‹ Beautés de l' histoire des Espagnes, ou Grandes époques de cette histoire, faits intéressans, usages, moeurs et coutumesChapitre 3 sur 17 · DES ESPAGNE S · texte numérisé non relu

DES ESPAGNE S

Èta t de V Espagne aidant Vairivée des Phéniciens,

(Dix siècles environ avant J.-C. )

(3 N. n’a que des notions vagues sur les habitans primitifs de l’Espagne j mais il paraît que cette contrée dut aux rares avantages qu’elle réunissait , celui d’étre peuplée plutôt que beaucoup d’autres pays , et q\ie ce furent les Ibériens et les Celles qui s’y établirent les premiers.

Les nombreuses familles de ces deux peuples vivaient séparément , chacune d’elles était régie par ses lois et par ses coutumes

I »articuiières. Dans leurs mœurs simples , e plus âgé de la famille était le magistrat suprême j les familles les plus nombreuses formèrent des bourgades , et de la réunion de ces bourgades se formèrent de petits

ëtats ; les uns avaient des formes monarchiques , les autres des formes aristocratiques ou démocratiques.

L’inclination favorite de ces peuples les portait à la guerre ; ils se livraient d’autant plus à ce penchant , que le sol qu’ils

S ossédaient , naturellement fécond , les ispensait des travaux de l’agriculture.

Leurs armes étaient de bois , d’os et de pieiTO ; l’or et l’argent qu’ils travaillaient grossièrement leur servaient aux usages les plus communs de la vie.

Ils n’avaient d’autre culte que le fétichisme. Ils adoraient une montagne , un tronc d’arbre , une pierre.

Étahlissement des Phéniciens en Espagne,

Le peuple Phénicien remonte à la plus haute antiquité. Il porta sur une grande

{ lartie de la terre le goût des sciences , des ettres, et celui des inventions utiles. Ses expéditions maritimes et son commerce l’élevèrent ati plus haut degré de splçndeur. Quoique la boussole bit alors inconnue , tous les pa3'S situés sur les bords de la Méditerranée , devinrent l’objet de la course des Phéniciens j en navigant côte à côte vers l’Afrique , ils s’avancèrent jusqu’au détroit de Gibraltar , et formèrent

^es ëtablissemens sur la côte de Grenade et sur celle de l’Andalousie. Plusieurs d’entre eux, charmés de la beauté du pays, s’y fixèrent.

Au-delà des colonnes d’Hercule , deux îles délicieuses par leur position , décidèrent les Phéniciens à en faire le siège principal de leur colonie , qui prit le nom de Gitadij ou Guadij, maintenant Cadix.

. L’abondance des métaux précieux que les Pyrénées recèlent dans leur sein , décidèrent ce peuple industrieux et commerçant à pénétrer dans ces montagnes.

Par leurs communications avec les Phéniciens , les Espagnols adoptèrent le culte , les mœurs , la langue et l’écriture de ce

S euple, et reçurent de lui l’art important e forger le fer et d’en fabriquer des armes.

Domination des Carthaginois en Espagne,

Les Phéniciens avaient caché soigneusement aux autres peuples la source précieuse où ils puisaient leurs richesses. Jaloux de leur éclatante prospérité , les Carthaginois parvinrent à découvrir qu’elle découlait de l’Espagne, et chargèrent Himilcon ex Hannon de pénétrer sur les côtes occidentales de la péninsule , et d’y former des étuhlissemens. Hannon réussit à s’emparer de

plusieurs cantons considérables , y fonda des colonies , el les gouverna despotiquement.

Des colonies grecques qui s’étalent formées environ à la même époque que les ctablisscmens des Phéniciens , redoutant les procès de la puissance carthaginoise , implorèrent la protection des Romains. Le Sénat, satisfait de trouver une occasion de

mettre des bornes à l’ambition toujours croissante de Carthage , accueillit la demande d’un peuple ami de la paix ; il fut stipulé par un traité conclu entre les Romains et les Carthaginois, que ces derniers ne s’étendraient pas au-delà de l’Ebre , et que les Sagontins et les autres colonies grecquesconserveraient leur indépendance.

Mais un des successeurs i^Hannon, An^

nihal, déployant ce caractère inflexible et dur sous lequel il est connu dans l’histoire, attaqua les Sagontins au mépris du traité , et cette attaque injuste produisit l’étincelle qui alluma l’incendie des guerres puniques.

Siège de Sagonte.

(Troi» siècles avant J.-C.)

