AKENSIDE (MARK
Au Coucou.
Contemporain du doux printemps Dans ce yallon au frais ombrage, Près du ruisseau qui fait tapage.
Que j'aime à recueillir tes chants !
Que j'aime tes échos dolents, De tes amours on doit le croire C'est l'oraison jaculatoire.
n fut un temps, je me souviens,
Où dans les bois ta voix plaintive
Trouvait mon oreille rétive ;
Oh tes échos éoliens
Semblaient nuire aux musiciens
Qui chantent dans le vert bocage
Et l'amour et son doux servage.
Je me disais : ^^ H n'est pas bien
Qu' alors que chante Philomèle,
La voix d'un autre oiseau se mêle
Au charme de son entretien :
Ainsi dans le monde combien
Ne voyons-nous pas près des belles
De vieux beaux se brûler les ailes!"
LES CHANGEMENTS DU MONDE
Quand deux cœurs, deux cœurs amoureux N*ont à tous deux qu^une seule âme, Et que mutuelle est leur flamme, Qu*ils tiemient du Coucou tous ceux Qui vont troubler ces deux heureux Des grands mots prudence et sagesse Et des dictons de la vieillesse !
Et cependant tandis qu' encor n en est tenps, pensez jeunesse Qui ne vivez que de tendresse, Qui ne rêvez que d'un ciel d'or.
Que le Coucou donne du cor Dans le mois des fleurs embaumées Dans Avril aux fraîches ramées.