etc. Paus. Mess.' iiv. IV.
i84 canton ; les principales bourgades qu'il reiTferme sont : Avramio , Phiiipaki, Caracasilli, Petalydi, sur le rivage de la mer; Caicagli^ placée sur une montagne voisine y Vounaria , Castelia^ Makriades , disséminées au nord dana un rayon de trois lieues environ. Non loin se trouve une plaine voisine de la Pirnazza , qui est le pamissus de» anciens; il n'est rien de comparable à la fertilité de cette yaste plaine^ fermée, au nord , par le mont Ithome^ couverii de vignobles, et qui, à l'orient, s'étend jusqu'au Ta jgète , ou Pente*.
HUermœum , le Ponié-Dactylon , Londari,
Au sortir des champs de Sténrclaros, on trouve cet Hermaeum qui, jadis conduisait de la Messénie au territoire de Mégalopolis. Cette terre de prodiges qu'illustrèrent les exploits et les vertus des anciens Grecs , ne voyait plus naguère encore dans leurs descendans que des esclaves victimes du plus affreux despo* tisme. Us ont soulevé leurs chaînes, puissentils les rompre!
Quand on a gravi un quart de la montagne , l'œil est ravi à l'aspect de bosquets encore verts dans l'arrière -saison. Des chênes robustes descendent par étages, jusque sur la lisière de la plaine. A pau de distance s'élève un beau
i85 village habité par des Laconiens, que les Turcff ont toujours respectés, et qui vivent en paix avec les Manîoies. Ils vendent aux voyageurs du pain , des figues et du vin , qu'ils conservent dans des outres de peaux de chèvre.
Les sites de la partre la plus élevée du Pente -Dactylon , sont couverts de pins sinistres , ou de neiges éternelles. Les faabitans de ce village respirent un air pur et jouissent des douceurs de l'indépendance ; aussi remarqu»-t:onune fraîcheur, une vivacité, une noblesse dans leurs formes, que ne possèdent pas les cultivateurs de la plaine.
La descente de cette montagne conduit au vallon de Londari ; celui de Tancienue Leuctres du Péloponèse , célèbre par la victoire queles Arcadiens remportèrent sur les Spartiates. L'antique Grèce comptait trois villes de ce nom -, une d'elles fut immortalisée par la valeur d 'Epaminondas.
Le vallon de Londari s'étend, de lest à l'ouest, environ cinq lieues, et se termine, de ce côté, à &uano. Il n'a qu'une lieue commune dans son grand diamètre transversal. Le défilé de la Messénie est au sud-ouest; celui qui ouvre la Laconie, du côté où l'Eurotas prend sa source, est à peu près à l'est. La distance d'un
i86 dcfilé à Tature, à cause de Tobliquité , est d'une lieue et demie*
Sur la pente ^ du côté de la Messénie^ le terrain .coupé par des torreos, est très-inégal; une ancienne route creusée dans la montagne forme le chemin. Au nord-ouest, le vallon esc cultivé jusqu'à Sin^no; au nord, il est fermé par de hautes montagnes sur lesquelles s'élève Londari; le côté de Sparte est boisé. Le fond de la vallée est coupé par un ruisseau; on y voit de grosses pierres éparses qui ont jété travaillées, quelques marbres mutilés ensevelis^ sous rherbe , et il n^ a pas un quart de lieue jusqu'au pied de la montagne; elle est couverte d'herbes et dépourvue de boi§ sur son sommet, qui forme un plateau; avant d'arriver à Londari, on voit à gauche quelques ruines , d'énormes pierres et un moulin à vent , dont la rotonde est bâtie avec des tronçons de colonnes et des architraves ; on gagne cette ville par un sentier fort étroit.
La petite ville de Londari est composée au plus de deux cent cinquante maisons, parmi lesquelles quelques-unes annoncent l'opulence. Ses habitans sont d'un beau sang et portent des vêtemens assez propres, ils vivent des fruits de leurs campagnes, respirent un air pur ^ et ils nourrissent beaucoup de vers à soie.
Le vallon de Tëgée.
Le moot Roïno ou Ménale , au pied duquel se iroure la ville' de Tripolitza , s'étend depuis Ik plaine de Mantinée jusqu'au mont Borée , proche les gouffres de l'Alpliée , et ferme le Talion à roccideni. A son extrémité nord , vers les champs de Mantinée , il est boisé, et présente les ruines dun village, avec quelques bergeries dans lesquelles on renferme le; soir les troupeaux. A une demi-lieue au sud , on trouve le» vestiges dW couvent de femmes détruit par les Albanais , et près de là, le lit d'un torrent qui vient porter ses eaux dans le vallon de Tégée. Un ichemin ^ qui de Tripolitza conduit à Caritène , le traverse k une lieue au midi, où s'élevait le monastère. E» passant un petit torrent, on arrive k la chapelle de Saint-Marc. Le reste du vallon est iuégalement coupé de rochers arides , de coteaux couverts de pins, et ne possède qfw peu de villages.
Le mont Artémisius , qui dessine ce bassin, s élève au nord et s'étend jusqu'à Straïa-Kalilbey , tandis que le Parthénius , couvert de forêts , le borne à Torient jusqu'au défilé de Carvaihi qui mène à Sparte* Enfin le mont
i88 Borée , aujourd'huî Clielmos , termine cette superbe plaine. Le mont Taygète , dont les sommets sont toujours couverts de neige , apparaît dans le lointain, et borne vers le midi la pers^pective la plus agréable de lunivers.
Soixante douze villages et fermes répandus dans cette plaine , ou suspendus dans les montagnes qui l'entourent, renferment les babitans les moins apprîmes de la Morée. Le terrain y fertile sous la main de ces bommes robustes, Tendrait bientôt un produit immense , si lesbabitans vivaient sous un gouvernement mo-^ déré , et ce canton deviendrait un lieu de délices,
I^e grand Dervîn , ou défilé ( lUermaBum des Anciens ) , MavromaihL
Le grand Dervîn ou défilé, THermœum des anciens j se trouvé au pied du Taygète. Après avoir marcbé environ une heure dans un cbemia pavé par intervalles et lavé par les pluies , on voit sur la gauche i Touest , Mavromathi. A peu de distance , sont les restes de Tancienne Messène. On y rencontre des ruines de*murailles , des tours, dont quelques-unes en marbre , un temple presque entier , un théâtre, des inscriptions en grand nombre; des bas-reliefs bien conservés , représentant
des chasses au sanglier. Une source abondante , qui jaillit du pied du mont Ithomc, donne son nom à Mayromathi; ce mot signifie source noire. Du kautdu mont Iihome, on jouit d'une vue immense , qui s'étend sur la Tripliylie et du côté de TElide, et Ton y remarque deux riches monastères,
A trois quarts de lieue du pont, sur la droite , k deux cents toises , s'étend un village assez considérable appelé Chastemi; quelques savans pensent que c'est l'ancienne Amphée , etd'auuresun hameaubâii des ruines d' Amphée. Il est sïiné dans la plaine , non loin d'une hauteur où cette ville exista-, il possède une grosse tour e; quelques maisons élevées. Les champs qui l'environnent sont en culture de coton et entourés de haies de nopal, naturalisé dans ce canton.
L'Achérusie, VAchéron, le Cocyte.
L'Achérusie , nom sous lequel les anciens désignaient un lac de TÉpire , se trouve à l'exr trémité des Champs-Elysées. U s'étend , du nord au midi , l'espace de quatre lieues et demie, et sa largeur d'orient en occident, est d'à peu près trois mille quatre cents toises. Ses environs , âpres et à pic à l'orient , sont
^9^ riatts et' agréablçs vers le midU et l'occident ; une chaussée en picore , sur laquelle on passe poor se rendre dans la province de Sogori, le traverse au nord. La posiûon d-nne ile placée «u milieu de l'Âchénisie, plus près da bord oriental que de Tautre , Ta fait diviser en lac supérieur et en lac inférieur ; mais les deux lacs sont formés par un fleute commun^ nommé par les anciens Cocyte y et par quelques modernes Cokytos» Il provient sans doute des innombrables glaciers , et des lacs inconnus ,qui sont placés dans tes montagnes entassées jusqu'au Pinde. Ce fleuve coule d'abord sous terre, et fait éruption dans le milieu du lac Âchérusie ^ à un endroit que les Grecs nomment Perama* Les montagnes qui hérissent la rive droite de FAchérusie, forment, en «'éloignant , un demi-cercle ou une section d'ellipse, qui environne le Perama, ou la maison de plaisance du pacha est bâtie* Le Cocyte tombe du rivage ainsi nommé , par une vingtaitie de canaux, d'où s'échappent ses ondes de la grosseur d'un tronc d'arbre. \Le même lac reçoit ensuite, au nord, la petite rivière de Dodone , ainsi que différens ruisseaux qui vientient se jeter dans le Cocyte , après avoir erré dans la plaine ou sur les coteaux odorans dont elle çst environnée de ce côté.
 peu de distance dans lé lac , on voit une petite île habitée par des Grecs, quî y possèdent un village et un monastère bâtis au nord et à Torienu Ceux-mêmes dont ce village est le pays natal, n'ont pu se familiariser avec un phénomène qui vient les affliger chaque automne» A peine commence le mois d'octobre , que rile semble placée sur une base mobile ; on y- éprouve dans le même jour plus de trente secousses violentes, qui sont accompagnées d'un bruit semblable à l'explosion d'une pièce de canon de vingt-quatre. Les Grecs fuient alors de leurs maisons saisis de frayeur , et ils invoquent le ciel à grands cris. Cependant il paraît qu'ils ne courent pas de dangers réels. U n'existe aucune ancienne tradition sur cette île.
Les eaux de l'Achérusie sont mauvaises et fétides ; mais celles du Cocyte ont beaucoup de fraîcheur et de limpidité ; le lac renferme une multitude prodigieuse de poissons, et principalement d'écrevissesé Dans toutes les saisons , il est couvert d'oiseaux aquatiques , et traversé par des barques qui le parcourent en tous sens. Un nombre considérable de diverses plantes fleurissent sur ses bords y croissent sur le terrain volcanique de sa petite île , ou se déploient h la isurface de ses ondes. Il a ses calmes , ses tempêtes, ses courans, une sorte
4e remoux, et, dans les temp« de pluie ^ îl sVtend au point de doubler presque d'étendue et d'intercepter le chemm de Sagori par la ckaus- >sée qui se trouve au nord. Enfin , le« eaux de TAchérusie, long-temps captives entre ses horàs y se réunissent pour former TAchéron , qui va se perdre, à trois quarts de lieue au midi^ sous la jnoniagiie Cassiopée, dans le gouffre deTAveme oùVAchéron disparaît. Ses eaux sortent de terre à douze lieues du mont jCassiopée , aux environs d'un village nommé Vélistri^ et elles coulent jusqu'au golfe d'Arta, autrefois golfe d'Ambracie , où elles viennent se perdre, après avoir formé un marais.
Le montCassiopée, situé à trois quarts de lieue au midi du lac , est peu élevé, et couvert d'excellens pâturages. Les ruines qu'on y voit paraissent modernes.
