LE COUCOU ET LE HOSSIGNOL
Ce que j'en dis est par expérience,
Quoîqu' étant vieux sois moins apte, je pense,
A ressentir ce plaisir vif et gai
Qu'en tous les cœurs vient renouveler Mai,
N'en ai pas moins souvent de la souffiunce.
Suis si troublé par la fièvre de Mai
Que dors fort peu, tant au cœur grand mal j'ai I
Et m*est avis, qu'il n'est pas vraisemblable
Que de dormir un être soit capable
Lorsque l'amour lui chante un virelai.
Donc l'autre nuit, qu'éveillé quand j'y songe, Je m'arrangeais un charmant petit songe.
Je réfléchis que Messieurs les amants Du Rossignol aimaient bien mieux les chants Que du Coucou la note qui s'allonge.
Et je me dis: Sitôt qu'il fera jour
Me lèverai, puis je sortirai pour
D'un Rossignol entendre le ramage.
Car n'en ai point entendu, c'est dommage,
Jusqu'à ce jour, le trois du mois d'amour.
Et sitôt dà que je vis la lumière Du beau Phœbus éclairer ma paupière, Hors de mon lit je me jetai soudain.
Et hardiment de vers un bois voisin M'acheminai le long de la rivière.
Jusqu'à ce que je vis, c'était fort beau Je vous l'avoue, un verdoyant préau.
Le sol était jonché de paquerettep, Hautes étaient les pimpantes coudrettes Qui s'unissant formaient un frais berceau.