‹ Beire-le-Chatel et ses anciens fiefsChapitre 100 sur 174 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Municipalité de Beire.

Après avoir dressé, aussi exactement que possible, de l'année 1375 à l'année 1750, la liste des anciennes familles de Beire encore représentées dans cette localité, nous avons pensé qu'il convenait également de consigner ici quelques notes historiques sur la municipalité béréenne :

Avant l'organisation des municipalités françaises, qui furent établies en vertu des lettres-patentes du roi Louis XVI, données à la suite d'un décret de l'Assemblée nationale au mois de décembre 1789, la communauté ou commune de Beire était administrée par des échevins ou procureurs désignés par les habitants.

Ils nous ont généralement paru avoir été au nombre de deux, assistés de plusieurs conseillers. Leur élection se faisait en pleine place publique, devant la croix de la Charme, sous l'orme légendaire, près du Pontot. L'annonce en était faite , le dimanche précédent , au prône de la messe paroissiale ; la veille, « au bruit du tambourg, » et le jour même, au son de la grosse cloche.

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II ne nous sera pas possible de donnerla liste de ces anciens administrateurs municipaux : leur élection était annuelle; et d'ailleurs, la mairie de Beire ne contient qu'un seul procès-verbal de ce genre d'élection avant 1789. Toutefois, nous l'enregistrerons textuellement, aiin que le lecteur se fasse une idée exacte de la façon dont nos pères procédaient jadis au choix de leurs édiles. — Mais les archives du cliâteau de Beire renfermant une liasse de procès-verbaux relatifs aux anciennes assemblées municipales, il nous sera permis d'y glaner quelques noms au moins, que nous nous ferons un devoir de citer, à la suite de l'enregistrement d'un ou deux de ces procès-verbaux qui nous feront connaître, en passant, les mœurs de cette époque. Nous citerons de préférence ceux qui se rattachent aux anciennes familles dont nous venons de parler.

Ces assemblées causaient assurément une perte de temps ; elles pouvaient devenir tumultueuses, et partant, pouvaient entraver la liberté si nécessaire à tout corps délibérant. Mais, du moins, s'il s'agissait d'élection, la valeur du candidat était publiquement soutenue ou combattue, selon le cas. — S'il s'agissait des autres intérêts de la communauté, on ne devait y rencontrer ni faiblesse, ni partiahté, ni compromis scandaleux.

Ces préhminaires posés , voici , rapporté textuellement, le procès-verbal gardé aux archives de la mairie de Beire : « Cejourd'huy, neuf mars 1765, François Léchenet et François Girard , échevins en exercice, ont fait convoquer une assemblée généralle de tous les habitants de la communauté

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de Beire, le jour cVhior au bruit du lambourg, et cejourd'huy au son de la cloche , à la Jorme et manière accoutumées, en la place ordinaire où se tiennent les assendjlées du dit lieu, pour délibérer entre eux sur plusieurs affaires qui sont dans la communauté, nottamment à l'égard de nommer des échevins, qui feront leurs exercices en conscience pendant ladite année, après avoir prêté serment pardevant M. Lerouge, juge en la justice commune, comme aussi nommer des assesseurs, pour faire la répartition de la taille royale et capitation, sur tous les particuliers qui doivent être imposés dans les relies, suivant leurs facultés et en conscience, et encore pour faire choix entre eux d'un collecteur bon et solvable, pour lever la taille royale, capitation et autres impositions qui seront pendant ladite année. Sur quoi est comparu François Clerget, François Bodoignet, Angély Banjon, Nicolas Huguenin, Barthélémy Carriet, Antoine Ganet, Jean Collaudin^ Jean Paulin, Pierre Ladrey, Jean BruUet, Pierre Bouchot, Jean Barroin, Prudent Genelot, François Monnet, Pierre Guignot, Gabriel Cotton, Nicolas Constant, Jacques Bodoignet, Jacques Léchenet et Jean Carriet, qui font la majeure partie des habitants, qui ont tous dit, d'une voix unanime, qu'ils nommaient, pour échevins, les personnes de Jacques Renaud et Pierre Genelot. Et pour assesseurs ils ont nommé les personnes de Jean Roy, de François Lambert et de Pierre Bouchot. Lesquels assesseurs et échevins prêteront serment pardevant M. Lerouge, juge en la justice commune. Et pour collecteur les habitants ont fait choix de Jacques Léchenet,

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quia mis la collecte à un sol la livre. Lesquels habitants, tous d'une voix unanime, ont délivré ladite collecte au dit Léchenet. lequel a promis d'en payer le montant entre les mains de M. Pierre Seguin, receveur à ce commis.

