‹ Beethoven et ses trois stylesChapitre 51 sur 93 · e symphonie fa majeur, composée de 1813 à · texte numérisé non relu

e symphonie fa majeur, composée de 1813 à

G. M. IL, 1814, p. 201 : « Une symphonie toute neuve qu'on n'a jamais entendue ». G. M. U., 1818, p. 162 : Analyse technique assez faible.

Ar. pour 2 P. à 8 m., pour P. à 2 et à 4 m.,

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pour P., V. et Vcelle en quintette, en nonetto (Haslinger).

Cette symphonie est un problème pour la critique. On ne peut pas ne pas convenir que le menuet, ce tenace locataire de la symphonie de Haydn, de Mozart, n'y ait été réinstallé au logis ; que B. n'y abandonne le grand scherzo de sa création, le scherzo sans limites réelles, le scherzo libre, pour en revenir au bonhomme de menuet d'autrefois, en attachant toutefois au chapeau du petit rentier une plume éclatante de sauvage, dans le solo de trompette. Le bon critique, le critique qui a à cœur d'éclairer et de s'éclairer lui-même, et non point seulement l'ambition d'être appelé le critique de Mozart, le critique de B., ce qui revient à dire qu'il s'est trouvé un homme qui volontairement a accepté le rôle de la mouche du coche ; le critique sincère évite de parler de son individu, de ce qu'il trouve ou ne trouve pas, prévenant ainsi le public, qui pourrait lui demander : Qui êtes-vous pour trouver quelque chose quand il s'agit du génie? L'auteur de ce livre croit n'avoir point abusé de la première personne du présent dans les verbes ; il dira cependant en toute modestie au sujet de la 8e symphonie : Je ne - puis partager l'avis, si souvent émis par des hommes supérieurs, qu'elle se rapproche du style, de la sphère des idées des deux premières. Je trouve qu'elle est en style symphonique de B. ce que le quatuor en fa mineur est en style de quatuor, le pont qui unit les splendeurs de la symphonie dans les données sans délimitations réelles, mais resplendissantes toujours de clartés, de la 2e manière (3e, 4e, 5e, 6e, 7e symphonies), au sombre Léviathan dans la 9e sympho-

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nie qui garde l'autre rive, qui franchit le pont, mais pour s'arrêter au seuil de l'infini.

L'allégro de la 8e symphonie, sans doute, est calmé, plus simple même dans son devis que l'allégro des précédentes symphonies. Cette simplicité est plus apparente toutefois que réelle. Opposé à l'expression héroïque, dans l'acception du monde antique du mot, de l'allégro de la 3e symphonie ; au limpide fleuve de la 4e r aux brisants de la 5e ; c'est un médaillon que cet allegro, dont l'idée tient dans six notes. Ne vous y trompez pas ; ce médaillon renferme les traits de la chimère au magnétique sourire, médaillon que l'orchestre auquel le magicien le confia, dépose obéissant à ses pieds, en frémissants pizzicati (v. les 12 dernières mesures de l'allégro). Oh! cet allegro ne participe point aux joies naïves, aux mœurs simples des deux premières symphonies ; il est hanté de plus d'une vision (34e, 52e mesures), il sonde plus d'un abîme (44e mesure, seconde partie). Cet allegro est le rêve calme d'un homme dont la vie a cessé de l'être. L'allégretto ne se décrit point. Le Faust instrumental, entré dans le plus secret de son laboratoire, cherche cette vérité qui est dans l'homme et non point hors de lui. Une flamme bleue éclaire un instant les traits enchanteurs qu'il lui fut permis, un jour, de chérir. Dernière ligne douce du crayon qui avait à tracer la 9e symphonie. Le finale respire je ne sais quels guerriers élans ; on le prendrait à lui seul (502 mesures, 1/4 à la brève) pour une symphonie militaire (klingendes Spiel, Waffentanz).

Signaux pour le monde musical, 1852, n° 5r p. 35 : « La huitième symphonie fournit une

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remarquable preuve de l'axiome que les actes du génie artistique ne se déclarent et ne se déterminent pas d'avance d'après des catégories philosophiques. Qui aurait attendu d'un esprit qui s'épanchait de symphonie en symphonie en formes toujours plus larges, en images toujours plus grandioses et plus brûlantes, ce revirement subit dans une région d'esprit enfantinement gaie, taquinement humouriste ? Qui aurait prévu, à la suite des scherzos toujours plus longuement et plus richement développés, le menuet marchant de son pas vénérable dans sa forme antique et retroussée ? au lieu de ces adagios des précédentes symphonies, puisés dans les profondeurs des sentiments les plus sublimes, ce scherzo-anadante tout cordial et doux, marchant content de lui-même dans sa forme abrégée, presque esquissée ? L'effet de la symphonie est entièrement gai, sans trouble ; il éveille et entretient chez l'auditeur la situation d'esprit la plus récréative ; aucun ton ^aux ne vient troubler sa quiétude ».

On répondrait à cette dernière assertion : « Ou est le ton faux dans les autres symphonies, à la seule exception de quelques passages des chœurs de la neuvième ? Je nommerais Yut dièse dans le finale de la 8e symphonie (17e mesure) la note terrible de B. Sous elle s'ouvre béant l'abîme confié au maître au bord duquel il s'avance, et s'y promène comme dans les champs du printemps éternel. On écrirait un livre sur cette note et les analogies dans les principaux ouvrages de Beethoven ».

D4. A V Espérance, mélodie avec ac. de P., dédiée à la princesse Kinski, texte de Tiedge. Poco soste-

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nuto si bémol mineur, larghetto sol majeur, 89mesures.

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