RÉFLEXIONS SUR LES GRECS MODERNES
Paras ; les Spezziotes ; les Hydriotes ; Vfle étipsara ou Psara; situation des Grecs en 1797; espoir qu'ils recouvreront leur indépendance*
« On pourrait mettre en fait que, sans l'aide d'aucune puissance , le sort des Grecs doit changer. Une . révolution dans les idées aura lieu; mais elle sera la dernière^ à cause de la lèpre de l'ignorance et de l'influence de leu» papas , qui ne leur inspirent que la haine des catholiques, desquels seuls la lumière pourrait leur arriver. En attendant, il s'en est déjà opéré une grande dans leurs fortunes ; pauvres , exilés dans leur propre patrie , les Grecs ne semblaient exister que pour être les esclaves de« Turcs^ lorsque l'élément qui baigne leurs côtes et les iles qu'ils habitent, a frappé leurs re^ gards. Dès -lors, on a vu des îles ignorées sor^ tir tout à coup de l'obscurité, et déployer letur pavillon pour venir commercer dans nos ports. Du nombre de ces insulaires greics, les habitans d'Hydra furent les premiers qu^on vit paraître. Faibles comme tout ce qui com-^ meuce , ils dirigeaient en tremblant leurs vai&seaux avec des voiles latines y et ne se hasardaient pas d'abord au-delà de leur archipeL
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lies Kabîtans des autres iles, plus timlcTes ea— eore, osaient à peine aller jusqu'à Constantinople avec leurs Tolisks, et le Bosphore était le terme de leur navigation.
c( Lambro, connu par ses exploits militaires, par ses pirateries, et enfia par U destruction. de son escadrille , fut le premier qui ouvrit les yeux de ses compatriotes sur ce qu'ils pouvaient devenir. Us furent témoins de ses actions, ils le virent affronter la puissance turque avec quelques bâtimens légers, et Us ont recueilli de lai 'cette parole mémorable, « q^ie ft'il avait eu sous son çomnundement la fré*gâte la Sibylle ( i ) > il aurait fermé les Darda^ nelles aux Turcs, x Dés-lors, la nation entière a peusé que c'était par la marine qu'elle poavait sortir do l'oppression, ou plutôt un heu— lieux instinct lui a fait prendre ce parti*
u Quelques bénéfices qui encouragèrent les neuveatix Argonautes,, et pludieur^ voyages lèar ayant donné une idée de navigatipn , ils opt paru en France, k Tépoqne de la révolution^ pour faire le eommerce des graiiiâ : alor|S>dt& projSts immenses qu'ils ont faits ^eadaut ces temps de nos calamités , sont nées de plu^ grandes spéculations. A eette éppquc aussi,
(î) Frégate française alors en croisière dans l'Arraht£el pour pr<)téger le commerce*.
on a , pour la première fois , entendu pronoi*^ cer le nom de millionnaire parmi les Grecs ;des maisons de négoce se sont élevées dans les principales échelles, et ont embrassé les branches de commerce que les Européens y faisaient. Les Hydrioies sont devenus les caboteurs de TArchipel pour Texporiation des denrées ; et ils ont abandonné les frêles es({uif*i qui furent le commencement de leur prospérité, pour acheter des vaisseaux plus propres, au commerce qu'ils méditaient. On ne les. rencontre donc plus aujourd'hui qu'avec de» bâtimens de trois et quatre cents tonneaux; et,, depuis cette force jusqu'à cent, Hydra en possède au-delà de deux cents. Dans la crainte des Barbaresques , qui ne les respectent pas^ toujours, les Grecs ont armé leurs vaisseaux, d'une bonne artillerie et d'équipages qui , aubesoin, formeront un jour des marins capables dexterminer les Turcs»
« Paros, située presqu'enfece d'Hydra, vis-àvis du port Pogon, qui est l'ancien port de Trézène , en est au point où Hydra se trouvait' il y a dix ans*, ses navigateurs ont encorebeaucoup de vaisseaux à voiles latines 5 et le* total des bâtimens de cette île est de plus de qnatre- vingts , qui portent du canon..
« Les Spezziotes, ou insulaires delà Spez^io^, liipnne nj^. le second rang après les Hydriotes^,
et ils ont des vaisseaux de cent vîngt pieds de ^ille. La population de Fîle, quî est tout entière adonnée à la navigtion, est pleine de bravoure et de résolution , et ses ports ne peuvent contenir les vaisseaux qui lui appartiennent^ dont le nombre s'élève au-dessus de quatre-vingts.
« L'ile dlpsara , ou Psara , sur laquelle le voyageur jette à peine un coup d'œil , compte cinquante navires marchands qui traversent les mers, et qui tous appartiennent à ses habîtans, ou à des maisons de commerce de Smyrne. Scala Nova est dans un état florissant; les forêts de la Caramanie lui oflrent des ressources inépuisables pour les bois de construction. Cette ville elle-même, à peine connue depuis un demi-siècle , est dans une situation qui s'améliore encore cbaque jour.
« Sans poursuivre plus loin Ténumération, je puis dire que les Grecs, par leur industrie, seuls et sans appui, forts de leur génie naturel, se sont déjà créé une marine marchande de plus de six cents vaisseaux; car, outre les^ ports cités, il est une infinité d'îles et d'échelles d'où sortent des bàtiniens de cette nation. Leur fortune a augmenté au point de pouvoir se procurer de grandes ressources, dans un moment de désespoir. Ils en ont déjà ennobU l'usage par la fondation de quelques écoles^
4oi
et , avant dix ans , les hommes les plus Instruits dans les affaires de cette nation assurent qu'ils pourront se passer des étrangers pour diriger leurs maisons de commerce et les principaux âtablissemens qu'ils méditent. Slls ne précipitent point le cours des événemens, s'ils restent en garde contre les séductions de l'étranger, qui les a déjà sacrifiés , les Grecs pourront espérer un changement heureux; qu'ils se gardent surtout de l'orgueil et de la présomption , en faisant attention à l'état de la marine turque -, car un instant lés plongerait dans les malheurs plus grands encore que ceux qu'ils ont éprouvés.
(( Les galioudgis, ou soldats de marine turque, ne sont plus, comme autrefois, composés de Grecs , et il ne s'en trouve parmi eux qu'un très-^petit nombre. Je sais qu'ils sont mauvais marins; mais ils ont plus d^aptitude à la manœuvre du canon qu'autrefois, et les Grecs euxmêmes sont loin d'être exerces dans cette partie. La mer sur laquelle ils rencontreraient les Turcs est également familière à ces derniers. Les Grecs- ne devront donc songer à s'affranchir que graduellement, et ils feraient sagement de ne mettre leurs projets en évidence qu'avec la certitude du succès. »
( Voyage de Pouques^ille , tom. H , pag. a65 et sulyantes^ jusqu^à a68. 1797. )
WVISION ANCIENNE ET MODERNE MJ PÉLOPONÈSE ou NCNRÉË.
Topographie de TmpolUui.-
L£s anciens géographes divisaient le Péloponèse, compris entre le dix^septième et W i^ingt^uni^me degrés de longitude , et qui du trente -sixième et demi de latitude , s'étend* jusqu'au-delà du trente-huitième, en sept pro- Tinces : TArgolide, la Corinthie^ la Laconie, laMessénie^ FElide , l'Achaïe et TArcadie, siteiée au centre ..Le Péloponèse prit, sous le Bas- Empire, le nom de Morée, soit à cause de la grande quantité de mûriers que ce pays ren— ferme, soit par quelque autre motif dont Thistoire ne parle pas^
Depuis répoque où lès Turcs se rendîrept maîtres de la Morée, elle se trouve placée spus^ he pouvoir d un pacha à trois queues^ nommé par la Porte, L'étendue de ses sangiaks ou Èaronnies servit de foase à sa division gé^ liérale^ et elïe fut ensuite subdivisée en. vingt-
^ipatre eau tous ou villaiétis , gouveraes par de» codja-bachis (i).
