‹ Beautés de la poësie anglaise [tr.] par le chevalier de ChatelainChapitre 39 sur 162 · WATERLOO · texte numérisé non relu

WATERLOO

Obi quand porté sur ton cheval de guerre Bouillant, impétueux tu criais: **En avant!" Et que foudroyant tout à Tégal du tonnerre Tu balayais la plaine ainsi qu'un fier torrent. Quand les casques brisés par le fer, A mitraille

En jets de feu pleuvaient autour de toi, Quand les sabres rougis au fort de la bataille Brillaient d'éclairs, semant partout Teffiroi, Et quand au milieu du carnage.

Faisant face à Porage Par ton sang-ôroid, par ton courage Tu commandais . . . même au destin Oh ! pensais-tu jamais quelle serait ta fin!

Qu'est devenu ce blanc panache Par Tarme d'un esclave est-il donc abattu?

Comme le flot fougueux qui des flots se détache, Naguère on le voyait toiyours flotter sans tache

Partout où brillait la vertu.

Partout où pied à pied on avait combattu.

Lorsque de mille feux la tête auréolée Parmi les cris de mort, au fort de la mêlée

L'aigle s'avançait glorieux, Quand la ligne enfoncée envahissant la plaine

S'arrêtait incertaine, Ou bien fuyait la mort, en fuyant en tous lieux. Là, dans ce même instant, l'œil affîuné de gloire, Du plus hideux carnage affirontant le reflux. Murât chargeait : — Murât assurait la victoire . . .

Là Murât ne chargera plus!

nécessaires, pour quitter son royaume dans le cas où on aurait refusé de lui obéir. H suflSt d'avoir lu l'histoire de son règne pour être persuadé de la vérité du fait. Ferdinand IV. était un homme qui joignait à la cruauté de Louis XI, la perfidie de Ferdinand le Catholique, et la timidité d'Edouard IL II envoyait ses sujets à la mort, se jouait des serments les plus solennels, et tremblait devant une épouse adultère, devant l'amie de l'impudique maîtresse de Nelson, Lady Hamiltou.

WATBBIXM). 71

Sur une gloire étante ils marchent les Barbues! Quand la victoire en pleurs gémit sur ses Dieux lares

£t sor ses arcs brisés;

Mais ^e la main sur son épée,

A la Tyrannie écbMppéej *

Ange consolateur de tous les cœnrs frcnsaés

La liberté se réveille joyeuse, Et sur tous ces débris s^impose ^orieuse!

Deux fois la France a vu malgré son juste orgueiL. Ses triomphes d*hier se changer en long deuil; Assez et trop longtemps elle a vécu victime Tantôt de ses vieux rois, tantôt d'un fou suMime; Ce n'est plus d'un trônant que dépend son bonheur,

Ni d'un roi, ni d'un empereur.

Ce roi fut-il Capet, et ce trônant suprême

Fut-il un Napoléon mêmel Mais du r^ne des lois et de l'égalité, De l'union des cœurs, de la firatemité, De cette liberté que l'homme à sa naissance Reçut du Créateur avec son existence. De cette liberté dont, en dépit de Dieu, Les Rois du droit divin voudraient firustrer la terre, De cette liberté qu'ils traquent en tout lieu

Pendant la paix, pendant la guerre,

N'épargnant pour la terrasser

Et pour la clouer dans sa bière.

Ni l'or des nations, pour eux vile poussière.

Ni le sang, s'il le faut verser.

Mais le cœur, mais Tesprit, mais la voix étemelle De tout le genre humain, épurée, immortelle,

Au creuset des revers, S'élevant unanime et grande et solennelle Contre tous les tyrans et leur vile séquelle Fera de ce vieux monde, un nouvel univers.

72 LA DESTBUCTION DE SENKAOHEBIB.

Qui pourra résister à si noble alliance?

Le glaive a fait son temps, et ne saurait servir A pourfendre Tidée impalpable à saisir.

L'Homme passe; TEsprit est devenu Puissance!

Oui, dans ce siècle impur, il bat encor des cœurs Qui de la liberté généreux défenseurs,

Acceptant le saint héritage, Sauront répandre au loin son esprit invaincu: Alors plus de tyrans, alors plus d'esclavage, Le despotisme aura vécu:

Et des vertus Mère féconde, La Liberté, Reine du Monde De tous côtés voyant relever ses autels, Sous le niveau des lois r^ira les mortels.

La Destruction de Sennacherib.

COBfME un loup dévorant en veine d'appétit, Sur le troupeau bêlant l'Assyrien fondit ; Ses armes scintillaient sous la voûte étoilée. Comme étoiles la nuit au ciel de Galilée.

Coname feuilles des bois lorsque vert est l'été. Hier cet ennemi brillait de majesté; Comme feuilles des bois quand a soufflé l'automne, Aujourd'hui sur le sol il git là monotone.

Car l'ange de la mort a soufflé le trépas Sur chaqu' Assyrien, à chacun de ses pas.

Et les yeux des dormeurs restèrent sans lumière, Et leur cœur palpita, mais pour la fois dernière.

Et là le nez au vent, là gisait le coursier Veuf de souffle orgueilleux, veuf de regard altier; Et là sur le gazon son haleine posthume Toute froide gisait comme une blanche écume.

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