(( En foy de quoy les habitants se sont soussignés, ceux sachant le faire. » — Suivent les signatures au bas desquelles on lit ces mots : « Controllé à Arcsur-Tille, le 15 avril 17G5, par Lerouge ; et sur l'extrait déUvré aud. Jacques Léchenet : P. Léchenet, commis greffier. »

On voit qu'alors l'honneur de l'échevinage n'était pas brigué, comme le sont aujourd'hui les fonctions municipales : Jacques Fvenaud et Pierre Genelot n'étaient pas présents à la séance où ils furent nommés échevins.

A l'extrait de ce procès-verbal, qui nous indique comment on procédait jadis à l'élection des anciens échevins, qu'il nous soit permis de joindre la copie d'une délibération de la communauté de Beire, prise vers le même temps. De la sorte, le lecteur aura une idée à peu près exacte de la tenue des assemblées communales avant 1789. — La voici dans son texte primitif :

« Cejourd'hui vingt-trois septembre mil sept cent soixante-quatre, les habitants de la communauté de Beire se sont assemblés en la place publique où se tiennent les assemblées dudit lieu, au son de la cloche, à la façon et manière accoutumées, à la diligence de François Girard et François Léchenet, échevins la présente année, qui ont remontré aux habitants une sommation faite par M. Brunot, par

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exploit de Monin, sergentroyal à Dijon, diuUx-neuf de ce mois, au sujet d'un orme, qui est dans la voie commune qui va de Beire à Vesvrotte, que ledit sieur Brunot dit être sur son terrain, et qu'il prétend qu'il soit coupé pour clore son verger et sa cour. Les habitans on tous dit d'une voix unanime, que de temps immémorial, le dit orme a toujours été sur la commune, et même à plus de six pieds du terrain du dit sieur Brunot, et qu'il sont en état d'en faire la preuve par les habitans des lieux circonvoisin. Et dans ladite assemblée les habitans on donné pouvoirs aux échevins de se transporter en la ville de Dijon, chez M. Minard, conseiller aux cour roial, pour répondre à ladite somation, et même de faire oter audit sieur Brunot un tas ou monceau de pierre qu'il a dépozé dans ladite voie commune, avec son aie morte qui est de six pieds sur ledit chemin, suivant l'alignement des rue, qui sont été autrefoy un grand chemin de Beire àMirebeau, et une sortie du gros et menu bétail pour le mener pâturer au champ, et que jamais ledit orme n'a été audit Brunot, ni a ses prédécesseurs. Et les habitans promettent auxdits échevins de les dédomager de tous frais et dépens qui pourrait être fait à ce sujet.

« En foi de quoi les habitans se sont soussigné, ceux sachant le faire. » — Suivent les signatures au bas desquelles on lit ces mots : « Contrôlé à Arcsur-ïille, le vingt-quatre septembre 17G4. Reçu treize sols. : Lerouge. »

Ajoutons encore, pour plus ample lumière, à cette délibération , que l'année suivante , le 10 février 1705, la communauté de Beire s'étant assemblée, à

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l'eiïet de procéder à la nomination de ses messiers (les messiers étaient des hommes préposés à la garde des moissons et récoltes de toute nature, qui ont été remplacés par nos gardes champêtres), après qu'elle eut appelé à ces fonctions les nommés Laurent Millot, François Clerget et Claude Millot, les échevins représentèrent auxdits habitants : « Qu'il y en a qui se sont plaint que Ion avait prit leur ordons dans les bois communaux. Et ont dits, tous d'une voie unanime, qu'il fallait repercher toutes les portions de chaque habitant. Et à ce sujet ils ont tous dits qu'ils se transporteraient auxdits communaux, mardy prochain, douze de ce mois, pour percher et montrer chacun leur canton, sous peine d'être condamné à l'amande et de païer les cantons des particuliers plaignant. En foy de quoy les habitans se sont soussigné, ceux sachant le faire. » — Cette délibération rédigée sur une feuille de papier, marquée au timbre de l'Etat, porte les signatures des habitants présents à l'assemblée, et en marge le contrôle de Lerougequi a perçu 13 sols (d). Nous pensons qu'il suffit de ces quelques documents pour renseigner le lecteur sur la tenue des assemblées communales avant l'organisation des municipalités actuelles. — Nous allons maintenant citer les noms des anciens échevins de la communauté de Beire qu'il nous a été possible de recueillir. La liste n'en sera pas considérable, d'ailleurs, pour les raisons que nous avons précédemment données.

(1) Archives du cliûteau.

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Anciens êchevins.