Le pacha 9^ dont la doxilindiioQ s'éteud sur K^ute la province , gouverne immédiatement Vancien vallon de Tegée. Caritène est le chef- Ueu du Faneri, qui comprend le pays des Mégalopotains. L'Elide conserve le nom de £.aloskopi , ou Belvédère^ que ses cités agréa-^ blés et riantes Ijui firent donner», L'administration en est confiée aux beys de Pyrgos et d' Arcadia» Le sangiakde Gastouri et cehii àe Patras. gouvernent TAchaïe j le pacha à deux (queues de Naupli régit TArgolide jusqu'au - delà del'isthme de Corinthe ^ et dans cette partie de* ta Morée, désignée sous le nom de Romanie^ Le bey de Mi3tra confine avec les Maniotes ^ et il a le Penié-Dactylon pour bornes à Toc-^ cident. Les vallons de Calamatie, Andréossaet Londari^ sont commandés par des agas qui relèvent immédiatement au pacha. Co-ron,, ModoU) Navarin, sont les trois derniers sangiaks de cette partie , et les plus importans de tout le pays. Les Maniotes ou Laconiens libres,, ferment un état indépendant qui embrasse la presqu'île de la Laconie. Les Cacovouniotes,.
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(i) Godja-bachis y chefs des vieillards ; ils remplis^dk^at les fonctions de syndics..
oa mauvais montagnards, espèce de monstres 2l figure humaine^ habitent le cap Ténare.
Les principaux golfes de la Morée sont , au nord, celui de Lépanle, tour à tour appelé mer de Crissa, mer d'Alcyon, et golfe de Corinthe 5 à l'ouest, le golfe de Chiarenza, jadis Cyllène ; sur les frontières de TElide et de la Messénie , l'ancien golfe Cyparisia , qui a changé son nom en celui de golfe d'Arcadia; le golfe de Messénie, qui s'appelle goMe de Coron , celui de la Laconie , ou TEurotas se décharge, le golfe de Kolo-Kythia (1) ; Vargoli" eus Sinus, ou sein argolique, n'est connu que sous la dénomination de golfe de Naupli. La plage d'Hermione s'appelle golfe de Casiri, et le nom d'Erigia a prévalu sur ceux de Salamine et d'Athènes , pour cette portion de mer qui baigne ces rivages célèbres, et la partie méridionale de l'isthme de Corinthe.
Tripolitza, capitale moderne de ce pays, et résidence du pacha , est formée des débris de Mégalopolis , de Tégée , de Mantinée , et de Pallaniium ; toutefois elle ne s'élève sur l'emplacement d'aucune de ces villes. Elle est située à dix lieues ouest d'Argos , à trois et demie sud de Mantinée , à une petite lieue nord de
(i) D'une ville du Magne, ainsi nommée.
4o5 Tégée, dans un vallon spacieux adossé au mont ReïuOy Tantique Ménale.
Tripolitza est environnée d'un cordon de murs en pierre , ouvrage des Albanais; ils le bâtirent vers le milieu du dix-buitième siècle, ainsi qu un petit fort carré, assis sur une hauteur au sud-ouest. Cette ville oiTre un plan irrégulier; souterrain est inégal, coupé, montneux, et marécageux au nord-est. Le rempart, percé de meurtrières, présente quelques demi* lunes d'intervalle en intervalle. L'artillerie en fer, qu'on voit sur quelques bastions, du c6té de Touest^ porte les armes de Saint-Marc, La ville contient six grandes portes^ et une petite pour le service du sérail *, la principale, qui est dorée, et sur laquelle les croissans sont arbor rés, est celle de NaupU de Romanie; elle se trouve k l'orient; la seconde ouverte au nord, est celle de Calivrita, par laquelle on sort pour aller à Mantinée, et à la ville dont elle a pris le nom; la troisième , qu'on appelle CaritènCy se trouve au nord-ouest; une quatrième , près le château , donne issue dans les champs et dans les bois ; la cinquième est celle de Londari ou de Nayarin; enfin une sixième, du côté de Tégée, conduit au chemin de Misira.
X^ites àe la Morée -, le -goife ^Arca^a ; ÎVo/ï.
Sur la gaircke, au nord-ouest, on découvre Castonni, située à une bonne Heute dans les terresy à peu de disiance de la rire droite dé rigliako, rivière connue dans lantiqnirë sous le nom de Pénée. Les minarets de cette ville se confondent avec des rochers blancs qui ïiérissent la plage, et rendent d'un accès trèsiliffîcile un petit port Axxxk en cet endroit.
A quelcfue distance, se trouvent la petite île <ie Ponlico, autrefois Ischtys, où il j a une pêcherie assez considérable, et nn mouillage à l'embouchure ti*une petite rivière , qu'on croît être le Jardan*, les Grecs le con^ naissent sous le nom de Kiaki , ou ruisseau.
On voit de là le mont Dimtzana ou Pholoë; dans cet endroit le rivage est boisé. Le golfe ia une lieue de profondeur; une chaîne de montagnes rougeâires, qui s'étend au nord, Tabrite lorsque les vents soufflent dans cette partie.
 unedemi-Iîeue en descendant le rivage, Vers l'embouchure de FAlphée; la côte continue : elle oflre un aspect agréable , et quelques maisons, avec une chapelle dédiée à la Vierge, que les Grecs nomment Panagia Staph^lioU)
ou Notre-Dame^deS'Raisins , peut-èrr^ pât-ice que les vignes de ce canton fournissent de bon TtB. A deux tieues environ à l'orient, est la ville de Grolinitea, sitnée ii une demi-lieue de la mer, sur la rive d'une petite rivière qui vient se perdre dans les sables. Ces sables se* parent en ce Heu la mer de la cète , qui est formée de couches de terre argileuse d'un Touge foncé.
Delà jusqu'à remboucbure de UÀlpbée, la côte est parsemée de lacs, de pêcheiîes et de "Salines. Le rivage d'où ce fleuve sort pour se décharger dans la mer est élevé sur sa rive droite y et les rochers, joint à ce qu'il j a une barre, rendraient sa navigation périlleuse même poulies barques.
Tout ce pays jusquau cap ConeUo est nommé Kaloskopi.
Dans le voisinage de ce cap , on voit distinct tement une partie d'Ârcadia, bâtie sur les ruines de Gjparisia (i), qui donnait autrefois son nom atout le golfe ; il a pris, comme cette ville, celui de golfe d'Arcadia.
La vue d'Arcadia est bornée an sud par
(i) Gjparisia , suivant les cartes du savant M* Bar^' bier du Bocage , était élmgnée d'euTiron quatre lieues de la ^eàsL, et c'est la même distance pour Arcadia.
une haute montagne couverte de rerdure y boisée , et qui contient des habitations.
Pour doubler le cap Gonello, on tire yera les Strophades, iles vertes et sans arbres , et qui renferment unmonastére dédié au Sauveur.