■ Annisal, à la tête de cent mille hommes , forme , de trois côtés le siège de

Sagonte; sa première tentative échoue 5 l’angle où il entreprit de faire une ouverture était dominé par une haute tour d’où les assiégés accablaient les assiégeans , et le mur était défendu par la jeunesse la plus valeureuse. Annibal reçut une blessure à la cuisse j cet accident troubla si fort les assiégeans qu’ils furent sur le point d’abandonner leurs batteries J ils suspendirent quelques jours leurs attaques , les Sagou tins respirèrent 5 mais les Carthaginois se servirent de ce moment de calme pour accroître leurs forces. Ds avaient construit de nouvelles machines , es le siège reprit avec

S lus de vigueur. Les assiégés virent un pan e leurs murailles s’écrouler y et tomber du même coup trois tours qui en faisaient la défense. La brèche se trouva bientôt si

considérable qu’on se battit comme en rase campagne j l’espérance et le désespoir prêtaient un courage égal aux deux partis.

Pour sauver leurs maisons, les Sagontins se servaient de leurs corps comme d’un bouclier , et avec leur javelot , au fer duquel ils attachaient de l’étoupe enflammée, ils perçaient tout à la fois le bouclier et le soldat, et répandaient le désordre dans les rangs ennemis. Ils parvinrent à culbuter les Carthaginois , et a les forcer de regagner leur camp.

Sur ces entrefaites , les ambassadeurs de Rome arrivèrent J An nibal daigna à peine les écouter, et se prépara à reprendre ses opérations.

Pendant que les Carthaginois étaient restés oisifs, les Sagontins avaient réparé les brèches de leurs murailles avec une célérité inconcevable. Annibal fit présenter de toutes parts l’escalade , et lui-même ^ monté sur une des tours mobiles , hautes de plusieurs étages , garnies de balistes et de catapultes , et qu’il faisait approcher des murailles, excitait les sien s par son exemple et par ses discours. Quinze cents Africains abattirent à coups redoublés de haches le mur que les assiégés venaient de rétablir } de plus , les Carthaginois , maîtres d’une élévation qui dominait la place publique , l’entourèrent de murailles comme une citadelle , et la chargèrent de balistes et de catapultes. Un nouveau retranchement fut ' fait par les Sagontins dans l’endroit qui n’était pas encore an pouvoir de l’ennemi , et à mesure que les Carthaginois occupaient leur ville , les Sagontins la rétrécissaient. Mais la longueur du siège avait amené la famine , et Sagonte n’avait plus aucun espoir de secours. Un nomxi\éAlcon déserta à l’insu de ses compatriotes, vint se jetef aux pieds d’Anuibal pour implorer une

capitulation ; le farouche vainqueur Imposa des conditions si cruelles qu’Alcon n’osa point retourner àSagonte. Ûilorcus, soldat espagnol , qui servait sous le général carthaginois, passa, de la part ^Annlhal , au quartier des Sagontins qui restait encore à prendre , fit assembler le conseil de ville , et proposa la vie aux citoyens de Sagonte , s’ils voulaient abandonner leurs murs et leurs richesses au vainqueur , sortir désarmés de la ville , et chacun seulement avec deux habits. Alors les magistrats et le peuple firent apporter l’argent dii trésor national et celui des particuliers au milieu de la place publique , où l’on avait allumé un grand feu , et l’on jeta dedans tous ces monceaux d’or j un nombre considérable de Sagontins se préciptèrent dans les flammes où ils périrent. Ce dévouement sublime , qui prouvait que les habitans de Sagonte , uniquement dirigés par l’honneur , savaient mépriser et les richesses et la vie , ne toucha ni n’intimida l’avide général; le siège continua avec encore plus d’activité ; la rage semblait avoir saisi tous les combattans; enfin une tour, que depuis long -temps on battait , s’écroule avec un fracas épouvantable ; une troupe de Carthaginois entre par la brèche dans la haute ville ; Annibal , qui se croit maître de

Sagou te , ordonne le pillage de la ville et le meurtre de tous les citoyens parvenus à l’âge de l’adolescence. Cet ordre narbare ne put être exécuté. Les intrépides Sagontins , enfermés dans leurs maisons auxquelles ils avaient mis le feu , s’étaient laissés brûler vifs avec leurs femmes, leurs enfans et leurs effets, et trompèrent du moins, par ce dernier acte d’héroïsme , l’avarice et la cruauté de leur féroce vainqueur.

Caractère J moeurs et costume des Espagnols.

Les Espagnols étaient alors, comme aujourd’hui, d’une movonne taille , et peu \igoureux j mais leur souj)lcsse et leur agilité leur tenaient lieu de force. Ils avaient une sorte de dédain pour les occupations champêtres , qu’ils abandonnaient a leurs femmes , et n’estimaient que la guerre.

Leurs jeux étaient des joutes ou des tournois ; les adolescens s’exercaient d’avance aux combats.

Leurs armes se composaient , pour les

Ï nétons , de deux dards ou petites lances, ongucs de trois pieds, et d’une épée à deux tranchans , qui avait la forme d’un grand

Î )oignard. Ils joignaient à ces armes la ronde et le bioent, morceau de bois au bout duquel on attachait un fer recourbé

en forme de croissant, et avec deux pointes.

