TROISIEME SECTION
Compositions sans chiffres d'oeuvre ni numéros
À. Musique instrumentale.
a. Trio en un morceau pour piano, V. et Vcelle, dédié à
ma petite amie M. B., pour l'encourager à jouer du piano, si bémol 6/8, comp. en 1812, 126 mesures (Dunst, à Francfort). Intéressant et de main de maître.
b. Rondo pour piano et violon, sol majeur 6/8, 164
mesures (Simrock). Sans aucun intérêt. Date Belisario obolum !
<c. Andante pour P., en sol (Simrock, catalogue Whistling). Ayant fait demander le morceau à Simrock, nous avons reçu l'andante jl° 35, 2e section. Nous reproduisons Terreur de Whistling pour n'avoir pas l'air d'oublier un morceau. Quod abundat non nocet.
<d. Sonate facile pour piano, en ut, dédiée à Eléonore de Breuning (Dunst, à Francfort). Le manuscrit montre une lacune, l'adagio fut terminé par Ries. Sans intérêt.
€. 2 sonatines, très-faciles, pour piano, sol et fa majeur (Bôhme). Sans intérêt.
î. 3 sonates pour P., comp. à l'âge de dix ans, publiées
en 1783, sans chiffre d'œuvre ; cette première édition est extrêmement rare.
M. Dehn, le savant conservateur des collections de musique de la bibliothèque royale de Berlin, a bien voulu nous faire parvenir la description suivante de cette première édition :
« Le titre a un encadrement gravé sur cuivre, dans lequel figure, dans la partie supérieure,. Fécusson du prince électeur de Cologne, Maximilien-Frédéric : immédiatement au-dessous se trouve le titre : Trois Sonates pour piano, dédiées au révérendissime archevêque et prince électeur de Cologne Maximilien-Frédéric. mon gracieux seigneur, et composées par Louis Van Beethoven, âgé de onze ans. Edité à Spire, par le conseiller Bossler, n° 21. Prix : 1 fl. 30 kr* Au revers du titre se trouve la dédicace suivante:
« Eminentissime, dès ma quatrième année, « la musique devint la première de mes occu- « pations enfantines. Familiarisé de si bonne « heure avec cette gracieuse muse, qui disposait « mon âme à de pures harmonies, je l'aimai et « il me sembla souvent qu'elle me paya de « retour. J'ai déjà atteint ma onzième année r « et depuis lors ma muse me soufflait souvent « dans mes heures de loisir : « Essaye et mets « sur le papier les harmonies de ton âme. » Onze « ans, pensai-je, comment me siérait la qualité « d'auteur, et que diraient les hommes de l'art ? « Je tremblais presque ; mais ma muse l'exigea « et j'obéis.
« Me sera-t-il permis maintenant, sérénissime « prince, de déposer les premiers-nés de mes « travaux juvéniles sur les degrés de ton trône, « et puis-je espérer que tu leur accorderas l'en-
« courageante approbation d'un de tes regards « paternels ? Oh oui ! En tout temps les science ces et les arts trouvèrent auprès de toi une « sage protection, un généreux encouragement ; « tout talent naissant prospéra sous tes soins « de père. Plein de cette confiance, j'ose m'ap- « procher de toi avec cet essai de ma jeunesse. « Reçois-le comme le pur sacrifice de mon res- « pect enfantin, et jette, Eminentissime, un « regard de bonté sur lui et sur son jeune auteur.
« L. Van BEETHOVEN. »
Dans son édition complète des œuvres de B., Haslinger a dédié les sonates à l'archiduc Rodolphe sous le chiffre d'œuvre 1, qui appartient aux trois premiers trios de piano.
g. Rondo pour P., la majeur (Bode, à Berlin). Sans intérêt.
h. Problème proposé par L. v. B. ; 4 mesures, andante sur le texte : Espérance, tu retrempes les cœurs ! Ce motif, proposé par B'. aux compositeurs contemporains, pour être traité dans le style sévère, fut travaillé d'une manière remarquable par son élève, l'archiduc Rodolphe (7e cahier du Musée musical des clavecinistes, édité par Steiner, à Vienne). G. M. U., 1820.
i. Marche (favorite) de l'empereur Alexandre, allegretto 4/4, fa majeur, 48 mesures. Très-original.
k. Variations pour piano : Ich hab' ein kleines Hiittchen nur, si bémol 2/4 (Dunst, à Francfort).
I. Variations pour piano sur une marche de Dressler, ut mineur, comp. à l'âge de dix ans, publiées en
m. Variations pour piano à 4 m., motif original, catalogue Whistling, v. le n° 27, 2e sect.
n. Variations pour piano à 4 m., la majeur , arrangement des V. de la S. pour P. et V. en la majeur , dédiée à l'empereur Alexandre, op. 30.
o. Marche triomphale à gr. orchestre de la tragédie Tarpeja, ut majeur.