Proti (i), petite ile qui semble inhabitée et couverte de bruyères ^ possède un mouillage en dedans , c'est-à-dire entre la terre-ferme etrile,où les habitans de IVavarin viennent charger du sel. Cette île est Véchelle de Gargaliano^ petite ville de Grèce qu'on ne peut apercevoir de la mer^ à cause quelle est située sur le revers d'une montagne (l'ancien Egalée) , et qu'elle regarde au-nord-est.
Beautés des campagnes du Péloponèse.
Si l'Europe entière renferme peu de pays que l'on puisse comparer au Péloponèse pour ^ la beauté des sites, cette presqullç elle-même n^a pas de vallons aussi fleuris , de bosquets aussi rians^ de champs aussi bien cultivés que
(i) Les vaisseaux mouillent ordinairement entre Proti et la terre^ferme, oii on yoit une inscription en grec vulgaire, qui avertit ainsi les marins de se tenir sur leurs gardes : « Celui qui se trouve le soir entre Proti et le Péloponèse pour passer la nuit, s'il ne veille, sera le lendemain la proie des corsaires de Barbarie. »
4^9 ceux de l'Arcadie. Malgré Tinëgalité de son territoire^ malgré la hauteur de ses montagnes, malgré le nombre de ses lacs^ de ses étangs et de ses marais, on n'y conuaît guère que de beaux jours après la saison d'hiver, qui amène souvent des neiges abondantes; jamais peuple ne fut éclairé par un plus beau ciel. Quand celui de FAttique brûle la campagne, ici quelques nuages convertis en pluie ramènent la fécondité*, un terroir gras récompense les soins du cultivateur. La vigne ne manque jamais d j donner ses fruits ; de nombreux troupeaux paissent sur le penchant des collines, pendant que le coursier, peu séduisant par les formes, se désaltère au bord des fleuves et des sources qui coulent des montagnes,
L'Ue de la S}fezzkt , jadis Tiparémus.
L'île de la Spezzîà^ autrefois Tiparémus, contient enviroit deux liéués du^nord au sud , ei trois ^arts de lieue danfs sa plus grande lârgebrj urf canal d'une demi -lieue, la sépare de la terre ferme. Son port, qui ressemble à une anse mal abritée se trouve au nord, Tis* âi-vîs la pointe de la Mbrée, et son enfrée est au nord -ouest. U ne peut recevoir plus de quinze 6u vingt vaisseaux de ceitit cinquante I. i8
^ 4io ,
à deux cents toimeâuX'> on j monille 6ur un fond de sable*
An fond de lû rive méridionale s'élève one église bâtie par les insulaires. Ils ont construit aux environs quelques boutiques; la ville principale de là Spezzia contient plus de six cents maisons^ et une quantité de moulins à vent à six ailes ; elle est située sur une plage basse au nord-ouest; on y construit des yoliks.
La population de la Spezzia s'augmente de jour en jour. Cette île possède plus de soixante vaisseaux marchands^ qui font le commerce des blés^ et compte parmi ses babitans plusieurs armateurs.
Son produit le plus grand consiste dans le commerce de ses navigateurs. Elle présente un aspect sauvage^ et ne recueille que du vin. Au midi de llle de ta jSpezzia, on découvre SpezzÎQ-Poulo , espèce d'îlot con^iu dans Tantjqgité 9oas le nom d'ArJLSte|;à, . ^ , ,
Les Speiziotes, d'un caractèrçjplqs doui. et ^plus affable que les autres^ însul^uMs'y doiyent sans doutç c^ avantage aux communications fréquentes qu'ils enjtretiennepl avec tqu^es les autres contrées ^de TEurope. Ils pnf beaucoup gs^gné parole cpmmerc^ 4p b^é avec le midi de la France, \\^ i^cjjji^ten^, leurs Ydiff^oauifi^à.Mar-
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9eille> ^t préfèrent la construction française a toute autre.
Corinthe, enveloppée d'une atmosphère malsaine , a fait abandonner à ses habitans la culture de celte vigne précieuse, qui a donné le nom aux raisins délicieux 9 connus sous le nom de raisin de Corinthe.
Les titnars , ou fiefs affectés aux baronnies , sont en général mieux cultivés que les terrains des particuliers ; ceux qui tiennent à ferme les baronnies n'ayant à redouter ni vexations ni augmentation dans les baux, n'économisent sur aucutie des dépenses utiles à lamélioralion des terres.
Troupea^,
Les bœufs de la Morée, d'une taille petite, ont le poil blanc et long. Les plus forts ne pèsent en général que trois ou quatre cents livres.
Les vaçbes produisait peu de lait, et cessent en général d^n donnet dès qu'on sèvre les veaux. EUles sont souvent exposéies aux attaques des jakals, qui leur déchirent'tes mamelles 9 et à la naorsurô des grosses couleuvres , qui les font tarir promptement.
Les viUe$ de la Morée soumises aux Turcs
ne consomment environ que six mille boeufs ou vaches, parce que les Grecs et les musulmans préfèrent k leur chair celle du mouton. Ils ont long-temps cru que la viande du bœuf était malsaine. Les habitans du Magne et de la Messénie font une consommaiion si considérable de bœuf, que les négocians spéculent sur des cliargemens de cuirs dans le golfe de Calamatte.
Tous les cantons de la Morée possèdent des buffles, qui sont employés au labourage ; on mange leur chair quand ils ne peuvent plus travailler. Ces quadrupèdes sont beaux., d'un poil fin et bien fourni ; ils doivent ces qualités aux excellens pâturages dont ils se nourrissent.
L'espèce des moi^jons est petite; ils ont de très>grandes cornes, et leur laine est de la seconde qualité des laines d'Orient, qu'on vend en Europe. La laine d'Arcadie est plus belle que la laine des autres cantons de la province, parce qu'on y tient pendant presque toute Tannée les moutons parqués en plein air.
]Les fromages se fon^ at^c Le lait des brebis et des chèvres, principalement ceux de Mistra très-recher£^és dans l'Orient, où il s'ien exporte une quanUté immepse^»
4ï3 Chevaux , dnéS.
Les formes des chevaux de la Morée n'ont pas d'cléf ance^ ces animaux semblent appartenir à Tespèce du cheval arabe et du .cheval de Thrace. Pleins de feu, dç vigueur et de courqgCy ils courent d'un pas rapide et ferme dans les montagnes^ et ne plient jamais. Néanmoins on leur préfère les chevaux de TAchaïe et de l'Argolide , qui paraissent plua pr#pres par/leur haute taille à traîner un char qu'à pprter un cavalier. Les chevaux qui paissent sur les bords de TÂlphée ont du feu et un coup d'œil particulier. Ceux de la Laconie sont petits, mais bons pour le service dans les montagnes.
Les ânes sont très -nombreux dans TArcadie y mais petits, chétifs et misérables. Leurs maîtres n'en prennent aucun soin. Ces animaux servent à faire les charrois de moellons, de bois et d'autres objets ; de nombreuses caravanes d'ànes marchent à la file, et portent à Tripolitza les denrées des villages voisins»
Bléf grains.
Oh sème le blé, et presque toutes les graines , à la surface de la terre , sans avoir laiten-
tion dé choisir la semence. La manière de battre les épis est d^ les faire fouler par des chevaux attelés à un traîneau sur lecjuel un conducteur est assis ^ un fouet à la main ; le grain du blé est en général bîeiT développé. La plus grande partie se recueille du côté de Lerne, dans le vallon de Tégée et à Aglacambos.
