‹ Beautés de la poësie anglaise [tr.] par le chevalier de ChatelainChapitre 83 sur 162 · LE PA«TS D^BS FEES · texte numérisé non relu

LE PA«TS D^BS FEES

OÙ la coupe de vin brilluiite de rubis

Jette un nouvel éclat quand des yeux de houris

Laissent tomber leurs feux dans 1^ rouge breuvage,

Leurs feux: qui dan» les coeurs vont porter le servage.

Puis change le décor. Un cavalier courtois

Se fait voir tout à coup d'orangers sous un bois,

De doux aoeenjtft d'amour lors gazouille un murmure,

Si suave, si frais, que se tait la nature

Pour mieux s'en régaler; et que le Rossignol

Pour ne le troubler pas poitrine eon bémol.

'* Dites-moi, maintenant, cher poëte, oh se pose

Ce pays enchanteur, le berceau de la rose?

Ne serait-ce donc pas Tîle Reine des Mers

Où nous vivons la vie? Où noble, libre et fière.

Sur son urne penchée épand ses flots amers

Majestueusement notre vieille Angleterre ?

Ou ne serait-ce pas les pays du soleil,

L'Italie ou l'Espagne au cKmat san? pareil ?

Ou bien quelque bijou perdu dans l'Atlantique

Aux pays les plus beaux du doigt faisant la nique?"

"Pour deviner, n^allez au delà de l'Atlas;

Je le vois, vous cherchez, mais vous ne trouvez pas ;

Eh bien ! ce beau pays où gaiement attifées

Se plaisent à jouer, à folâtrer les Fées,

Ce pays tout charmant, tout riant, et tout gai.

Au ciel toujours d'azur comme un beau ciel de Mai,

D'où découle à gràtfds flots le miel de l'ambroisie.

C'est . . . vous ne devinez! . . . mais, c'est la poésie!'*

170 l'amoureux BEKeEB À SA BEBGÈBE.

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