‹ Beautés de la poësie anglaise [tr.] par le chevalier de ChatelainChapitre 82 sur 162 · LAMB (CHARLES · texte numérisé non relu

LAMB (CHARLES

Né le 18 Terrier 1775— Mort le 27 Décembre 1834.

1 T. Stotiiard,

SUR LES ILLUSTRATIONS DES POÈMES DE SaMUEL RoGERS.

Artiste consommé, ton crayon immortel

A Rogers, le classique, improvise un autel,

Qu'il reste ton chrf^'œuvrel— Il m'en souvient encore

Dans ces temps déjà loin oil pointait mon aurore

Que dé fois n*ai-je pas, admirateur naïf,

Dévoré du regard, ton faire întellectif ?

Le précieux Grandison, et la triste Clarisse,

Les héros de Fielding, de Smollett, Vertu, Vice,

S'ofiraient à mes regards, réalisés par toi;

Mais ce qui fit surtout impression sur moi.

Ce fut rétrangeté, les bizarres figures

Qui de Peter Wilkins illustrent les gravures.

L'âge qui rend moins prompt, surtout moins positif

Le crayon de l'artiste— il rend le tien plus vif.

Plus délicat, plus doux; tes ombres, ta lumière

Te rendent Titienesque—Ah! puisse ta carrière

Se prolonger longtemps, rival de Raphaël,

Aussi beau que Watteau, tout comme eux immortel I

LANDON (LETITIA ELIZABETH) [L.E.L.].

Née en 1802 — Morte en 1838.

Le Pays des Fées.

Cela surgit de façon fabuleuse.

Comme alors qu'Aladin, pour embellir sou sort, Touche doucettement l'invisible ressort De son cher talisman, la lampe merveilleuse.

1G6' L£ PAYâ I>£8 FÉE^.

C'est un pays charmant, plaiïfaut, riant et gai,

Un beau ciel tout d'azur, comme un beau ciel de Mai,

Et cependant changeant, illominaut de larmes

Fugitive» les fleurs, et rehaussant leurs charmes.

On voit dans ce pays prospérer chaque fleur;

La perce-neige gît où se gaudit la rose,

Le lierre se festonne, et de son bras vainqueur

Entrelace la vigne, et sur son sein repose;

La violette dort, sur Tanajias doré,

Qu'elle a lorgné longtemps d'un œil énamouré.

C'est un pays charmant, mais souvent solitaire.

Le seul luth de l'amant quand tout semble se taire,

Soupire ses accords tout impr^nés d'amour,

Et jette sa langueur aux échos d'alentour. .

Quelquefois on y, vcât spectacles admirables^

Des splendeura du passé réalisant les fables.

Ou bien les grands émois du monde troubadour:

Des palais éclairés po^r minuit et ses fêtes.

Et ses joyeux ébats, bien haut levant leurs têtes;

Des cités dont les tours surgissent dans les airs.

Et semblent défier l'orage et ses éclairs.

Puis des processions de joyaux ruisselantes.

Longues se promenant, noblement imposantes,

Les bannières dehors dont les plis onduleux

Pour les doux zéphirs sont occasion de jeux ;

Avec, an beau milieu, surmonté d'une plume,

Vif conune le soleil quand il perce la brume,

Un œil de feu, — l'éclair qui jaillit de l'enclume :

Des cuirasses ,ausBi, d'argent des boucliers,

Révèlent un essaim de nobles chevaliers,

Allant au champ d'honneur moissonner des lauriers,

Mais voilà tout à coup, que ... ma foi! c'est étrange 1

En un clin d'œil, un rien de temps, la scène change.

Une salle de fête, ime salle de bal

Où les pas sont légers, le luxe féodal,

Où de graves danseurs pour une sarabande

Entrelacent leurs mains, les forment en guirlande;

Ife

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