L'avoine et le seigle sont d'une mauvaise qualité , mais Torge et le maïs som excellens. Le riz. de Damiette et celui de TArgolide sont trés-iettommés a Constantinople ; il s'en fiiît chaque année plusieurs çhargémens à Naupli de Romanîe..
La Morée possède un nombre considérable de beaux oliviers; dans la saison où ils portent des fruits, le peuple environne ces arbres d'une soHc de culte* On regarderait alors comme un crime d'eu couper un^ tranche.
La température de la Morée, et la nature de son terrain favorisent de toutes parts la culture de l'olivier; toutefois les Moraïtes Font négligée pendant plusieurs siècles ^ mais les Vénitiens h l'époque oii ils s'emparèrent de ces contrées , découvrirent tout le parti qu'ils pouvaient tirer de ces arbres , et ils obtinrent au moyen de la greiSe des olives franches de la plus belle espèce. Les naturels du -pays «ni
4i5 adopté la méthode des Vénitien», et ils ont formé des pépinières dont ils peuvent extraire de superbes pieds d'oliviçrs. Les champs ou les vignes sont presque toujours ornés dun rang de ces arbresqui reçoivent ainsi dilTérens labours. Les chenilles ne les atteignent pas comme en Provence et^n Italie ^exe^i|:é du côté d'Argos; mais le brouillard et le vent d'est du mais de mai rouillent souvent leurs feuilles et font tomber leurs fleurs : alors les fruits ne parviennent pas à leur entier développement. Les oliviers fleurissent en mars, on abatJes olives dans les mois d'octobre et de iiovembre avec de loi^ues $aules«
Huile.
L'huile de la Morée, un peu verte, mais d*un goût délicieux , n'a aucune odeur. L'huile do Magne d'une qualité supérieure, abeauç^up de cours dans les principaux marchés de l'Europe. On prépare à Coron des olives noires qui se vtodent dans les échelles du Levant..
Mûrier, soie, coton.
Le mûrier abonde dans ce pays, il croit presque sans culture et ses feuilles nourrissent une quantité immense de vers à soie, qu'on
4i6 fait éclore aa printemps. On prend la graine qu'on a renfermée pendant l'hiver dans un coffre 9 et on se bonje à obserf'er son développement. Une drachme produit communement quatre à cinq mille insectes. Les femmes chargées de Tédiication des vers à soie , donnent à ceux qui vienaent d'éclore les pousses récentes des jeunes mûriers ; elles en naesurent les portions sur leurs forces digestive«, et gardent avec soin une provision de feuilles pour. parer aux temps d'orage ou de pluie; les feuilles humides causent aux vers des diarrhées et de» maladies putrides qui en enlèvent des myriades entières» Le produit des yers à soie étant considérable on a consti^iuit des bàtimens destinés à faire leur éducation. La soie la plus douce et la moins chargée de î recueille dans l'Elide.
>ssypium ) se plaît par- Me^énie , aux environs %y de Caritène et cJaus fS champs dans lesquela haies de Nopal , qui produisent des figues appelées j%ue^ de Pha^ raon.
figues, amandes , citrons, oranges, etcf.
Les figues d'Athènes étaient renommées CÎiez les anciens , et les lois eu défendaient Texportation. La figue de la Morée réunit ïa saveur la plus parfaite' au plus dou< parfum : aussi les Moraïtes cultivent-ils le figuier avec un soin extrême pour faciliter le développement de ses fruits et pour les empêcher de tomber avant la maturité; ils font usage de la caprification sur les figuiers. Cette méthode employée par les anciens consiste à suspendre aux branches des arbres plusieurs chapelets de figues tombées avant leur maturité, et qui renferment une multitude de nids d'insecte» connus sous le nom de Çyni'ps, Ces animalcules se développent bientôt, sortent de la figue, revêtus d'ailes, et se répandent sur les fruits de l'arbre ; ils piquent les figues , dont il sort uïie larme de gomme ^ et ils meurent^ Les figues percées du dard de l'insecte ne tombent pas et grossissent à vue d'œil. Les Moraïtes attribuent la découverte de la caprification aux habitans de Cérigo. On vend les figues sèches^ et on en extrait de Teau-de-vie.
On fait des pâtés, des espèces de saucissons de figues avec des amandes. L'amandier^
4i8 en Morée, ainsi que dans les autres contrées, fleurit ayant les premiers jours du printemps. Les citrons, les orangers abondent en Grèce; la figue banane se cultive dans les jardins de l'Argolide, et dans ceux des environs de NaupU. Les grenadiers produisent des fruits en abondance. La pèche ^ les abricots , les prunes ont le parfum le plus exquis et le goàt le plus parËûu
Abeilles i miel, cire^
La mélisse, les fleurs des montagnes, les^ arbres odorans des Talions , donnent un parfum particulier au miel des abeilles de la Morée; pour ]a plupart encore indépendantes elles forment leurs rayons daas le creux des arbres. Quelques Moraïtes leur bâtissent de petits hangars carrés , qu'ils prennent à peine soin d'abriter contre les Injures de l'air. Elles produisent néanmoins un miel blanc d'un parfum exquis, et de la cire qu'on vend à ^étranger.
Jardins potagers , vergers.
Il existe peu de variété dans les légumes ; on prépare mal la terre. Les Grecs ne connaissent pas la bêche, et se servent d'un hoyaa pour labourer.
4*9 Les épmardsy les artichatits, qui viennent même dans les champs et dans les lieux incultes y sont les meilleures plantes potagères,. Les choux, et surtout les chi>ux-£leurs, y croissent d'une • grosseur prodigieuse, On y recueille des carottes , une grande quantité 4e menthe, de fenouil, de persil, de melongène et de Gombo. On fait des récoltes -abondantes de fèves de marais, et d*harioot§, mais d'un: grain plus petit que les nôtres. Le céleri et lès aitues s'y plaisent, on y trouve des pommes d'amour d'une agréable acidité , des multitudes de courges, une variété prodigieuse de melons odorans, et des -pastèques rouges et sucrées.
Gibier, chass&».
Les Grecs et les seigneurs turcs sont presque les seuls habitans de la Morée qui se livrent au plaisir de la chasse. Les Turcs ne' mangent point d'oiseaux , et les Gj^ecs en général ne les aiment pas. Les deux peuples sont dans l'usage de saigner le lièvre aussitôt qu'ils l'c«itfaît tomber; ils rejettent le foie-, les poumons et les intestins.
Les habitans d^ l'Arcadje élèvent des chiens molosses dont la race s'est conservée en Albanie, et il$ les emploient à conU>attre le^
4^a loups , les jakals et les renards que ces redoutables cbiens étratiglentx Ces animaux fidèles a^ccompagnent les bergers, veillent jour et Quit auprès des troupeaux ^ et momrent aulant de zèle que d'întet&gence.
£ac5 , étangs , rivières»
Lès lacs du Stymphale (Voiilsi) d^Ochomèûe, qui lie sont que de grands étangs , renferment des carpes et des poissons; les Grecs n'en font aucun usage parce qu'ils croient que ces poissons domient la lèpre*
Les rivières , surtout le Yasilipotamos ^ la Rousia, VAtzicolos, la Pirnazza et la Planiz2ili possèdent des truites , d.es langoustes , des anguilles /de* mulets; on ne trouve dans la plupart des autres rivières que des ëcrevisses ; plusieurs lacs du mont Tày gète contiennent de belles truites.