Toutes les montagnes situées à Torient et au midi du lac sont calcaires et sujettes, en automne, aux tremblemens de terre; tandis que le mont Tomarus et les montcagnes de la Chimère ne ressentent presque jamais aucune secousse»
Parmi les fleuves qui arrosent TÉpire , on distingue TAchéron qui se jette dans un marais de même nom , et le Cocyte. Non loin de là £St un endroit nommé Aome ou Aveme, d'o.ù
s^exUaleot d£& yaj^urs dont les aies sont in* Seçtés. A ce^ traits vOn reooimatt aisémem le paj^s où^ dans le» lemps les plus anciens, -on n ^Ucé les enfeaps* .Comme l'E|Mve était alors la .dernière des contrées connues du c6té de Toctxident^^lle passa pour ia région des ténèbres; jnaîs 4 mesure -que les l^omes du monde se recalèrent du méme^çât^yrrenfe^ changea de position I et fut placé successÎTement en Italie .et en Ibcrie , toqjours dans les endroits où la Jnmiére dujoursemblAit^'éteii^dre.
lue diji^trsJUmeti ZéUoim^ ^ûnicommerûe*
Le Phénix , TÂsopas , le MUlas , le Dyrus , jces rivières célèbres dans rautiquité, ne sont aujourd'hui que des torrens qu'cm trai^rse a j>ied sec , excepté dans les tepiips de pluie.
Le Sperckius^âeuve'profond^ coule à plein canal entre deux riYes bordées de lauriers*roses*, on le traverse sur un pont de pierre de «quatre on cinq arches. Il n*y a pas très-loin de ce pont à la mer, où le Spepchius va se jeter; il forme , avant de s'y perdi:e, une sorte d'étang sur la rj^ve gauche. On ne voit, ni syr ses b^d^^ ni d^ns oet espace, aucun Yillage, ni aucune trace d'habitation. Ijcs Thermopy* les ^les roches Trachyniennes ne sont^penpléea
^94 -qile'de chèvres sauvages, et'^e qt^elques bf i gaifttb qui s'èûfbiicëift -dans ïèûrs cavités pour épfer roccaéiôti de dépouiBdc le Voy àgetité '
De ia rtVe giiiicHé du SpfercWàfs^, '^n apeis ^oitle soWinet lé^plii^ élerë-^ HibÈd GEta, où la fable dh (Jtt'Mëi^cuïe éleVIï le bâcher daiis lé(|uel il se'^i*^ïflà5'^o'àr'te délivrer d'une vie votïée |)âr Déjkntfë èù 'plus' crtiel supplice.
f)eS boMs'fltf^èi^ëhrus àZéit^ oucomp'ie quktrèlhétH^ Utte ttkhitè ïniagnifiqn^ fraiipe les regards dès qù'^n*éritre dans la Thessàlre. Le parfum d'une multitude de lauriers flatte Fodorat. On peut y ' parcourir <le vïisfes fbrêtsVi'oliviers francs, dont Tépaisse et fraîche verdure se *iifarie aux' perspectives* des montagnes et dés cdieàux^ pendant 'qu'on voit là mer rouler ses t)iiaèfe ^fteklbles dn côté de TEubée et de rAuHde, et les pointes 'dc^ montagnes se perdi^é âii-iiesèus de^ nuages, Wi*s Thorizon éloigné-dé ^à Macédoine. ' ' - ''
Céç^dïlnt , nhe contrée si belle et si riche ne coritietu iucutie habitation' jusqu'à Zéîtôun. Lesbè^gert quîfoùtp'àîtr'ë lefurs troiipeaux dans cfes délitièiises campagnes', dressent leurs tentes ,60us les grûtipes d^iarbres, bà' sur 1è somnlét dès tertres Voisikrs des roîsleâtirx*; les fctebi^ de ces côôttées pfeirquem en pîër}i'àîr;1ètii'' toison ' est d'une 'blancheur éclarant<^. te^ d^înis, l'es
clievï'euils^ les éer£s et les sangliers paraissent être les seuls hôtes de ces bocages , qui sont remplis en hiver d*outardes, de pluviers, et d'une variété infinie d'oiseaux qui^cl^cheut les températures freides»
A une lieue envifon^ Zéitoua, on trouve des champs de tabac , de figuiers, et des vignobles. Des montagnes au nord continuent de fermer Thorizon dans le loinuin.
Un bey gouverne à Zéitoun; ce bey craint à la fois les corsaires, les voleurs, les pr<^res domestiques, le sabre du pacha de Jfnina dont il relève, et le cordon impériaL
Zéitoun n'est point, ainsi que plusieuis voyageurs Vont avancé., une place maritime de la Thessalie; cependant elle donne sou noiç^ au golfe Maliaque. Cette ville a des foires annuelles, et fait un commerce considérable. Elle est bâtie sur une colline, à Test de laquelle coule une petite rivière qui va se jeter dans la . mer, éloignée d'enyiron une lieué et demie. Sans murailles, sans défense, Zéitoun. n'a do remarquable qu'une grande mosquée. Il paraît certain que cette ville est lancienn^ Lamia.
On n.y trouve ni raines, ni monumens. Le temps des foires y amène une foule prodigieuse de négocians de toutes les parties de la Grèce : ils viennent y vendre leurs denrées et
y actieier des draps, de Tindigo, et d'autre.s objets que TEurope importe dans la Tufquie, Ce comptoir est préféré à celui de Larisse, et même i celui de Volo , qui est une phtce ma* ritime; mais Larisse, tré^-étendue et tumul* tueuse , était souvent autrefois habitée par le« sultan3 , et les marchands craignaient de compromettre leur fortune^ eu se livrant a des spéculations dans une viHe où la présence de la cour pouvait les exposer à des humiliations. -Volo a été une place de guerre, et le commerce ne sy croyait pas en sûreté; tandis que Zéitoun, placée à l'extrémité d^ne plaine féconde, au foiyi d'un golfe tranquille, et dans le voisinage de l'Eubée , parut offrir plus d'àja^tage et de^ sécurité aux marchands.
Le sangiak de Zéitoun est d'un grand produit. Cette ville renferme quatre mille habilans, pour ia plupart grecs. Le reste de la population se coïftpose de quelques Arméniens, et de beaucoup de)ciifs. Comme les affaires contentieuses de celte place pourraîeot être portées à la chdmbre de commerce de Salonique, aucUEC puissance européenne n'entreiieût d'agens comraeroîaux dans Zéitoun.
BGS BULGARES ET DES SEAVIENS.
Lorsque les Bulgares curent conquis une portion de Tempire grec, ils s'y fixèrent j et la défendirent àVec opiniâtreté contre les musfulmans. Ils ocCupfent maintenant les bords da Danube, fes environs dé' Widin, de Sojphic, tes plaines de Philippopolî, et tonle la cbaîae des monts Hénus , sur tes bords da Str jmen. Ces peuptes so déplaisait en général dans le?^ TlUes; fidèles au sol qui les a nourris, ils aiment Biiexrs se livreï^ dans-leur pays aux travaux de Fagfïeulture , que d'^alîer chercher au dehors des chances de fortune* Lés Bulgares, diverses fois vaincus et tourmentés , plièrent sous la force sans en reconnaître le droit. Imposant nience à teufr courage^ dans le dessein de le dé-^ pÎT)yer en temps utite , ils ont conservé leurs mœurs et leur énergie , et n'applaudirent jamais^ à leurs oppresseurs. Calme au sein des orages poliuques^ le laboureur bulgare n'a point cessé de cultiver son champ. U l'ensemençait aussitôt qu'il avait été ravagé, et il a toujours con-» icrvé l'espoir de recouvrer son indépendance.
Les Serviens ont la même origine, le méln^
culte et les mêmes mœurs que les Bulgares* Les excès commis par les PasTan-Ôglou ', Tersenikli, Jlik-Zadé, et par tous les chefs de brigands qui se détruisent et se succèdent dans le notd de la Thrace, obligèrent souvent ces peuples à recourir aux armes. La Porte, dans sa misérable et craintive politique, composa sans cesse avec des rebelles, donna raison au plus fort, le récompensa par des honneurs publics, épiant Toccasion de le faire périr en secret. En attendant, elle laissait défbrer les peuples soumis à sa domination : des incursions fréquentes dévastèrent la Servie et la Valachie ; des troupes de Kersales ravagèreui les envir<^& d'Aûdrîanople (i); Belgrade, Wi<Un, Sophie, ibrteresses qui défendent Vçmpire^
( I ) Il y a quarante ans environ que les habitansd'un village turc de Bulgarie, nommé Kers , pour se soustraire aux vexations des pachas , se réfugièrent dan» les montagnes, d'où ils attaquaient les caravanes et pillaient les villages delà plaine. Leur petite troupe, composée de musulmans , s'augmenta dans la suite de tous les homntes de diverses religions, que l'infortune ou le crime laissaient sans asile et sans res^ source. Bientôt leur grand nombre les rendit redour tables , et ils se virent appelés sous les drapeaux de tous les chefs des révoltés. Les Kersales , infidèles à tous les partis , se vendai^it à eelui qui les payait le
furent assîfeëes onoçcaj^éespar xj^ jiftpitoya.-* yiçs brigands. , r. . : > s.
^ ce Les chréûeo» de ^firyje , pï:emim'es,vj«*ir iDjes de ces iijçuWci^ft dit Mi. -^ Oioi^epWSrmif-: ^er (i), avaient, v^ d^wsieç leii^vs w>iseflft3, 4évorer leurs troupeaux, çujtrageçieojrs eo&ns. Cçux qui n'avaient pu fuit d,axis ïes monmgnes étaient forcés de majrcl^er eu levant de leurs tyrans. Les Tvircs, se formaiM; jw irempar^de ces maljieureux, les plï^çaientsnclç.front de k«cs tfoupes^ pour qu'ils^ rc^s^^t f\ leur évitas- ^x\i le feu de r^Aneinik Chaque, pftviir avait le ?^^me 4roit.8ur eux, Tpul^te.px^vtJiyaacejdu ^inistQre ouoo^n $p hopnaît àrd^iatraTim pai; l'autre des si^et$ tjÇQp puifl^tsuns. Mais les j^n^s^res^ aloçs^msutres de Belgrade, et eux-' ^è^^çs, ç^ "^im i?4 voite^ prévireojt que Vex€é$ 4e l'oppf ^pA §0HHy^âit les chrétiens , et que 1a Porte tffoi^Ycffftit ain$i ppnr alliés et pcwur vengeurs d^ÉWiWes «ujets rebelles, dont peut-être elle avouerait et lé^tiuxeratt l'insurrection. II» voulurent empêcher les^Serviens des^ concer- 1er, 4e se réunir & ceux d'eriti» eux dwtot Tin* fluençe pouvs^it dicter d'énerpcj^es mesurer»
plus, Ss ont pillé presque toute la Thrace et détruit plusieura des villes de cette vaste province, (i ) Voya^ piUoresqu edela Ûrèce^ *
afoo Le commandanl des jahissatres de Belgrade , qui tenait le pacha captif^ se fit désigner dés £amilles que tés sonvenirs placent encore au premier rang dati^ l'opmion* de lenrs compa» trioies, quoiqu'elles fUr partagent les mœurr agrestes et le sort rigoureux.- Bien n'a* pu* ébranler depuis dix socles le respect et la con^ fianee de ce peuplé pour les descendans des' chefs qui l'ont conduit jadis dans ces contrées;* et cee nobles qui* labourent, qui soignent dîes troupeaux^ souvent les moius nombreux du* canton , lieçoin^it sôus leurs cabanes des hommages dpnt les titres ne sent jamais- méconnusde leurs compagnons d'infbrtune. Ces chefs* furent tous dévooés' ji la mort. De§ émissaires» turcs, mxmis d'ordres secrets jdortenr de Belgrade et se distribuent dftns lés campagnes pour exterminer ces* familles respectées. Le premier* meurtr» qu'ils>commettent répandPalarme; on* s'empare des assassins ; ilâ* avouent les ordres» dont ils sont chargés; tes villages se soulèvent;' ils n'ont que des bâtons et des faulx, et ils dé* truisentuneorps'de janissairessorticonure etixi de Belgrade; ^.s'emparent de leurs armesv Toute Ja Servie les imite^ Ces pasteurs deviennent de braves g^erriers. B sont joints par de& milliers de Bulgares, se choisissent des généraux, et- ne. tardent pas à reconnaître panni
CH± r&omme supérieur appelé à leô «oiiJtiirS* aux combats. Le suprême pouvoir est déféré h €zermi-George^ qui déjà aurait eu la gloire d'affranchir son pays^ s'il eût reçu les secours promis à sa valeur. »
£ lie de Rhodes.
