‹ Beaux traits de l'histoire des naufragesChapitre 13 sur 56 · LES NAUFRAGÉS DE CALAIS · texte numérisé non relu

LES NAUFRAGÉS DE CALAIS

En novembre 1795.

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Aussitôt après le déjeüner, M. Durfort jaloux de tenir la parole qu’il avait donnée la veille, alla à sa bibliothèque, d'où il sortit un volume de l'Histoire des Émigres francais ; et il lut ce qui suit :

Le 12 novembre 1795, M. le duc de Ghoiseul's'embarqua au port de Stades, en Anglèterre, pour se rendre aux Indes orientales avec sa légion d’hussards , composée en partie d'émigrés, parmi lesquels étaient des officiers distingués et des prewières maisons de France, tels que MM.de La Rochefoucauld, de Montmorency, de

Boisgelin , de Caumont, de Vaudreuil, etc.

Ïls montaient des vaisseaux portant pavillon danois. M. le comte de Vibraye, petit neveu du célèbre de Malesherbes , défenseur de Louis XVI, s’y trouvait comme passager.

Au mälieu de la seconde nuit, survint une horrible tempête qui fit dévier les vaisseaux de leur route, et trois d’entr'eux échouërent. Un grand nombre de naufragés furent noyés; ceux qui échapperent ignoraient où leurs bâtimens avaient touché, et s'ils n'étaient pas sur un rocher au milieu de la mer. Dès que le jour parut, les matelots reconnurent la côte de Calais.

Une idée terrible frappa sur-le-champ les émigrés ; ils étaient proscrits dans leur patrie , la mort seule se présentait à leur esprit; ils devaient la trouver dans les flots ou la subir sur le rivage. Quatre gentilshommes, dont l’un était neveu du comte de Montlosier, unis d’une étroite amitié,

Ÿ Le A :

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