La pêcherie est un objet de spéculation sur les rivages de l'Élide et sur ceux de la mer de Gorintbe. On y sale tous les ans une grande quantité de maquereaux et de sardines ^ dont il se Eût des exportatious^
Tempémture et saisons de la Morée ; des planées , des fleurs et des oiseaux,
La température de la Morée offre autant de variétés que la configuration de son territoire. Hérissée de montagnes tantèt nues , tantôt surmontées de pics élevés , couverts de neiges primitives, ou revêtus de bois magnifiques; embellie de vallons agréables^ enrichie de tout le luxe de Tagriculture, en divers cantons , le ciel n'est pas dans tous également serein, et cette petite partie du monde rassemble en elle seule , les aspects ^ les climats y et les productions de plusieurs grands pays.
Des tonnerres épouvantables et des pluies abondantes , annoncent les approches de l'hiver; le froid commence à la fin de décembre, et ne se fait vivement sentir que dans le mois de janvier.
Les récolles de toute espèce sont alors terminées \ le vin est renfermé dans des tonneaux ou dans des outres ; on achève d'expri» mer l'huile de l'olive. Les vents du nord et de Test soufflent assez régulièrement, et les neiges surviennent ; elles couvrent bientôt les sommets du Pente -Dactylon (Taygète), et les montagnes des environs; bientôt même lorsr
que le vent du nord continue â' souffler, le Tall<»n de Tégée est enseveli sous les neiges; la glace néanmoins ne suspend pas souvent le cours des grandes rivières. L'Arcadie,rAcliriïe, la Sicyonie, le territoire élevé de Corinthe et la Laconîe, ont des hivers rigoureoK.
Le soleil brille toujours sur TArcadie, mais sans réchauffer. Les contrées de l'Elide et de la Messénie, voisines de la mer, ne sont point assujetties à de. grands froids^
L'Arcadîen durant la mauvaise saison, renferme ses troupeaux dans la bergerie , et contemple avec tristesse la neige qui couvre la surface de la terre. Quand elle tombe pendant plusieurs semaines de suite , des bandes nom* breuses de loups descendent du mont Lycée,, et se répandent juscju'aux alentours des villes pour assouvir leur faim ; VArcadien, les écarteun moment par des coups de fusil tirés au hasard, et se presse avec sa famille autour d'un foyer rustique ; il cherche à tromperies longues soirées et ses inquiétudes par des contes et par des récits empreints de merreilleux ; tandis que la lampe biûle devant Fi mage de la Panagia, et que la femme, les enfans du narrateur, les yeux fixés sur lui, écoutent avec effroi d«s histoires dont ils souhaitent à la fois^ la prolongation, et le dénouement:
Le brait des Vftgaes qui se brisent sur le» rivages de la Laconie et de la Messéuie épouvante les pécheurs de ces contrées. Us n'osent se hasarder sur Thumide élément où ils troi^ vent leur subsistance* Ils ne s'entretiennent qae de naufragas et des dangers dé la mer, ils plaignent le navigateur qui fait voile vers Ândros ou parmi les Cyclades, et leur famille remplie de terreur, prie le dieu des saisons d'enchaîner les tempêtes, et de rendre le calme aux mers que son souffle puissant a soulevées. L'infâme Cacovouliote plein d'une joie féroce , espère que les ouragans feront échouer de riches vais* seaux qui deviendront sa proie.
Lorsque les jours prennent de l'accroisse^ ment, les neiges fondent^ les fleuves grossis rou<^ lent avec majesté, et l'Alphée ensevelit presque rÊlide sous seseaux; le bruit des cascades de l'Erymanthe retentit dans le vallon de Psophift ( Dimizana ). Les pluies deviennent fréquentes ; mais elles ressemblent aux giboulées qu'amène en France le mois de mars. Elles ne tombent en général que le matin, et les nuits sont plus douces.
Au mois de février, le narcisse odorant, ki violette parfumée sortent de dessous les uei* ges; r«mandier, le peuplier blanc ^ le noise* ' lier, Varbre de Judée, le cornouiller mâle , les
cyprès > les cormiers, les pécbers, les ifs, les abricotiers^ les cerisiers , les pruniers ^ embellissent de leurs âemrs les bocages, les forêts et les Tergers-; h mesure que les fleuves rentrent dans leurs limites, on voit reparaître dans leur éclat le bois-gentil^ Tanémone hépatique, le lilas, Faubépine et la primevère.
D'intervalle en intervalle , la terre seiuble éprouver une espèce de frémissement, et des secousses légères que les indigènes regardent comme des signes de fertilité. Les Arcadiens s'occupent alors de la greffe à écusson et sèment les orges , les avoines et les autres plantes qui doivent être confiées à la terre au prin-» temps.
Les vents du nord-ouest comprimés par ceux des régions les plus élevées de Tatmosphère amènent des tempêtes qui déracinent un grand nombre d'oliviers, et qui allument quelquefois de vastes incendies dans les forêts; le tonnerre resté muet pendant Thiver recommence à se faire entendre dans les vallons de rÉlide et de TArcadie.
La musette annonce le retour de l'aurore aux pasteurs, qui n'osent cependant encore mener leurs- troupeaux que dans des pâturages voisins. Les Laconiens et les habitans descètes de la Morée raccommodent leurs filets^
4^5 radoubent leurs banques , ei^^e préparent à la pêche. Le laboureur du vallon de Tégée, celui de FArgolide réparejit les charrues et les instrumens aratoires.
Les jeunes gens fatigués d'un long repos, s'arment et s'embarquent pour aller exterminer les loups, et pour venger les meurtres commis sur les douces brebis par ces animaux féroces, ils commencent quelquefois ouvertement Fat* taque et les forcent de toutes parts avec les chiens molosses que TEpire nourrit. Aucun chasseur n'abandonne la plaine sans en rapporter du gibier pour manger en famille.
Aux premiers jours de mars, époque où renait le printemps , les cigogiïes et les hirondelles, arrivent en foule dans la Morée ; le soleil dore plus long-temps la cime des montagnes. Les avalanches roulent des flancs du mont Taygète , les neiges fondent de toutes parts et grossissent mille torrens. Le bord des ruisseaux se couvre de fleurs , le laurier rose déploie avec élégance son feuillage ; le lis s'élève avec majesté auprès de fontaines limpides. L'orage ne gronde plus que de tempa en temps, vers le soir, et semble ne soulever les nues que pour amener des pluies salutaires.
Vers la fin de mars, l'amphion des bocages fait entendre les accords les plus mélo^»
4^6 dieux, undis que l'accéda, le cjiise, le9 rosiers embaument Tair de leur doux parfums. Les abeilles sortent de la profondeur des chênes, ou des yeuses où elles ont en secret dépesé leur miel, et vont dès Taurore pomper l'ambroisie des fleurs.
Les troupeaux se multiplient, le berger revient chaque soir chargé d*a^eaux nouveaux nés. Mais il cache avec soin sa prospérité, dans la orainte d'éprouver une surcharge d'impAts, *
Vers cette même époque les térébinthes, les platanes, les figuiers, la vigne, le noyer se revêtissent de feuilles; les poiriers, les pommiers du vallon de Tégée, les cogna^iers, les^ grenadiers fleurissent, les mûriers se parent de leur première verdure ; et sur le midi la chaleur commence à fatiguer si fort les Grecs, qu'ils se livrent pendant une heure au sommeil. Les vents du sud , très-fréquens alor^ , entretiennent dans l'atmosphère une chaleurhumide fort malsaine.'
