‹ Beautés de la poësie anglaise [tr.] par le chevalier de ChatelainChapitre 129 sur 162 · SMITH (CHARLOTTE · texte numérisé non relu

SMITH (CHARLOTTE

Née en 1749 — Morte en 1806.

L^HOBLOQB DE FLORB.

Dans chaque taillis et vallée Se laisse voir sans voile à Tœil observateur

Des plantes parmi rassemblée Des saisons le Cadran, du jour le Moniteur.

Ses petiots parés de verdure Disent en se jouant la marche du printemps.

Enfants gâtés de la nature Ils entourent de fleurs le sablier du Temps.

Sur le miroir des eaux limpides Bercé dans le courant, de Vénus sur le char.

Voyez comme sur ces fluides Repose doucement le charmant Nénuphar.

Du matin ayant conscience, De son humide nid il surgit au soleil,

Et de Teau dans la transparence Voit réfléchi son sein dans le rayon vermeil.

l'horloge de flobe. 289

Jusqu'à ce que Tastre céleste Se baigne en déclinant au vaste sein des mers,

Lors dans son vêtement modeste Sur la vague il sommeille en embaumant les airs.

Regardez les fleurs radiées De THieracium; leurs belles floraisons

Disent les heures variées Du sommeil, de Téveil, et le cours des saisons.

An-dessus de sa large coupe L'orgueilleux Salsifis étend ses rayons d'or,

Mais prudemment rentre la troupe De ses pétales, quand midi prend son essor.

De Bethléem la pâle Etoile Sitôt que le soleil se montre sur le mont.

Devers le ciel lève son voile Mais le baisse aussitôt que ses rayons s'en vont.

Dans les sables mouvants, ahdes Rampe l'Herbe Sabline, et lentement TAster

Y laisse voir ses fleurs splendides Qui sommeillent bientôt au vif contact de l'air.

La simple et fraîche Campanule Si gentiment rayée en plein midi reluit^

Même an fort de la canicule, Mais ferme ses volets sitôt que vient la nuit.

Quand sur les monts la Chicorée Vers l'alouette au ciel lève ses yeux d'azur,

Les bergers savent la durée Du Temps exactement, pour eux c'est Cadran sûri

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