Rhodes, tour à tour soumise aux Grecs ^ aux Arabes et aux Géuois, tomba ensuite au pou* voir des chevaliers de Saint-Jeaa, qui s'emparèrent de cette ile après avoir été chapes de la Palestine, Jors de la prise de Saint-Jean d'Acre. Us n'eurent d'abord d'autre intention qued'/ protéger des pèlerins; mais ils. devinrent bientôt les ennemis les plus redoutables des musulmans. Foulques de Viilaret, grandmaitre de Tordre, joignit à la conquête de Die de Rhode»-, celle desiles de Kisara, de Léros, d'Episcopia, de Simia^ et de Cos. L'empereur Andronic, jaloux d enlever aux chevaliers celte possession importante, y envoya inutilement des secours : la valeur des chevaliers triompha des armes de Tempereur. La république de Rhodes devint alors une des puissances maritimes les plus £prmidables.
Les chevaliers résistèrent à toutes les forces de Mahomet U; et Sofiman U, ee- vainqueur intrépide delà Perse el^de la'Hongrie,,n*aupait
sas pgs réufiii dans son entreprise contre ÏLhoàeê, si les paissjoicev de l'Europe, qui ét|ûent inté* ressées à la eonseryatîon de cette il^ , eussent envoyé le pkis léger secours aux chetaliers.
Le souvenir de ces héros vit encore t<mt entier à Rhodes. Il y existe une rue, nommée la rue des Cher aliers, dans laquelle subsistent encore leurs ancienneshabitaiions ; leurs armes f^ leurs noms sont encore s«r les portes. Un "^grenier- public remplace l*hôpital, et Féglise de Saint-Jean a été couTcrtie en mosquée» Les itexations que les Turcs exercent dans cette île plus^ quepartout ailleurs , Tent rendue presque déserte. Les habitans, en petit nombre^ succombent sous le poids de la misère; exposés^ aux plus horribles traitemens , ils craignent de cultiver la terre la plus fertile , leurs barbares maîtres les contraignant d'acheter à un prix 'excessif d'assez mauvais grains qu'ils tirent de la Caraumnie.
La construction des vaisseaux de guerre est une source de concussions horribles. Le nabir , chargé de cette administration , s'approprie la plus grande partie des fonds donnés pour cet objet par le gouvernement, et lait ensuite construire les bâttmens par forfne de contribution^ Tous les i>ois abattus Vatus Tifitérieur de l'tle, sont amenés à Rhodes par corvées; et les ou-
Tfiçrs ne reçoivent xpie Ig v^s^j^U paie qme 1^ l^orte lewr a^lpnç, J-es )iâMir\efts r^weiioent 4 m pffx ef cjesïsilfjipt $om ;}jiftj coupée, mal çonsufui^ ç^ îptty^nî pcmn;ifi i^ya^t .d'éir«
ûç^^yéîf * ri hj' : i.. • .
Pi^trf^, i^4î» célèbre ç<>«f fe nom d'Aroé,
nj^u^ql:^ait ua Opéra ( pffep?i ) et des templei; le pl|:i^ beau était ^ç^lui d^ Dîanç rAfricaine. Auguste força une partie des habitans de TAchaïe de se fiiLçr à Patras^ et il voulut faire porter son nom à cette cité; mais le temps la} a rendu le i|0f;^ de Ps^^fsa^^, 9on fouiâateur. L'apôtre saint A|i4^é la |Qpiivçrtjitàlafoîcbrj4* tienne y et il y reçut Ig Ç9^rpnn<e du martyr». Cette vill^^ aiji)o\p:$L'h4i m^étropolitaine, subit plusieurs révolutions JDoria Tasaiégea en f âS'i^etl'enieva^uiLiCHticwws. flllp est^etpm* I^ée plus tiir/d goi^ l^fijr JQug^ ainsi que toute la
Patr>as, t^l^ ^V]>W »iftte maintenant^ esi située en amphithéâtre , à peu de distance de la
Des oljyfers ^t 4^$ ^gnes ^embelliasem les lEOjiviçoais àfi c^tAe i^iUe. S^ jardins sont xidits en $Kuits (93rc#0^> o^ j iccueîlle en abo^*-
Une mbutàâÉfé/'à^^esstts de larruelfes^élévenl* encore les doBiinitëi du'inont Vodi, domine Patras aa^ midi^^^^èc boitiè''son tiàci^n et sst vue. Celle du nord est sombre et pénible dans les journées d'hiver ^jles:inontagnes de TAlba* nie , que courre la^neige et dont les cimes se perdèn^t dans les nliages-^ étendent trop les illusions d'optique^ mais^enété, rien de plus pôiii^ ^ffBVLX et de plus solennel que ^aspect de la nier^ et de tous les Mévtx. voisins dii golfe de Gorinthe.
Andfiiséna^ ses kffiitans.
Andritsena , .petite ville dé TArcadie , ou du canton nommé le JFanéri', située près de l'extrême frontière de VÉlide$ n'excite Pintérét m par des ruines nipardes monument; mais ses habitans ont des droits sacrés au souvenir des voytageorsi Nés de pasteurs arcadiens, ils rappellent lefmceurs- et les coutumes des bergers dont Théocrite a fait des peintures si tou^ oh^ntss^ ilsniaiment que le tepbs et la vie champêtres- .:
Libres d ambition, heureux de la simplicitié
die leurs go4cis^ satisfaits d'errep au' sein des
bocages odoràns, ib passent' leurs-jours à faine
- paître leurs iroùpeai^^ à cueifiir Leurs fr«fiits*^ à
âo5 pSt^r de fleurs leurs habitations, lïs se font a lit ft>is un plaisir et ùû devoir d'exercer rhospitalî-^ lé; serviables sans être cuileux, ilsn^interrogehr jamais les étrangers , et ne les cherchent quer pour leur être utile. Bs les abordent avec res^ pect, leur offrent les meilleurs fruits de leur^ ehamps; mais on parvient difficilement à leur e» foire acceptejr le prifl% •
L* Éf^jfTnanihe*
Ce fleuve prend sa sOurôe au montTPholoé , près d'un gros bourg appelé Tertzéna ; après' avoir formé cinq cascades bruyantes, qu'on découvre à travers des rideaux dé chênes et de sapins, il se précipita dans le vallon de Di-- Inizana qu'il partage dans toute sa longueur; L'élévation de ses bords, ses gouffres, la limpi*^ dite de ses eaux, les truites énormes qu'il renferme, et la fertilité qu'il dçnne aux terres qucf ôfes ondes arrosent, font^regarderl^Érymanthe comme une dés rivières les plus importantes^ de la Morée. Elle ne reste jamaisà sec, même dans la plus brûlante saison.
La voie du Silence, qui, dii côté d'OIjmpîè, ouvrait Ifentrée du bois Altis, n'est plus prati-^ oable>ii «aâîe des épais faalliers; ce bois, jadf*
ao5 consacre à la chaste Diane , est mainteQâD( ea* vîronné d'une sombre horifeur. L'Alphée, dont lei^ flots d'argent s# peuplaient de doace*' nayades y et lui renvoyait upe ngréjalde friiirf cheur^ ne voit plus dans son sein que d'iocom^ modes insectes, ^fin le moni PMoé çl le i^ont Er jmam]^ n'ont pl^ d'autres ha])itân& que des loups féroces^ ^ui s'y cachent pour épier leur proie.
XénophiHi, banni de sa patrie après la retraite des dix mille, se choisit un ^sile prés de l'enceinte de l'AlUs. Cet homme illustre, et par ses exploits et ps^r ses ouvrage^ , cons* truisit de ses propres mains, dans ce lieu^ un templç à Diane ; et s'y bâtit une petite maison» C'est là qu'il composa se^ écrits^ monuo^en* immprtds que le temps ne saurait détruire*
L'Altis n'oiTre plus les temples de Jupiter, de Junon e| de Vesta ; néanmoins le voyageur qui visite ce bois dans l'automne y rencontre dec objeu dignes d attirer ses regards. Quand les arbres sont dépouillés de verdure, et que la terre est lavée par les i>lnies, on y trouve des boucliers antiques , des fragmens de bas-reliefs^ des trophées de bronze, qrfon pourrait facilementretirer des^ndroitç où ils demea|r.eiic comme enfouis. Il reste encore dans Oly^pi^ 4#^ ruines çuriépse$ pomr Ipf émis dt s iM^Vl» UM^
phée^ qui se répand quelquefois très -loin de se3 bords, a dans ses débordemens déposé des sables et des terres sur une grande partie de l'Altis et d'Oljrmpie. Les feuilles elles-mêmes^ les débris des substances végétales^ tout a cou* tribué à élever le sol; mais en général l'exhaussement qu'il a reçu n'excède pas six & huit pieds. "Les torrens des monugnes voisines charrient chaque jour de nouvelles couches , ainsi que le fleuve dans ses inondations.
Les anciens donnaient & TAlphée ( aujourd'hui Roufia ) une origine illustre. Ils prétendaient qu'il se perdait dans la mer au cap Filama, sur lequel s'élevait le temple de Diane* Âlphéenne, et le faisaient renaître en Sicile, potu: mêler ses eaux avec celles de la fontaine Âréthuse.
Route de Tripolilza à ManiUée ; Corinthe, Acroeorinthe, le golfe ctEnghia, ExamillL
La route deTripolitzai Mahtinée se trouve tracée dans les montagnes. Tout ce revers du mont Aotémisius est planté de vignes qui four^ nissenl du via blase senommé. Au nordouest^ s'élèvent le volage et la chapelle de Saiut-Georgts^ disianis d'une lieue de l'Etang
ao8 -ée VottlsiV^ui est situé au nord et qu'on croit' être Fancien lac Stymphale.
A une lieue de Saint-Gèorgès^ on arrive aa village de Kakiscala, où Ton se rend par un chemin en forme d'escalier^ taillé dans le mont Artémisius. Pausanias en parle comme d^une route déjà ancienne de son temps; soo; état de dégradation Ta fait' appeler par les Grecs modernes, Kakiscala, mawais escalier; on le- motite pour se rendre à Argos, Au-delà, une voie antique conduit à travers le mont Artémisius, couvert de bois de haute - futaie et de forets daiis lesquelles on rencontre des ruines éparses*.
Quatre lieues en deçà d'Argos, on Voit un gros village, au sortir duquel on passe dans te Kt d'une rivière qui cotilef au midi; on descend ensuite la montagne, jusqu'à Tanciehne Capitale de FArgolide.
Carvathi , village à cinq milles environ d'Argos , est peuplé en entier par des Grecs, occupés de Tagriculiure, de l'éducation des vers à S'oie, etd'équarrir des bois de charpente et de construction, qu'ils abattent dans la forêt' de Némée.
