LE CONQUÉRANT
Appelé au trône , à peine dans sa quatrième année parce que les principes étaient changés , sans quoi la succession de son père aurait ^ de droit passé au plus âgé de ses oncles 9 Ivan eut sa mère .pour tutrice.
Eu sortant de tutelle , à l'âge de quatorze ans il se hâta de jouir de sa liberté , et se livra à la fougue de ses passions , pour se dédommager de ce qu'elles avaient été si long-tems retenues. Il choisit pour amis de jeunes hommes indisciplinés » aussi vifs^ aussi violens que lui; avec ces compa-
(MO ^ons insensés 9 il courait à cheval les rues de Mos*
cou , les places, les marchés ; insultait , maltraitait, volait les hommes et les femmes qu'il rencontrait ^ les assassinait quelquefois. Les habitans de Moscou tremblaient , exposés à une troupe de déterminés qui ne craignaient pas le glaive des lois.
Caractère de ce prince,
Sa vivacité était incapable de recevoir aucun frein ^ et sa colore était celle d'un animal féroce : accoutumé à tout voir trembler devant lui , il se livrait à toutes ses passions , à tous- ses caprices. Ses vices doivent être attribués en partie aux mauvaises liaisons qu'il contracta dans sa jeunesse. Des historiens le représentent comme un tyran furieux, qui sacrifiait tout à sa cruauté; les autres, comme un prince sage et modéré , uniquement occupé du bonlieur de -son peuple : tous en font un homme singulier et bizarre , et ils ont raison. Ce qu'il y a de vrai encore , c'eist qu'il fut conquérant pour l'utilité de sa patrie , et qu'il mérite d'être placé au rsuig des législateurs ; mais ces vertus furent ternies par un extrême penchant à la cruauté. Il avait toujours à la main un gros bâton garni de pointes de fer; il en piquait les {ambes de ses boîards, et témoignait une estime particulière pour ceux qui ne montraient aucune sensibilité.
La violence du caractère de ce prince se ma*
f na ) •«finîié d'occasions. Il fit clouer, «ifestadansune ^-^^^^^'^ ^,^„ ambassadeur
ait-on, un chapeau -j^^ ^^. ^^^ ^^^^,^,,
itaUen qui s'était couvert a d'AnKlelerre,
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osa mettre son chapeau ^-^^l^'Z,,^, été
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mais je suis l'envoyé de la reine ^,.^„
ron fait un affront à son mimstre , e^e s ^^ ^^^^^
en tirer une vengeance ^^^^^T"^' dit-il à ses .ommet s'écria le t^a^juia^^^^^^^^
courtisans , eût agi et parlé oc tenir mon honneur et mes mtérêts
Courage héro^ue d'un envoyé polonais.
„ nemérite pasmoins ^'^ogespar son ^«^^-^^
dévouement, le brave P«l«»-«/*;^* .^d , les faire mention. Après la mort de ^^^'^^\^^^^, suiets de cette couronne. éluren ?«- J^J^/j, rain :Etienne Battori , prince de ^'«"«y^ nouveau monarque fit ^«sembler les PaUtms^^^
leur ^eprésenta que la gloire ^ -^^^.Tles
dait qu'on tirât vengeance *«* ^'^''^^i^Won KussesavaientraitesàlaPolo^n^mutr^^^^^^ ^^
déclareraît la guerre au tzar , et on ^^^
l^omme qui fût assez <^onv.^^^VO-r^ „,.
cette déclaration au nom du roi et de tou
( ..3 ) tion polonaise. LopatkisLi y seigneur d^une nais« sance distingtiëe y et d'une fermeté reconnue ^ 86 présenta pour cette négociation et fut agréé.' Arrivé à Moscou s un officier du tzar lui dit de la part de son maître , qu'on ne souffrirait pas qu'il vint à la cour le sabre à la main , suivant l'usage établi alors 5 lorsqu'un ambassadeur allait déclarer la guerre. Lopathiski répondit : « Je sais que votre prince > quand je paraîtrai seul devant lui ^ ail milieu de ses sujets 9 a la puissance de m'ôter la vie ; mais la crainte de la mort ne m'empêchera Jioint d'exécuter les ordres du roi mon maître.-^ Prenez garde ^ reprit l'offîcîer , à ce que vous allez faire ; il ne sera pas dit qu'un simple particulier ose braver dans sa cour un des plus grands monarques du monde. — Aussi y répliqua l'ambassa'» deur , mon dessein n'est pas de manquer au res^ pect dû à ce grand prince ; mais , encore une fois, j'exécuterai les ordres de mon souverain y et il n'est pas de genre de mort que je n'affronte pour m'acquitter de ce devoir. •
Quelques jours après , on vint l'avertir que le sénat était assemblé , et qu'il y était attendu. Lopathiski s'y rendit y et lorsqu'on lui eut demandé le sujet de son ambassade ; a Je viens, répondit-il^ déclarer la guerre à la Russie, au npm du roi notre souverain et de toute la Pologne. 1 On le conduisît de là à l'audience du tzar ; et quand il entra dans la cour du palais , il s'y trouva un si gt'and
concours de peuple ^ qu'il y eut plus de cent per# sonnes d'écrasées sous les pieds des chevaux. On prit ce malheur pour un mauvais présage , et Ton disait à haute voix : « Si un seul Polonais a pu faire périr tant de Russes , que ne, feront-ils p^s lorsqu'ils seront tous réunis ? s A l'arrivée de l'ambassadeur , le tzar affecta beaucoup de gs^tté. Lopathiski lui présenta la lettre du roi de Pologne et une épée faite en forme de faux^ ce qui désignait une déclaration de guerre. Le monarque jeta sur lui un regard d'indignation , et lut la lettre en frémissant de ëolère. Etienne lui reprochait les outrages qu'il avait faits aux Polonais , et sea cruautés d^ns la iivonie ; il lui proposait d'év^aquer ce der^ nier pays , sans quoi il lui déclarait une guerre éternelle. Le tzar fit assembler les grands de l'empire , qui tous protestèrent qu^ils répandraient tout; leur sang pour soutenir la gloire du nom russe » et défendre leur patrie. L'ambassadeur fuf renvoyé , et les deux nations se préparèrent à la guerre.
CouTonnemtnl d'Ivan IF, Il est ie premier qui ait pris sonneUement 4e titre de tzar.
Eloge de la princesse son épouse.
En i547 ce prince se fit couronner avec une grande pompe par le métropolitain de Moscou , et prit en même temps le titre de tzar , que , jusqu'à
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