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SOULÈVEMENT DES GRECS

EKPÉDITIOSC DE I760, SON I6SVE.

Là ville de Coron , tombée succef sivemem aa pouvoir des broisé^ français , des GéDot3 ^ des Vénitiens, .des Turcs et des Espagnols ^ fut enfin soumise de tiouv^au aux Ottomans > et leur demeura, ainsi que toute laMorée^

Cependant les peuples de ce pays , fatigués; de Fesclavage horrible où t^s retenaient des maîtres îgnorans et féroces^ avaient laissééclater des signe» de mécontentement et le désir de secouer le joug des Turcs. Uimpérauice de Kussie, Catherine U, qui profitait avec habileté de toutes les occasions d'accrotu*e sa puissance et sa gloire , résolut de saisir cette circonstance pour se venger des Ottomans, qui avaient envoyé des secours ccmtre elle aux Polonais^ de les chasser de TEkirope et de s'emparer de Constantinople. Elle ae ménagea des intelligences dans les iles de la Grèce, et fit partir une escadre pour F Archipel.*

La flotte russe apparut sur les cÀtes vol* siuffsde Coron , le 2£ février 1770. L'effroi se^

39a rc^pandit aussitôt dans la garnison ^ et le commandant parlait de se rendre avant d'avoir été attaqué. Tandis qu'il recourait à la médiation du consul français, lesManiotes, sortis avec précipitation de leurs montagnes, inondèrent les environs de Coron, Le comte Théodore Orlow y vint mouiller , le i o mars , avec son escadre , composée de trois vaisseaux de ligne et de deux frégates; il débarqua des troupes, du canon^ et établit deux batteries qui tirèrent sur la place*, mais le petit nombre des pièces débarquées, et leur calibre inférieur, ne produisirent pas un grand effet contre une place assez solidement construite , et dont presque tous les murs, liés à des rochers, forment un rempart naturel.

Les troupes réglées qui suivaient le comte Orlow , ne se trouvaient pas assez considérables pour assurer le succès de lentreprise. La division se mit entre les Russes et les Grecs qui s'étaient mutuelle ment exagéré leurs forces. La plupart des Maniotes , à l'aspect de 1% faible escadre des Russes , qui ne leur avaiéat pas d'ailleurs envoyé le secours d'armes qu'ils attendaient, rentrèrent dans leurs montagnes, et ceux qui se mêlèrent aux troupes d'Orlow, découragés par l'idée de ne point combattre pour leur liberté, né pensèrent qu'à rapporter chez eux

le Fruit da pillage auquel ils s'abandonnaienf* Le comte OrloAV continua le siège de Coron avec quelques centaines d'Esclavons , de Maniotes et de Grecs; le renfort d'un vaisseau de 74> d'un bâtiment anglais et d^une galiote à bombes, sans mortiers , qu'il reçut, jeta le» Turcs dans une telle épouvante qu'ils parlèrent de se rendre y mais ils ne purent se refuser aux vœux du bey , qui les supplia d'attendre la première bombe dans l'intérêt de leur honneur et pour sa justification. Le général russe , s'efforçant de suppléer aux moyens qui lui manquaient, fit pousser une mine sous le bastion principal, dont la ruine aurait ouvert entièrement le château; mais elle fut éventée par quelques Turcs qui montrèrent alors un cou* rage qu'on a rarement l'occasion d'admirer parmi les soldats de leur nation. Le comte Orlow se détermina enfin à lever le siég^ede Coron 9 le 26 mai 1770^ La garnison turqae sortit du château dès qu'elle vit l'escadre à la voile, et détruisit entièrement ta ville grecque» Tous les magasins des négocians français, placées, comme étant restés neutres, sous la double protection des Russes et des Oitonoans, furent pillés et br&lés. Heureusement, leurs propriétaires s'étaient embarqués, an eammencemein. du siège , sur un vaisseau que le hasard avak

Amené dans ces parages , et s'ils perdirent leur fortune , ils sauvèrent du moins leurs jours.