Les fleurs odorantes, brillent de toutes parts an mois d'avril et les forêts étalent leur plus admirable parure ; la végétation est dans sa plus grande vigueur : les myrtes, les lauriers, les absinthes, la sauge, les tithymales , le» euphottbes, répandent des paifums si forts
4^7 qu'on ne pourrait les supporter dans un étroit enclos.
La caille arrive des bords de la Libye , et depuis long-temps on a entendu le coucou du côté d'Hermione (Castri); une espèce de vénération protège les nids des oiseaux , princi-* paiement celui des cigognes. Elles les bâtissent sur les moscpiées , sur les murs , dans les angles des dômes qui couronnent les bains ou sur le chapiteau d'une colonne. L'hirondelle fait le sien' au coin d'une fenêtre, ou sous les entablemens d'un temple ruiné^ et l'aigle déployant ses vastes envergures va chercher dans le mont Taygète une roche isolée pour construire son aire \ de ce point il domine les mers qui baignent la presqu'île et fond à l'imprqviste sur sa proie. Les milans^ les éperviers, les vautours blancs etlesmérops s'établissent *att^ tour des villes.
D'abondantes rosées qui tombent avant le lever et après le coucher du soleil^ raffraî-* chissent la terre et les plantes au mois d'avril , et des orages modérés et salutaires alimentenl les torrens et les fleuves.. La chaleur est encore supportable; les Turcs envoient leurs c hevaux au vert, et s'occupent de la monte.
L'été commence au mois de mai et ne finit qu'au mois d'octobre; pendant cette saison,
4!i8 le thermomètre monte souvent à midi jusqu'à 34 et 36 degrés; une brise de mer raffratchic rÉlide y mais dansTArgolide on éprouve constamment une chaleur étouffante. On y dresse chaque soir les lits daus la cour des maisoos, et tous ses habitans dorment la nuit en plein air; les Moraïtes allument des feux pour le purifier, et des milliers d'insectes ailés et brillans offrent en se jouant une sorte de spectacle lumineux d'un effet très-agréable ; mais Podeur des tilhy maies qui croissent principalement sur le piont Roïno, charge l'air de Tripolîtza et donne des vertiges aux fenunes délicates.
La garance , la barylle , la menthe , te fenouil décorent les plaines; le muguet, le se* ringat parfument les bosquets; les pivoines et l'œillet simple parent les montagnes ; et tes champs de pavots ^ répandus dans l'Argolide, figurent des carrés de neige, au milieu des ririères. Les étangs du nord de l'Ârcadie, le Stymphale se couvrent de fleurs de nunéfar, dont les feuilles semblent de grands boucliers étendus sur la surface des eaux»
Le loriot suspend son nid aux branches des cUénes , dans le bois ÂUis. Les pêcheries de VElide, qui se trouvent sur le rivage de la mer, fournissent en abondance des maepie-
reaux et des sardines. L'AIphée et rÊrjmanthe conservent une partie de leurs eaux; mais des exhalaisons malsaines donnent la fièvre aux habirans de Pyrgos et d'Olympie. Cest au mois de juin que les plantes et les fleurs se montrent dans toute la plénitude de leur force et de leur beauté. Les pays de la Morée les plus agréables^ sont ceux du nord de TArcadie, et des environs de Caritène. Les rizières du vallon d'Argos #t ses champs de pavots, enfaiitent des maladies contagieuses ^ et la fièvre assiège Naupli. La Laconitf offre des retraites salutaires; maisMistra, sa capitale ^ exposée h l'ardeur du midi , est Pendroit le plus brûlant de la province. Le Taygètc renferme plusieurs villages où l'on respire un air pur. Le vent de mer raffralchit le vallon de Calamatte^ et Coron est le séjoiu: le plus sain de celte plage magnifique*
Durant Les mois de juillet et d'août^ les oiseaux se retirent dans les monta^bes ombragées, ou dans le# épaisses forêts où serpentent des ruisseaux.
Les laboureurs , les pasteurs , les citadins de la Morée ^ jouissent avec délices des fruits divers que produit leur sol natal. La douce fraîcheur de la soirée , l'air épuré du matin, eharzaent le peuple du vallon deXégée. Les en**
43o fans aussi hiXés que les Arabes, parcourent les champs i^èius d'une simple chemise ; Qs se fortifient par Tusage du vin, et s'exercent aux courses et à la danse*
Le golfe de Lépante et ses rivages présente un aspect admirable* Les montagnes de rËpire, des sommets de la Chimère jusqu'à la double cime du Parnasse , se couvrent à leur Jbase d'une superbe verdure. Leurs croupes, celles du Pinde qui s'élàvent sur lé Cocy te et TAcheron y attirent les nuaget, renvoient des émanations agréables aux marins qui naviguent sur la mer de Corinthc , et versent de temps en temps d«s pluies abondantes sur le Pholoë et sur le Tajrgète, Ids dernières fleurs qui parent les campagnes sont celles du ricin et du safran*
%e$ pluies de la fin du mois d'octobre , annoncent l'automne et développent le grain du raisin. L'époque des vendanges amène des fêtes villageoises très-brujrantes , on rencontre partout ées sectateurs de Bacchus qui obs- U'uent les rues ou dormait sur les chemins*
L'émigration des oiseaux se prépare, ils se rassemblent par troupes au déclin du jour comme poiur s'en occuper , et; quittent le Péloponèse veies le milieu de novembre , les hirondelles 9 ks cigognes , les familles innombrables des liabUans de Tair, prennent ^ors leur
43i vol pour se rendre sous d'autres cîeux ; de fréquens orages éclatent à celte époque. Pendant la nuit et vers le matin, des pluies abondantes enflent les rivières. L'Alphée grossi par les eaux des torjc^ns déborde et couvre Fantique Plympie, Miraca^ Fraxio, Iris, et les villages voisins de la rive. L'Eurotas roule au loin ses ondes impétueuses. Les Ucs ressemblent à de petites mers dont la surface est agitée par les vents. Une foule de torrens se précipitent dn sommet des montagnes , et les cascades du Çhelmos, les sources primitives du Parthénius, du Pholoë, du Taygète, et celles quiiiaissem des flancs du mont Tornika , forment sur les rochers des nappes d'eau aussi blanche que la neige. ' .
Parmi les oiseaux , ceux qui aiment les températures boréales ; arrivent, comme en baiaiflons, au^ mois de décembre , peupler les alentours des lacs^ élevés situés dans les tnon« tagnes expo&éeç e^unord. Leurs cris rauqnes et perçans ressemblent au murmure des vagues, €t Vâiévation ^e lewr vol, amaoncem la tempête. : .
43s Productions de la Morde.
Les montagnes qui hérissent la surface de la Morëe ne l'empêchent pas d'être fertile ; une couche de terre argileuse couvre celte pro- Tince , et favorise les soins de ragriculteur. Les principales chaînes, composées de couches de granit, sont un peu inclinées au nord dans le mont Pholoë et dans le mont Tajgète; au sud il semble que le Péloponèse se soit abaissé dans ses deux directions, pour former d'un o6té le bassin de la Méditerranée , et de Tautre le golfe de Lépante.