Le mardi après Quasimodo, Ji avril IM-G, nous l'avons déjà raconté , un traité fut passé entre : frère Ilélion de l'Antaime, humble abbé du monastère de Bèze , de l'ordre de saint Benoît ; et Nicolas de Baudon court, seigneur de Prangey et de la Tour de Beire, relativement à des droits de parcours et à la délimitation des fuiages do Beire et de Viévigne. La commission des procureurs ou echevius de la communauté de Beire avait été composée des habitants dont les noms suivent, savoir : Thevenot Clément, Henriot Picquet, Michault-Chartenef, Nicolas Chappelu, Moniot-Perreau et Oudot- Gouchot. (Il ne reste plus aujourd'hui un seul descendant de ces familles.)

Selon le volume d'informations servant à l'ancien terrier de Beire , Jean Camuset , dit Ragot ( qui, depuis, fut pendu à Beire-la-Ville), Etienne Grimelet, Etienne Monnot, Claude Gouchot étaient procureurs de la communauté béréenne, de l'année 1555 à l'année 1565. — Bénigne CoUion et Claude Monnet furent investis de la môme charge en 1565 (1).

Voici maintenant d'autres noms qui se rapprochent davantage de nos temps. Mais ce n'est toujours qu'un glanage. Nous n'avons, d'ailleurs, rien promis de plus :

1644. — Nicolas Monnet et Laurent (2).

1682. — Mammès-Forot et Simon Gotton.

(1) Archives du château.

(2) R03S1GN0L, Bailliage de Dijon.

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1696. — Jean-Jérôme Chaume et Bénigne Lenoir.

1699. — Jacques Poinselet et Nicolas Canet.

1700. — Nicolas Nicolardot et Prudent Bollotte. 1702. — Etienne Lombard et... (famille de l'iio-

norable avocat actuel de Dijon).

1713. — Nicolas Poirel ei Jean Bonnotte. 17] 7. — Pierre Maitrot et Pierre Oriesme. 1718. — Claude Mongin et Pierre Ladrey. 1723. — François Clerget et Jacques Léchenet. 1761. — François Clerget et Philibert Boy.

1764. — François Girard et François Léchenet.

1765. — Jacques Benaud (père du sculpteur) et

Pierre Genelot (1).

Nous venons de donner sur l'administration municipale de Beire, avant 1789, les quelques détails que nous avons pu recueillir. Nous les avons fait suivre des noms des anciens échevins. Il convient, pour compléter notre récit, que nous dressions la liste des maires et adjoints de cette commune, depuis la nouvelle organisation des municipalités françaises, c'est à-dire depuis 1789. Et, pour donner encore ici un aperçu des mœurs du temps , nous allons insérer, en tète de notre tableau, le procès-verbal des premières élections faites en vertu du nouvel état de choses :

c( Organisation de la municipalité de Beire, le mercredi 3 février 1790 — 578 habitants — 90 électeurs (on ne votait qu'à l'âge de 25 ans).

« Cejourd'hui 3 février 1790, la communauté de

(1) Archives du cbâleau;

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Jîoii'e assemblée en la maison de M. Aclié (maison Chaudron acluelle), par emprunt de territoire, et pour se rédimer des intempéries de l'air, et procéder plus tranquillement à l'élection de ses officiers, en vertu des lettres-patentes du roi et sur un décret de l'Assemblée nationale, pour la constitution des municipalités, données à Paris dans le courant de décembre 1780, publiées et affichées le 24 janvier de l'année courante.

« Attendu l'annonce faite au prône, attendu le consentement de ladite communauté, elle dut procéder effectivement à cette élection le 3 février de la courante. Ledit jour^ la communauté a assisté à la messe solennelle du Saint-Esprit, après laquelle convocation a été faite au son de la grosse cloche, afin que personne n'en prit cause d'ignorance, et on a procédé aux élections prescrites par la lecture des dites lettres-patentes , après l'appel nominal des électeurs et après avoir pris d'eux le serment prescrit individuellement.

« Les plus anciens d'âge pour le dépouillement des billets, à Teffet d'éUre un président, sont : Prudent Léchenet, Jacques Léchenet et Antoine Sirandré, laboureurs.

(( M. Semelier, curé de Beire, à la pluralité de 66 voix sur 90, a été élu président de l'assemblée de ce jour, et il a fait un discours pour expliquer les objets qui devaient occuper ladite assemblée.

« Le sieur vSimon BoUot a été élu, à la pluralité de 60 voix, secrétaire de l'assemblée. Après quoi le président et le secrétaire de rassemblée ont i)rc'lé serment de maintenir de tout leur pouvoir laconsti-

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