MADAME ET LA FIE
Le pauvre cher époux ainsi mis en charpie, Qui par pure bonté, par amour conjugal
Avait dans un moment ûital, Eveillé la discorde en achetant la Pie,
A cette attaque cib hoc, ab hâc, Resta muet. Ainsi quand Roubillac De son ciseau sublime enfante une statue, Elle rougit parfois d*être trop peu vêtue.
Mais ne peut exprimer ce sentiment divin Sous son marbre vivant dans le langage humain.
Au discours de la dame, ah 1 mais que dit la Pie ? " A vous salut I" dit-eUe, " ô beUe GrisDdis ! Votre époux ferait acte impie.
Vous ayant, tel est mon avis.
De chercher à donner asyle en son logis
A mes pareilles.
Car il possède en vous un guêpier de Corneilles. Que reste ici long-temps n'ayez donc pas frayeur,
Douce, avenante et bien gentille Dame !
Vous avez de tapage im assez beau programme : L'augmenter ! à quoi bon ! ce serait un malheur !
Puis écoutez. Moi, quoique Pie Aimant à répéter les propos que j'entends.
Entre nous, ne suis point harpie, Ne saurais comme vous égratigner les gens :
Bien qu'oiseaux de même plumage, Ne nous ressemblons pas ; Vous, vous aimez la paix Et vous la demandez avec tant de tapage Et des accents si pleins de rage, Que ne pourrions nous accorder jamais.
Vous proclamez de façon si hargneuse.
Que jamais vous n'êtes grondeuse, Qu'il ferait beau ne pas vous croire dà I Enfourchez donc votre dada ; De l'injure et du bruit avez le monopole Vous êtes Reine enfin de la parole,
288 l'hoblooe de flore.
Or une Reine, ainsi qu^un Roi Ne peuvent faire mal, tous régnez par ma foi 1 Mais ne vous étonnez à votre clapotage Si votre époux ne répond pas ; De répondre à vain bruit la voix n^a pas Tusage, Mais voici ce qu^advient dans de semblables cas : Quand un mari ne peut plus supporter les rages,
De caractères au verjus, Et que pour les guérir ses soins sont 8iq>erflus, Les meilleurs médecins, ça se sait mordicus 1
Sont bâtons de pommiers sauvages I *^