De Carvathi à Gorinthe, il setrouveuridervîn ou défilé qui donne entrée dans des gorges* et dans desmontagnes. Après une heure et de^re
de marcEe aussi rapide que fatigante , on arrive' à Klégua, qui est probablement lancienne Cléones, connue au temps de Pausanias. Plus' on approche de G)rînibe, et pins la roule derient pénible : il faut faire quatre libues à travers 'es montagnes et toujouts sur uh sol inégal. Il ne reste' dans cette ville aucune trace des édifices mi^gniflques qui la rendaient Fasité des arts, du lu te etde^ richesses. Les habitàltis,. accablés par Ita misère et parles makdîes, res* semblent k des fantàmes échappés de la tombe. Enfin Taspéct deCorinthe^ en rappelant d^iP lustres souvenii^, ne prouvé que trop les vicis-* sîtudes de la gloire même;
eoritithe (i); bêfdfe au pîeJdii mont Géranîen, plus près de la mer de Crissa que du* Jôlfe de Salamine , présente encore quelquesmaisons opulentes de uégocians, que lé soin de leur fortune attache a' ce séjour insalubre.' La ville est dbminée par la forteresse de d'Acrocorinihe (ta), où Ton ne permet point aux:' chrétiens de pénétrer. Le canon de cette cita-délie ne saurait protéger Corinthe, dont Véléva-
(i) Goriathey CorintHi', nommée par les Grccd^^ Cbrtho , Corinti par les Vénitiens , et Germen par. les Turcrf.
(^) Castron , le château.
tjon est si extraordinaire qu'elle semble construite pour les aigles qui planent dans ces ré« gions. Plutarque appelait Corinihe rornemenl de la Grèce—,. Rome, jalouse de ta renommée de cette ville ^ la £t détruire de fond eu comble l'an du mQnde 38 1 8, et vendre tous ses habitons à lencan. Auguste^ qui sut en quelque jsorte racheter ses crimes par des bienfaits, rebâtit et repeupla Corinthe« Mais elle tomba, il y a environ U'ois siècles , au pouvoir d'Amurat II, et fat de nouveau renversée. Onze colonnes doriques sont tout ce que cette ville coaserve de ruines antiques. Des eaux thermales , qui passent pour être les bains d'Hélène^ coulent au pied du monA Géranien. On moutre au voyageur remplacement du Stade, où les anciens Grecs célébraient jadis des je^ux en l'honneur de iH/eàcer^e; mais on ne sait môme plus où furent élevés ces portiques célèbres, ces palais somptueu^t où de^ femmes voluptueuses et parées de tous les doua de la nature, de tous les charmes attachés à la culture des lettres et des beaux-arts, conversaient avec les philosophes , pt retenaient comme enchainée près d'elles, par l'éclat des fêtes, une jeunesse avide de plaisirs.
La citadelle d'Acrocorînihe renferme er^core la fontaine Pirène , ainsi qu'un grand nombre de bas-relie& et d'inscriptions. Do
ce point, la vue s'étend sur toute la Grèce, et Ton découvre d'un seul coup d'ceil, TAchaïe, la Sicyonie, Ârgos et seis montagnes^ le Parthénius, le Taygète, Naupli et saPalamide, le golfe magnifique d^Argos, et les côtes de la Lacotîie ; la base de la forteresse est baignée par la met* de Lépante et par les flots du golfe d'Enghia. On y contemple Mégare, Salamine et Eleusis. Dans les jours fortunés d'Athènes^ on aurait pu voir sortir les vaisseaux du Pyrée. UEpidûure, Egine, Calaurie s'offrent au voyageur, ainsi que la terre de l'Hermionide, qui se confond dans l'azur des mers« Il se promène sur le mont Cytbéron, erre sur la double cime, et des rêveries vagues et délicieuses le transportent dans les temps fabuleux dont le souvenir Gd\ encore battre le cœur du poëte» L'isthme qui sépare le golfe de Lépante de celui d'Enghia^ a pris chtea les Grecs moder^. nés , le nom d'Esj^milli parce qu'il a six milles àe largeur : pour le passer^ il faut franchir le mont Gérauieni
Monembrasie.
Aux environs de Monembrasie, on voit un temple d'EIsculap^, où jadis les maladies accouraient de toutes les contrées de la Grèce pour recouvrer la santé. Les personnes guéries
y susptndaieiiidesejri;olo, cl des iuscrijmon^ çpii contenaient le récit des moyens quelles avaient employés avec succès contre Icurar maux. Des colonnes* du temple portaient leiu^ noms r Une chapeUe dédiée â Saint-Georges ^^ située prés du temple d'EscuIape^-est aujourd'hui en grande renommée : les habitant des* environs y ont une grande confiance*, ils y apportât du coly va(i), des gâteaux, des cierges, et donnent quelques menues monnaies au cha-** pelaln»'
Jbes Laconiens,
La partie du Péloponésé comprise enti-e' lé golfe de la Laconie et celui de la Mt^ssénie, fut presque toujours habitée par dés hommes kidépendans. Sous l'empire romain , ils prirent le nom de Laconiens libres, et nendant leA dissensions qui* agitèrent le Péloponèse ils emportèrent leur5 dieux dans lesr déôiés du mcMtit Taygète-, d'oà îXs terrassèrent cons-» tamment- leurs ennemis. Ils^ embrassèrent la re'ligion chrétienne pendant lé règne de 6a«^ sjle le Macédonien ; et ils arborèrent la croix sur les sommets glacés du Taygète.
Cependant ce peuple ne quitta point lès armes qui lui servirent à coilserVer sa liberté^ ">'• ' ■ ''-III I. II. " I • • I "• ■• -*
fj) Golyva ^^blé bouilli«
^i3 Vainement les Turcs renviromièrent sansx^essie de leups forces et de leurs pièges : lesILacôwiens ont su se dérober au joug des infidèles. Implacables dans leurs haines et dans leurs vengeances /les Maniotes abjurent néanmoins ces sendiiieus a la voix des vieillards les pluis vénérés du canton.
Ges derniers exercent une sorte d'autorité: leurs avis«ont des oracles ; les j eunes gens et les femmes ne les aborde»t qu'avec respect. Cest devant eux ^u'on régie , dans des synodes^ les dépenses nécessaires aa culte > à lentretien de ■quelques poimts fortifiés^ à Fachat de la poudre y des boulets , aux mesures de sàreté et dç conservation pour le pays.
^Sparte; ses ruines * -^Mistra; ses environs, ^e^ , habitons.
Le nom de Sparte est à peu près tout ce qui reste de celte ville illustre. Mistra, bâtie avec les ruines do l'ancienne Sparte, mais çituée à une d^mi-lieue de l'emplacement qu'elle occupait, s'élève en amphithéâtre su» le penclMmi tf^ne montagne tournée à Test, et reçoit les bayons du soleil , qui , n'étant point tempérée par le vent du nord , y rendent en été lee chaleurs insupportables. Elle est dominée ,ft louest /par le mont Taygète; au nord , p^r
ii4
son propre château; vers Forient, par le mont Tornika. Sa vue s'étend, au midi, sur la Tiase, et le long du Vasilipotamos , dont les rives sont délicieuses.
On divise cette ville en quatre parties : la première est la citadelle ; la seconde , la ville proprement dite , ou Mistra, qui est de forme * ovale ; les deux dernières sont deux faubourgs , connus , Tun sous le nom de Mésoctiorion , ou village du milieu^ et lautre sous celui d'Exochorion, appelé Marathe et Evrec-Castron, «itué au-delà du fleuve«
Le château bàii au sommet de la montagne de Mistra , sur un plateau de cinq cents toises environ de circuit., est gouverné par un sardar , ou commandant , qui a sous ses ordres quelques compagnies de canonnîers 3 une douzaine de pièces de canon , toutes de calibre différent, compose son artillerie. Une mosquée, quelques citernes revêtues de xùarbre, une cinquantaine de baraques construites avec d'antiques débris^ forment l'ensemble de te château ; ses murailles sont de. forme octogone , régulières, crénelées; le parapet est peu large et dégradé. On monte au c^iâtean >par un chemin tournant qui offre «tir sa gauche des groi;çes de maisons couvertes ,de tuiles d'un rouge très*vif. On voit «ncore
sti5 lésfdS^emens du château de l'ancienne Sparte^ Stt£fuae colliiiô moini éleyée^ mais dans une liosition pliis miEtaiee, et d'où un corps d'armée pourrait se rendre maître du cours de l-JEurotas* La ¥itle de Mistra, environnée de murailles - ruinées , a deux p^tes , où se tiennent les agens -du fisc, qui perçoivent le droit de péage : la première , ouverte au nord , conduit au château , et la seconde donne une issue vers Torient, Deux grandes rues4ivisent cet espace presque à, angle droit; la plus considérable . offre ^elques restes de l'antiquité.
Les lettrés du pajs prétendent que cette rue, nomniée rue du Marché, est l'antique Àpéthaïs, ^ei qu on y voit encore aujourd'hui la maison du roi Polydore , et le temple de Minerve , dans lequel Ulysse^fit l'inauguration du temple de cette déesse. Ils ajoutent ^e le grand ha- . zar , rempli de MisftriotéB ou i^ègard fier j d'ilotes cukivateute, et anvirotîné d'humbles boutiques et de maisons à un selif étage , est l'ancien Agora* Au reste cet enq)lacetnent est le lieu . dé réunion des marchands', et le théâtre des exécutions.^ Si la mosquée qu'on y remarque n'èst^as FAphélion , eJte^^ été construite avec les ruines fléce temple. Auprès , §è trouve un .'kban spacieux, fréquenté par une foule de
^r6 laarchaadfl , cpii y jouissent de la plus^anSè s&reté. lïon loin^ on yok la colonne Persan*^ dont il ne subsiste pins qoe les ruines ^ qu^om AutUe chaque jour pour b&tir dans ce quartier.
Les murailles du temple de Vénus armée , les restes du temple d'Hercule , qui existent encore ^ sont 4 un marbre superbe; il est tiré des carrières .du mont Taygète, et très^supérieur au marbre pentélique.
La métropole^s cbr/étiens^dédiée àlasainte Vierge , -et que les Albanais avaient ruinée, a iété i<établie; Vo&cey est dit par un ar<^véqiie ihétropolitain , aussi pauvre que les apâtres. On prétend qu'il s'y opère beaucoup de miracles ; selon la coutume des anciens , on y place les malades à \sl porte du Aemple, afin que ceux qui s'y reqde^t leur indiquent des remèdes propres à recouvrer la stoté.
Au midi I estima Pa»danes«i ; les religieuses ^i y avaient un. couvent, y lurent égorgées, 4apsla guerre de 1770^ par les Albanais^ cruels alliés des Turcs. Celles qui ont repris cet^inslitut «ont restées en quelque sorte errantes. La Pandanessi n'est {4tts qu'une simple église ^e.cque«
Les rues de Mistira , petites ^ sales , étroites, sont bâties su^ un terrain inégal. Les maiaoQs s'élèirentpar étages , elleii sont eiwironnéesde
af7 platanes^ d« cyprès, de bouqnets d'oxtattgers » offrent un aspect agréable et pittores(jue« Les couleurs ywe» que les musulmans emploieni pour peindre leurs babitatioBs, la teinte brune et lugubre de celles des Grecs , ces sites coupés^ les donnes des temples et des mosquées y forment un /contraste aussi cmrieux qu'extraordinaire; mais lesxi^es seules de TEurotas rappellent qu'on est à Laeédémone.