Patras, d'abord saccagée par les Grecs, ^ulevés, auxquels s'étaient joints les habitans de jiante, le fut ensuite par les Albanais et par les Turcs, qui j massacrèrent plus de quinze cents Grecs*

Lors de leur descente dans le golfe de-Co-^ ron, les Kusses avaient formé deux corps de tous les Grecs révoltés, auxquels ik donnèrent liç nom de légion orienule et occidentale de Sparte , et sous les ordres de quelques«uns. d'entré eux, un corps de Manioles s'était emparé de iVof «riii. Tandis que la seconde légioa^ parcourait la côte occidentale et quelques endroits de rintérieur du pays, en s'avançant* vers Arcadia et Fatras ^ la première marchait, à traversées monts Tuygète^ vers Misistra; c^tte ville venait de se rendre, et la garnison, réfugiée dans le château, s'apprêtait, d'après les conventions faites avec les vain* queturs , à se retirer dans Tintérieur du pays ,, lorsqu'une troupe de montagnards escalada le château , par le c6(é opposé à la ville > et pour-suivit les Turcs qui se réfugièrent dans le palais épiscopal , édifice environné de murait* ies, sous la protection des primats de la ville et des ch^fs de la légion orientale.

Le comte Alexis Orlow, arrive sur la cè'icv prit sa résidence à Navarin ; il en changea la mosquée principale en église, et fil des dispo*sitions pour conquérir tout le Péloponèse,, Apprenant que la légion orientale s'était emparéfi de Mlsùtru^ il lui envoya Tordre de^ marcher vers Tripolitza, et de l'enlever* La* légion orientale avait déjà investi le château ^ quand, une troupe nombreuse de cavaliers albâmais fondit tout à couprenr les assiégeans^. qui y frappés de surprise et de terreur, ahan* donnèrent les Russes et retournèrent à la hâle dans leurs montagnes. La belle défense des- Russes empêcha les Albanais dopoursuivre les< fuyards , et dans la fureur qu^ils en éprouvé^ rent, ils accusèrent les habitan» de TripoUtza d'avoir eu Tintention de favoriser Tennemi, er ils en tuèrent trois mille* Leur vengeance n^è.tant paseneore assouvie, ils pillèrent ia viUe ett la livrèrent aux ftammes^

Quand ils eurent épuisé leur courroux sur Tripoliisa, les Albanais coururent au secours de Modon^ assiégée par les^enforts arrivés a m co|nt6 Or^w, joints aux Russes et aux Escla-^- Tons , qui avaient levé l^ siège de Coron. Le f>ridee d'Olgorouki , k la tète dé cinq cents> hommes, exécuta une retraite superbe ponrr rentrer dans Navarin:, mais la valeur do$>

Russes ne put ti^iompher des obstacles que leur opposait continuellement Tinsubordinationdes Grecs, qui ne pouvaient plus avoir au-^ oune confiance poiu: ceux qui les avaient déterminés à se soulever^ et qn'ils voyaient dansTimpossibilité de remplir leurs promesses. Toutefois la g[ucrre continua, et après diverses campagnes où les Turcs et les Russes eurent tour à tour deSv succès et des revers , les Ottomans réduits à demander la paix, consentirent à laisser à Catherine une navigation libre sur la mer Noire et sur toutes les mers ottomanes , ainsi que le passage des Dardanelles, Elle con^ servade ses conquêtes, Asoph, Tarankof et Kinbura. Le traité fut signé dans le mois de juillet 1774* Quant aux malheureux Grecs, ils essuyèrent le sort de tous les peuples qui s'insurgent^ sans avoir auparavant médité les moyens de sortir victorieux d'une lutte qui tend à resserrer leurs chaînes lorsqu'elle ne les rompt pas ; néanmoins le malheur qui pesa sur eux depuis cette cruelle époque retombera sur leurs tyrans, et la gloire dont les Moraïtes se couvrent de nos jours^ quelle que soit l'issue de leurs querelles sanglantes avec leurs oppresseurs, les placera dan^ rhistoire k ç6té des Grecs antiques^

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