‹ Beginner's French readerChapitre 85 sur 110 · LE CHEVAL · texte numérisé non relu

LE CHEVAL

La plus noble conquête que l'homme ait jamais faîte est celle de ce fier et fougueux animal qui partage avec lui les fatigues de la guerre et la gloire des com-

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bats : aussi intrépide que sou maître, le cheval voit le péril et l'affronte ; il se fait au bruit des armes ; il l'aime, il le cherche, et s'anime de la même ardeur. Il partage aussi ses plaisirs : à la chasse, aux tournois, à la course, il brille, il étincelle. Mais, docile autant que

courageux, il ne se laisse point emporter à son feu ; il sait réprimer ses mouvements : non-seulement il fléchit sous la main de celui qui le guide, mais il semble consulter ses désirs ; et, obéissant toujours aux impressions qu'il en reçoit, il se précipite, se modère ou s'arrête, et n'agit que pour y satisfaire.

C'est une créature qui renonce à son être pour n'exister que par la volonté 3'un autre, qui sait même la prévenir ; qui, par la promptitude et la précision de

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ses mouvementa, l'exprime et l'exécute ; qui sent autant qu'on le désire, et ne rend qu'autant qu'on veut ; qui, se livrant sana réserve, ne se refuse à rien, sert de toutes ses forces, s'excède, et même meurt pour mieux obéir.

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