‹ Beautés de l'histoire de la Grèce moderneChapitre 5 sur 42 · X AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

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dans ces terribles circonstances, ou ^e ceux qui les appelèrent aux combats, sous le fallacieux espoir de leurproteclion , ou de ceux qui , les traitant comme de vils troupeaux, les égorgeaient, même au sein de la paix. La postérité dira peutêtre que la dévastation des plus belles contrées de TEurope , et le meurtre de plus d'un million de ses généreux citoyens , ont été également l'ouvrage de leurs barbares oppresseurs et de leurs perfides coreligionnaires. Cependant , la foi transporte les Montagnes : des âmes brûlantes de religion, de liberté, d'amour, se jouent des entraves, elles aplanissent les obstacles. Ainsi les apôtres , ces hommes simples, mais admirables par cette même simplicité, pauvres d'argent, mais riches de ferveur, fondèrent le culte de leur divin maître. L'univers était livré à des dieux fantastiques ;. vainement les souverains s'armèrent pour maintenir Tidolâtrie , vainement ils proscrivirent, ils dévouèrent aux plus épouvantables supplices les humbles défenseurs

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de la croix j quels en furent les résultats? la croix règne maintenant sur une grande partie du monde, et c'est avec son étendard sacré que les descendans des Thérnistode, à^^ Aristide ^ àe^ Épaminondas^ repousseront le croissant. Si les puissances abandonnent cette cause sainte ^ ellea'en triomphera pas moins : elle a pour soutiens le ciel, la justice et la vérité. Les ruses de la diplomatie pourront retarder le grand jour de raffranchissement entier de la Grèce: elles ne Fempêcherorf point d'arriver ; et Ton dira dans la suite : des croisades s'établirent vers le XII® siècle pour délivrer le tombeau du Christ d'entre les mains des infidèles , et dans le XIX** les rois chrétiens renièrent le Christ lui-même, dans un peuple composé de ses plus valeureux enfans.

De même qu'il arrive quelquefois à un homme de concevoir y ne noble pensée, un beau dessein, de s'honorer par une belle action , et de retourner pourtant aux habitudes vulgaires : de même il n'est pas rare devoir un peuple esclave se le ver pour

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sonner ITieure de sa délivrance , et retomber ensuite sous le joug de ses tyrans. Chez tous les hommes 5 ainsi que chez tous les peuples, il est des lueurs de génie, de courage , de vertu ; mais semblables à des clartés, mobiles, elless'évanouissentàrinstant même où elles brillent. La réflexion, la persévérance, la volonté ferme de réussir, Tabnégation de soi-même, assurent seules' aux hommes et aux nations une véritable gloire , une splendeur immortelle.

Trop souvent Thomme doué de génie est placé au milieu de circonstances qui n'en permet lent point le développement j plus souventencore celui qui maîtrise pour ainsi dire les circonstances, et s'arme contre elles d'une volonté stable, loin de rencontrer des appuis pour atteindre au but vers lequel il marche sans relâche , n'est accueilli sur sa route que par des dédains : ses hautes pensées sont un objet de plaisanteries pour les oisifs; les gouvernemens enchaînent sa noble audace^ les ignorans, les hypocrites forment

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une ligue formidable contre lui; la folie ou Tirréligion proscrivent ses vues profondes et ses plus précieuses découvertes , et la foule les condamne sans examen.

Tel fut le sort de Galilée ^ de Christophe Colomb y Ql de tant d'hommes illustres. Ces exemples doivent-ils arrêter le génie dans sa course ? Non , les hommes, il est vrai, ne sont pas toujours certains de triompher dans la cause la plus juste : elle peut leur coûter la liberté, la vie; mais l'existence la plus prolongée est courte , comparée à l'éternité. Le temps venge la mémoire des victimes et flétrit celle des oppresseurs. n ne reste des potentats, comme du plus pauvre de leiffS' sujets, qu'un peu de poussière ; mais les nations ne meurent point. Se consacrer aux principes d'amour de la patrie, périr s'il le faut pour les défendre, c'est attachera la fragilité humaine un souvenir impérissable. S'il est pour la gloire comme pour le ciel, beaucoup éCap^ pelés et peu d élus y c'est que les hommes n'ont pas en général le courage de tenter des efforts long- temps stériles ; les nations

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