DIO
nommé Liacoura, rappelle les antiques fables. L'air épuré qu'on respire près^ de la fontaine Castalîenne porte à d'aimables rêveries, Castri offre les restes d'un stade de près de six cents pieds de long, qu'Hérode Atticus avait fait revêtir de marbre Pentélique : une partie des sièges sont encore subsistans; des inscriptions couvrent des pans entiers de murs , ou des marbres épars les présentent tantôt au milieci des décombres et tantôt sm: des ruines isolées. C'est encore dans c^ village qu'on visite l'emplacement du temple d'Apollon et Tantre où fut placé le uépied prophétique.
En s'élevait vers la double cime, on trouve, à crn quart de lieue au^essus de Delphes, tm plateau fertile , et du pied des rochers qui Iib couronnent à l'occident on voit sortir avec impétuosité une eau limpide et froide qui fuit en murmurant; elle s'échappe par une ouverture souterraine, pour- reparaître ensuite dans Tantre Corycius , où elle forme une cascade bruyante et où elle donne aussi naissance au fleuve Pljstufi : ce fleuve roule dans un ravin profond au'milieu d'une vallée immense, et va séparer le Parnasse de la montagne voisine qui est le Cirphis. Arrivé au sommet des masses poétiques dii Parnasse , le vojageur découvre à sa base la vallée délicieuse d'Ampbysse , les
3ii montagnes de Corinthe, et les flots azurés de son golfe qui roulent jusqu'à Galascidi ou Galaxidi.
Cette ville moderne ^ qui a remplacé CiiTha , est encore comme jadis Féchelle principale de la Locride et de la Phocide. Située à trois lieues et demie de Salone , et voisine de la ri ve-
gauche du fleuve qui baigne ses murs , on ne peut douter que Galascidi ne soit bâtie sur les ruines de Cirrha^
A lorient du mont Parnasse , apparaissent les ruines de Daulis, hameau désolé qui dcmine la patrie de Plutarque , de Chéronée, Sur la droite , en descendant, on voit le chemin de Livadîe (l'ancienne Lébadée) et celi i d' Athènes. On passe entre THélicon et le Panasse pour se rendre dans cette ville , où flei r rirent jadis tant de citoyens , tant de guerriers a jamais illustres.
NIO , ANCIENNEMENT lOS.
Une colonie d'Ioniens furent les premiers habitans de celte île, d'où elle prit le nom d'Ios. Elle ne doit sa célébrité qu'à la mort d'Homère : ce père de la poésie perdit le jour dans nie dlos, au moment où il se proposait de faire hommage aux Athéniens de vers c|u'il
avait composés à la louange 4^ plusieurs villes de la Grèce. Homère virant fut réduit ii men* dier ; mort^ sept villes se disputèrent Thonneur de ravoir vu naître; los , en possession des cendres de l'illustre poète , lui éleva un tombeau sans y placer aucune inscription. Il se passa un temps considérable avant qu'il parût utile de faire connaître quels étaient les restes précieux qu'il renferpiaity En^n , devenue la terre clasi^sique du génie , elle éleva de^ monumens au premier /au plus grand de ses poètes ; la v»!le d Argos envoya tous les cinq ans dans l'île d'Ios une dépuution solennelle , chargée de faire en son nom des libations sur ce tombeau» f>e temps Va détruit, et leshabitans de Nio ne conservent m^me aucun souyenir du prince des pojètes !
J.es femmes de Nio ^ leur costume, leurs mœurs f hospitalité des habitans de l'île.
Une simple camisole marque^ sans la gêner , 1^ taille des femmes de ]>[io, ellies porier^t des jupons très-coui;ts ; mais cet usage tient chez elles à la propreté , non à la coquetterie. Ldenrs mçeurs sont extrêmement pures , la candeur est empreinte sur leur front , et la modestie est pn de legrs plus touchans attraits,
3i3 Les usages des habitans de cette île, leur manière de vivre entre eux, leurs prévenances pour les étrangers , rappellent la simplicité des premiers âges. Les hommes , les femmes , les enfans se font un devoir et un plaisir d'exercer l'hospiulité. Ils s'empressent d'ofTrir au voyageur ce qu'ils ont chez eux , et vont même jchercher au dehors les objets qui leur manquent. Us ne permettent point à leurs domestiques de les aider dans ces soins généreux* Nulle curiosité, nul intérêt ne dictent leur aimable empressement : il est le fruit de la bienveillance et de l'humanité; ilS n'acceptent aucun présent en retour des dépenses qu'ils ont faites pour le voyageur et des services qu'ils lui ont rendus. Ils lui demandent seulement une auestation de l'accueil qu'il a reçu d'eux.