‹ Beginner's French readerChapitre 103 sur 110 · DUO DU JOUR DE L'AN DE DEUX PETITS ENFANTS · texte numérisé non relu

DUO DU JOUR DE L'AN DE DEUX PETITS ENFANTS

" Pourquoi donc bâilles-tu ?

— J'apprends un compliment.

— C'est donc bien ennuyeux ?

— Ça m'endort seulement.

— Pour qui ce compliment ?

— Eh mais, pour notre tante.

On me l'a fait en vers, pour qu'elle soit contente. — Qu'est-ce que c'est, des vers?

— Tu n'y comprendrais rien.

— Explique-le toujours.

— Des vers, c'est, vois-tu bien.

Des mots qu'on dit exprès ; tu sais comment on cause: On paiie simplement Des vers, c'est autre chose. (Test ronflant, c'est pompeux, c'est chantant, c'est profond. Les gens qui font des vers trouvent beau ceux qu'ils font. — Dis-moi les tiens.

— Tu veux que je te les dévide ?

— Oui, voyons si c'est bien stupide f

— De notre amour et de nos vœux.

Chère tante, reçois l'hommage ; Ce sont les vœux du tout jeune âge, Us portent bonheur avec eux.

Que Dieu te fasse une couronne De tes vertus, de tes bienfaits !

Qu'il exauce tous les souhaits.

Et que sa grâce t'environne ! . . .

168 PREMIÈBE8 LECTURES.

•7- Ta, ta, ta, ta, ce sont des phrases, voilà toni

On n'arrive jamais au bout.

On dit : Chère tante, je t'aime.

Je ne sais pas de vers ; pourtant, je n'ai pas peur ; Car je puis t'embrasser tout seul, et de moi-même

Par cœur!"

LES QUATRE SAISOJtïS.

Ah î si l'hiver pouvait durer toujours ! disait le petit Henri au retour d'une course de traîneaux, en s'amusant dans le jardin à former des hommes de neige. Son père Tentendit et lui dit : Mon fils, tu me ferais plaisir d'écrire ce souhait dans ce portefeuille. Henri récrivit d'une main tremblotante de froid.

L'hiver s'écoula, et le printemps survint.

Henri se promenait avec son père le long d'une plate-bande, oîi fleurissaient des jacinthes, des auricules et des narcisses. Il était transporté de joie en respirant leur parfum, et en admirant l'éclat de leurs couleurs,. Ce sont \q» productions du printemps, lui dit son père : c'est 1^ saison des fleurs : elles sont brillantes, mais d'une bien courte durée. Ah ! c'est bien dommage, répondit Henri { pourquoi le printemps ne dure-trjjl toujours !

Voudrais-tu bien écrire ce vœu dani mes tablettes, Jui djt spn pferQ. Henri écrivit, le cœur plôiu de joie.

PREMliiREa LECTURES. 169

Cependant le printemps ne tarda pas à faire place à Tété. Henri, dans un beau jour, alla se promener avec ses parents et quelques compagnons de son âge, dans un village voisin. Ils trouvaient sur la route, tantôt des blés verdoyants, qu'un vent léger faisait rouler en ondes comme une mer doucement agitée, tantôt des prairies émaillées de mille fleurs. Ils voyaient de tous côtés bondir de jeunes agneaux, et des poulains pleins de feu faire mille gambades autour de leurj3 mères. Ils mangèrent des cerises, des fraises et d'autres fruits de la saison, et ils passèrent la joUrnée entière à s'ébattre dans les champs.

N'est-il pas vrai, Henri, lut dit son père, en s'en retournant ît la ville, que l'été a aussi ses plaisirs ?

Oh ! répondit-il, je voudrais qu'il durât toute l'année ! Ce souhait fut encore inscrit dans le portefeuille.

Enfin l'automne arriva. Toute la famille alla passer un jour en vendanges : il ne faisait pas tout à fait si chaud que dans Tété ; l'air était doux et le. ciel serein ; les ceps de vigne étaient chargés de grappes noires, ou d'un jaune d'or ; les melons rebondis, étalés sur des couches, répandaient une odeur délicieuse ; les branches des arbres se courbaient sous le poids des plus beaux fruits. Ce fut uu jour de régal pour Henri, qui n'aimait rien tant que les raisins, les melons et les figues. Il avait encore le plaisir de les cueillir luimême.

170 rBBMÛCRBS LSGTOSM3.

Ce beau temps, lui dit son père, va bientôt passer : l'hiver s'achemine h. grands pas vers nous pour remplacer l'automne.

Ah ! répondit Henri, je voudrais bien qu'il restait en chemin, et que l'automne ne nous quittât jamais.

Alors son père, tirant ses tablettes de sa poche, lui montra et lui fit lire les vœux qu'il avait autrefois formés. Henri rougit, et son pèr?n'eut pas de peine à lui faire comprendre que toutes les saisons de l'année sont bonnes, et qu'elles ont toutes leurs plaisirs et leurs avantages. Tu vois, lui dit-il, combien nos désira sont souvent peu raisonnables, et combien nous sommes heureux de ce qu'il n'est pas en notre pouvoir de régler le cours de la nature.

PREMIÈREa LECTURES. 171

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