Ils s’en servaient pour arrêter l’ennemi et les chevaux. Les vêtemens des piétons étaient une cotte de lin ou de cuir , leur coëffure une mitre ou bonnet. Dans les provinces méridionales , ils portaient au bras gauche un petit bouclier de cuir, noftimé cétra.

Dans les provinces septentrionales ils se servaient de grands boucliers de deux pieds de diamètre , et recouverts de nerfs de bestiaux. Les cavaliers portaient un habit de lin très -court, et paraient leur tête d’ûn casque surmonté de trois aigrettes. Les jambes et les pieds des guerriers étaient garnis dégrèves. Une musique belliqueuse annonçait le moment où l’on allait livrer bataille, et rehaussait encore le courage des combattans. On environnait de pompe les obsèques du guerrier mort au champ d’honneur. On revêtait son cadavre de su-

perbes habits , on l’exposait aux regards du

E etiple, ensuite on le brûlait sur un grand ûclier ; on proclamait les faits brillans du défunt , et ce panégyrique achevé , on donnait sur son tombeau le spectacle d’exercices et de jeux militaires. Le divertissement le plus agréable aux Espagnols , était le combat des taureaux.

Les peuples des montagnes ne mangeaient <pie du gland , et ne buvaient que de

l’hydromel et du cidre. Les autres peuples se nourrissaient mieux, sans cesser ce j>endant d’être sobres j car la sobriété est une desverius nationales do l’Espagnol. Le son des trompettes et des fliites égayait les repas de fêtes. On ne se servait point de tables , , on mangearit assis sur des sièges attachés an mur de la salle. Les personnes Tcspectables

{ »ar leur à^e ou par leurs dignités occupaient es premières places.

Dans la paix , le vêtement des hommes était une longue tunique de laine , d’une teinte rembrunie j on y joignait ttne cape pour se couvrir la tête s’il en était besoin. Cette cape s’attachait avec des lacets ou avec des agrafes. La chevelure se portait longue et la barbe touffue. Les robes des femmes étaient tissues et ornées de fleurs brodées de diverses couleurs. Elles paraient leur cou de colliers d’acier j des baguettes de fer recourbées par le liant se joignaient de deux côtés à ces colliers , et servaient à écarter de la tête le voile qu’on jetait par- I dessus.

Les lois pénales étaient très-rigoureuses; celles infligées aux grands criminels les condamnaient à être lapidés ou précipités du haut d’un rocher. Le parricide inspirait une telle horreur qu’on l’envoyait subir son supplice dans l’étranger , pour qu’il n’en restât aucune trace dans son pays.

Les personnes attachées au service d’un grand ou d’un ami , lui portaient une si

{ )rofonde affection qu’il n était pas rare de es voir s’empoisonner quand il venait à mourir.

Culte et cwilisation.

Les hahitations des Espagnols étaient aussi simples que leur manière de vivre j ils avaient l’usage, qui subsiste encore dans les campagnes de l’Espagne méridionale , de bâtir des murs avec un mélange de terre et de briques , et de les recouvrir de tablettes d’un bois très-dur : toutefois la construction de ces murs avait beaucoup de solidité.

• Leur architecture navale se bornait à quelques barques de transport jx)ur remonter les nombreux fleuves de la presqu’île.

Plusieurs monumens religieux nous font connaître que ces peuples avaient abandonné le fétichismepour s’adonner à l’idolâtrie , culte des Riéniciens , des Grecs et des Carthaginois. Comme les Ty riens adoraient les astres du jour et de la nuit, sous le symbole d’Hercule tendant un arc , et d’une tête avec deux cornes , à leur imitation les Espagnols adoraient le soleil sous le nom de Baal, et la lune sous celui

^Astarté. Ces deux divinités n’étaient , sous un autre nom , q^ue Xsi Diane et V Apollon des Grecs, ou l’ Osiris eiVIsis des Egyptieus.

Quelques médailles des anciennes villes situées sur VEhre , sur le Bétis , et sur les autres grands fleuves des Espagnes , en re-

S résentant divers symboles du commerce e la péninsule, nous apprennent qu’ii était parvenu à un certain degré de splendeur.

On a déterré une quantité prodigieuse d’ancienne monnaie, qui par son type et par le caractère de ses légendes, imités des Phéniciens et des Grecs , montrent que les Espagnols avaient été initiés par ces peuples dans Vart de fondre et d’employer les métaux J ils avaient reçu pareillement d’eux, l’art de forger les armes avec du fer.

Les Phéniciens leur apprirent que leur terre recelait des métaux précieux , en les forçant à se livrer à tous les travaux pénibles qu’exige l’exploitation des mines ; ainsi ils ne connurent la richesse que pour en déplorer le malheur.