Les maisons du Mésochorion , qui e&t ^u midi, un peu vers Torient , nombreuses , mais éparses , mêlées d'arbres et de jardins cultivés, forment quelques rues ei^s'étendent jusqu'aux bords de l'Euroias. On trouve dans Mésocbo* rion des bazars^ des conaks immenses; cette Tille jouit d'un meilleur air que Mistra, et eUe possède une fontaine que les Grecs prétendent être l'ancienne Dorcea* ' A une demp*lieue environ «de la fontaine Dorcea et vers le mont Tayjgète ^ on rencontre les ruines du temple de Vénus armée; les guides qui conduisent les étrangers dans cet endroit disent que le palais de Castor et de PoUux y était, et qu'on y voyait le cénotaphe sur lequel chaque année on prononçait l!élog[t de J^éonidas et de ses braves. Les Rasses ont ^evé des redoutes sur cet emplacement oà les anciens Gjrecs avaient un théâtre , et ils l'ont
ai8 Uraaalbcmé en un boulerard redôutaUe pour âe garantir des attaques qu'on auraii pu faire âans là vallée delà Tiase, aujom'd'huî rivière de Mistra.
Ces contrées , d'où Yceil peut embrasser Fen^ sembledeMésochorion,présententdeâ tableaux enchanteurs : une prairie délicieuse boi-de le fleuve ; le plataniste , le dromos se marient aux perspectives des coteaux éloignés; on aper»* çoit, sur les rives de TEurotas, des mai4)res où sont scellés les anneaux auxquris on attachait les galères qui remontaient jusqu'à Sparte à certaines époques de lannée ; des monticules formés de ruines se prolongent au nord*
Pour se rendre de M^sochorion à TExocorion , on passe l'Eurotas sur un vieux pont de pierre de six arches. Le lit de ce fleuve peut avoir vingt toises de large en cet endroit. L'Eîûo^ chorion , Evreo - Castron , peut être considéré comme une yille à part; elle est habkée par des juift.
€es quatre divisions , comprises sous le nom de Mistra , sont loin d'occuper Tenceinte de . Lacédémone , dont lès débris épars couvrent au loin les bords de TEurotas.
Sur la roule de Sklavo - Chori , ancienne Amyclée, s'élevait au midi de la ville le dromos pu eirque ; son circuit; sa forme existent encore
let dohnemtme iiée àe UhiI Tédîlicéy <pii étaiî ilësiiiié «aoc courses ah^à-qull divera «xer«cicefi gymnastiques. S^iis les niki^s on dpèr^ •^t pldsieurs tangs d« â^ges él6V<h par étage», et ces^ débris mettent à même de juger qae* le stade avait au moias.trente4^iios toises de longueur. L'île de Sklavo-Ghori, couverte à séa centre de platanes , est bordée de santés pleureurs et de cy-tises^i se véfléchissentdhns tes -éanx^ tandis que^destoufles de lauriers, de rosiers et d'arbres à' sdié, di^minés^ flattent Âoncement la tm et parfument les*airs; on y déeouvre le montTaygèié , dont les sommets coHvèrt^^eiie^ rMéchi^semuti éclat Inmi-
• Sttrie9 bords- du flecCve cîui bal^é dettoile , on cueillit > dit Théocriie, les fleurs de la ^rl^nde dont Ht^ène-ee couronna le jour ée Soti bymén^e^ Les }èm^s filles dé Sparte se rendent en ftvle dans ces' lieux *qu'ar* roitfât la Tiase et TEui^iâs , ]^r orner âe fl^irtieur front virginal. lË^mioîle de potirpre M% ressortir' k blaiïciieur de leur tëimf de^ kmgnes treises de cbeveux blonds ^flottent sur leurs épaules et sur le«r sein ; leur» grands yeux Ueas^ bordés de longs cils, ont une douceur enchanteresse ; leur son de voix tbnchant pémMm l'àme^ et leurs fi^rmes , leurs attitudes
élégant inspireraient la volupté, ti leorma^ jestepse pudeur ne commandait pas le reipeer» Les hpmmes, en général 4We stature élevée, ont les traits réguliers ^ on reconnaît en eux les descendans des SparUatea Doriens;, ijs sont hfiaj^s jusc[u'^ la témérité^ mais violens^ intéressés et vindicatifs.
La langue commune aux habitans de Mistra est «elle des autres Moraïtes.
Les LaçoniensdiiTérent des Arcadiens autaxu par leurs mœurs que* par leur costume. Le. Spartiate/ d'un caractère vif, inquiet^ aime suiy tout à chanter les combats. L'Ârcadien porte la panetière et la houlette , et mène la vie pastorale; attaché h ses vallons^ à ses ruisr. seaux , jà 7 joqjit de la pajix et d'une heiureuse insouci(^nce. L'autre, fier, plein,d'énergie, forr me des vœux. contre ses oppresseurs, et quitte avec joie son pays. natal pour prêter son bras 9UX ennemis des Timtcs ; cependant il ne cesse ^e se dire avec orgueil enfant de Sparte, et de faire ^es vœux pour l'indépendance de sa par trie. L'un, vêtu d'une bure blanche tissue par la main de sesfemmesetde ses filles, travaille des ^nattes, exprime Thuile dea oKviors, foule le raisin, trait ses chèvres et ses bi:ebis, porte à l^t yiUe le produit de ses récoltes et.de son indc^it^ie, et retofime av«c ravissement à ses boc;agef
â2i Oeuris. L'autre fabrique des armei y s'hoUHé d'étoffes d'une couleur mmbi^e ^ , maoie la haehe , sa mêle aux caraxanes , et cdbrt avec il^anspou affronter lesrpérils»
Mistra possède encore '^it^e à dix-huit mille. hahjitaHS ; uh tien se cofdpose de n^usid^ mans^ et le huitième environ de juifs.
Citries , aujourd'hui Dolous.
Citries;, maintenant Dôlon^, est la ville la pllis considérable d'un beau*vallon €|ui s'étend itrés4oin dapis lé Ti^gète. EUe âe divise «ù ,;YîHe ; haute, «t e^ ^yiHe basse,, parce qu'une ^j^aijjùë^s^ troave da^s. la montagne, et l'autre 4fi9fi Iç, vallon. Dplou» renf^erme une popula- .tioq, assez considérable. Les femmes y sont ti£ès-}olîjps,.très-ahiiables et très-aiitachées à letif ç^js dçnt elles ne parlent qu'avec euihoùlfasme^ Cette. ville peut mettre plus de ^^. cents hommes sous les ^mesv .
Èe^ ruines de Tégée.
Les ruines.de Tégée se trojuvent vers le nord a une lieue deVantiqvie Asé, Les vestige^ d^une église qu'entourent plusieurs maisons , une tour délabrée , et quelques pan» de muraillec , restes de l'ancienne capitale des Tégé«los^ ont pris chez les Çrec» le Mom de Paléopolis» Une
2at« imito, coQierte de terr$ végétak , k en partie àmi-côtt; parait âlre lemplaceinent oàâ'^]^« Tait Tëgée. On ne peut labeurei ce terrain i cause du peu de profcNidenr de ta tevm ^ recouvre ht peine ies mines-; aum 11 n'y croit fue dellierbe, Hfpi se siche dèstpie tes chaleur» commencent^ A plus d'une demi-lieue aux environs, on ne rencontre que de grosses piemes de taîUe éparses^ des morceaux .-énor* mes de granit ^ dta fragftiens de marl)re , et le soc ne peut effleor^r la te^e sans enlever des briques et des tuiles ; tottt enfin prouve qu'il a existé une ville dans cet* endroit» La vieille tour, qui subsiste em partie^ a quarante pied*environ de hauteur, et parak être un débiis de ferdfications^Le montChélos est à deux lieues et demie de Tégée , ou Paleopolis ; an nord , un ruisseau coule vers TripoKtaa.
La vue, la situation, la température d<^ Tégée sont délicieuses ; la beauté de son vaK Ion, le voisinage de Mégalopolis et de Mantinée^ devaient attirer dans ses murs un grand nombre d^habitans» Tégée possédait des édi-*fices magnifiques, parmi lesquels on distinguait le temple «de Mîherve aléenne , décoré de tsois ordres d'architecture*. Des colonnes dorique* décoraient son extérieur ,^ et dans^ l'intérieur e^n voyait deur portiques de co»-
lOQties corinthien aes sarmontéô de colanneà roaienties. On avait représenté dans ce temple la fameuse chassé du sanglier de Calydon , ainsi que les pbrtraits des héros de la Grèce qui s'y étaient trouvés.
L'œil se plaît encore à contempler ce vallon , au sein duquel s'élèvent quelques maisons agréaMes, des fermes, des massifs d'arbres variés , €fl où l'on embrasse presque i la fois les passages de la Laconie, de l'Argolide , de Mantinée et de la Messénie. On y découvre le mont Ménale, le Parthénhis, l'Artémisius, ie Grésins , le Borée , et le mont Cronius.
D^/emmies manioies,
l.eB femmes des Maniotès auimetit leur^ maris et leurs fiïs à cfourh» affronter lesr périls ; souvent même eUes se plaisetit à les partager avec eux; cepetidaut chez elles le couragô n'exclut point la senisibilité. Elles aiment leurs ^nfans avec une tendresse extraordinaire , et . quand leurs fils succombent dans les combats, la gloire qu'ils y ant acquise ne saurait adouck leur chagrin.
Les femmes maniotès offrent le modèle de toutes les vertus. Exemples de l'amour filial, elles le sont aussi de l'amour conjugal et de l'amour matemeL Une fois engagée à l'époux
de son choix, la Maniote n'assiste plus avt danses où les jeunes filles du pays vont, au déclia du jour , s'exercer sous les platanes ; elles f elèyent alors sur le sommet de la tête les beaux cheveux qu'elles laissaient flotter ^n longues u*esses. sur leur sein : semblables en cela aux femmes grecques de Tantiquî^é, qiri abandonnaient en se mariant les parures dç leur adolescence, pour en prendre de plus simples et de pliis modestes.
Epouses soumises et fidèles , mères admira* blés , on les voit prodiguer à leurs maris les soins les plus tendreç , et, Toeil fixé sur Ife bei* ccau de leur nouveau-né, Tagiier doucement^ avec le pied , pendï^nt que d'une main elles tournent le fuseau. Forcées de suivre letirs inaris dans les montagnes;, soijt qu'ils s y rendent pour. cultiver la teiTe, ou pour observer l'enneinî, elles suspendent à leurs épaules un hamac de peau de mouton , dans lequel leurs enfans sont placés ; au plus léger cri qu'ils jettent, ces bonnes mères ramènent le; hamac devant leur sein , et satisfont à leur faim. '
Les habitans du Magne pra'iqtwat eu silence les vertus filiales et patriotiques. De simples chansons leur servent d'annales ; elles parlent de combats, de victoires, de Turcs V aincus , de drapeaux déchirés et de barques
T.i, l'-tU
submergées; leur texte le plus ordinaire est de retracer Thistoire de rochers qui écrasèrent leurs agresseurs , et de montrer la couronne du martyre ornant le front du chrétien mort d'une noble blessure sous le cimeterre des infidèles.
Les Maniotes tiennent allumés de toutes parts , pendant la nuit, ^^s feux qui annoncent que rheure destinée au repos n'endort pas /eur vigilancQ ; leurs bourgades sont en outre gardées par des chiens énormes, accoutumés à terrasser les loups , et qui rodent autour des chorions ou yillages» L'instinct de ces animaux les instruit à distinguer, au "milieu même des ténèbres , les étrangers des habitans du lieu qu'ils défendent. Au bruit de la marche éloignée d'un homme ou d'un animal inconnu , leurs cris , leurs aboiemens redoublés répandent l'alarme, et chaque Maniote court sut le champ aux armes. *
Les prêtres les plus ignomns de la Grèce sont les papas du Magne; ils saisissent le prétexte de la cherté des livres et la difficulté de s'en procurer, peur s'exempter de dire le bréviaire. Aussi voleurs, aussi avides que Iq plus audacieux des Maniotes , ils les accompagnent dans leurs expéditions, afin de partager ,le butin, et ils allument dans leur cœur la
défiance et la haine poxtr tout -ce qui n'est pas^^ maniote.
