NAUFRAGE DU BATEAU L'ITALIE
Sur les bords du Nil'én. 1798.
Mes amis, dit le capitaine Durfort à ses jeunes auditeurs, pour effacer, autant que possible, la douloureuse impression de l'histoire précédente, je vais vous citer un beau trait de courage semblable à celui de Bisson : il a eu lieu du tems du grand homme qui, comme Louis XIV, a aussi répandu tant d'éclat sur la France,
Pendant Foccupation de l'Égypte , les Français avaient formé sur le Nil une flottille destinée à porter aux différens corps stationnés le long de ce fleuve, ce dont ils avaient besoin. Après la bataille de Samhoud , Desaix et le général Belliard pour-
suivirent les vaincus; mais les marches forcées des colonnes les écartérent des rives du Nil, et la flotille qui suivait les mouvemens de l’armée, fut livrée à ses propres forces. Elle portait des munitions de guerre et de bouche, des blessés, des malades et des effets de toute espèce. Arrêtée par les vents au village de Bénoutah, elle fut assaillie par le chérif Hassan et par Osman-Pey. Le brave Morandi la commandait ; il montait le bateau l'Italie, Par une première bordée il écarta une ligne d'Arabes qui le fusillaient du rivage. Mais ceux-ci, plus irrités, se précipitèrent en si grand nombre sur les bateaux les plus rapprochés, qu'ils s'en emparèrent ; la mitraille les hachait ; n'importe, rien ne put les arrêter. Maîtres de ces bâtimens, ils s’en servirent pour tenter l'abordage de l’Jtalie, qui, ne pouvait plus manœuvrer faute de bras, et ayant le vent contraire, échoua sur un banc de sable. L’Intrépide Morandi, voyant sa position désespérée par ce fatal