Les Carthaginois , aussi avides et moins humains que les Phéniciens , aggravèrent l’infortune des Espagnols ; ils les contraignirent d’arracher à la terre de nouveaux trésors , et leur firent porter un joug plus

pesant. C’est sous la domination des Carthaginois que les procédés de l’exploitalioa des mines , et les principes de la métallurgie devinrent un art en Espagne.

L’abondance des métaux précieux qui en fut la suite , contribua au perfectionnement de l’orfèvrerie et de la bijouterie ; et lorsque Almicar Barcas fit une expédition enTurbétanie , lesbabitans de ces contrées se servaient de coupes et de grands vases d’argent.

Ile ÉPOQUE.

Conquête de VEspagne pas les Romains.

Les Romains , inquiets de l’accroissement prodigieux de la puissance de Carthage , ainsi que des ressources immenses qu’elle tirait d’Espagne , tant en hommes qu’en argent, résolurent de l’attaquer dans l’établissement de ses colonies j ils profitèrent adroitement de lu violation du traité conclu en faveur de Sagonie , et sous ce beau rôle de vengeurs des torts , ils parvinrent à établir leur domination sur une j«rtie de la péninsule. Cnéus Scipion, choisi pour commander cette première expédition , avait un caractère humain et

généreux , qui le rendait propre à se concilier raffeclion d’un jMiuple traité d’ailleurs durement par les CarihaginoLs.

Les Espagnols accoururent d’abord de toutes parts sous ses drapeaux j vainqueur d’IIannon et d’AsdruLal , les plus belles provinces se soumettent à ses lois j Publias Scipion, son frère , le rejoint avec de nouvelles troupes. Tous deux marchent sur Sagonte , et s’en emparent. Cnéus Scipion récompense l’intrépide fidélité des anciens habitansde cette ville, en donnant la pro-

{ n iété de son territoire et ses édifices à eurs descendans , ainsi qu’en rendant les Turbolilains tributaires des Sagontins. Les deux Scipions périrent de la mort des braves j un troisième Scipion, non moins vaillant et non moins généreux que ses prédécesseurs , acheva leur ouvrage, L’Espagne , devenue jirovince de l’empire romain , bit divisée en citerieure et ultérieure, et son gouvernement confié à deux proconsuls,

( Deux siècles avant J. C.)

Les généraux qui succédèrent aux Scipions dans le gouvernement des Espagnes^ étaient loin dé posséder les vertus de leur4

illustres prédécesseurs. Lassés des violences et des rapines dont ils se trouvaient chaque

I ’onr victimes, lesLusitains se soulevèrent; eur révolte fut encouragée par un homme entreprenant et brave , nommé Viriate :

cet homme était un simple berger. D’abord, chef d’une bande d’autres bergers , il débuta par infester les grands chemins. Le succès de ces petites entreprises agrandit ses vues. Doué de toutes les qualités éminentes, nécessaires au rôlequ’iî allait jouer, il avait reçu de la nature un corps robuste, une àme forte, un esprit pénétrant, et savait se plier aux circonstances. Observateur profond, il voyait d’un ^eul coup-d’ecil ce qu’il avait à crcâindre de l’ennemi , et ce qu’il pouvait espérer de ses concitoyens.

Son mépris pour le luxe et pour la molesse servait d’exemple à ses soldats ; ses noces même portent un caractère guerrierT Au moment où ses convives se livraient à la

Î ' oie d’un banquet , Viriate, eu habit miitaire, se contenta d’un peu de pain et d’un peu de viande pour son repas ; ensuite prenant sa lance , il Ut monter son épotise à cheval , et se rendit avec elle au milicil de son camp. ,

11 dut à ses stratagèmes autant qu’à sa vaillance la gloire de remporter plusieurs avantages considérables sur lés Romains,

et les chassa en peu de temps de sa patrie.

Il poussa ensuite scs conquêtes jusqu’à Valence , et se fit aimer des provinces qu’il traversa, en n’exigeant d’elles que la subsistance de son armée.

Les Romains tentèrent un dernier effort, et formèrent une nouvelle armée dont ils confièrent le commandement au consul Quintiis Fabius. A peine le consul fut-il débarqué , que Viriate le battit sous les murs a’ Orsona. Le consul Setvius, aidé du roi de Numidie succomba encore

sous l’ascendant de Viriate. Ce général , après avoir détruit un corps entier de Romains , pouvait anéantir jusqu’au dernier homme j mais il préféra la paix au cruel plaisir de la vengeance j il exigea seulement

a ue lesLusitains et les Romains gardassent ésormais leurs possessions respectives, et qu’ils ne les étendissent pas au-delà de leurs limites. Quoique ce traité eut été ratifié par le peuple Romain, Cépion, un de leui^s généraux , se prépara de nouveau à la guerre , et sans le moindre motif, il attaqua Viriate qui, confiant dans la foi de ses ennemis, vivait paisiblement à Jtrsa ; obligé de se sauver à la bâte , à peine avaitil rassemblé une faible armée qu’il fut atteint dans sa marche par Cépion. Avare du sang de ses soldats , Viriate en fit défila

)a plus grande partie par une vallée spacieuse , et couverte d’arbustes et de broussailles. Seul à la tête d’un faible délacbement de cavalerie, il osa défier les Romains au combat, afin de leur donner le change } et dès que son armée se trouva hors de danger , il s’évada avec ses cavaliers , et ne laissa aux Romains que la honte de leur entreprise.

