‹ Beautés de la poësie anglaise [tr.] par le chevalier de ChatelainChapitre 89 sur 162 · LA FEUILLE QUI TOMBE · texte numérisé non relu

LA FEUILLE QUI TOMBE

Oh! si toujours sa Muse eût été chaste et pure^ Et n'eût point écouté la folle du logisy S'il eût toujours au vice infligé flétrissure, Il eût été pour tous TOisean de Paradis.

Mais paix soit à sa cendre. — En notre vieille Ecosse, Parmi le chœur nombreux de nos vieux ménestrels, Bums a su conquérir le plus beau sacerdoce, Et Phénix, ses beaux vers resteront immortels.

La Feuille qui Tombe.

Rêverie à Matlock (Derbyahire) ,

Si j'étais une feuille — une feuille tremblante

Sur cet arbre majestueux

Condamnée à périr, à m'envoler mourante

Après un été radieux, —

Je désirerais peu tomber toute épuisée

Au milieu du chemin voisin.

Me vautrant dans la boue, et de tous méprisée

Jusqu'à devenir terre enfin.

Je ne voudrais mourir non plus sur la verdure,

Fut-ce sur un lit de gazon.

Où mes pareilles vont chercher leur sépulture

Après leur brillante saison.

Je n'aimerais non plus étaler ma figure

Dans le plus bel hortua skcus,

Daguerre n'a jamais embelli la nature.

Je n'aime pas les traits diffus.

186 QUESTIONS ST BÉPOITSES.

Non, je voudrais voler bien par delà Tespace,

Là bas, là bas, je ne sais où,

Je voudrais aller voir le Bon Dieu face à face,

Ou visager Tor du Pérou.

Ou bien encor jetée au courant d'un beau fleuve,

J'aimerais en suivre le cours.

Comme un bateau mignon de gente fée, et veuve

De soucis, y finir mes jours;

Quel est Têtre qui fut un seul jour dans la vie,

Qui peut souffirir de n'être plus?

Qui ne voudrait pouvoir avoir droit de survie

Pour vivre quelques jours de plus ?

En avant, en avant toujours Tesprit de l'homme

Ainsi veut aller en avant;

Cela paraît mourir, il n'en est rien, c'est conune

Le feu du ciel toujours vivant.

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