Babitations des Grecs,
Elles consistent dans un rez-de-chaussée , dont le toit forme le plancher ; on est obligé de s'incliner pour y entrer; la porte en est trèsbasse. Le feu est contenu dans un trou décoré du nom de cheminée. Une petite trappe éclaire cette misérable^ cabane , où , pendant la nuit , on jouit de l'aspect du ciel à travers la concavité des tuiles..Dans Thiver , les pauvres gens n'y sont point abrités contre le froid, ni contre la neige ; ils sont obligés de s'envelopper le corps et la tête de couvertures pour adoucir un peu les rigueurs de la mauvaise saison.
ManiUule, La plaine de Mantinée, nommée aujourd'hui Goritza par les Moraïtes , contient cinq lieues He*^ longueur du nord au midi, et trois de largeur; elle est Tissez bien cultivée; les coteaux qui Tavoisinent sont couverts de vignobles, d'où on th^ dû vin blanc très -estimé. D existe une douzaine de tîtlages du côté du mont Ménale. On a construit à travers ce mont un chemin par lequel les gens de pied peuvent s'en retourner à la ville. Ce ftit environ à une lieue de là , près de Tégée, que se livra la ba-
taille gagnée sur les Lacédémoniens par Epa miaondas^ que sa mort glorieuse rendit im* mortel.
Fins de Mistra.
crOe superbes coteaux couverts de vignes s'é^ lèvent au nord et à l'occident de la Morée ; le jus qu'on exprime de leurs raisins donne un vin parfume. Selon le rapport d'Athénée , Ul jsse planta une vigne sur un de ces coteaux lorsqu'il vint à Lacédémone pour demander la main de Pénélope.. Ces collines^ tant célé<brées par les poètes anciens , sont toutes dési^ gnées aujourd'hui sous le seul nom d'ambéles ou vignes. Elles occupent plusieurs lieues^ et se terminent vers Magoula (i). Les environs offrent des habitations où l'on trouve des Grecs qui paraissent jouir d'une- honnête aisance.
»Le seul temps où un Grec soit parfaitement heureux pendant sa vie , c'est celui de son en* fance ; car on le laisse croître en toute liberté, comme les végétaux robustes^ qui ornent sa terre natale.
» A cette époque agréable de la vie, les Grecs ne sont point soumis aux traitements barbares qu'éprouvent les enfans . des dernières classe^
0) Magoula , village situé à Test de Misira.
2a8 de la société dans les pays civilisés , et on ne lit sur leur figure l'expression d'aucun sentiment pénible. Rarement battus , souvent maudits^ ils en sont quittes pour des paroles insignifiantes, qui n'effleurent leur imagination que pour les rappeler momentanément à la docilité et à l'obéissance. Ils sont familiers à tous les petits jeux de Tenfance qu'on retrouve dans tous les pays.
» Quand Tâge commence à développer leur raison , on les envoie, pour apprendre à lire, à l'école d'un papas , ou dascaios. En examinant avec attention le mode d'enseignement pratique par ces mahres ignorâhs , on ne peut concevoir comment des enfans peuvent parvenir à connaître leurs lettres.
» Le magistcr, assis dans son fauteuil ou sur un banc , dans l'attitude d'un homme affecté par les vapeurs de l'opium , et muni d une longue baguette dont il frappe au hasard, écoûte ses écoliers. Un seul d'entre eux lit, mais tous suivent la leçon à haute voix sur des tons variés , et avec des inflections de voix opposées. Mais ce qu'il y a de plus singulier, c'est que ces marmots ; déjà^ rusés comme leurs pères, ont l'art d^abuser complètement leur maître , en lisant effrontément dans des livres . différens , lorsqu'ils st)nt censés lire une Ie$on
commune. Au reste ^ cela produit peu de diffc' rence après quelques leçons ; car T'écolier , plus fidèle aux impressions de la voix qu'au témoignage de ses yeux , répète ce qu'il entend^ et finit par ne plus iÇ^ire de contraste , quoique son livre ne renferme pas un mot de ce qu'il lit si bien. Après l'étude de la lecture, rient l'écriture , dont l'exercice est mieux entendu, mais à F^habitude de laquelle peu d'enfans parviennent. Les premiers élémens de la religion sont également enseignés, quand le papas les sait : il leur montre au moins à étendre les bras comme fl faut , à s mcliner convenablement pour faire le signe, de la croix ; il leur enseigne que les Turcs sont des chiens , des damnés qui iront en enfer ; que^ pour eux , s'ilst. respectent les papas, s'ils ont soin de le& bien payer , le paradis leur est réservé. »
( P^oyagê de Pouquwille, 1797. J
i3o DIVISION DE LA MORÉE.
Son gouvernement f ses impôts.
te pacha à trois queues qui réside à Tripofitza gouverne la Morée entière •, il a sous ses ordres le pacha à deux queues qui commande^ en temps de guerre à Naupli.
Les beys de Navarin, de Coron , de Modon, de Mistra y d*Argos , deÇorinthe, de Patras , et de Gastouni ; les chefs d'Ârcadia , d'Andrîlzena , d'Andréossa, de Londari , et les codja-bachis de Caritène , de Sinano , de Vostitza , de Vasilico , eic^, versent les tnliuts entre les mains du pacha beglier-bey , qui a un intendant,, deflcr-kiaya, et un contrôleur, macabel-edgî.
Les impôts portent sur les personnes et sur les propriétés. Les Turcs ne paient que la taxe territoriale , et tout sujet musulman doit en outre la capitation ou caratch.
Le caratch est un impôt capital , une sorre de cens , auquel on «oumet le raia (i) dès 1 âge
(f) Raia, vassal non pas attaché à la glèbe , mais
de douze ans. Comme il n'existe en Orien^f aucun acte pour constater l'état civil , les cadi$(i)y dans le cas où des contestations surviennent, mesurent la téie du contribuable dan» une corde jaugée à cet eflfet , persuadés que la nature ne peut jamais lui donner une autre mesure <{ue celle de leur tare à une certaine époque de la wie^
Lorsque le sujet, ou rai», a payé son impèt" annuel , il reçoit un carré de papier bleu ou rouge, sur lequel cinq ou six cachets sont im«primés , et qu'on nomme billet de caratch. Le costume de chaque particulier indique le lieu de sa naissance , sa rdi^on et son état ; on demande la carte de caratch aux portes des^ ▼illes , et l'on force celui qui ne Ta pas sur luide s'en procui'^r une autre ^ heureux quand ,, pour le punir, on ne le fait pas plier sous les coups de bâtoo. Les habitans du Magne se sont affranchis d'e cette taxe humiliante pour celui qui la paie par un abonnement. Les papas, ou prêtres , en sont exempts par les capitulations des empei^eurs.
sujet du grand-seigneur , grec , juif, arménien , parsis , «te. , enfin non nnisulman*
(i) Cadis, sorte de juge de paix qui prononce en première instance , péme en police correetlonnellev
a 3a La Morée renferme f nriron quatre cent mille Grecs , quinze mHle Turcs, quatre mille juifs. Outre le caratch, il existe plusieurs impôts indirects et mobiliers.
Grecs moraXtes, femmes grecques.
Les Grecs accueh , comme tous les peuples-, ont une physionomie qui letir est propre , et cette physionomie tire malheureusemem son principal caractère de l'état de servitude et d'oppression dans lequel ils sont ^plongés. Mais qui ne sait que la verge sanglante du des^ potisme abâtardit les peuples comme les individus ?
Les Grecs moraùes , ou habitam de h Morée , sont forts , robustes , et distingués par mie coupe de figure pleine d'expression, mais> comme je l'ai dit, altérée par la servitude. Spirituels en général , ils sont dissimulés , astu<cieux et vains. Babillards^ menteurs , parjures, ils ne profèrent pas uae parole, ils ne trafiquent pas la plus petite chose, sans prendre les saints en témoigi^age de leur probité. Vifs, gais ^ ils excitent la j.oie^ sans inspirer la confiance. Doués d'une imagination active et fleurie , les comparaisons , les figures abondent dans leur langage. Du reste , nulle mesure ; ils exagèrent ce qu'ils disent comme ce qu'ils font*
ï33 S'ils parlent de la Uberté, ils s'exaltent de uni oière à faire croire qu'ils sont prêts à tout entreprendre , même à tout sacrifier pour l'obte^ nir ; mais , au fond ^ cette indignation qu'ils manifestent contre leurs oppresseurs, provient moins de leur amour pour l'afiranchissement ,■ que de Tenvie de voir dominer leur culte. , Les femmes des Grecs moraïtes méritent en général le prix de la beauté , et peut-être la palme de la vertu. Elles doivent le premier avantaîge à des causes physiques qu'il est pos-^ sa>le d'assigner. Pendant la plus grande partie de Tannée , le soleil échauiFe la Morée de sts feux; l'air, dégagé d'hu midi té^ chargé du parfum àes fleurs,', est pur et vivifiant; la température douce i le ciel serein comme à Meurphis, ou comme dans nos climats aux plus beaux jours du printemps. Si l'on tient compte ensuite du travail modéré, de la vie réglée qui paijiage le temps des femmes en Orient f on verra dans ces causes réunies la source de la beauté qui , de tout temps , a distingué le* femmes de l'ancien Péloponèse.
Les modèles qui inspirèrent Apelle et Phidias se retrouvent encore au}ourd'hui chez les Grecques....; généralement grandes, leurs formes sont nobles, leur œil est rempli de feu , et leur bouche est ornée de belles dents»
toutefois eltes «e nûauceftt comme les pa^s ^'elles habkenC , quokpie conservant toûjoars mtftmdmâltérable de la Beauté commane. Îm . àÛe de Spafrte est blonde; sa taiUe-est svelte, sa démarche noble. Celle qui habite les montagnes du ITaygète A fe port et Tattitude de PaUas^ quand cette divinité agite êes armes et son çgidé épouvantable. Là Messénieune est petite , chargée dVmbonpoint , a de la grâce dans les traits, la figure régulière y de grands yeux blettt , die longà cheveus noirs , et quand elle foule le gazon de ses pieds nuds et délicats , on Ik prendrait pour Flore au milieu des prés émaiilés de fleurs. L'Arc»* dienue;, enveloppée dans s* bore grossière, Taisse à peine apercevoir la régularité de sa «aille; sa tète est pure, et son sourire est celui de rinnocence. Les femmes de l'Archipel , excepté celles deNaxos^ne possèdent pas lesmémes avantages.
Caractère des/etnmes moraltes,
« Chastes lorsqu'elles sont filles, pudiques et fidèles lorsqu'elles ont serré les nœuds de Thymen , elles ont dans le caractère une certaine' austérité qui repousse toutes les atteintes de Ir volupté asiatique. Rarement , après la mort de Fépoux qqi fut le choix de son cœur, voit-on
aS5 ane<jirecq[ue xm)raue contracter un {it)uvd en^ gagement ; ces âmes tendres^ supportent difS" oUement la perte de celui qu elles ont aimé ^ et souvent elles passent le reste de leurs }ours àfe pleurer,
» Des étoffes de pris ne servent point aies parer, si on en excepte les schals précieux de rinde , réservés aux femmes opulentes. Elles portent les vêtemens qpi'ellesont filés et tissus , et ellesentrelacent leurs cheveux de quelques {leurs dans la belle saison..