Av. pour P. à 2 et à 4 m. par Czerny. Très-belle et du grand style de B.
p. 2e et 3e ouvertures en ut de Topera de B., Lêonore (Fidélio), comp. en 1806, v. op. 138.
G. M. U., 1813, p. 254 : « Cet ouvrage difficile (la 2e ouverture dont la 3e est une variante), riche d'imagination (à la bonne heure !), encore peu connu (vrai aujourd'hui encore), a fait un grand effet malgré ses étrangetés. » G. M. U., 1806, p. 238 : « Ne soutient pas la comparaison avec l'ouverture de Prométhée ».
Jamais la stupidité ne fut plus stupide qu'en prétendant que la 2e ouverture de Lêonore, une œuvre colossale, ne valait pas l'ouv. de Prométhée. Quand on pense que les gens de cette forcelà ont vécu comme nous vivons. « Il faut aussi de ces gaillards-là ! » Gœthe.
On lit dans la gazette le Franc Parleur (allemand), 1806, n° 182 : « Tous les connaisseurs impartiaux en musique sont parfaitement d'accord sur ce point que jamais rien n'a été écrit d'aussi incohérent, de criard, d'embrouillé, de révoltant pour l'oreille. Des idées mesquines qui mettent en fuite toute idée de grandeur ; par exemple, un solo de cornet de poste, qui probablement (oui, oui, probablement) a la prétention d'annoncer l'arrivée du gouverneur». Comp. Schindler, p. 116. Cherubini lui-même (!) dit qu'il n'avait pu distinguer la tonalité de l'ouverture.
q. Ouverture de Fidélio (Léonore), mi majeur, la 4e de Topera, comp. en 1814, un 4e chef-d'œuvre. Ar. pour P. à 4 m. par Hummel.
r. Marche triomphale à grand orchestre du mélodrame , le Roi Etienne, v. op. 117, sol majeur ; très-belle» m Ar. pour P. à 4 m. par Winkler.
s. 3 Duos pour clarinette et basson, ut majeur, fa majeur, si bémol. Sans intérêt.
t. Minuetto cavato pour P. Arrangement du menuet du septuor qu'on peut supposer être de B., car il n'est pas probable qu'un autre que lui eût donné au menuet le surnom de Cavato, qu'il ne porte pa& dans le septuor.
u. Quintette original, manuscrit, pour 2 V., 2 A. et Vcelle, fa majeur, en la possession du pr. N. Galitzin, auquel B. l'envoya en 1824. Ce quintette, sans scherzo ni menuet, date des temps de la jeunesse de B. et n'a plus qu'une valeur historique. Il serait à .désirer cependant qu'il fût publié. Son authenticité ne peut souffrir un ; doute.
B. Musique de dansé.
12 Contredanses (Artaria).
12 Menuets, composés pour grand orchestre ; les mêmes pour 2 V. et Basse (Artaria).
6 Menuets pour piano (Hoffmeister, à Leipzig ; Dia-
belli, à Vienne).
Ar. pour P. à 4 m. (Weinhold, à Breslau). 12 Danses allemandes pour 2 V. et basse, gravées pour P. pour la redoute I. et R. Vienne et Leipzig,
7 Danses champêtres pour P., comp. en 1800 (Arta-
ria).
6 Danses champêtres pour P. (Artaria).
13 Ecossaises pour P.
6 Allemandes pour P. et V. (Louis Maisch, à Vienne). 12 Valses avec trios pour orchestre.
Ar. pour 2 flûtes, pour 2 clarinettes (Sieber, à Paris).
6 Valses avec coda pour 2 V. et basse.
2 Menuets pour P. à 4 m., v. le n° 3 et op. 3.
6 Contredanses pour P. (Simrock, à Bonn ; H. Simrock, à Paris ; Peters, à Leipzig, les mêmes pour 2 V. et basse).La 2e contredanse est bâtie sur le motif de Prométhée qu'on retrouve dans le finale de la symphonie héroïque, v. encore op. 35. A ce titre elle est fort curieuse.