Le sol léger et marneux dans la Messénie participe de la tourbe et des débris de substances végétales dans TElide* Le sol de TArcadie est neuf et bon; le terroir âpre de laLaconie et du Magtie est par intervalles d'une admirable fécondité. Celui d'Argos est riche , et presque toute la partie du nord de la Morée nourrit de nombreux troupeaux*
Les vallons voisins de Coi:on, de Calamatte^ de Gtries, d'Armjros et du canton de Zamatte possèdent des oliviers magnifi-^ ques, «t par leur élévation, et par leur étendue. Le mûrier j déploie une verdure luisante et les vers à soie qui s'en nourrissent donnent
uûe soie gommée tres-abondante. Le bêlement de HQmbreux troupeaux , le mugissement des bœufs qui paissent dan$ les déâlés du mont Taygite, retentwsent de toutes parts, tandis que des sangliers^ des peuplades de daims et de cerfs errent dans sm forêts profondes .Rien d^lus beau que les vallons delà Laoonie lorsqu'on y pénètre' par le défilé de Janitza. La multttude de caScades cit de fontaines qui les arrosent y tépan dent une fraîcheur délicieuse^ et dafns ceâ superbes contrées Tétat'de pasteur semble encore le premier de tous.
De Galamatte a Andréossa, le sol est prCjS^Uç partout cultivé ; la vigne y présente des grappes de raisins magnifique*-, les orangers, les citronniers , les cédrats charment l'oail de leurs fruits et Todorat de leurs parfums, .
Des chênes vigoureux, propres à la construction des vaisseaux, élèvent leur faîte jusque dans les nues. «
JEàux de la M&ré&i
Les fleuves et les rivières de la Morée n'offi;ent toutes pendant Tété qu^une eaii* sale , boueuse et majstiine; mais aa printemps et dans rhîv^r les grands fleuves de ce pays* fournissçut uçe eau assez pure*
Jjes liabUans de Tripoiitoa font lent boisaoa'ordinaire de Teau-deç rpia^eaux des rnooiâ Mén«le qu'ils recueiîLent dans des citeitiea^ Lors^fiiq les ruisseaux sont à. sec. Us boivent de Veau des p^it^, qui esi forî mauvaise^ paFce qu'elle se troiwre à peu de profoBwJeuc daoa k terre, Pendant l'hiver ou lorsqu'il fieiit^I^ eau^ des |)uits de TripoJitB^ deyieBW»^ troubles, et dèbordei^t par*-des$us les m^rgoUcs* Si oa ^e les a pas creusés très - profopdémeul , ils se tarissent daps les teoips d« sécheresse, ou leur eau, d'ordi«aire cbaudfi^devieut isapotable et fétide.
La meille^ai^ eau de tout ie yallpu essi c^Ie de Tégée ( Paléopolis ); Içs ^aux de C^vatbi, de Sléoo, d'Aglacambos , qtrt'sorteï^t d«s cochers, sont dures et dissolvent mal le savon ; quelques eaux savonneuses eo^leat au pied di2s montagne^jcjalcuires. Les çaux de Lenie et.celles de Goriothe sont fiévreuses ^ disposent à des affections lyçiphatiques. Mistra possède des eam délicieuses ^soit qu'elle les tire de ses fontaines^ soit qu'elle fasse usage de celle de TEuioias.
Les Kabiians du Talion de TAlphée', ceux de Fraxîo, du Faneri, de Miraca, préfèrent l'eau des sources yoisineà à celle du fleuve. A peu de distance êej^eà borda^ let musulmaiis
43S ont bâti quelques fontaines, afiu que le Voyà*sgeur p&t se désaltérer avec une éau salutaire. Aux enyiroué de Siuano, d'Ândritséna ^ on trouve des fontaines chargées de sulfate de soude 5 et vers le temple d' ApoHoir£picuréus , des sources d'eauK thermales. Le sol renferme partout des pyràes* cuivreuses j la tégétation j est beaucoup j^ui précoc* e* plus variée que Aa»$ les autres cantoas de l'Eiide.
Les eaux du mont Vourcaiio ( Ithome ) , eeUes d'Arcadia^, qui tombem de hautes montagnes presque toutes couvertes d'argile, sont ka m«illeures> eila Messénie/à L'exception de KaVarin^ offre partout d'excellentes sources^
îî^as dm Moràitês^ earacière de plusieurs des peuples de la Morée.
\m nouriituce des Moraîtes est à p«u de rboae près la mém> que celle des auprès Grecs; habitués à de longs carêmes, lecir table se couvre pcedani la phis grande partie de Vaimée de Martes n^gresde diyerses elpéees^ •I des pbmtes^ ks pl^s c^mpatinets; TlHiile , le beorre, le poiarre, la fnientke, l'origain, les pimens et di£S&ren& anoiawies dompo^eÀV \enrû
Oti «eft  pgpe^utf tetts léi^ i^p^à# des élives wirét #€ sdîe» à» Cctt^o», du cuviar et^el-
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qpicfois de la poutargue ; le caviar est le ragoût national. Les tourtes contiennent des parois rouges, du fenouiUet dés laitues ; mais les aromates dont elles sont assai^nnées provo<{uent Tappétit, et les gens riches ne manquent jamais de commencer leur dîner par ce plat; ensuite arrive uû jâat énorme d'escargots et de« paquets d'aiilx crus. Oh boit encore à plusieurs nepjcises cUun vin caiptteux long-temps apr^s qu'on ne mange plus.
Aux épciques où l'usâjge de la viande est permis , les Gcecs mettent un agneau tout entier à la broche , après l'avoir enduit de graisse et saupqudré d'oygan : ils mangent delà même manière le porc, le chevreau et le mmiton, seules viandes qu'ils ainient. Ils font quelquefois des ragoûts avec des lièvres.
Lei poissons salés, les maquereaux ^ les anguilles de lïier, les xifftiias, le poisson de Moscovie (baleuc moscoAvQ ?ont d'un ^and usage . panni eut. Ils luscherchent 'taussi le poisson de mer-, mais ilf ont une- répugnance invincible pour le^ carpes énormes du Stymphale et des étangs de l'Ârcadie; ils prétendent qu'elles donneat la lèpre.
Les Moraïtes font un^ immeaii€t>coii3omina*« tibn de fruits pendant Tété, Alors les iaelons , les pascèquieset les courges compp^ènt:{»resque
exclusivement la nourriture du peuple; les courges sont pour les Moraïtes le mets le plus délicieux; ils les mangent en général crues el sans assaisonnement. Quelquefois ils les coupent par morceaux et les prennent dans Mu lait, à la place de pain : on a remarqué que c'est à l'époque où le peuple fait un usage immodéré de courges et de fruits aqueux, que se déclarent les maladies contagieutes.
Le macaroni saupoudi;é arec dH fromage râpé de Vasilico (Sicyone), est un mets de luxe qui se sert sur la talik des grands. Les fromages durs de la Sîcyonie renommés dans l'ancienne Grèce, sont encore très-estimrcs dans la Grèce moderne. Uhuile qu'bn emploie dans les pâtisseries, et le miel qu'on y substitue au sucre, les rendent difficiles à digérer* Les beurelès (i), les courabias (2), le balvaz (3) , le cataïf (4) , ainsi que tous les auti^s gâteaux, sont extrêmement lourds. Le pilaw
(i) Espèce de crêpes frites à l'huile.
(2) Sorte de gâteaux au miel et à la graisse.
(3) Moût de vin bouilli avec des noix el def amandes.