D Douées d'organes sensibles à 1» mélodie, la' plupart chantent en s'acconvpagnant d'un té-^ tracorde , dont lies sens» soutiennent leur voix»- Bans leurs chansons elles n^éxaltenf point, les* faveurs de Tamour, ellesH'aTCcusent point Tin*constance ou les froideurs d'un amant : c'est plutôt un jeune homme qut sèche d'amour' comme r herbe dès toits ^ qui se plaint de la* cruauté de son inflexible amante, qui se compare aux oiseaux privés de leurs compagnes ,. à la tourterelle solitaire y enfin , qui convie lanature entière à partager son deuil et son af- Siction. Â ce long récit dé peines , les compa-^^ gnes attentives de la cantatrice sont vivement émues; elles s'attendrissent, pleurent, et se félicitent en se retirant d'avoir passé un instant agrétible à leur manière.
i3^ a Siles femmes grecques ont reçu de là naitte la beauté en partagé et le don d'aimer avec ardeur et sincérité , elles ont ausâi le défaut d'être vaines, avares et ambitieulses , au moins dans les rangs élevés de la société. Pritéés de toulef espèce d'instruction , elles sont incapables de ^outetiir une conver^tionunpeu intéressante, et ne rachètent pas lelir défatit d'éducation par de l'enjouement , où par cet esprit naturel qui etifante des saillies , et plaït chez les femmes beaucoup plus que Tesprft d'acquit. On petit donc aflSrmer que les Grecques en général ne savent rren , que celles même qui sont neés dans* un rang distingué*, Ignorent fart dé représenter et de tenir une maison; art si-familier aux femmes de nos contrées, qui ont trouvé le moyen d'attirer et de fixer auprès d'elles les hommes les plus graves y ainsi que les plus aimables. »
( F'oyag.e de PottqueuUU , 1797» )
fongeSf divinations ,, magiciennes , mai^ais œH, nombre redouté , terreurs pusillanimes , sermons, superstitions ridicules , syhilles , accouchemens , naissances , décès , baptêmes, soins donnés à fe/i^ Jance , liberté qu'on lui accorde , son bonheur, son éducation.
De vieilles sibylles, d'étiques socciéres ^ produit impur de cette . Thessalje , de tous temps fécon4e en mûgicieni^es , sont en posr session y dans, toutes les parties.de la Morée, d'expliquer les songes, d'interpréier.les $igiies^ enfin de commc^nter les délirçs 4e Timiigioar tion. Réyérées, craintes^ dvéricts, caressées , on n'en trepi^end rien de sérieux sans les consulter. Il est aisé de )ifger quel doit être Veu^ pire de ces misérables, connues chez nous sous le nom de bohémieunes ou d'égypti^ur nés , sur rimagination ardente des femmes (reçques.
.Une jeune fille éprouve tout à c^up .une émotion qu'elle ne connaissait pas , à la vue d'un jeime homme qu'elle a distingué parmi beaucoup d'autres *, mais ,elle n'a pas été reinarquée à son tour de celui pqur lequel ^Ue soupire. Q(ie ya-t-elle faire? Elle coui^t aussitôt chçz la.bohéix^î^Pi^^ > qui lui compose ^nphiii^e ; remède immanquable pour ^e faii;e aimer^
2^3S Si la jcaiie fille estfortanée, et que la ma^cienne puisse espérer une récompense , lé succès sera infailUbte, car elle deviendra sa proxénète y elle éta}>ttrA «eçrèi,$anent un pka <d'intj:îgttes lialMleitteiit caleulé , qoî k condiiiront aux fins qu'elle désire.
Mais celle-ci veut-elle sayoîr quel époux le soft lui réserire?La magicienne lui ordonne «le pétrir un gfeteau , on de faire un piLté as^ saîaonné av^c de la menthe et quelques herbefi aromatiques qui ^eroisseot d^ans les monta'^ .gros ; elle devra le manger le soir sans boires eUe se mettra knmédtaiemènt après au lit; a jant eu soin ppédiableniêtit dé suspendre à $on cou, dans im sac enciianié^ trois flenrs, dont une Wanehe, Fautjpe ronge , et la troîsième-}amie. La première qu^elle tirera au son en se réveillant, annoncera, si* c'est la blanche^ xm jeune lïomme; si c'est la ronge , un homme mûr^ un brave ; enfin si elle tire la jandé^ que le prétendu est veut Les songea qu'elle aura ftits dans cetie nuit mémorable ^ soiH'eiisinte commentés 9 pour savoir si le mariage sera heurenxet si l'éponx sera riche.
L'effet que doit produire nécessairement un gfttean , ou bien nn pâté épicé , est de troubler le s^mzDeîi ,.en-aliérant ceBe qoi «n a mangé ; delà, uneagitaitenqui anit^nera bientôt , avec
fe$ teri?euF3 , tous ks délires de Ilmaginaiion* Si lea prQales«^s ne s'axîcomplissent pas , la famé tt'eji sera, paç^XUribuée à la sorcière , comte lacptelle oa se garde mêxae bien de piqrmurer. Ua tej effet provient de ce qu'on a mal exécuté ses ordres^ c'est que le mauyais œil a rendu naile une réussite qui était assurée et injmanquable.. Ce mauvais œil VAriniane àes ancien^, est un démon ennemi de tout bonheur ; son nom seut épouvante les plus courageux^ Selon les Grecs^ cet esprit ou cette puissance invisible s'afltîge de la pros^ périté, gémit du succès, s'indigne de Fabon* dance des moissons , de la fécondité des troupeaux, murmure même contre le ciel pour avoir dispenté les grâces ou la beauté à une jeune fille. Par suite de cetle étnmge opinion , on évite de félieitejr un homme sur ce qo il a de joUs enÉmsj on se donne bien garde de se ^écrie|5 sur k beauté de ties ckefeux; car le mauvais œil lancerait à l'instaot ia Wpre &m c^ m4m«s en&as, et ne BMmqu^^ii f^s de nuire aux chevevx^ Ge même géiûe étend son pouvoir jusqu'à ravir les trésors à ceux qui en possèdent..... Mais si , en donnant quelques louanges, sî^ en.trouTani bc^au uitenfant., on a sQÎu ^ p^rler^d^o*^, m d«i(y»cher, le ^i^i^nit est rpmpu ctla wtuv»i&i»iUMeiiidia|^^
C'est par suite de ce préjugé qu'on voit de rail suspendu dans une maison qui vient d'être bâtie ^ afin d'en éloigner le mauvais œil; sans cela pourraît-eile sid>sister? Chaque vaisseau grec est pourvu d'une gousse d'ail enfermée dans un sachet^ comme d'un préservatif contre les tempêtes^ qu'on y attache aussitôt que le capitaine (i) qui en est le "propriét^îre l'a épousé, en y suspendant une couronne. De l'ail, de l'ail! scordo^ scordo ! s^écne-t'On y quand on craint -un malheur. Jamais ^ au surplus, on ne se Timpute : ce malheur, quel qu'il puisse être, est toujours dû au mauvais œil.
Mais, à propos du malheur, \g ne saurais taire un usage singulier qui y est, relatif. "Ea Grèce on le salue , cet êjtre métaphysique , non par des sentences allégoriques , mais par ces paroles «m^es : Sois le bienvenu, 6 malheur , situes venu seul! Ce mot est digne de remar* que par son grand sens-, car raremem un malheur vient-il ^ans un autre.
(r) TJn capitaine qui achète unTaisseau, lorsyill doit le commander lui-même , en prend possession en y attachant une courâmne de laurier , et cette cé<^' remonte g^ppelle épouser son vaisseau.
« Qetie apostrophe au malheur, que toutes les bottcliesrépèieat) les craintes pusillanime^ du mauvais œil, n'attestent <[ue trop les traces profondes qu'a laissées dans toutes les âmes l'état d'oppression^ausleqiienes Grecs vivent .ijepuîs long^-temps.
» Là crainte du mauvais œil empoisonne chçz ce pebple jusqu'auif plaisirs de Tamour. On y croitgénëralemeat que son influence, ou bienle pouvoir dessbroières,peut enchaîner les feux des époux. Aussi , la vdtled'un mariage^ prend-on ses précauxions, et ne^nanqne^t-on pas de faire un présent k la magicienne de laquelle on pourrait appréhender quelque maurais xqur ; on tache même de se réconcilier avec ses ennemis.
» Toutes ces craintes puériles sont communes y en Morée , aux deux sexes. Les hommes , blasphémateurs décidés , jurent à tout propos par la tête de leurs eiifans , par leuc t^me ; mais ils n'osent prononcer le noja du diable. S'ils font à quelqu'un le souhait si commun : que le diable t'emporte! ils tournent leur phrase de cette manière : Que celui qui est hors et loin d'ici te prenne! modification vraiment plaisante ,' qui cependant jâ'a pas lieu dans les églises où l'on ne craint pas le diabI^, à cause qn'il n'y peut entrer. Aussi ^ dans le lieq saint, !• II
ti-je eiHeBdu4€4!p«ip%4;e^vo}rer leurs oMiiHes au diable , se 4iap«leD> $'i?iiiirier avec ç« ino^ ^aoftces&e à U b^çhe^ ei è» ftii^e mui»e)le^ suent des: souhaits pobr ^^e^^mporiés par c^ai^ doni ils a'c^knC .pf0lldaei3i:)fkt nom hors M ces mêmes églises, . . - ,,, .
"»Jufi langage habituel déoèie .Calcinent des idées svpersttiSeases. AiBfme-4-<^ 7 pour donper pluside poids «u discours, une} }oiie femme dira i Qmpje^ive! que je puisse eati^ ^en^er la vue l 'Si eHe veut £aire passer un mensonge, ce qui a lieu en Grèce comme ailt leurs ! elle dka: : :Çiie)e perde la vf^ , mais c^ mot n'est pas prononcé sans quelque pe«rda voir les j-eux pvivés de- leur £acuèté« Pour ie nom de la Vierge , il se trouye pkcé dan^tous les lienx où le»anoiens employaient le i|om de Jupiter comme affirmation, ' y% Parmi leff signesde malédiction usitësdes Grecs , le plus redoutable est la vue des cinq doigts étendus tous à la fms. H expliqi^e ua passage de Yjéndrietme de Térence, dans laquelle un personnage dit , en faisant le même geste }/e t'en donne cinqy{eece tibidono quiaque* ) Le nombre cinq est tellemem, décrié , qu'on n^ose même le prononcer ,>dm)S la oon-r Tersation , sans le faire pi:ccéd^.d;uu'e e%€ù»e. Quelle est Torigine d'une telle jestravagauce ?
a43 Je rîgnore , et je crois que c'çst une chose très-fulile à rechercher.
» Assistons maintenant à la naissance d'un enfant, et voyons la superstition présider àcel Cicte de la nature. Ayant le terme désiré , les prédictions assiègent celle qui attend impatiemment , avec la "fia de ses douleurs, 1^ fruit qu'elle porte dans son sein. Ses songes , les événemens mêmes les plus étrangers à sa situation , lui sont interprétés : c'est à qui montrera plus de science dans cet art mensonger,
» Mais déjà les premières douleurs ont an^^ nonce le travail de la nature. Accompagnée d^ sa sage-femnie, prise dans la secte où elle fut élevée (car en Orient chaque religion a les siennes), celle qui , dans un instant, va éire mère , ne recevra aucun de. ces «ecoujrs dpxU l'art aide chez nous la nature, quelquefois in*constante dans sa marche, Une Grecque préféirerait mille fois la mort aux soins d'un homme dont le talent pourrait abréger ses souflranç^s, ou même la sauver dan^ un cas de péril«.M
V Xia lampe brûle devant l'image de la Vierge; Tencensfume et remplit la maison.... Lt'çnfoat reçoit la vie, il respire \ aussitôt on le couvre d'un voile léger, on le charge d'amulettes, on fait des vœux sur son sort ; on' le marque au front avec un p^u de boue , prise; an fond d'un
vase où Teau a séjourné, afin dëloigner de lui le mauvais œil.