Viriate , toujours modéré, dépêcha trois députés au camp de ses ennemis , pour sonder quelles étaient les prétentions de Rome. Cépion, par une fourberie infâme , réussit à séduire les envoyés , et les décida par de brillantes promesses à assi\ssiner leur chef. Ils partirent aussitôt, pénétrèrent la nuit dans la tente de Kiriate y et le massacrèrent.

Le lendemain les chefs de l’armée coiïçtirent quelques soupçons. Ils se présentèrent à la tente de Viriate , et trouvèrent

ce grand homme baigné dans son sang.

Soudain tout le camp retentit de cris affreux, de lamentations et de htirlemens. A jieine la première douleur ' fut-elle calmée qu’on revêtit le corps du héros d’habiis magnifiques. On le plaça sur un immense biiclier qti’on n’alluma qu’après avoir offert de grands sacrifices ; et quand le cadavre eut été réduit en cendres, clics furent rcligieu-

semeiit recueillies , et déposées dans une tombe, autour de laquelle quatre cents gladiateurs combattirent pour honorer la mémoire de l’intrépide défenseur de l’Espagne.

Siège de Numance.

La mort de Viriate valut aux Romains la somission de la Lusitanie et de la Gallicie J Numance seule osait encore résister.

Le Sénat, résolu de l’assiéger, chargea de cette difficile entreprise Scipion VEmilien., déjà célèbre par la destruction de Carthage.

Aussitôt son arrivée dans les environs de îlumance, il commença les travaux du siège suivant toutesles règles d’une tactique savante. Soixante-dix mille hommes furent employés à construire les forniidahles ouvrages qui coupaient toute communication à la ville assiégée , tant par terre que par le fleuve qui la bordait ) ce fleuve, d’une rive à l’autre , était couvert de grosses poutres liées ensemble , et munies de longues pointes de fer , de nianière qu’il était impossible de le traverser meme àla nagc.Epouvantésde leur situation, les Numantins demandèrent à ca-

Ï iiuder. Certain de les vaincre par la famine, 'inflexible général refusa leur demande avec insolence , et défendit à scs soldats d’engager aucune afi'aire avec les assiégés.

Déjà une partie des habitans de Numance n’avait plus que des cadavres pour nourriture. Dans cette horrible extrémité , un nommé Rétogènes , à force d’audace , s’échappe comme par miracle , et va demander du secours aux cités voisines j la seule ville (\.Q Lancia consent à prendre les armes. Scipion entre dès le lendemain à Lancia , ordonne qu’on lui livre quatre cents jeunes gens , pris entre les premières familles de la ville , et leur fait couper les mains. Une nouvelle députation des assiégés supplie le général de permettre qu’ils puissent au moins trouver la mort sur le champ de bataille j Scipion leur répondit : qu’ils ne méritaient pas l’honneur de perdre la vie

Î »ar ses armes , et qu’ils devaient périr par a famine. Cette réponse odieuse porta la rage dans le cœur dès Numantins j ils massacrent les députés qui la leur rapportent, s’enivrent avec quelques liqueurs fortes qui restaient dans la ville ; et les hommes , les femmes , les enfans sortent des portes , et se précipitent comme des tigres en furie sur le camp des assiégeans. Repoussés dans la ville, sans espérance de recevoir la mort des braves , parce que les soldats de Scipion , dociles à l’ordre barbare de leur général , ne voulaient pas la leur donner , plusieurs cavaliers uuman tins essayèreul de

( So )

» échapper à travers la mélée j les femmes coupèrent les sanj'les de leurs chevaux , et les ibrcèrenl ainsi à rester et à souffrir avec elles. Rentrés dans leurs murs ^ tous les misérables habitaus se livrèrent aux plus épouvantables excès. Les uns avalèrent un

{ >oison dévorant , d’autres se percèrent de eurs j»biives, ou se jetèrent du haut en bas des éditiccs. Quelques-uns armés de tisons enflammés , incendièrent leurs maisons , en poussant les cris d’une honible joie. Ils se repaissaient du plaisir cruel de massacrer km rs chefs, leurs parens , leurs (ils j et Scipion trouva Nnmance dans le même état où Annibal avait trouvé Sagonte.

SEKTOniUS.

(Un siècle avant J. -C, )

Quintus-S£rtorivs, tribun militaire, venait d’étre placé sur les fameuses tables de proscription de Scylla. La fuite pou* vait seule le dérober à la mort j il gagna l’Espagne où il avait commandé en qualité de préteur , et forma le projet de s’y faire un parti.