2 Walses (favorites) pour P., mi bémol, fa mineur (Schmerzens und Hoffnungs-Walzer).
Czerny a réuni les valses authentiques en une édition en deux cahiers. — La célèbre valse : le Désir (Sehnsuchtswalzer), qui passe pour être de Beethoven et qu'Alexandre Dumas, dans la Femme au collier de velours, fait jouer par Hoffmann (!) à une femme parfaitement guillotinée, dont le cou ne tient au corps que par un collier de velours, cette valse est de Franz Schubert (valses de Schubert, op. 9, n° 2, Diabelli, à Vienne). Le Catalogue thématique de Breitkopf n'aurait donc pas dû la reproduire, et en groupes de triolets encore, dans lesquels Schubert n'est pour rien ; il ne manquerait que la 3e partie, qui n'est ni de B. ni de Schubert, qui n'est de personne et qui accompagne la v$lse dans l'édition de Cranz. On rappellerait à ce sujet la valse de Reissiger qui passe pour la dernière pensée de Weber.
C, Musique vocale,
a. 6 poésies fugitives de Reissig : Fleurs de solitude
(Dunst, Artaria, Bôhme, André).
1) Désir : La nuit silencieuse, mi majeur,
3/4, 44 mesures*.
2) Départ du guerrier, mi bémol, 4/4, 23
mesures.
3) Le jeune homme à l'étranger, si bémol, 3/8T
19 mesures.
4) A l'amant absent, sol majeur, 6/8, 9 me-
sures.
5) L'homme content, la majeur, 2/4, 15 me-
sures.
6) L'homme aimant, ré majeur, 6/8, 34 me-
sures. V. op. 75 pour les 4e et 5e mélodies* Ar. avec ac. de guitare.
b. 3 mélodies.
1) A la femme aimée, texte de Stoll, rè ma-
jeur, andantino un poco agitato, 125 mesures.
2) Le secret, texte de Wessenberg, sol ma-
jeur, 24 mesures, v. op. 113.
G. M. U., 1817, p. 435 : « De gracieuses chansonnettes dont le n° 1 se distingue surtout par le charme. On doit s'attendre que, même sur ce terrain étroit, B. ne chantonne pas comme tout le monde ».
3) Comme cela, ou comme cela, Nord ou Sud,
texte de Lappe.
La Gazette de Leipzig ne parle pas de ce morceau qui dans l'origine aura été publié séparément, v. op. 113.
Ar. avec ac. de guitare (Simrock).
c. Mélodies italiennes et allemandes, 4 cahiers.
1) La partenza : « ecco quel fiori ».
2) Trinklied : « lasst das Herz uns froh erhe-
ben ».
3) Liedchen von der Ruhe.
4) An die Hoffnung.
5) Ich ltibe dich, so wie du mich !
6) Molly's Abschied.
7) Ohne Licbe.
8) Wachtelschlag, v. n° 24, 2e sect.
9) Marmotte.
10) Maigesang.
11) Feuerfarb.
12) Ecco quel fiori istanti.
É Excepté la 8e et la 12e, ces mélodies appartiennent au chiffre d'œuvre 52 ; comparez, pour la 4e; op. 94.
û. Lieder pour une ou plusieurs voix avec et saris accompagnement de piano, adaptés à des compositions de B., textes de Shakspeare, Byron, Moore. (Breitkopf).
Cette collection n'est qu'une application de textes à des compositions instrumentales de Beethoven, faite après sa mort.
e. L'instant glorieux j cantate pour 4 voix et orchestre,
composée à l'occasion du congrès de Vienne, texte de Weissenbach, connue depuis sous l'intitulé : Prix de musique, texte de Rochlitz.
Ar. pour P. à 2 et à 4 m. par Czerny.
Cette composition hâtée, d'un médiocre intérêt, valut à B. le diplôme de bourgeois honoraire de la ville de Vienne. Sch., p. 97.
G. M. IL, décembre 1814, février 1816."!
f . Le" chant de V étranger : lorsque mes larmes de regret
ne coulaient pas encore (Breitkopf), andante vivace, 6/8, si bémol.
g. 2 Lieder de Tiedge.
1) Bonheur de la vie.
2) Adieu.
h. 2 Lieder.
1) Nouvel amour, vie nouvelle, v. op. 75.
2) Chant du sacrifice, v. op. 121. Le texte de
Mathisson fut remplacé par un autre.
Wegeler, p. 47.
3) L'homme libre (Simrock).
Cette mélodie a deux textes et date de la jeunesse de B. Wegeler, p. 47.
i. 3 Lieder.
1) Adieu, v. la lettre g.
2) A mon amoureux.
3) Amour et vin. Catalogue Whistling (Wit-
zendorf à Vienne).
k. 0 dass ich dir vom stillen Auge ; andantino un poco agitato, ré majeur 2/4, écrit dans l'album de la chanteuse bavaroise de la cour, Regina Lang. Ce morceau est l'idée première du Lied sur le même texte, v. la lettre è, n° 1.
