SNOW (ROBERT
Mort en 1863.
Epitaphes.
C'ÉTAIT par un beau jour dans le champ du repos, '
L'enfeint allait, venait, léger, vif et dispos,
Et s'amusait à lire en sa joyeuse allure
L'épitaphe du mort sur chaque sépulture.
Ces morts avaient été, disaient les monuments,
Pères, mères, époux^ femmes, amis, parents —
L'enfjEUit lut comme quoi modestes et sincères.
Ces nombreux ex- vivants furent entr' eux des frères,
Des Chrétiens ne rêvant que des choses d'en haut,
Ayant force vertus, pas le moindre défaut.
Et tous ayant été si parfaits sur la terre,
Qu'ils reposent en paix avec Dieu — notre Père !
Les yeux du jeime enfant rencontrèrent ici
Le regard maternel qui l'épiait aussi.
" Mère," fit-il, " j'ai lu de bien charmantes choses
Sur ces tombeaux ornés de cyprès et de roses ;"
Et puis il s'arrêta comme à moitié craintif.
Puis reprenant courage, et d'un ton décisif:
" Tu m'as dit, maintefois, n'est-ce pas, bonne mère.
Que les méchants, les bons, tous passent sur la terre ;
Que chacun doit mourir. — Ces tombeaux, je le sais.
Sont tous peuplés de morts qui sont dans les cieux . . . Mais
Oh I dis-moi donc, maman ? où se trouve la place.
Où dorment les méchants ? .... je n'en vois pas de trace !"
La mère caressant les cheveux de l'enfant S'apprêtait à parler, quand soudain décoiffant Sa tombe de cristal poiu* naître à la lumière, Un brillant papillon sur son aile légère
298 hÉL JJBn9E FILLE AYEUGLB.
S^élança dans Pespace .... Ardent à le chasser L^enfant courut après pour le mieux terrasser, Avant que la maman à sa naïve enquête :
" Où dorment les méchants ?^* eut eu réponse prête. Ce qui ne parut pas du tout la courroucer !
La Jeune Fille Aveugle.
J'ai souvent soupçonné ma sœur Qu'en ta douce mélancolie Sur moi s'appitoyait ton cœur, Ce secret ta main le publie.
Moi qui suis étrangère aux pleurs, Comment puis-je exciter tes larmes ?
Quand je dors j'ai tous les bonheurs, Au réveil pour moi tout est charmes!
J'aime le glouglou du ruisseau Qui donne frais à l'atmosphère, £t le soleil qui du coteau M'apporte un parfum de bruyère :
£t tandis que pour leur éclat Chacun vante les fleurs qu'il aime, Moi par le sens de l'odorat Je sais où le bon Dieu les sème.
Une fois t'en souviens -tu, sœur, Que j'écoutais sous notre treille Gazouiller l'eau de si bon cœur, Tu me dis voir une merveille,
Tu l'appelais un arc-en-ciel Descendant du ciel à la terre, Et d'un éclat surnaturel Illuminant notre atmosphère ;
Gt ont TOBr uaanse: gwyprnifc.
^ perroi!- ce ^imsuosisiiiaL
J'enuaàt vmnKr on» pus cm. s»
L'or ÂB CDpVfSlSL ÔfSt 'VSCZ Jft **■""—*
EeooBBMaasMiÈDt kJicrtaîSBm '.
Ainsi que la lonâiE; l^«c D*im ciftTier. i&an àfôçi bcnnsuoii Peut preomÎT kr f Jairi^f ihène,
La scioice dn gai aaToir Pour moi n'a plus aucun mystère.
Et j*ai, quand je veux, le pouvoir D'obtenir sur tout la lumière:
SOCi L4^ BATAILLE DE BLENUEIIA.
Ou réfléchissant dans mon cœur Sur les dogmes de T Ecriture, J'apprends du divin Rédempteur Comment sa loi nous advint pure ! -
Sœur î ne va pas t'émerveiller,
Ni croire qu'ici je m'égare,
Pour comprendre ce mot ** briller "
J'ai des sens, eux seuls sont mon phare.
Un jour viendra, jour de splendeur, Ou par une grâce efficace Vêtus d'immuable blancheur Nous verrons tous Dieu face à face !
SOUTHEY (KOBERT).
Né en 1774— Mort en 1843.
La Bataille de Blenheim.
C'ÉTAIT par un beau soir d'été, Le vieux Kaspar après l'ouvrage Sous sou porche à l'épais feuillage Humait le doux /ar niente.
Tandis que près de la charmille S'ébattait sa petite fille.
L'enfant n'avait pas assez d'yeux Pour voir une espèce de boule Que voilà son frère qui roule.
Roule, roule d'un air joyeux ; Lui le garçon, le petit Pierre Venait demander à Grand-père