<c Settorius , dit Saluste , était dans la force de l’àge , doué de toutes les qua- 53 lités naturelles du corps , et de tous les ï5 talons qui constituent un grand guerrier.

Digilized by Gt)Ogle

Une tempérance rare le rendait recom- » mandable entre tous les généraux ro- » mains, auxquels d’ailleurs il ne cédait 35 en rien pour les connaissances militaires. 35 Intrépide dans les dangers, modéré dans 33 les succès , il ne se laissait jamais aller 33 ni au découragement où jetterinfortune, 33 ni à la fausse sécurité que le bonheur 33 inspire. Dans l’action il avait ce coup- 33 d’œil d’aigle , qui fait saisir le moment 33 décisif pour agir , et pour voir quelle 33 manœuvre peut tromper l’ennemi. 33

Les divers soulèvemens des Espagnols n’avaient pas corrigé leurs maîtres de ladureté de leur domination ; de lem* côté , ces peuples fiers et courageux , abattus par tant de défaites , n’avaient néanmoins pas perdu le noble sentiment de leur dignité d’homme. La haine qu’ils portaient à leurs oppresseurs égalait la haine que Sertorius portait à Scylla; ils virent dans le premier un vengeur de leursdroits blcssésj plusieurs villes s’empressèrent de le reconnaître pour préteur. Les Romains qui habitaient l’Espagne s’unirent aux naturels mécontens, et Sertorius se trouva bientôt à la lete d’une armée de neuf mille hommes, et possesseur de plusieurs galères.

Les succès qu’il remporta contre les Romains en sellant avec les pirates de Cilicie 3

les victoires qu’il obtint ensuite sur ces derniers , dont il avait eu à se |)lalndre , accrurent sa réputation. Les Lusitains euvoyèrent des députés le trouver en Afrujue, à l’eflet de l’engager d’accepter le titre de leur général , ctde venir les défendre contre le préteur Didius , par qui Scylla les avait fait attacjucr. Sertorius se rendit aux désirs des Lusitains , et pendant qu’il battait Didius sur les rives du Bétis , il fit battre

} )ar un corps de sou armée le préteur der 'Espagne citérieurc.

Gouvernement et bienfaits de Sertorius.

Sertorius avait repoussé cent vingt -huit mille Romains commandés par les généraux les plus habiles. Les deux Espagnes reconnaissaient ses lois j il les avait rendues à sa gloire , il voulut leur donner le bonheur , et profila des loisirs de la paix pour fonder dans la péninsule un gouvernement semblable à celui de Rome.

La principale autorité de Sertorius résidait dans la Lusitanie et dans laCellibérie j il se complut à faire bénir ses bienfaits à ces deux provinces. Il bâtit les murs iïEvora, l’embellit de superbes aqueducs , et d’un temple magnifique.

U rendit Osca, aujourd’hui Huesca , ancienne capitale de la Celtibérie , le siège

d’une université . Pour encourager les j eunes Espagnols qui la fréquentaient ^ il assistait à leurs exercices , et distribuait des prix à ceux qui s’y distinguaient.

11 ne négligea pas de veiller a la fabrication des armes et a l’exploitation des mines } ses regards s’étendaient également sur tous les objets utiles j aucun chef de gouvernement ne sut mieux que SertoHiis favoriser, l’industrie et récompenser la vaillance.

Sertorius vainqueur de Méteïlus et de JPompée.

L’immense pouvoir et la haute renommée de Sertorius , faligaient Scylla ; il envoya Méteïlus ^ à la télé d’une forte armée, en Espagne , et prépara ainsi un nouveau triomphe au noble ennemi qu’il poursuivait. La monde Scylla suspenditlcs guerres de la péninsule. Perpeima , homme plein d’orgueil , d’ambition , d’ignorance et de mauvaise foi , se rendit en Espagne dans l’intention d’asseoir son autorité sur le renversement de celle de Méteïlus , mais ses soldats le forcèrent à grossir les forces de Sertorius.

Pompée, digne rival de Sertorius , vint s’unir à Méteïlus , et fut contraint , après plusieurs combats , de se retirer dans les

nionla<^es. «Serf<îr/if5fomicensuiie le siege’ <le la ville de Contrehie , et s’en empare.

Il envoyé Perpenna combattre Métellus f apprend qu’il est battu , rassemble à la hâte des troupes pour aller le secourir , rencontre l’armée de Pompée , et prêt à lui livrer bataille , reçoit la nouYidle Ue la défaite entière de Perpenna ; pour que ce revers ne fut pas connu de Sertorius , tue le messager , et continue tranquillement ses dispositions ; il avait à faire à un général qui ne lui cédait pas en habileté. La victoire long-temps indécise allait couronner Pompée ; Sei-torius pique son cheval des deux^ se précipite au milieu des rangs, et s’écrie : sont-ce là ces Espagnols qui juraient Jadis de me défendre jusqu*à la mort ! Allej , retourne^ chej vous ; quant à moi Je vais cherchera mourir. Les paroles de tSerfo/YMj, le danger où il se livre , enflamment d’uu nouveau courage le cœur de scs soldats.

