Quintette pour P., clarinette, hautbois, basson et
cor, mi bémol, comp. en 1801. Ries, p. 79 : « Un jour B. joua le quintette avec le célèbre hautbois Ram. A un point d'orgue du rondo, B. se mit à improviser. Les accompagnateurs s'en formalisèrent (irritabile genus vatum !), Ram s'en fâcha même tout de bon. Guettant le moment de la rentrée, portant à chaque instant leurs instruments à la bouche et les déposant aussi souvent, ils faisaient tous assez triste figure. De guerre lasse, B. rentra enfin dans le rondo. L'auditoire fut ravi. »
Opéra.
Ar. par B. en quatuor pour P., V., A. et Vce11*
Ar. en quintetto pour 2 V., 2 A. et Vcelle par Khyrn, en quatuor pour 2 P. par Czerny, pour P. à 4 m., par Schneider, pour P. à 2 m., par Winkler.
17. Sonate pour P, et cor, fa majeur, dédiée à la baronne de Braun, comp. en 1800 la veille d'un .concert du corniste Punto à Vienne où B. l'exécuta avec lui. Ries, p. 82. Un serf des Esterhazy, Stich, s'était évadé. Il rapportait d'Italie le nom de Punto (traduction de Stich) et un talent. Ce duo au petit pied compte d'autres aventures, il fut arrangé par Ebers pour 2 V, A., Vcelle, basse, flûte, 2 clarinettes, 2 bassons et 2 cors (André à Offenbach) ; pour 2 V., 2 A. et Vcelle ; pour P. et flûte (ou V.) ; pour harpe et cor (ou Vcelle) par Stockhausen (Frey à Paris) ; enfin l'éditeur Cranz le jugea digne d'être nommé Sonate favorite dans l'ar. à 4 m. qu'il en publia.
Habent sua fata libelli. Ce duo se trouvait être à la hauteur des contemporains parce qu'il avait été écrit dans quelques heures.
18 6 quatuors pour 2 V., A. et VcelIe, fa majeur, ré majeur, ut mineur, la majeur, si bémol ; dédiés au prince Lobkowitz, duc de Raudnitz. Le 3e, ré majeur, est le premier en date, et le premier publié, fa majeur, le 3e. Ries, p. 103. Il est probable que les trois premiers quatuors qui parurent chez Mollo à Vienne datent de 1801.
G. M. U., 1801, p. 800 : « Parmi les ouvrages nouveaux figurent d'excellentes compositions de B. ; trois quatuors prouvent la légitimité de son talent ; mais ils doivent être joués souvent, attendu qu'ils sont très difficiles et aucunement populaires. »
Opéra.
L'œuvre capitale de ces quatuors a eu le temps de se faire populaire ; elle constitue aujourd'hui une partie intégrante du répertoire de la haute musique de chambre, elle marche l'égale des plus grands phénomènes en littérature de tous pays, elle est une des colonnes plantées par B. dans l'histoire pour mesurer le chemin parcouru par son esprit. Si l'artiste y est à son aise, l'amateur même croit aujourd'hui pouvoir leur faire visite sans danger.
Ar. en 6 gr. sonates pour P., V. obligé et Vcelle ad libitum (Simrock, à Bonn).
G. M. U., 1806, p. 670 : « Il importe d'indiquer que ces sonates sont les célèbres quatuors qu'on se rassasie à peine d'entendre, malgré leur style dur et rocailleux. Les pianistes qui veulent briller par eux-mêmes feront bien de ne pas les choisir. »
Wegeler, p. 30 : « En 1795, le comte Appony chargea B. de composer un quatuor, moyennant des honoraires déterminés ; il n'en avait pas encore écrit jusqu'alors. B. se mit deux fois à Fouvrage ; le premier essai produisit un trio pour violons, op. 3 ; le second, un quintette de violon, op. 4. » Ries, p. 85. « Je demandai un jour à Haydn pourquoi il n'avait pas écrit de quintette pour violons; Il me répondit que lui, Haydn, avait toujours eu assez de 4 voix ; qu'il l'avait essayé, qu'il en était résulté la première fois un quatuor, la seconde fois une sonate ».