(4) On délaye du vermicelle fin d'Italie comfne ded crêpes, mais en ne détruisant pas la fibre. On fait foudre du beurre oh du suif sur un grand plateau de tôle, et Ton donne up grand coup de feu/
recherché parles Grec» ^ préseoie mv ioute« les tables) U ^t moins eanemi de festomâc que les autres mets dont je viens de parler*
Ltes ragoûts de mouton, les viandes pilées^ les hachis appelés dolmaz (i)^ sont aussi pesans que les pâtisseries* Les salades se servent presque toujours cuites. Il n'y a point de dessert.
Xje% Grecs boivent beaucoup pendant le repas; les musulmaniS mangent vite et boivent seulement lorsqu'il est terminé^ ensuite ils se lavent la bouche^ le nez; savonnent leurs moustaches 5 et ront s'accroupir dans Fangle dnn sopha, pour fumer. Ils sa,Tourent aveo délice» la fumée qui sort de leur ptpe , et res-> tent ainsi des heures entières sans agir et sana penser.
Le peuple fait une grande consommation de lait de brebis ^ il est aromatisé et sucré quand il sort du pis de la chèvre ou de la brebis : il doit ces qualités aux pâturages odorant du pays. Mais les Grecs ne consomment le lait i^ue kraqu^ls en ont fait du iogourlb (2)^
(i)Bouletleo de viande et de riz eny^oppéas dans des îeuilles de vigne,
i'i) Sorte de laitage qu'en prépare en &îsant tourner le lait d9M* uçt oliiandi^n placé sur le feu 5 pour
et k ctétiïe que quand ôUe e!H réduire en caïmak (t ) < ^^ iogqurth est eMrémement aîgré^ et le caïiHûk porte d'une manière désagréable au coôur» Toutefois les Moraïtes yantent le iogourth éi lé caïmak autant ^u'i|i9 pourraient ranter i'atnbroisie*
Le beurre offr^ presque toujours «n mé-r laogcde graisse; dans Tétat liquide^ il présente le cenp d'cËiKet le grain du miel blanc : on le conserve dans des outres de peafix de chèvres* •
Les fromages^ privés de substances buti^ rctises^sonten généraltrop saléd, et ne valent aucun de deux de l'Ecurope. Les &0JËiages de Mistra et ceux de Vasilico , qu'où durcit eu pains y ont néanmoins de la réputation; le peu» pie accommode avec du beurre les fromages , qu'on garde dans les outres.
Le vin est la boisson ordinaire des Grecs \ ils y joignent d'autres liquides dont les Turc* ' font usage ] le boia, liqueur enivrante ^ est la plus renommée. On aime ensuite de pré£é« rence les seberbets ou sorbets^ qui sont prépà^» rés avec une confection sucrée de framboises,
m, ■ m I oKil >iii M ■ Il I I I ■!,■ Ml n litii. 1 m^n ,, , i
Wre cailler, où y metuA morceau do itfgou^tb, ou dt \fi fleur dVticibattt, (iX Sorte de<}rémecaitet
de fraises $' cm â*aI>ricots, qu'on délaie dans Peau 5 on j mêle» un peu de musc : il se vendent par taMettes solides; les sorbets s&nt délicieux dans l'été parce qu'on les fait fondre' arec la ne^e de^ montagnes. La boisson le plus à ta mode est le raisin de Cortnihe mélangé avec de^ l'eau de rosé" légéEemeni aromatisée*
L'eau-de-YÎe, trèsHmôuvaîse eû Morée;peut j Causerie graves accide»s.
On |u:épare assez bien les confitures de cerises et de cédrats ^Isr moutarde douce et parfumée ^ mais les sucreries et les dragées faites avec de la farine crue sont détestables.
Les hahkans de Tégée et de son valton se nourrissent de frpits ; moins tourmentés que les autres Grecs par le despotisme du grandseigneur, ils conservent de la noblesse dails le caractère. L'Àrcadien se nourrit de lait, aime le repos et la tranquillité ; ses Kabiludes sont douces et calmes. Les babitans des vallons voisins de Meltaga, nourris pendant Tbi ver de châtaignes et de farineux , n'ont pas la même égalité d'humeur.
Le MessSàien», qui mange 'souvent de la viande et du poisson, montre une activité que la vue de la mer et le voisinage des ports en-^ trçUènnetit; indusiiieut et brave /il quitte
dès Tadolesceoce les rives du Pamissus ou de la Tïeda, pour chéroher fortune au dehors^
Commercé de là Morée^
Les Moraïtes exportent environ huit million^ de livrer de raisin de Corinihe, qu'on «hai'fe sur des vaisseaux h»I)iindais ou danois^ ib font huit chargemens de blé pour Trieste , Venise, Anc6ne, Gênes, et deux clvargem^is de laine ^ un pour Livourjae, et l'autre^ poxïr Marseille* Ils envoient encore tous les ans dans cette ville^ou directemem,' ou parla voied'i^ talie y cinq à six cargaisons d^buile jet une ou deux cargaisons de $oie, de coton, dfe cordouans, de vermillon , de vallonnée et de noix de galle ► Us exportent* du beurre, des vins,, des fromages, des fruits et des légumes, pour Smyrne, cour Constantinople , ou pour les Uea de l'Archipel, La plus grande partie des petits grains, des comestibles et des bois,* se consommQ.à Zanta et dans le^ îles Ioniennes.
Des maisons italiennes et fradçaises, étâblic9^ à Patrds,à Naupli et à Coron, se livraient autrefois à ce commerce d'exportation; mais les* derniers troubles delaMoréeles ayant ruinées^ il* e»t makitenant entre les mains des gens do^
pÊLyu Les heys du Magne font aiiîoiird^ui le commerce des liuiles y et les agas de Patras , de Corinthe, de Naupli, le commerce du blé. Les liégociaaseiaropNéeAs ae soat plus que des espèces de brocanteurs qui achètent les denrées m moment de Ujrécolte pour les revendre à V4poque de la Ui^sse. \te9 Grecs du pays kiur enlèvent souvent les produits de ce négoce , parce qu'ils se sont étaUis presque ^xartout les entremetteurs entre le propriétaire et le laar-^ ckand. .
La Morée reçoit ^ en retour de ses productions^ des draps ^ du café^dasncre^ de l'indigo^ de la cocbeoiOe et des galons de soie et d'or. La France importait autrefois les draps et le café. Trieste et Venise se S(mt à présent enricliies des pertes de Marseille , et les marchandises qae Trieste et Veoise n'importent pas, sont chargées sur des bateaux grecs ^ au retour de la ÙAre de Sinigaglia* Cependant les imp^rtationj n'égalent jamab les exportations , et la balance es( au moins dW cinquième en. iaveur de la Morée ; les étrangers paient le surplus en aurgent, qu'on envoie à Constantinople à «itre de tribut t'^c'est pourquoi la Moréê fiait depuis long-temps un commerce avantageux sans •'enrichir.
Les prradpoux. négociais de la jMoràe^ aur-*
lOQi parmî fe$ Européeà^ > habitent Coron et NauplL Ils aiio<^nt CoroH a C£^;i£^ de la salubrité de âon air, etNaupli parce qu'elle est voisine de Tripolitza, siège, de fadmirtîstration.
L'impôt s'élève au moins au qasLvî d« revenu , et il est arbitrairement répartï,
La Morce est divisée en vingt-'ijuaire canlaas ou villaiétis :
1, Tripolitza, canton ou villaiéti çonaprenan^la ville.
2, Vilkiéti rural embrassant )a plaihe de Tégée, jusqu'aux quatre défilés de Mantinée , Strata, Kalil-bey^ Carvailu et LondarL
3, Gartténe.
4* Foiidafitf