Ils rougiraient de ne pas égaler l’audace de leur chef; ils se jettent avec fiireur sur les Romains, les écrasent, et Pompée lui-même se vit contraint à fuir !

La hiche de Sertorius.

Sertorivs étaya son pouvoir non-seulement sur sa vaillance et sur ses bienfaits, mais encore sur la superstition des-

Espagnols. Il feignit qu’une biche blanche qu’il avait reçue d’un chasseur Lusitain était un présent de Diane, et qu’elle l’instruisait des volontés de cette Déesse , ainsi que des événemens futurs. Cette biche s’étant échappée , il en profita habilement pour cacher a ses soldats le péril où il se trouvait par la jonction des troupes de iliê'teZ/uj avec celles ôie Pompée ^ et leur persuailant que lahiile de sa biche était un effet du courroux de Diane , irritée de la pusillanimité de quelques troupes espagnoles , en même temps qu’un utile avertissement d’opérer sa retraite , il fit évacuer son armée par divers chemins j et dès qu’il fut arrivé dans ses quartiers, il offrit un sacrifice à Diane pour calmer sa colère. Un matin qu’il présidait à son conseil , il voit soudain sa liiche ché-r rie accourir vers lui ; il la prend avec transport dans ses bras , l’arrose de ses larmes , s’écrie avec joie que Diane est appaisée j que désormais elle prêtera son secours auvL Espa gnols , les conduit au combat , et triomphe,

Pel le réponse de Seitorius aux ambassadeurs de Mithridate,

3Tithridate f roi de Pont, qui désirait d’établir sa domination en Asie comme

il 1 avait établie en Europe ^ envoya une ambassade a Sei'torius pour Peuj^jager À couibailre avec lui contre les Romains.

Les ambassadeurs se rendirent au sénat , où siégeait Sertorius ; ils exposèrent que leur maître se bornerait à reprendre les provinces qui lui avaient été enlevées par Scylla, et qu’il fournirait des vaisseaux et de 1 argent aux Espagnols , pour faciliter leurs entreprises. Sertorius qui voyait le sénat prêt à se rendre aux propositions du roi de î*ont, se leva soudain et dit : Je consens

que Miihrldate reprenne sur Rome la Bithynie et la Cappadoce , qui font partie de V héritage de ses ancêtres ; rien de plus juste / mais qu^ il s’ empare de V Asie, Jadis usuipée par lui et cédée aux Romains par un traité formel , c’est ce que je ne souffrirai jamais ; quoiqu’armés contre notre patrie ou plutôt contre ses tyrans, nous n’en maintiendrons

pas moins ses droits : c’est sa gloire et non sa ruine que nous voulons. Ce qui ajoute quelque chose de vraiment grand à la noblesse de cette réponse , c’est que Sertorius, succombant sous le bonheur des armes de

Pompée , était alors dans une position à recevoir , plutôt qu’à donner des lois.

JMithridate se conforma aux conditions exi-

gées par SertonuSf et conclut avec lui une alliance. '

Seau trait des gardes Espagnoles de Sertorius.

SpRTORius , abandomié et trahi par ses compatriotes , vers lesquels cependant son cœur s’élancait toujours , avait confié sa jgarde aux Espagnols. Un jour qu’il livrait bataille à l’ennemi proche d’une ville, son armée fut coupée. Poursuivi par les troupes légères , le héros prit le chemin de la ville J ses gardes alors l’élevèrent sur leurs épaules , et se le passèrent de l’im à l’autre, jusqu’à ce qu’il fiit entré dans la ville , et ne songèrent à se soustraire aux dangers qu’ils couraient eui-mêmes, qu’après l’avoir délivré du sien .

• Crime de Perpenna , fidélité sublime de la garde de Sertonus et d*un citoyen de Calaguris.

Métellus désespérant de vaincre Sertorius, avait promis une récompense de cent talens d’argent etde vingt mille arpens de terre à celui qui ôterait la vie au chef des Espagnols. Cette j>romesse n’avait pu faire trouver un traître parmi les naturels de la péninsule , quoique Sertorius , défiant et cruel dans ses revers, eût livré une

foule (l’innocens au supplice.' Le lâche P^rpenna f cjui depuis long-tems anilnlionnaitla place de son chef, crut que l’instaut était favorable pour s’en assurer par un crime ; il invita Sertorius à un repas magnifique, et le fit assassiner. La garde de Sertorius , fidèle au serment qu’elle avait faitdc ne pas lui survivre, sedonna la mort.