» Au bout de quelques jours, on s'occupe de la réception des fées ou mires. On orne en conséquence la chambre des tapis les plus propres • on pare le berceau de Tenfant de schals , de pierreries , de sequins pour attendre la veaue dès quatre fées invisibles qui doivent faire des dons au nouveau-né ; on tie manque pas de vanter leur pouvoir , leur bonté ; on n'oublie pas de dire quelle protection elles accordent h ceux qui les honorent. Toutes les précau* tions sont prises afin que rien dans l'appartement ne puisse heurter , ou faire tomber les invisibles que Ton attend. Tout éçant donc bien rangé , chacun s'assied en silence et reste imr mobile , pendant le temps que les fées son^ présumées éire auprès du berceau de Tenfant. Enfin / la cérémonie de réception étant achevée, on ne tarde pas à présenter l'enfant à l'é-glise pour y recevoir le baptême (i).
» Cet acte religieux ne consiste pas, comme chez nous^ dans une simple effusion d'eau sur le sommet de la tête. On immerge Tenfant,
(i) Ce mélange odieiLX du sacré et ,d«4 profane prouve que Tignorance conduit, même avec ua cœur pieux ; à flétrir la sainte religion.
2i45 ti'importe en quelle saison (i) , dans un grand bassin rempli d'eau , où , sans égard pour sa faiblesse , sans pitié pour ses cris , il esl lavé , baigné et frotté ; le péché originel , la faute du premier père , Toeuvre du démon ne se* raient pas efifacés sans cela : il faut que l'enfant sorte du ftuide^régénérateur blanc comme un bienbeureux. Le papas , qui pratique la cérémonie , essuie Tenfant , et finit par lui adresser ces paroles : Va , mon fils , tu e$ propre.
» Ainsi^ préservé du mauvais oeil, gratifié des dons que distribuent les magiciennes , ei régénéré dans les eaux saintes y le nouveau-né est entièrement abandonné aux soins de sa mère* Heureux enfant! une mercenaire ne sera point chargée de te noturrir ; elle n'aura pas ton premier sourire ; toutes les attendons , toutes les caresses prodiguées k ta faiblesse , seront le fruit de ta tendresse maternelle.
» La santé ébranlée de la mère qui remplit ses devoirs , renaît comme une belle fleur chargée de pluie , lorsque le soleil ramène la
(i) Je ne parle que de la Morée et âe TAlbanie j on n^a assuré que dans les autres parties de la Grèce on avait la précaution de faire chaufier Teau pour le baptême.
sérénité. Unje doace langueur la rend plus în* téressante; sa voix prend un son plus doux, qui parle au cœur de rhomme le plus indifférent. Elle chante des airs mélodieux pour appeler le sommeil sur les paupières de son enfant, et elle fait le plus bel ornement de sa maison , qui est Tasile de la paix^t du bonheur.
» Arrivé à Tâge où ses forces exigent une nourriture abondante et plus solide que le lait^ l'enfant n'est point empâté , comme chez nous, avec cet aliment indigeste | connu en France sous le nom de bouillie : aliment qui souvent cause des désordres incalculables* Ici ^ la mère broie quelques substances légères qu'elle introduit dans la bouche des enfans , h la manière des oiseaux lorsqu'ils nourrissent leurs petits : elle les humecte , les dispose ensuite à une digestion plus facile , en les arrosant, dans l'estomac de l'enfant, avec son lait qu'elle lui fait téier (i). »
L'tle de Noxia^ anciennement Naxcs ; ciàt^ de Bac* chus,
« L'île consacrée à Vénus , Cyihère , n'est au j ourd'hui qu'un rocher stérile; Gnîde n'existe plus que sous les flots qui l'ont renversée, et
la superbe Cysique laisse à peine quelques
(i ) F'ojra^e de Pouqueville , 1 797 .
a4^ traces de ses rumes* Naxos, plus heureuse, rajM pelle encore le séjour et les l>ien{^iiè de Bac-* chus. Les dons que la naiuri& y prodiguatt à ises habitaus , durent ôails doute le* dîspes^r i reeeroir le culte dé cette iHtînitë.
j> Le conqtlériattfe bienfaiteur des Indes-, ho* horé en Egypte , sous lé noirid'Osîris, comme te premier des dîetix , Vit biéiitÀt multîpKei? ses adorateurs , et répandre son éuké facile; Cadmus^ des bords du Nil Tapporla en Béotie^ et Sémélé ^ sa fille , fut choisie pour tlonner à la Grèce le spectale nouveau de là reproduc* tîon d'un dieu : Bacchus voulut naître d'elle tine seconde foi^ et cette imposture servit également à faire la réputation du dieu , et à èauyer celle de Sémélé. Ce né fiit cependant pas< sans difficulté que ce ctihe pkî?vint"à s'é* tablir, et san^ doute le tiouverfb Bacchus eut des prétentions plus difficiles à soutenir que celles dû législateur dé TAsîe, ^puisque di£Fé^ tens prince lui firent la guerre , et que, suivant une ancienne tradition j- il alla mourir à Delphes de sesblessuresï Cet ëyénemeht, qui aurait dûî décrëditlhr tin peu sa divitrité dans l'esprit deè peuplée , rie fut point un obstacle à leur crédulité*
i5 Dans la suite, Oîr|ihée, Venant de Thràce et passant ^n Béotîe, reçut le culte de Bacchus
des descendans du fondateur de Thèbes; il alla eu Egypte pour achever de sloâtruire , et eu fit uu def premiers dogmes de sa religion* On en connaît toute la pureté. Uhorreur que les sectateurs d'Orpkée avaient pour le meurtre^ pourrait seul en faire l'éloge : ils le poruient jusqu'à ne mer ni manger aucun animal.
» Le culte orphique était trop sévère pour n'éure pas promptemei^t abandonné. Les féies des bacchasales furent seules conservées y et devinrent générales dans toute la Grèce. Les femmes, quid abord avaient été seules admises à ces mystères > auxquels elles se préparaient par plusieurs jours de jeûne et même de continence , s'écartèrent bientôt autant qu'il leur fut possible de l'esprit du législateur. Toute idée de religion fut bannie de ces fêtes , ou plutôt «n s'y fit un devoir de tous les crimes. Ces mystères ne furent plus que des assemblées de débduche , dans lesquels les initiés se livraient avec fiireur à tout ce que la licence a de plus efïréné. Les bacchanales ne se celé-;* braient d'abord que tous les ans; mais on mulliplia dans la suite ces occasions de plaisirs. Il y eut les grandes bacchanales , les petites, les anciennes , les nouvelles , les printanières , les automnales , les nocturnes , etc.
» Un culie si favorable au vice fut partout
H9 Itléprisé et partout adopté. Il passa en Italie-; mais le sénat, informé des désordres auxquels il donnait lieu , le proscrivit sous les peijnes les plus sévères , Tan de Rome 568. Les Gcecs même furent révoltés de tous les désordres auxquels ces fêtes servaient de prétextes, Diagondas les bannit de la Béotie par une loi expressé , et Platon proscrit de sa république tout ce qui peut y avoir quelque rapport.
^ Dans tous les lieux où se répandit le cuit» Ae Baccbus^ aucun ne lui fut auvssi particulièrement consacré que l'île de Naxos. Ses hahi-: tans disputaient aux antres de ïljsa et au mont Méros , l'honneur d'avoir protégé son ^nfance. Ce fut là que ce dieu rencontra Ariane abandonnée , et qu'il lui donypa l'immortalité.
)) Pour passer à des temps moins fabuleux , j'ajouterai que Naxos, ainsi que les autres îles de la mer Egée , fut alternativement libre , ou soumise aux Athéniens , ensuite pillée par les Perses, dont les premiers efforts avaient échoué contre la bravoure deshabitans. Ayant dgpuî^ passé aveo le reste de la Grèce sous le joug des Romains, Marc-Antoine, après la bataiJlG d e Philippe , la donna aux IVhodiens *, mais la dureté de leur gouvernement la leur fit perdre presque -aussitôi. L'Afichipel fit ensuite partie de l'empire grec jusqu'à la prise de Consiau-
a5o lînople pai* les Français. A c^eite époqire^ Marc Saniludo, noble vénitien, s'empara de Naxos et des îles yoisînes j il fut créé duc de FAr* chipel par l'empereur Henrr. Ses successeurs y régnèrent trofis cents ans , jusqu'à Jacques Crispo qui en fdt dépouillé par le sultan Sélîm n, L*évéque latin qui gouverne aujourd'hui le spirituel de Tf axos ^ est un descendant de ces anciens souverains*
» H reste peu d'antiquités dans cette lie. Une tour carrée ^ seul débris du palais des anciens "ducs, s^éléve au milieu de la ville, dont l'aspect est loin ^'annoncer la beauté de l'intérieur de l'Ile ; mais si l'on avance dans les terres , on trouve des vallées délicieuses, arrosées de mille ruisseaux , et des forêts d'orangers ^ de figuiers et dé grenadiers. La terre, par sa fécondité, semble prévenir tous les besoins de ses habi>* tans : elle nourrit une grande quantité de bes* tiaux^ de gibier. Le blé, ITiuile , les figues et le vin y sont toujours abondans ; on y recueille aussi de la soie. Tant d'avantages l'avaient fait nommer par les anciens la petite Sicile ; tous les poètes l'ont célébrée. »
( Voyage pittoréMifue de la Grèce , p«rle eomtft de ClioiMii^CrMffier. )
Du temple de BaccfiuS*
À droite du port de Naxia y ou. voit uu écueil i^ui: lequel Vélevait jadis le temple de Bacchus ; Il comiQAiaiquait p^r un pont k L'île de Nasia* Ce pont était bâti sur les rochers qui repiplis* sent ce passage ^ il servait en même temps à conduire au temple les edtfx d'une fontaine abondante qu'un autre aqueduc apportait de plus d'une lieUô ; ses vestiges subsistent encore^
Les habitans de IVaxia ont détruit entière-^ ment le temple de Bacchus ^ dont les marbres précieux ont servi à construire leurs maisons; mais le poids énorme des trois pièces qui composaient la porte de ce temple^ l'ayant défendue contre les entreprises des Naxiens , elle offre encore un débris imposant»
Costume des femmes de Naxldk
Leur vêtement^ semblable à celui des fem-* tnes d'Àrgentière ^ offre de plus deux ailes de velours noir, (Jui, ajoutées à leiw carrure factice , rend leur taille monstrueuse» Un plastron de velours, recouvert de broderie et de petites perlet, défend leur sein. Une espèce de papier d^une forme bizarre entoure leurs reins. Les Naxiotes, dont la coquetterie est si grande et #i ridicule > se contrent le visage de mouches
aSa faites arec des feuilles d'un talc noir et brillant ^i se trouve dans l'ile. Ces mouches n'ont point une forme constante : on les varie suivant le goût de la femme qui les porte ; Jantôt elles figurent un triangle , untôt une étoile* Un croissant feit de ce talc et placé entre les deux yeux^ parait en général aux Naxiotes la parure la plus séduisante.