1. Désir de revoir le Rhin (Dunst, à Cologne) ; le Catalogue thématique de Breitkopf ne reproduit pas cette composition et remarque, p. 153, qu'on ne la trouve plus. Comment ne pas la trouver en Allemagne ; l'éditeur Dunst a-t-il été consulté ? La prédilection de B. pour ses souvenirs du Rhin étant connue (Weg., p. 18), il est à supposer que cette composition en aura eu sa part. Il est temps, on voit, de sauver les compositions fugitives de B. d'une ruine complète.
m. La plainte : mon bonheur s'est enfui,
Ar. de l'adagio de la lre sonate de P. op. 2 sur un texte, comp. en 1797. Weg. 1er, p. 69. n. 3 AndanteS.
1) Bonheur de l'amitié, la majeur 2/3, andante quasi allegretto, 65 mesures.
G. U. M., 1804, p. 626 : « Un petit ouvrage compris délicatement et avec chaleur, rendu avec bonheur. Publié d'abord seul, v. op. 88.
2) Le réprouvé.
3) Le vœu.
o. Appel de la Montagne.
p. V esprit des Bardes.
q. Lorsque la bien-aimée voulut se séparer, mi bémol 4/4, 48 mesures. G. U. M., 1809.
ï Elégie sur la mort d'un barbet.
s. Arietta : in questa tomba oscura. Lento 2/4, la bémol, 37 mesures, texte de l'abbé Carpani, mis en musique par la plupart des compositeurs et même amateurs du temps, comme le prince Victor de Rohan. Ce recueil curieux, réduit à 18 compositions, parut chez Peters à Leipzig : Arietta con ac. di P. in 18 composizioni di diversi maestri : Beethoven, Danzi, Eberl, Himmel, Hoffmann, Kozeluch, Paer, Righini, Roesler, Salieri, Sterkel, Terzïani, Weilg, Zeuner (de Saint-Pétersbourg), Zingarelli.
Le morceau de B. a été réimprimé entre autres par Bernard à Saint-Pétersbourg. Il n'est pas le plus remarquable de la collection.
G. M. U., 1808, p. 44 : « Très-sombre, embrouillé et lourd,l'accompagnement très-simple, le chant rendu exprès pâmant jusau'à la monotonie ».
La collection première, dans laquelle Charles Czerny est pour 11 pages (eine ungeheure Scène, G. M. U.), ne contenait pas moins de 63 compositions des 8 innocents vers de Carpani : « in questo tomba oscura, arietta con ac. di piano composta in diverse manieri da molti autori e
dedicata al principe Giuseppe di Lobkowitz. Vienne, pressp Mollo ».
L'idée de cette espèce de livre des cent et un vint d'une grande dame de Vienne, qui illustra la collection d'une caricature montrant une veuve inconsolable en costume de l'ancienne cour de France, en paniers, coiffée de plumes. Cette lre édition, très-rare, fut distribuée par la dame patronnesse à ses amis ; voyez pour les détails G. M. U., 1808, p. 33.
t. Canon : Bonne année, mi bémol 3/4, pour voix de soprano, d'alto, de ténor et de basse,
u. Tendre amour.
v. Résignation : Eteins-toi, malumière, texte du comte Haugwitz, ré majeur 3/8, 49 mesures ; doit être rendu avec sentiment, mais résolument, bien accentué et parlant, v. op. 113.
W. Canon : Le divin est noble, pour 6 voix.
x. Canon : Souviens-toi, pour 6 voix.
y. Canon : 0 Tobie, pour 3 voix.
z. Canon : La douleur est courte, la joie est éternelle, écrit dans l'album du directeur de musique Naue. Catalogue thématique de Breitkopf, p.
tz. Chant des moines dans Guillaume Tell,de Schiller, souvenir à l'occasion de la mort deKrumpholz, 3 mai 1817. Catalogue thématique de Breitkopf, p. 141.
a2. Le chant du rossignol.
b2. La renaissance de la Germanie, 4 voix av. orchestre.
cV Chant d'adieu aux habitants de Vienne, comp. en 1797,
<T2. Chant de guerre des Autrichiens : un grand peuple allemand, comp. en 1797.
Ar. à 4 m. par Czerny.
•\ Couplets finals des opéras. :
1) L'art triomphe : « C'est accompli, » ré
majeur, 4/4 (op. 72 dans le Cat. d'Artaria).
2) La bonne nouvelle (Haslinger).
f2. « A la mémoire de Mathisson : je pense à toi, quand par le bocage, allegretto 6/8, ré majeur, v. op.
g2. Chant à trois voix : Du sombre feuillage (Paez à Berlin), v. op. 26.
L'homme brutal est satisfait lorsqu'il voit qu'une scène se passe sous ses yeux ; l'homme civilisé veut sentir '. la réflexion n'appartient qu'à l'homme tout à fait éclairé.
Gœthe.