Une inscription atteste cet acte admirable de dévouement . Une autre inscription , érigée en l’honneur d’un citoyen de Cala- ^ris y nommé Béhricius , porte que cet homme crut de son devoir de conserver son âme pme après la mort de Sertorius, qui avait tout commun avec les dieux, et qu’il échappa , par un suicide , au pouvoir des ennemis. On a mis au bas de celte inscription , ces mois : Vous qui Usej ceci, apprenej à être fidèles.

Voyage d* Auguste en Espagne..

( Premier siècle de J.-C. )

Lorsqu’Octave , vainqueur de ses rivaux et maître absolu de l’empire Romain, le gouverna sous le nom îS! Auguste , il porta d’abord ses regards sur la liche péninsule , dont l’entière possession promettait tant d’avantages. 11 visita l’Espagne , s’établit à Tarragone j soumit à scs armes

lesCantabres et les Asturiens, qui bravaient encore , sous l’abri tutélaire de leurs montagnes, l’autorité de la reine du Monde , fonda les villes de César Augusta et i^Au.gusta Emerita , connues de nos jours sous les noms de Saragosse et de Mérita , et divisa l’Espagne en trois provinces , la Tarmgonaise , la Lusitanie et la Bétique, Auguste ferma en peu de temps toutes les plaies que des guerres terribles et toujours renaissantes , pendant plusieurs siècles , avaient faites à l’Espagne. Grâces à ses soins paternels, la péninsule s’embellit et s’enrichit de tous côtés de chemins aussi ma-

gnifi(]^ues qu’utiles. Il accorda des immunités a un grand nombre de villes , le droit de citoyens romains à beaucoup de leurs habitans , et les éleva aux charges publiques ; il encouragea le commerce et l’industrie j par lui l’Espagne parvint à la plus haute prospérité. Son gouvernement a la fols ferme et doux , lui acquit l’obéissance et l’afTection de peuples aussi sensibles que braves j sa clemence , sa munificence, sa générosité lui fondèrent sur les cœurs un empire plus durable que celui que donnent la victoire et la crainte. L’admiration et la reconnaissance lui élevèrent

de nombreux monumeus ; leurs ruines rédigeât encore la gloire et les bienfaits

d’Augusie f ainsi que l’amour qu’on lui porta.

JUriüS MANSÜÉTUS.

Les successeurs Auguste ne s’occupèrent pas comme ce prince du bonheur de l’Espagne j plusieurs provinces de la péninsule , indignées des exactions de t^iy proclamèrent empereur Titus FLcwius Vespaslen y et les partisans de ses rivaux appuyèrent les prétentions de chacun d’eux à main armée.

Julius Maiisuétus y espagnol de naissance, enrôlé depuis long-temps parmi les milices Romaines , combattait sous les drapeaux de Fcspasien. Il avait autrefois laissé dans sa patrie un fils alors enfant , qui depuis ayant atteint l’àge de la conscription , était entré dans les troupes de VitelLius. Dans une des batailles que se livrèrent les deux armées , ce jeune homme combattit corps à corps avec un soldat du parti opposé.

Il le blesse mortellement. Ciel ! quel est son désespoir : au moment où son ennemi vaincu expire , il reconnaît en lui son père. Le jeune Mausuétus se jette sur le cadavre, l’arrose de larmes amères, accuse les dieux qui ont permis le parricide , qu’il abliorre ; il s’écrie qu’il se reprochera toujours ce criaie horrible , dont pourtant il n’csi pas

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Cl'CHSO IIIIO

tnoirs

coupable. Ensuite il creuse une fosse, relève le cadavre de son infortuné père, et lui rend les derniers devoirs , pendant que l’armée entière , attentive à ce cruel et louchant spectacle , se répand en malédictions contre les provocateurs des guerres civiles.

( Deuxième siècle ).

Le règne de Neiva avait rendu la paix à l’Es^iagne , et rouvert les sources de sa prospérité. L’adoption qu’il lit de Trajan répandit un nouvel éclat sur la péninsule.

Statica f aujourd’hui Séville V ancienne f vit s’élever le berceau de Trajan. Ce grand homme réunissait au vrai courage une sagesse profonde et une simplicité remarquable. La justice et la douceur de ses lois rendirent le peuple Romain à ses vertus ‘ antiques. Sous son gouvernement , on vit les lettres en Espagne fleurir comme en Italie , toute la vie de Trajan fut dévouée à la guerre ; mais il eultoujours soin qu’aucune de ses cliarges ne fi\t supportée par son pays natal , qu’il se plut à embellir de monumens. Il lit construire , en Catalogne , l’arc superbe de Torre den Barra.

C’est aussi à lui que l’Espagne doit le

magnifique poni (V u4lca.ntara , la belle colonne de Zalaméa délia Sérenna , et les fameux aqueducs de Tarragone et de Ségo-

De nombreuses inscriptions en Allemagne, en Italie , en Espagne , décernent à Trajan le nom de Père de la patrie.

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