‹ Beginner's French readerChapitre 101 sur 110 · BONNE PENSÉE DE DEUX FRÈRES · texte numérisé non relu

BONNE PENSÉE DE DEUX FRÈRES

Deux frères, élevés dans la pratique du bien et tendrement unis depuis leur enfance, habitaient le même village. L'un de ces frères était marié et avait plusieurs enfants, l'autre vivait seul. Ils cultivaient en commun le champ qu'ils avaient hérité de leur père.

Le temps de la moisson étant venu, les deux frères lièrent leurs gerbes et en firent deux tas égaux, qu'ils laissèrent sur le champ.

Pendant la nuit, celui des deux frères qui n'était pas marié eut une bonne pensée ; il se dit à lui-même : ** Mon frère a une femme et des enfants à nourrir ; il n'est pas juste que ma part soit aussi forte que la sienne. J'irai donc prendre dans mon tas quelques gerbes que j'ajouterai secrètement aux siennes ; il ne s'en apercevra pas et ne pourra ainsi les refuser." Et il fit comme il avait pensé.

La même nuit, l'autre frère se réveilla et dit à sa femme : '* Mon frère est jeune, il vit seul ; il n'a personne pour l'assister dans son travail et pour le consoler dans ses fatigues. Il n'est pas juste que nous prenions du champ commun autant de gerbes que lui. Levons-nous, allons et portons secrètement h, son tas un certain nombre de gerbes ; il ne s'en apercevra pas demain et ne pourra ainsi les refuser." Et ils firent comme ils avaient pensé.

Le lendemain, chacun des frères se rendit au champ et fut bien surpris de voir que les deux tas étaient toujours pareils : ni l'un ni l'autre ne pouvait se rendre compte de ce prodige. Ils firent de même pendant plusieurs nuits de suite ; mais comme chacun d'eux portait au tas de son frère le même nombre de gerbes, les tas demeuraient toujours égaux, jusqu'à ce qu'une

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nuit, tous deux s'étant mis en sentinelle pour approfondir la cause de ce miracle, ils se rencontrèrent portant chacun des gerbes qu'ils se destinaient mutuellement. Et le Seigneur combla de ses bénédictions ces d«ux frères II qui était venue à la fois et avec tant de persévérance une si bonne pensée.

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